Ép.77 | Patrick Desnoyers - Une chute en motocross, puis 5 titres canadiens de suite en para-hockey

Episode 77 • October 02, 2026 • 01:56:57
Ép.77 | Patrick Desnoyers - Une chute en motocross, puis 5 titres canadiens de suite en para-hockey
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Oct 02 2026 | 01:56:57

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[00:00:00] Speaker A: Mais c'est une seconde en 2010 qui a changé ma vie. Ça peut paraître comme une grosse affaire, mais en réalité, c'est une seconde et ta vie vient de changer. [00:00:07] Speaker B: Patrick Desnoyers, t'es un athlète de paracycliste pour l'équipe Canada et capitaine de l'équipe para-hockey Québec. [00:00:13] Speaker A: Fait que là, j'ai frappé un autre mur. Fait que j'ai essayé la luge et je me suis assis là-dedans. Je redonne la luge et j'ai dit au coach qui était là, ça sera pas pour moi, je te remercie, mais non merci. Moi, je me suis toujours dit, «If you want to be the best, practice with the best.» J'avais switché à défense. À un moment donné, le poste de capitaine s'est ouvert et on m'a nommé capitaine. Si l'équipe du Québec représentait un pays, on serait capable d'être dans le top 6, d'après moi. [00:00:41] Speaker B: Comment tu peux finir par commencer un sport un peu par erreur et finir sur l'équipe canadienne? [00:00:47] Speaker A: Mais t'sais, les épreuves, on a torché. Pis t'as-tu déjà pensé au paracyclisme? Fait qu'il faut que tu roules 40 km heure sur 21 km pour avoir le standard de l'équipe nationale. Représenter ton pays, c'est difficile de décrire à quel point c'est une fierté. Pis d'avoir ton premier jersey avec la feuille d'érable. Les cérémonies d'ouverture des Jeux, c'est comme voyons donc, qu'est-ce que je suis en train de vivre là, moi là. T'sais, tu rentres dans le stade. Le stade, il y avait 50 000 personnes. [00:01:13] Speaker B: Est-ce qu'un handicap peut t'empêcher vraiment d'aller où est-ce que tu veux aller? Bonjour tout le monde, bienvenue sur Le Game On, je suis votre host William Rochefort et aujourd'hui, j'en ai une spéciale pour vous. En fait, j'ai envie de dire, dans cette émission aujourd'hui, on va répondre à une question. Est-ce qu un handicap peut t'empêcher vraiment d´aller où est-que tu veux aller? Parce qu'ici en studio, j'ai la chance aujourd'hui de recevoir un athlète qui a été sur l'équipe canadienne de paracyclisme et capitaine de l'équipe para-hockey du Québec. Patrick, merci Patrick d'être là aujourd'hui, de venir parler de ton histoire, mais aussi de parler de qu'est-ce que tu fais. Donc le sport, de le mettre de l'avant, je trouve ça exceptionnel. Quelle histoire, on a parlé un peu au téléphone, mais là, on peut avoir un moment de se jaser pour de vrai. Avant qu'on commence, t'avais-tu un mot à partager? [00:02:10] Speaker A: Oui, bien merci de m'accueillir. Honnêtement, c'est super cool. J'ai vu le contenu de ce que tu fais, puis c'est vraiment intéressant. J'espère qu'on va avoir une belle discussion. [00:02:24] Speaker B: Ça, j'en suis convaincu. Chaque personne qui vient sur mon podcast a le droit à une introduction. Donc, Patrick, voici ton intro. Patrick Desnoyers, T'es un athlète de paracycliste pour l'équipe Canada et capitaine de l'équipe para-hockey Québec. En 2010, t'as un accident de motocross qui te fracture les vertèbres, donc qui va t'enlever la capacité de marcher. Après deux ans de réhabilitation, tu décides de te lancer dans le para-hockey avec équipe Québec de para-hockey, avec lequel tu iras à trois championnats, mais même plus que ça aujourd'hui, je pense. [00:03:06] Speaker A: T'es rendu à... Oui, quand même participé à plus à... Il faudrait les compter, mais là, on a cinq championnats canadiens de gagnés de suite. [00:03:13] Speaker B: De suite. [00:03:14] Speaker A: J'en avais trois ou quatre avant. On doit être rendu, au moment où on se parle, Je dirais huit participations environ. [00:03:21] Speaker B: Donc, huit participations. La correction en live, j'aime ça. Donc, huit participations au championnat canadien. En 2018, tu me dis que c'était un peu avant ça, mais tu as commencé aussi le cyclisme. Tu es recruté par le comité para-olympique canadien qui t'oriente vers le paracyclisme pour ensuite, tu fais tes débuts en 2018 à l'international. 2019, tu es champion canadien sur route et aussi en contre-la-montre, si je ne me trompe pas. [00:03:47] Speaker A: Oui. [00:03:48] Speaker B: puis ensuite t'es sélectionné pour l'équipe Canada et les jeux de parapanaméricain de Lima, si je ne me trompe pas. Patrick, bienvenue sur La Game On, c'est un plaisir de t'avoir aujourd'hui. Tout ce que je viens de nommer, c'est tout... En fait, c'est un... C'est pas un... C'est une industrie, c'est un monde que je connais vraiment pas. J'ai quand même pris le temps de m'informer, de regarder parce que c'est... C'est fou, hein, tout ce que... Tout ce que... En fait, vu que c'est pas ma réalité, ben, je suis pas vraiment au courant, t'sais. Mais j'ai pris le temps de vraiment de... De faire l'effort, t'sais, de prendre le temps de lire, de regarder ce que vous faites et tout ça. T'arrives pas dans le sport, ben t'arrives pas dans le parasport, je sais pas comment on appelle ça le britannique. [00:04:37] Speaker A: Le sport adapté ou le parasport c'est bon. [00:04:38] Speaker B: Le parasport, t'arrives pas dans le sport adapté sans une raison en fait. La tienne la raison est arrivée en 2010 si je me trompe pas. C'est une année qui a changé ta vie, j'ai envie de dire qui a même changé comment que tu te vis, tu as vécu ta vie en fait. Pour mettre un peu de contexte à ça avant qu'on tombe dans le sport et de pourquoi t'es ici, tu veux-tu nous mettre dans le contexte de qu'est-ce qui est vraiment arrivé en 2010, ton accident, de pourquoi aujourd'hui, peut-être de ta condition aussi, vu que ça fait quand même 16 ans, 15 ans que c'est arrivé. Bonjour tout le monde, ici William Rochefort, je veux juste prendre 30 secondes de ton temps avant que cette excellente émission commence pour te remercier d'avoir pris le temps à travers toutes les émissions que tu aurais pu choisir d'écouter la mienne d'aujourd'hui. Je mets énormément d'heures, beaucoup de travail à travers mes études, les projets entrepreneurials, ma vision pour sortir toutes les semaines des émissions exceptionnelles. J'ai un objectif pour l'automne. Je veux atteindre les 1000 abonnés d'ici Noël. Présentement, peu importe la plateforme sur quoi que t'écoutes, abonne-toi, ce serait super cool. Ça coûte rien, ça me soutient énormément à développer. mon projet, le podcast. Sur ce, je te remercie beaucoup. Prenez le temps d'écouter cette émission-là. C'était William. Peace. [00:05:57] Speaker A: En fait, moi, je compétitionnais en motocross depuis quand même un bon nombre d'années. Tu compétitionnait en motocross? Oui, c'est ça. J'ai eu mon accident dans le cadre d'un entraînement. Je pratiquais sur un circuit intérieur dans mon coin à Mirabelle. Mais en réalité, je compétitionnais, moi depuis, ça faisait une quinzaine d'années, presque une vingtaine d'années que je compétitionnais en motocross. Puis j'étais sur un circuit d'entraînement au mois de décembre, parce que souvent, les gens allaient pratiquer l'hiver en Floride, mais on avait un circuit qui était un genre de gros dôme, la grosseur d'un aréna, mettons, où est-ce qu'ils avaient ménagé une piste de motocross intérieure. puis ça nous permettait de pratiquer l'hiver. J'ai eu mon accident le 18 décembre en motocross au Québec, mais c'était sur un circuit intérieur, c'est ça. En fait, t'as dit l'année 2010 a changé mon année, a changé ma vie, mais c'est une seconde en 2010 qui a changé ma vie. C'est une fraction de seconde. Ça peut paraître comme une grosse affaire, mais en réalité, c'est une seconde, puis ta vie vient de changer. [00:07:12] Speaker B: C'est fou, une seconde. Puis l'affaire qui est encore plus fou là-dedans, c'est que quand tu as commencé ton training, Ben, tu n'avais aucune idée? [00:07:22] Speaker A: Ben non, c'est ça. Tu te lèves le matin, tu t'en vas à piste. Moi, j'ai deux fils qui coursaient aussi en motocross à ce moment-là. On part avec mes deux gars, on s'en va au circuit d'entraînement. Une journée comme les autres, on débarque les motos de la remorque, on commence à s'installer. Ça s'annonçait être une journée, je recevais des amis à souper le soir, les côtes levées étaient déjà en train de mariner. La journée s'annonçait pour être une bonne vieille journée de fin de semaine, de début de vacances de Noël comme les autres. Ça a changé en une seconde. [00:08:04] Speaker B: Ça c'est, j'avoue que ça frappe, ça c'est quand même de quoi, je dirais qu'à Vendredi Noël en plus. [00:08:10] Speaker A: Oui, c'est ça, ça fait un temps des fêtes un peu différent. [00:08:15] Speaker B: Quand on parle des accidents, souvent comme ça, on pense souvent au pire. t'as personne qui tombe sur la tête, je suppose. En fait, je n'ai pas trop idée de comment ça pourrait arriver, mais on pense souvent au pire quand ça arrive des accidents de même. Toi, c'était-tu vraiment... bien sûrement, c'était grave, mais c'était-t-tu quelque chose de... Non, écoute, [00:08:42] Speaker A: j'ai tombé comme ça des centaines de fois avant. Je ne sais pas si c'est un petit peu là que tu veux aller, mais sauf que moi, dans le fond, la chute que j'ai eue, J'ai chuté comme ça par centaines de fois avant dans ma vie et il n'y avait pas eu conséquence. C'est comme t'enfarger dans une ligne de trottoir et tu te casses le cou. C'est certain que dans le sport que je pratiquais, il y a tout le temps un risque. Moi, je connaissais du monde à qui c'était arrivé. J'avais une couple de chums qui étaient déjà en paraplégie parce que Il y avait eu des accidents. Mon chum Yannick Craig, ça lui est arrivé comme 6 ans avant. Quand il t'arrive ça, c'est une chute comme tu peux l'avoir n'importe quand, mais cette fois-là, ça a juste mal tombé. Ça a changé toute la perspective, la même chute que j'aurais eu. la veille. Tu es tout le temps conscient quand tu fais un sport comme ça que quelque chose peut arriver, mais on se sent un peu invincible. Les sports extrêmes, c'est un peu ça. Je pense que n'importe qui qui fait des sports extrêmes pourrait le confirmer. on tombe dans un genre de zone où le danger, tu en es conscient, mais en même temps, tu l'oublies, tu veux l'oublier et tu fais ce que tu as à faire. Ça faisait des années que ça durait et que je me sentais invincible. À un moment donné, tu réalises que tu n'es pas aussi invincible que ça. [00:10:21] Speaker B: Ouais, c'est ça. Vraiment pas invincible. [00:10:23] Speaker A: C'est fou. [00:10:24] Speaker B: Il y a un coach, j'ai eu un coach sur le podcast qui m'a parlé de ça, le syndrome de l'invisibilité. [00:10:32] Speaker A: L'invisibilité, ouais. Exact. [00:10:34] Speaker B: Il disait que c'est quelque chose que lui essaie de corriger à ses jeunes athlètes au cégep parce qu'on a tout un peu ce syndrome-là quand on est jeune. Il dit que lui a dû arrêter le football parce qu'il y avait trop de blessures. Dans le syndrome de l'investibilité que lui avait, c'est qu'il faisait juste continuer à s'entraîner même quand il se blessait. Au bout du compte, il était obligé d'arrêter. Son fils lui disait, t'es obligé d'arrêter, tu marcheras plus, tu vas mal partout. Lui, Esther, il essaye de façon très consensueuse de dire, continuez à vous pousser. Mais vous n'êtes pas invincible les gars. Donc il y a certaines façons de revenir plus fort, plus en santé, plus récupéré. Il y a des façons de faire, de mieux penser à ça. [00:11:14] Speaker A: Peut-être de mieux calculer tes décisions aussi. Quand tu pratiques ton sport, peu importe le sport que c'est, si tu te sens invincible, tes décisions ne sont peut-être pas toujours les plus réfléchies. Des fois quand tu prends un petit pas de recul et que tu te mets à analyser, t'analyses le risque, mais t'analyse aussi c'est quoi les autres options, comment je peux le faire. Justement, peut-être je comprends ce que tu veux dire dans le genre de syndrome où est-ce qu'on oublie ça. Des fois, je pense qu'on peut peut-être se nuire jusqu'à un certain point. Ça peut s'appliquer probablement à n'importe quel sport. [00:11:48] Speaker B: C'est intéressant que tu me dises ça, que je suis capable de refléter sur certaines choses. C'est vrai que des fois, on est tellement dans l'action de comment je vais le faire, je vais le faire, je vais le faire. [00:11:58] Speaker A: Les arrières un peu. [00:11:59] Speaker B: Oui, exactement. Les arrières. Puis finalement, tu arrives puis j'aurais peut-être du réfléchir. [00:12:05] Speaker A: C'est ça, c'est ça. [00:12:06] Speaker B: J'aurais peut-être du réfléchir… [00:12:07] Speaker A: Je pense que c'est peut-être ça qui… Ben, je pense l'expérience aussi dans certains sports où un coach qui est capable d'inculquer ça à un athlète, je pense que c'est justement là où l'expérience, l'analyse, tout ça vient entrer en ligne de compte. [00:12:23] Speaker B: Tu disais que c'était quelque chose d'assez routinier, que t'sais, c'était pas juste une fois, là, si t'as un nain qui tombe, que tu tombes de cette façon-là pis tu te blesses vraiment. C'était quoi exactement le mouvement, la chute? C'était-tu un saut? [00:12:36] Speaker A: C'était... Ouais, c'était un saut, en fait. Honnêtement, le... L'élément déclencheur est l'orgueil. Parce que la raison, ce qui est arrivé, c'est que Kevin, mon gars qui est le plus vieux, il commençait à... Il avait 15, Kevin, à ce moment-là, tu sais, il avait 15 ans. Puis à 15 ans, en motocross, tu commences à... Tu sais, il en faisait depuis qu'il avait 5 ans. Ça fait que ça commençait quand même assez rapide. Puis il me chauffait les fesses pas mal sur une track. Ça fait que... Puis il y avait un saut que Kev avait fait Tu sais, je le voyais ce matin-là, moi je suis en train de me setter, rouler une couple de tours, se préparer, se réchauffer. Puis Kevin, il se faisait ce saut-là quand même assez... C'était fluide, ça allait bien, tu sais. C'est un triple. Dans le fond, un triple saut, c'est... En motocross, c'est que t'as une première bosse, qui est ton... Tu décolles. Puis t'as une deuxième bosse, puis t'as une troisième bosse. Un double saut, il faut que tu tombes l'autre côté de la deuxième bosse. Un triple, il faut que tu tombes de l'autre côté de la troisième. Moi c'était un triple, la longueur, peut-être 80 pieds je dirais. [00:13:46] Speaker B: Quand même un bon saut. [00:13:47] Speaker A: Ça prenait du swing pareil. Je voyais Kevin le faire, l'orgueil est embarqué. J'ai dit, si Kevin le fait si fluide, je vais être capable de le faire. Je l'ai enligné une fois, deux fois, mais je n'étais pas dans ma confiance. Je ne le filais pas bien, mais je le faisais. Deuxième, troisième fois, ce qu'il faut comprendre, vu que c'est l'hiver, le fond, c'est un dôme, c'est une aréna, mais ce n'est pas isolé. Puis le fond du sol en dessous du sable et de la terre, c'est quand même gelé froid. Puis ce que je comprends, parce que c'est arrivé vite, c'est que j'ai parti croche un petit peu sur un genre de probablement un spot de glace. Puis j'ai parti croche, puis ça a fait que j'ai manqué de vitesse pour atterrir la troisième bosse. Donc plutôt que de clairer la troisième bosse, je l'ai pogné de face. Donc ma roue d'en avant est allée frapper la face du saut. Puis là, j'ai passé par-dessus le guidon. Là, j'ai roulé sur moi-même et la moto est venue me taper dans le dos. Ça, c'est ce que... Kevin, justement, il s'en revenait dans l'autre sens. C'est ce qu'il semble avoir vu. C'est que j'aurais roulé et la moto est venue me taper dans le dos. Puis, c'est à ce moment-là que j'ai senti... C'est comme si on éteignait toutes les lumières. Le courant a arrêté. Puis, j'ai su dans secondes. Je savais ce qui se passait parce que... comme je le mentionnais plus tôt, je savais, je savais parce que je connaissais du monde à qui c'était arrivé. Je savais c'était quoi paraplégie, puis j'ai senti le courant arrêter, j'ai fait oh shit, là ça va pas. Il y a un état de choc, il y a la douleur parce que j'étais quand même assez mal amanché. J'ai fracturé deux vertèbres. qui ont entraîné, les vertèbres ont éclaté. Ça a entraîné un coincement de la moelle épinière. Puis là, suite à ça, on a su que j'avais un poumon perforé, sternum fracturé. J'avais deux ou trois côtes fracturées. [00:15:51] Speaker B: Tu t'es pété la gueule en bon québécois. [00:15:52] Speaker A: J'étais assez magané, oui. Parce que j'ai comme tout écrasé sous le poids de la moto plus l'impact. Donc, le souffle n'est plus là. Mon poumon était perforé. Le souffle n'était plus là. Tout ça fait que c'est un choc. Le déroulement d'accident, j'ai perdu conscience pendant un certain temps, pas longtemps. On parle en secondes, pas en minutes. Je me rouvre les yeux, il y a plein de monde autour. Puis je ne sens plus, je sais ce qui se passe, je ne sens plus rien, plus de son, plus d'images, des abdos en descendant. [00:16:29] Speaker B: Quand tu dis que tu as senti l'électricité couper. [00:16:32] Speaker A: C'est comme si tu éteins les lumières. [00:16:35] Speaker B: C'est tout de suite? [00:16:36] Speaker A: Oui, j'ai senti un choc. J'ai senti un genre de choc, puis plus rien. C'est difficile à décrire, mais c'est comme si t'éteignais les lumières, c'est la meilleure façon que je peux le décrire. C'est assez fréquent. Tu sais ce qui se passe. [00:16:49] Speaker B: Oui. [00:16:51] Speaker A: Je suis assez certain que ma perte de conscience a été beaucoup liée à la panique, à réaliser ce qui se passait. [00:16:58] Speaker B: J'imagine pas. Est-ce que c'est causé par la moto qui t'a flippé dans le dos après? [00:17:05] Speaker A: En fait, c'est que quand les vertèbres ont éclaté, puis c'est probablement à l'impact de la moto qui m'a tapé dans le dos, c'est là que la moelle épinière, parce que ce qui fait que le mouvement descend au niveau des membres inférieurs, c'est la moelle épinière qui conduit les signaux. Puis moi, l'épinière, elle, c'est un mini tube avec des millions de petits fils. Puis elle a tordu. Fait que là, c'est là que le signal arrête de passer. Tu sais, c'est comme si je prends un tuyau d'arrosage, je prends un boyau, puis je coince le boyau d'arrosage, je le plie en deux, l'eau ne passe plus. C'est un petit peu le même principe, ça ne passait plus vers le bas. [00:17:42] Speaker B: OK. Fait que si tu avais été chanceux, tu t'aurais juste cassé des vertèbres. [00:17:48] Speaker A: C'est arrivé à du monde que je connais de juste briser les vertèbres, puis la moelle épinière reste intacte. Fait qu'ils sont corrects, tu sais. Fait que c'est sûr que ça, c'est arrêté. Mais tu sais, on parle en millimètres, là. [00:17:59] Speaker B: Ouais, c'est fou, là. C'est des détails. [00:18:02] Speaker A: C'est des petits détails. [00:18:03] Speaker B: Tu parlais de saut en motocross. J'étais un gars de machine, j'aime quand même ça, mais motocross, je n'en ai jamais vraiment fait. Les sauts en motocross, est-ce que c'est vraiment compliqué, un saut en motocross? [00:18:15] Speaker A: C'est technique, c'est sûr que c'est technique, plus que les gens pensent. Les gens pensent que tu donnes du gaz et tu donnes le plus de gaz possible, tu atterris le plus loin possible. la façon que tu vas contrôler ta moto, un petit coup de frein en avant, un petit coup de frein en arrière, ça va faire que la moto va... Si tu en manques, tu donnes du gaz, le devant de la moto va avoir tendance à lever. Ça va te permettre des fois d'arriver à juste avoir ce qu'il te manque pour relever le devant et clairer le saut. Il y a plein de petites techniques de même, l'absorption de la suspension pour être capable d'avoir la bonne distance à l'atterrissage. Il y a quand même beaucoup de technique dans un saut en moto, beaucoup plus que juste, tu donnes du gaz, puis tu fermes tes yeux, puis tu espères d'arriver à l'autre bord. Ouais, fait que... quand même assez technique, ouais. [00:19:03] Speaker B: Ouais, c'est ça, parce que tu sais, ça m'arrive, je regarde souvent des vidéos de ça, pis l'autre jour, je regardais une vidéo, je sais pas si tu connais les Seaboys, ça dit rien, mais c'est des Américains, une gang de gars qui font souvent des vidéos de machines, pis ça allait tomber que cette vidéo-là... [00:19:20] Speaker A: Oui, oui, oui, c'est eux qui ont fait les petits bateaux, ça se peut-tu... [00:19:22] Speaker B: Ouais, ouais, exact, exact, exact. Pis tu connais-tu Brett Turcotte? [00:19:26] Speaker A: Non. [00:19:27] Speaker B: C'est un Canadien motocross, il fait... [00:19:30] Speaker A: Il fait du freestyle. [00:19:31] Speaker B: Exact, il fait du freestyle. Puis, il y a des gars dans la gang qui n'étaient pas à l'aise à faire les jumps que lui faisait. Puis, il était comme, tu sais, c'est plus simple que ça peut le passer. Puis, ce qu'il faisait, c'est qu'il leur donnait, il lui donnait de l'aspiration. Fait qu'il disait, mettons, moi, je vais donner le speed, fais juste me suivre. Puis, ça marchait. Genre, les gars, ils partaient, ils se donnaient un élan, ils se mettaient au même speed que lui. Il sautait, puis il atterrissait, puis c'était clé. [00:19:56] Speaker A: Il y a énormément de technique. C'est un sport qui est un art. Quand tu connais le sport, que tu es capable de reconnaître la technique d'un rider. Nous autres, on a un petit peu, avec mes chums, c'est un peu une tradition qu'on a. On suit la saison de Supercross. Un samedi soir, c'est chez nous, samedi soir, chez un autre. Puis on regarde les courses de Supercross, puis entre nous autres, qu'on est la plupart des anciens coureurs, ou des coureurs actuels, Quand tu reconnais la technique, tu sais, entre nous autres, on regarde ça comme quelqu'un va regarder un autre sport puis qu'il va être capable de reconnaître tous les mouvements techniques du sport en tant que tel. Le motocross, c'est comme à un niveau tellement élevé de technique, c'est fou, là. Et plus ça va, plus le sport évolue dans ce sens-là. Ça fait que c'est rendu malade, là, Aiden Deegan, le Rising Star, le jeune qui est en train de tout dominer dans le sport. C'est un artiste sur deux roues. C'est quand même assez impressionnant. C'est très technique. [00:21:05] Speaker B: Moi, je suis plus dans le ski-doo. Hors-piste, tout ça. Je comprends quand tu veux dire, il te reconnaît. Tu le sais parce que la technique, genre tu le sais quand quelqu'un est bon. Ça s'apparaît vraiment. À quel point ça l'a changé ta vie? [00:21:24] Speaker A: Ben écoute, tu sais, ce qu'il faut comprendre là, c'est que, puis tu sais, c'est des petites choses sur l'introduction, une petite correction, c'est que j'ai retrouvé quand même une capacité à marcher. Fait que, suite à l'accident, bon, plus de son, plus d'images, paralysé. Là, je suis couché au sol, tu sais, puis j'ai plus de sensation dans mes jambes. Pas capable de bouger mes orteils, mes jambes, mes cuisses, rien. Mais j'arrive, quand je me pince vraiment fort, le haut des hanches, j'arrive à sentir un petit picotement, mais à peine. Puis, à partir de là, il y a le transport en ambulance, il y a le diagnostic à l'hôpital. «OK, bon, bien, tu as fracturé tel vertèbre, tu as ça, ta moelle épinière est affectée.» Puis là, bien, L'étape suivante, c'est que là j'étais à Saint-Jérôme à l'hôpital, là ils me disaient on te transporte à Sacré-Cœur aux soins intensifs, c'est là qu'ils vont plus adresser ta moelle épinière, tout ça. Mais il faut absolument que tu sois opéré, reconstruire les vertèbres, replacer la moelle épinière. Puis ça, le temps est ton pire ennemi ou ton meilleur ami. Il faut que ça soit fait dans les 12 heures. normalement suivant le choc pour maximiser tes chances que ta moelle épinière, que les nerfs ne soient pas atteints d'une façon permanente. Fait que là, c'est transport à sacré cœur, puis l'opération, ils replacent tout ça, puis là, ils ne se prononcent pas, tu sais. Ça, c'est une affaire là, Quand j'entends le monde dans les reportages, aux nouvelles, le médecin m'avait dit que je ne remarcherais jamais, le médecin m'a dit que je ne survivrais pas, c'est rare qu'un médecin se prononce sur ça. Ça me fait tout le temps... Le médecin m''a dit que je ne remarcherais pas. Il n'y a pas un médecin qui se prononce de façon catégorique comme ça. Moi, ce qui m'a été dit, c'est... Si la moelle épinière est atteinte, on ne sait pas si c'est complet ou incomplet parce qu'elle n'était pas sectionnée. Si elle était sectionnée, ce serait une autre histoire. Médicalement, il n'y aurait pas de façon. Mais si la moelle épinière n'est pas complètement sectionnée, il y a replace. Puis là, il faut que tu espères que ça va récupérer. Puis ils ne savent jamais à quel point que ça peut récupérer. Normalement, ils ne vont pas se prononcer. Ils vont dire, regarde, c'est ça qui est la situation actuelle. Le pronostic, on va le savoir dans X nombre de mois. Ça peut être 3 mois, ça peut être 6 mois. En principe, d'habitude, tu croises tes doigts et tu attends ou presque. Parce que la volonté ici et ça, c'est bien beau, mais il faut que médicalement, ça soit possible. Sur le coup, c'est ça l'opération, ils te parlent de ce qui s'est passé, qu'est-ce qu'ils ont fait, ils ont replacé tout ça. On attend un petit peu que ça récupère, l'inflammation s'en aille. Graduellement, j'ai retrouvé un peu plus de sensations dans le haut de mes cuisses. Puis quand je forçais mes jambes ensemble, j'arrivais des fois à avoir un petit peu de mouvement juste pour fermer mes cuisses l'une sur l'autre. Mais on parle d'un millimètre. Puis là, graduellement, avec le temps, j'ai réussi à récupérer un petit peu plus de force à fermer mes cuisses ensemble. Tout ça pour dire qu'entre ce moment-là, Six mois plus tard, j'ai rebougé un orteil. J'ai réussi à monter dans des bars parallèles en 4 à 6 mois. Puis, après ça, sur une réadaptation de deux ans. Ça, dans mon parcours, je parle souvent que ma réadaptation a pris deux ans. Parce que ça a pris deux ans où est-ce que j'étais certain, moi, que je rejouerais au hockey, pis que, t'sais, quand j'ai recommencé à être capable de me tenir sur mes jambes, moi, dans ma tête, je repatinerais, je referais du motocross, la vie reviendrait comme avant, t'sais. Mais là, pendant toute cette réadaptation-là, physio, ça a été cinq mois de physio à temps plein au centre de réadaptation à Montréal. Puis après cinq mois, tu t'en vas chez vous puis tu poursuis ta réadaptation dans un centre dans ta région. Fait que ça, ça a été... Cet nombre de mois-là, plus, tu sais ça, réadaptation en externe dans mon coin, fait que c'est un total de deux ans pour arriver à marcher avec, mettons, deux cannes, si on veut. Une canne dans certains cas, deux cannes dans d'autres. Fait que t'sais, j'arrive aujourd'hui, quinze ans plus tard, à être quand même capable de me déplacer. Je fais la majorité de ce que je fais en longue distance. T'sais, me rendre ici. Il y a des distances de marche chez mon fauteuil, s'il n'y a pas de doute. Mais comme par exemple, dans la maison, chez nous, je peux marcher avec mes cannes, des distances courtes, je vais le faire avec des cannes. Ça fait que j'arrive à partager ma vie quand même, moins pire que ça aurait pu l'être sur le coup. Ça a été pas mal le processus de deux ans pour en arriver là. [00:26:47] Speaker B: Puis l'aspect, mettons, conduite, tout ça, tu es venu ici en véhicule, tu n'as pas de chauffeur. [00:26:53] Speaker A: Encore là, j'ai été chanceux parce que ma jambe droite, quand tu me regardes marcher, c'est mon côté gauche qui est tout en bloc. Mon côté gauche a été plus affecté que le côté droite. Ma jambe droite, qui est la jambe avec laquelle on conduit, mon pied est fonctionnel. Je suis capable de conduire sans adaptation. mais j'ai plein de chums paraplégiques qui conduisent des voitures et ils ont juste l'adaptation manuelle. Il y a une adaptation avec des leviers et il y en a différents types, mais très performants, plus de base. Mais en général, mes chums ont les véhicules qu'ils veulent. C'est juste qu'il faut qu'ils soient adaptés en conséquence. [00:27:37] Speaker B: C'est comme toi, tu chauffes avec tes pieds. [00:27:39] Speaker A: Moi, je conduis avec mes pieds. [00:27:40] Speaker B: C'est ça. [00:27:42] Speaker A: Au début, j'avais une restriction sur mon permis. Je n'avais pas le droit de conduire une voiture manuelle parce que ma jambe gauche n'était pas assez mobile pour appuyer sur la cloche. Mais j'ai réussi avec le temps. Après 5-6 ans, j'ai retourné faire mon examen, une évaluation. En fait, ce n'est pas un examen, c'est une évaluation par un ergot qui confirme que je suis capable, avec ma jambe gauche, de conduire une voiture manuelle. Mais dans le trafic, ça viendrait... – Fatiguant. – Oui, c'est ça. [00:28:11] Speaker B: – Même pour quelqu'un qui n'a pas le handicap, je trouve ça fatiguant. – C'est ça. [00:28:15] Speaker A: Oui. Fait que j'ai récupéré ça avec le temps. Je suis capable de conduire. Mon pied droit, il n'y a pas de problème. Je ne suis pas un danger sur la route. De toute façon, tu es évalué et ils ne te redonnent pas un permis. C'est sûr. C'est safe, mais mon véhicule, je le conduis de façon bien normale. [00:28:35] Speaker B: Il y a quand même des bonnes nouvelles à travers ça. Il n'y a pas juste du négatif. C'est là que je m'en allais en fait, dans ma prochaine question, de te parler un peu de rehab. Je suis content que tu en parles parce que c'est souvent qu'est-ce qui se passe mentalement. dans ces moments de rehab. Moi, j'ai été extrêmement chanceux. Je n'ai jamais eu de blessures graves au sport que j'ai dû arrêter plus d'une semaine. Les blessures que j'avais, je n'ai jamais manqué une semaine vraiment de sport. J'ai été habillé à tous mes matchs. Pas de fractures. de fractures. [00:29:08] Speaker A: C'est quand même surprenant. [00:29:09] Speaker B: Oui, c'est ça. J'ai été quand même assez chanceux, mais j'ai eu des chums qui ont eu des grosses blessures. Mentalement, c'était tough, la rehab, tout ça. Comment ça t'a formé mentalement à ce moment-là? [00:29:22] Speaker A: En fait, dans mon cas, je reviens tout le temps à mes deux années. Souvent dans la discussion, je reviens avec ça parce que pour moi, il y a eu un moment charnière. quand ma vie a changé. Ma vie, elle a changé vraiment après deux ans. Je vais t'expliquer pourquoi, là, mais en gros, pendant les deux premières années, quand tu as une récupération comme je l'ai eue, si j'avais eu une paraplégie complète, comme j'ai certains chums qui l'ont, bien, du jour au lendemain, ta vie, elle change. Tu peux t'accrocher pendant un mois ou deux, mais maintenant, la réalité te frappe que, regarde, what you see is what you get. Tu sais, la paraplégie est complète, je ne remarcherai pas, Puis ma nouvelle vie, c'est le fauteuil. Moi, dans mon cas, vu que j'avais une récupération, j'étais tout le temps à quête de plus. Plus, plus. Je veux marcher plus. Je veux être capable d'être plus mobile. Je veux lâcher une canne. Fait que pendant deux ans, tu cherches plus, plus, plus. Puis ce que tu t'aperçois, c'est que tu draines tellement d'énergie à chercher plus, plus, plus. Puis à espérer que tu vas arriver là. Mais là, tu vises là, donc tu t'en vas vers là. Mais maintenant, ça arrête d'aller vers là, ça fait ça. Puis là, je dirais, à partir de 18 mois, Pendant les six mois qu'ils ont suivi, je n'avais plus de progrès. C'était minime, tu sais. Puis là, un moment donné, tu commences tranquillement à dire, là, peut-être que je ne rejouerai pas finalement au hockey, tu sais. Parce que moi, ma réadaptation, quand ils me faisaient mes rencontres de suivi, puis c'est quoi tes objectifs, moi, je ne parlais pas de ce que je veux faire, aller prendre des marches. Je ne parlais pas de pouvoir faire le ménage dans la maison. Moi, je disais, je veux jouer au hockey. Je veux repatiner. Fait que c'était mon objectif. Fait que moi dans ma tête, je m'en allais vers ça. Pis là ben un moment donné, ça se tagne là. Pis j'embarque sur des patins, ça marche pas là. J'essayais. J'ai essayé sur des rollerblades, j'ai essayé sur des patins pis j'avais pas la force pis ma mobilité. Pis là un moment donné tu dis là, si tu commences à réaliser, Puis, il arrive un point, puis moi c'est comme, je sais pas pourquoi, mais c'est le 24 mois que j'ai dit, sais-tu quoi? Là, je pense que c'est ça, là. Faut que j'arrête de me battre pour aller chercher quelque chose que j'atteindrai pas parce que je vais me drainer mentalement, physiquement, puis ma vie peut pas se résumer à faire de la réadaptation pendant le reste de mes jours, là, t'sais. Fait que là, j'ai dit faut que j'accepte un moment donné que je suis là, là. Fait que, Mais à ce moment-là, je n'ai pas encore utilisé un fauteuil roulant. tout le temps l'impression que j'étais capable d'en faire plus. Je marchais avec mes cannes, je me brûlais. J'ai essayé d'aller en voyage. Quand on allait en voyage dans le sud, l'aéroport, c'était juste me rendre à Gate à l'aéroport, j'étais claqué. Mes vacances n'avaient pas commencé parce que je marchais avec deux cannes de peine et de misère. Fait que là, le hockey est arrivé à travers tout ça, puis je ne sais pas si on va là tout de suite, mais... [00:32:42] Speaker B: On peut y aller, on peut y aller. [00:32:43] Speaker A: Parce qu'à un moment donné, quand j'ai commencé à jouer au para-hockey, je pourrais revenir tantôt sur mes débuts au para-hockey, mais c'est surtout pour comprendre que quand j'ai commencé à aller dans les tournois, puis que là, j'ai commencé à voir du monde en fauteuil, puis tout ça, puis que là j'ai commencé a me dire que finalement, ce n'est pas si peurant que ça, Là, j'ai commencé peut-être à me dire que c'était une avenue que je pouvais prendre, le fauteuil roulant. Parce que moi, mon fauteuil qu'ils m'ont donné en réadaptation, je l'avais donné à un de mes chums qui était mon roommate en réadapt. [00:33:14] Speaker B: C'est-tu vrai? [00:33:15] Speaker A: Ouais. Moi, je lui avais dit, gars, Michel, prends mon fauteuils. De toute façon, moi, je n'aurai jamais besoin de ça. Fait que prends-le et garde-le chez vous. Si un jour, je n'en ai besoin, je te ferai signe, mais prends-les. Fait que moi, je n''avais même pas de fauteuils, tu sais. À un moment donné, mon coach, il me dit, il voyait que j'étais brûlé, j'étais à l'aréna, on avait des matchs, le sac de hockey. Puis là, il me dit «Je ne veux plus que tu viennes si tu n'as pas de fauteuil. Tu ne viens plus jouer au hockey sans fauteuil, tu es brûlé.» J'ai dit «Je n'ai pas de fauteil. Je l'ai donné. Trouve-en un. Tu ne viens plus jouer au hockey. Plus de tournoi sans fauteuils.» Ouais, ok, là je suis revenu à la maison, j'ai rappelé mon chum, je lui ai dit écoute, je pourrais peut-être le reprendre, il dit pas trop, viens chercher. Puis là, j'ai commencé ma deuxième étape de vie. Là, j'ai réalisé que, ta minute là, ça fait du bien ça, aller faire l'épicerie, puis être capable de faire l'épicerie à une vitesse normale. [00:34:16] Speaker B: Être capable de... [00:34:18] Speaker A: C'est ça, c'est ça. Là, à un moment donné, j'ai commencé à comprendre que c'était peut-être une bonne décision d'intégrer ça à ma vie. C'est pour ça, je ne voulais peut-être pas aller sur le sport tout de suite, mais l'élément déclencheur du fauteuil, ça a été quand j'ai commencé à faire du sport un peu plus. Fait que là, j'ai commencé à intégrer le fauteuil à ma vie, à l'envoyage, là c'était beaucoup plus facile. Fait que c'est là que ça a commencé ma nouvelle réalité. C'est après la deuxième année. [00:34:44] Speaker B: C'est fou pareil, deux ans, mais ça c'était... la vision pis l'objectif de moi je vais marcher pis je vais jouer. [00:34:54] Speaker A: Il n'avait pas de jambée à ce moment-là. [00:34:54] Speaker B: Ouais c'est ça, exact. [00:34:55] Speaker A: C'est ça. [00:34:56] Speaker B: Mais je trouve ça quand même beau, mais c'est sûr que quand tu fais face à la réalité qui est la réalité, faut que tu l'acceptes, t'as pas le choix. [00:35:05] Speaker A: Le support psychologique, ils me l'ont offert depuis le jour 2 après mon accident. Tu sais, le lendemain de mon opération à l'hôpital, il y a une psychologue qui est passée pis j'ai dit j'ai pas besoin de ça, moi je m'en vais quelque part pis je vais y arriver. Ça a pris deux ans encore là. Après mon fameux deux ans, ben là j'ai dit, c'est du quoi, peut-être que, on va peut-être rencontrer une fois un psychologue, tu sais. Puis finalement, Luc, la personne qui m'a été mis en contact au niveau soutien psychologique, à un moment donné, je pense c'est 18 mois après mon deux ans là, tu sais. Fait que rendu là, j'étais presque rendu à... J'étais rendu à plus que 36 mois après l'accident. Luc, il m'a dit le nombre de fois qu'on s'était vu. J'étais comme, ben voyons, là je peux pas me dire un chiffre niaiseux, là, mais il dit, sais-tu que ça fait, je sais pas moi, 75 fois qu'on se voit, là, t'sais. Parce que j'étais rendu que, mon vendredi, j'arrivais avec le café Tim au bureau à Luc, pis on jasait. Comme on jase là, t'sais. C'était pas un psychologue, là, couché sous le divan, pis... Comme on les voit. J'allais avec Luc et on jasait comme on jase là. Finalement, ça m'a aidé aussi à traverser. Mais sur le coup, je n'avais aucun support psychologique. Je n'en voulais pas. Pas de fauteuil roulant. Moi, j'étais comme, regarde, je m'en vais là. Laissez-moi aller et je vais y arriver. J'avais refusé l'ergothérapie. L'ergot, quand tu es en réadaptation, ils vont te montrer à fonctionner dans ton milieu de vie de la nouvelle façon. Comment, mettons, tu vas cuisiner si tu es en fauteuil ou si tu as besoin de t'asseoir pour cuisiner ou faire transporter ton café dans la maison. Moi, je leur ai dit, regarde, je vais faire un deal avec vous autres. Moi, l'ergot, je n'en veux pas. je vais prendre la physio à la place. Fait que donnez-moi le double de traitement de physio, puis laissez faire l'ergo, puis l'ergo je verrai ça quand ce sera le temps. Puis ils ont accepté, tu sais, ils ont dit si c'est ça ton souhait, puis que tu vois que c'est ça qui t'aiderait, on va le faire. Fait que je prenais double physio, moi, dans le forfait. Puis au centre de réadaptation, il y a un gym, tu sais, c'est le centre de physiothérapie qui a un gym super adapté. Puis moi, tu sais, parce que les gens, ils vont là, mais souvent, ils ne font pas grand-chose de leur journée. Leur traitement de physio est fini à 9 heures du matin. Ils attendent au lendemain pour le prochain traitement, tu sais, où ils vont en ergot pendant une heure l'après-midi. Mais le reste du temps, tu es comme dans un milieu de vie. Fait que moi je faisais deux choses, je répondais à mes emails, je travaillais parce que mon entreprise fallait qu'elle continue de survivre. Quand j'avais fini ça, je m'en allais dans le gym et je m'entraînais. Puis physio à travers tout ça. Fait que c'était mon six mois, cinq mois, six mois de réadaptation. C'était ça, tu sais. Parce que je voulais juste m'en aller. de pouvoir récupérer le plus possible. Je me mettais sur un petit vélo qui faisait pédaler mes jambes. Mais il y a un entraînement électrique, un peu comme les vélos électriques. En 2010, les vélos électriques n'avaient pas. Mais là, c'est comme un vélo qui faisait pédaler mes jambes. Tu es assis là-dessus, ça fait pédaler tes jambes. comme tout seul, mais ça accentue le mouvement. Je m'assoyais là-dessus pendant une heure, puis je laissais mes jambes, je n'avais aucune force là, mais je laissais juste mes jambes bouger pour essayer de me convaincre que c'était pour fonctionner. C'était ça, mon deux ans. Donc, gym, réadaptation. [00:38:35] Speaker B: T'as-tu toujours une attitude optimiste comme ça? Je trouve que dans ton discours, tu restes assez optimiste. [00:38:56] Speaker A: Optimiste, oui, mais impatient, oui. Ça serait... Ma blonde, elle ne voudrait pas que je dise que c'est tout un beau fleuve tranquille, que j'étais tout le temps optimiste. Parce qu'elle, elle le sait, elle m'a supporté depuis ce temps-là. Puis elle voit que par bout, c'est tough. Encore aujourd'hui, des moments... Beaucoup de moments d'impatience, beaucoup de frustration parce que tu n'arrives pas à faire ce que tu veux faire. Découragement, non. Puis, positif, la majorité du temps en disant, regarde, ça va être correct. Mais le sport, c'est là que le positif est tout arrivé. Parce que le fameux deux ans, le charnière que je te parle, il y a eu du négatif pas mal dans ce petit bout de deux ans-là, dans les mois avant puis après parce que... Là, tu réalises, comme je te le disais tantôt, la réalité de ne plus jouer au hockey, de ne plus faire ci ou ça, de faire une croix sur bien des choses. Là, mentalement, ça a été tough. C'est pour ça que j'avais accepté aussi, à ce moment-là, de prendre du soutien. Positif presque tout le temps, optimiste presque tout le temps. Mais des bons moments de frustration, des bons jurons qui ont sorti souvent. Puis encore aujourd'hui, il y a des moments où c'est que t'es écoeuré, t'en a plein le dos de tout ça, tu sais, puis que t'aimerais ça... Puis tu sais, les moments les plus tough, c'est pas quand je suis dans le fauteuil. Les moments les plus tough c'est quand t'es pas dans le fauteuil puis que tu vis le regard des autres, ça, c'est le pire pour moi, parce que je suis un gars bien orgueilleux, en général, dans la vie, l'apparence est importante, la fierté de... Tu sais, quand même, en général, je suis quelqu'un qui est fier, que j'aime pas avoir un regard négatif sur moi. Fait que, tu sais, tu rentres dans un restaurant, puis tu me verrais marcher, puis, tu sais, c'est vraiment «awkward» que je marche, là. Clairement, il est pas normal, ce gars-là. Fait que je marche avec les deux cannes, puis... Fait que souvent, je prends mon fauteuil pour éviter le regard des autres. Mettons, tu traverses une allée dans un restaurant, puis tout le monde se tourne. Les gens ne veulent pas le faire, mais c'est plus fort qu'eux autres. Fait que ça te dévisage, puis ça, je déteste. Fait que ça, il y a de la frustration qui vient avec ça. Fait que souvent je prends mon fauteur. [00:41:18] Speaker B: Tu te fais moins dévisager en fauteuil? [00:41:20] Speaker A: Ben oui. Moi, dans mon fauteuils, je me sens... comme n'importe qui. [00:41:25] Speaker B: Tantôt, tu allais porter ta vignette parce que tu l'avais oublié. Ça n'a pas pris plus de temps que quelqu'un qui serait à la pile. [00:41:32] Speaker A: Pas de fauteuil, tu m'aurais attendu. Ça, le regard et tout ce côté-là, ça allait amener du négatif. Ça amène de la frustration. La dernière réalité qui amène un peu de ça, c'est que quand tu es un paraplégique incomplet, c'est comme ça qu'on appelle ma condition, C'est que vu que je suis capable de marcher, mais moi l'épinière n'est pas complètement sectionnée. Ce que ça fait, c'est que les nerfs endommagés, eux autres, ils envoient des petits triggers tout le temps. Puis ce que ça fait, ça cause des spasmes, les jambes très raides, puis des chocs électriques où ta jambe donne des coups tout le temps. Les jambes. Puis, ça fait des douleurs qu'ils appellent les douleurs neurogènes qui sont des douleurs qui ne sont pas vraiment une douleur comme si je te pince ou comme si je te casse un bras, mais c'est des faux signaux que ton cerveau envoie qui passent par les circuits endommagés. Ça fait que tu reçois des douleurs de brûlure et de... C'est comme... Oui. Moi, je vis avec ça, tu sais, c'est mon quotidien, surtout le soir, la nuit. Fait que ça, ça cause des... T'sais, par bout. C'est pour ça que je te dis encore aujourd'hui, là, quand j'ai des séquences de 4-5 jours où les douleurs sont plus importantes, là, t'sais, tu me donnes plein de cul, là, t'sais. Tu te dis là, esti, je suis tanné, là, pis... T'sais c'est jamais au point d'être à un découragement ou jamais à un point d'avoir des idées noires ou rien de ça, là. Mais il reste que ça vient quand même jouer dans ton quotidien, ça joue sur ta patience, ça joue sur beaucoup d'éléments, t'sais. Fait que, oui, du négatif, jamais au point de te décourager, mais... C'est une réalité qu'on a nous-mêmes. [00:43:06] Speaker B: Tu dirais quoi à un jeune qui vit des moments plus difficiles comme ça, mettons, en ce moment? C'est pas obligé d'être en handicap ou whatever. Tu dirais quoi à un jeune qui vit de l'anxiété, qui vit des moments plus difficiles comme ça? Si quelqu'un nous écoute en ce moment et il vit des moments même difficiles, la rentrée des cours, son sport, la saison, peu importe, qu'est-ce que tu lui dirais? [00:43:26] Speaker A: Écoute, c'est sûr que chaque personne vit les situations de façon individuelle, mais je dirais qu'il y a toujours une solution en avant. Il y a toujours... Tu sais, c'est quelque chose que je parle quand je parle de mon parcours. Puis ça, ça semble facile à dire, parce qu'un jeune qui va vivre l'anxiété, qui va vivre un des moments difficiles, ce n'est pas toujours évident de transformer ça en positif. Mais moi, j'ai toujours... essayer de prendre une épreuve, un défi, quelque chose qui m'affectait dans ma vie, puis de transformer ça en quelque chose qui va m'apporter quelque chose, qui va se concrétiser en quelque chose de plus positif. Fait que transformer tes défis, c'est-à-dire tes épreuves en défis. Fait que c'est sûr qu'il y a toujours une lumière en avant. Il y a toujours quelque chose en avant. Par contre, ça prend des outils et ça prend ce qu'il faut pour passer à travers. Puis ça, chacun va le trouver à sa façon. Moi, le sport, ça a été ma façon de passer à travers tout ça. Il y en a que ça pourrait être la musique, il y en a que ça pourrait être les arts. Je connais des jeunes qui s'en sont sortis de situations difficiles, pas nécessairement par le sport, mais ils sont mis à écrire de la musique. la musique leur a permis de sortir de la noirceur et de la libérer. C'est trouver quelque chose qui va faire du sens pour toi et t'en servir pour t'amener ailleurs. C'est sûr que si tu me poses la question, Pour quelqu'un qui va vivre une épreuve semblable à ce que j'ai vécu, j'ai des outils et j'ai des choses que je peux apporter. [00:45:13] Speaker B: Plus concret. [00:45:14] Speaker A: J'ai quelqu'un très proche de moi qui l'a vécu dans ma gang, sans tomber trop dans l'aspect du handicap, tout ça. Mais on parlait d'épreuves, Marc-Olivier qui est quelqu'un qui est très proche de moi, qui est plus jeune que moi. Coco en ce moment il a 28, 29. Marc Olivier a eu un accident de vélo il y a deux ans et demi à peu près. Il est devenu paraplégique. C'est un gars que j'étais déjà très proche de lui. J'ai essayé de l'aider là-dedans. Une des premières choses que j'ai faites, c'est parler à lui et à ses parents. Mais ce n'est pas facile, qu'est-ce qui s'en vient. Mais il y a une chose, par exemple, que je peux te garantir, c'est qu'il y a du positif qui s'en vient, puis tu vas être capable d'avoir une belle vie quand même, malgré ce qui se passe en ce moment. Ça, je suis capable de coacher un petit peu plus quelqu'un qui vit des choses un peu comme je les ai vécues, parce que je peux me servir de mon parcours pour aider ces gens-là. Dans certains autres aspects, je n'aurais pas la prétention de pouvoir mettons accompagner peut-être un jeune ou une jeune qui aurait des choses difficiles mais que je compte que j'ai jamais vécu. Ouais c'est ça. [00:46:33] Speaker B: T'es ici parce que on a un contexte de rencontre qui est un peu différent j'ai envie de dire. Si je mets un peu de contexte, inédit, ils sont associés avec le cégep de Chaudière-Appalaches. [00:46:49] Speaker A: Lannaudière, c'est ça. [00:46:50] Speaker B: Lannaudière-Appalaches, Lannaudière. Puis, dans le fond, j'avais une rencontre avec Pierre-Antoine, exactement. Puis, il me disait qu'il travaillait sur l'équipe Québec de para-hockey pour développer une technologie dans les luges personnalisées, tout ça. Puis quand j'ai parlé que j'avais un podcast aussi, il m'a dit «Ben écoute, ça pourrait être le fun, je pourrais peut-être te référer à quelqu'un.» Et c'est là qu'il m'a donné ton nom. Capitaine de l'équipe para-hockey du Québec. C'est sûr que tu n'as sûrement pas commencé capitaine, mais ce que je comprends, c'est que tu as toujours été sportif. Tu as décidé de te lancer dans le sport, ton rêve. En fait, tu étais juste un mordu de hockey. Que tu ailles des patins ou pas, tu vas jouer au hockey pareil. Tu as trouvé une solution. Tu m'as dit tantôt que tu avais cinq présences consécutives, cinq victoires. [00:47:47] Speaker A: On a cinq championnats canadiens, cinq victoires consécutives les cinq dernières années, notre dernier au mois de mai à Boucherville. Puis oui, là on est à cinq de suite, mais j'ai comme je dirais huit participations ou neuf participations aux championnats canadiens. [00:48:04] Speaker B: Quand même. Parlons-en. C'est quoi la transition? Je te parlais beaucoup de ton histoire de la réhabilitation. Allons maintenant dans l'aspect sportif. Pourquoi tu es vraiment ici aujourd'hui pour devenir capitaine de Team Québec? Tu es parti de où en fait? [00:48:21] Speaker A: J'ai été introduit au para-hockey dans mon fameux deux ans, après deux ans de mon accident. En fait, on m'en a parlé dès mon accident. Mais pour moi, dans mes deux premières années, je m'en allais rejouer au hockey debout. Il n'y avait pas de para-hockey dans mon histoire. Je travaillais pour ça et je n'étais pas prêt à essayer le para-hockey. Dans ce temps-là, on appelait ça le hockey luge. C'est devenu le para-hockey avec le temps. Mais après deux ans et quelques mois, je me suis dit que quand j'ai fait mon constat de «what you see is what you get », je n'allais pas rester assis. dans mon divan pendant les 20 prochaines années. Bon ben c'est quoi là? Qu'est-ce que je vais faire? Il y a le fameux hockey luge, je vais m'aller voir ça. Contacter une couple de personnes, puis j'avais un chum. J'ai eu deux cochabards en réhabilitation. Le Michel que j'ai parlé tantôt, que j'avais laissé mon fauteuil. Puis j'ai Aurélien qui était lui un double amputé. Sa réadaptation était totalement différente de la mienne. Mais Auré lui, il avait commencé à jouer au hockey déjà. Fait que j'ai contacté Aurélien, il m'a mis en contact avec des gens. Puis là, j'ai finalement été essayé. Puis moi, dans ma tête, j'ai joué au hockey toute ma vie. Ça ne sera pas tant différent. Je vais m'asseoir dans une luge et après 15 minutes, je vais être capable de faire ce que j'ai à faire et ça va être correct. Fait que là, j'ai frappé un autre mur. Fait que là j'ai essayé la luge pour s'asseyer là-dedans pis... Hit, tabarnak. [00:50:00] Speaker B: C'est plus compliqué qu'on le pense? Ah ben oui, écoute... Honnêtement, je comprends pas trop le... [00:50:04] Speaker A: Le contrôle de la luge, t'sais, t'es sur deux lames. Il y a un équilibre. Il y a le fait que t'as besoin de tes deux mains pour te propulser. Il y a des pics au bout des bâtons, t'sais. Pis on doit se propulser. Lancer des deux mains, faire des passes des deux mains. C'est toute une histoire. J'embarque là-dedans et ça ne marche pas. Avec ma patience légendaire, je finis ma pratique, je redonne la luge et je dis au coach qui était là, ça ne sera pas pour moi, je te remercie, mais non merci. Je suis reparti de là. J'ai laissé ça là. C'était dans une fin de saison, peut-être mars-avril de mémoire. J'ai passé l'été et je me cherchais. J'avais besoin de bouger. Rendu au mois d'août-septembre, je me suis dit que la saison recommence pour eux autres. Je vais peut-être me redonner une chance d'aller essayer. Mes chums m'ont dit de donner 10 pratiques avant de prendre une décision. Mais là, c'est que la première fois que j'étais allé, j'étais tout seul là, il y avait 3-4 personnes, puis toutes des gens peut-être qui rejoignaient moins mon évaluation d'un sportif, ou d'une sportive. La fois suivante, quand j'étais allé à l'automne, j'arrive là, Puis là, il y a du monde dans la chambre de hockey, les gars sont là, puis ça se tape les pads. Puis là, déjà là, je n'ai pas encore mis mes fesses dans l'uge que je vois l'ambiance de la chambre de hockey, puis j'accroche sur ça. Là, les gars, ça fait des jokes. Fait que là, je me dis «OK, bon». Fait que là je m'assois dans l'uge, c'est tough encore évidemment, puis là je n'arrache. Mais là, il y avait des gars là, d'ailleurs, que je suis en coachum avec, pis qu'ils m'ont dit, écoute, donne-toi le temps, pis comme je disais tantôt, donne-toi 10 fois, pis ils m'ont aidé, coaché, pis... Fait que tranquillement, pas vite, j'ai plus repogné, j'ai catché un petit peu, mais jamais au point de dire que je vais jouer ça compétitif. C'était une première saison, c'est comme un enfant qui apprend à marcher. Fait que... mais on m'a invité pareil à aller dans des petits tournois. Au para-hockey, il y a différents niveaux. Tu peux jouer plus récréatif, puis tu peux jouer plus compétitif. Fait que j'ai commencé un tournoi à Brempton, en Ontario, dans une catégorie probablement que c'était la plus basse catégorie. Là, l'ambiance, le vestiaire, les coéquipiers, scorer un but. Quand tu scores un but, c'est scorer un but, Que tu sois para-hockey ou que tu sois hockey debout, le feeling est pareil. C'est là que j'ai accroché. Ça c'est 2012, parce que j'ai eu mon accident en 2010, on met deux ans. Fin 2012, début 2013. Puis là, j'ai... OK, bon, c'est bon, on joue les petits tournois, mais moi, ma philosophie de sportif, c'est pas de jouer récréatif. C'est pas dans mon... En motocross, c'était pareil, je voulais devenir meilleur, je pratiquais avec les meilleurs. Tantôt, on parlait, avant de commencer à enregistrer, ou je sais pas si on avait commencé, mais on parlait de... le freestyle, de suivre le beat, là, tu parlais de ceux qui suivaient le beat, ben c'est un petit peu comme ça en motocross, tu sais, tu suis un gars plus vite, et lui, il te donne un petit break en attendant un petit peu, pis tu pognes ses mouvements, pis tu pognes sa vitesse, plus ça va, t'es capable de t'améliorer, tu sais. Moi, je me suis toujours dit... If you want to be the best, practice with the best. Si tu pratiques avec les meilleurs, ça va automatiquement aller plus vite que si tu restes à pratiquer avec les gens, puis rien contre les gens moins bons. C'est juste que si tu veux progresser, il faut que tu ailles te pousser. [00:54:01] Speaker B: T'as sorti ta zone de confort. [00:54:02] Speaker A: Moi, j'étais tout le temps tendance à... parce qu'il y avait un groupe qui pratiquait les mercredis à Montréal, mais je n'avais pas le droit d'aller avec eux. Je n'étais pas assez fort pour aller avec eux. Mon premier objectif au hockey, c'est de dire moi, je veux pouvoir pratiquer avec eux. J'ai pris tout ce que je pouvais comme temps de glace, tournois, match. Je disais oui à tout. Là, j'ai finalement réussi à dire bon ok, ils m'ont dit tu peux venir pratiquer. Mais là, je n'étais pas encore à faire des essais avec l'équipe Québec. Tranquillement, je voyais mes chums qu'eux autres faisaient partie de l'équipe Québec. Puis là, moi je voulais faire partie de ça. C'est une des premières fois où ce que je réalise, où ce que j'ai dit, J'ai un objectif, je veux atteindre l'objectif, il faut que j'aie un plan pour atteindre l'objectif. Mais j'ai réalisé que j'étais comme ça dans la vie en général, je suis quand même déjà entrepreneur depuis avant mon accident, puis je suis quelqu'un qui trouve des solutions. Je me suis dit, bon, là l'objectif il est là, tu vas aller jouer avec l'équipe Québec. Qu'est-ce que tu fais pour y arriver? Ça prend du temps, une glace. Il faut que tu pratiques avec les meilleurs. Puis, il faut que tu sois en forme. Il faut que tu sois capable de suivre le rythme. Fait que je me suis pris un entraîneur au gym au Centre Perform Plus à Boisbriand. Stéphane Dubé, il entraînait. Stéphane a déjà travaillé avec les Pingouins de Pittsburgh. Il a travaillé avec le Canadien. C'est lui qui a le gym à Boisbriand au Centre Perform Plus. Puis Stéphano, qui est son associé, ils m'ont pris en charge, puis ils m'ont mis sur un programme, puis j'ai vraiment commencé à intégrer l'entraînement physique de façon plus sérieuse à ma préparation. Fait que j'ai dit, je vais prendre tout le temps de glace possible, je vais prendre tous les trucs possibles de mes coéquipiers en essayant de pratiquer avec les meilleurs. Je vais m'entraîner au gym. Puis j'ai fait l'équipe du Québec, je pense qu'en 2000, 14 ou 15, il faudrait refaire le fil des événements. Fait que j'ai réussi à rentrer sur l'équipe du Québec, même que ce que j'ai fait, moi j'ai toujours été un attaquant au hockey. Puis je voyais qu'il y avait un petit peu plus d'ouverture à défense. J'ai dit au coach, regarde, moi je vais être un défenseur parce que je voyais que dans l'équipe, les spots qui pouvaient peut-être s'ouvrir. Fait que, j'avais switché à défense pour être capable de dire, je vais faire ma place. Fait que je réussis à faire ma place sur l'équipe du Québec. comme recrue. Puis là, de fil en aiguille, les championnats canadiens et tout ça. Puis dû à ma personnalité peut-être, puis mon background au hockey debout, puis j'avais coaché au hockey debout quand même pendant plusieurs années à des niveaux assez compétitifs tout le temps. J'avais une école de powerskating, moi, avant mon accident. [00:56:40] Speaker B: – Ah oui? [00:56:41] Speaker A: – Oui, oui. [00:56:41] Speaker B: – Nice. [00:56:42] Speaker A: – Fait que j'avais beaucoup d'élèves en privé puis en groupe. Fait que, tu sais, mon background peut-être passé du hockey a fait que j'ai pris un rôle. Tu sais, je comprenais la game. Le para-hockey se joue pareil comme le hockey de bout au niveau des stratégies, sortie de zone, situation de power play, des avantages numériques. Tout se joue pas mal pareil, tu sais. [00:57:06] Speaker B: Jouer sans même grosseur de glace. [00:57:07] Speaker A: Même grosseur de glace, les mêmes règlements. [00:57:09] Speaker B: Ouais, c'est ça. [00:57:09] Speaker A: Fait que... Mon passé de hockey a fait que j'ai réussi à faire ma place tranquillement quand même avec un rôle de plus en plus important. J'ai fait peut-être une dizaine d'années au total avec l'équipe. j'ai jamais été le joueur qui va remplir le net, j'ai jamais été la super vedette, mais j'ai toujours été capable de bien alimenter mes coéquipiers, être un bon leader, être capable de remplir le rôle qu'on me demandait. Puis, à un moment donné, le poste de capitaine s'est ouvert et on m'a nommé capitaine. Ça doit faire ma... J'ai fait peut-être un 4 ou 5 ans comme capitaine de l'équipe. C'est ça. C'est pas mal un petit peu, je te dirais, mon parcours para-hockey. Là-dessus, j'ai dû avoir une pause. J'ai joué une dizaine d'années, mais j'ai comme 8 championnats canadiens parce que j'ai été obligé d'arrêter pendant un certain temps à cause du vélo. Vu que j'étais avec le paracycliste, j'ai [00:58:13] Speaker B: été obligé d'avoir une pause. Parce que les deux sont arrivés. Ah, ça, ça a été intéressant. [00:58:17] Speaker A: Oui, c'est ça. C'est une autre partie du parcours. [00:58:19] Speaker B: Oui, exact. C'est sûr que ça, on va en parler parce que cycliste aussi, en fait, l'affaire qui est vraiment, vraiment insane, c'est que t'avais l'objectif de faire du sport. T'as essayé de faire du sport parce que t'as toujours été un gars de sport. C'est pas sûr qu'il va m'arrêter. Fait que t'as essayé de continuer. Puis, le but, c'était d'aller au plus haut niveau dans peu importe le sport. [00:58:39] Speaker A: Dans ce que je pouvais faire. [00:58:39] Speaker B: C'est ça. Ça, c'est fou. Quel... Moi, ce que j'en retiens, c'est vraiment l'aspect de vouloir être avec les meilleurs. T'es entouré. Force-toi à t'entourer. Même si ils ne sont pas dans ton entourage, force-toi à te mettre dans l'entourage des autres qui sont meilleurs que toi. [00:58:55] Speaker A: Je pense dans n'importe quelle sphère de la vie, Je pense que si tu veux devenir meilleur, entoure-toi le plus possible, rapproche-toi des gens meilleurs, inspire-toi des gens meilleurs, imite les gens meilleurs s'il faut, mais je pense que c'est comme ça qu'un parcours se développe. Moi, en tout cas, ça a été mon modèle d'affaires, si on veut, à travers le temps, autant sportif qu'ailleurs dans ma vie. [00:59:25] Speaker B: C'est... non, honnêtement, je trouve ça... je sais qu'on en parlait avant d'enregistrer que t'aimes moins le sens de ce mot-là, mais je trouve ça très inspirant. Je trouve ça vraiment... non, je trouve ça vraiment... en fait, je voudrais dire impressionnant, plus. Parce que c'est le commitment, c'est tout, là. C'est ultra impressionnant. [00:59:47] Speaker A: Ce qui m'est arrivé, l'accident qui m'est arrivé, pardon, Ça a été un peu un élément déclencheur qui m'a permis de réaliser des choses. Quand je dis qu'il m'a permis, c'est gros parce que quand tu parles d'un accident qui est quand même assez tragique comme celui-là, puis quand tu dis que ça devient une opportunité, je fais souvent en joke, Tu sais, dans des conférences ou quand je parle avec du monde, tu sais, moi je dis souvent, à avoir su, j'aurais eu mon accident bien avant. Avec tout ce que j'ai vécu depuis les 15 dernières années au niveau réalisation, au niveau sportif, au niveau entourage. Tu sais, l'équipe du Québec, c'est beau dire, moi je joue au para-hockey, mais à l'âge que j'avais, j'ai eu mon accident à 37. Puis je me retrouve dans un environnement sportif où ce que... J'arrivais à 40 ans, puis tu as des thérapeutes, des coachs qui dirigent ton temps de glace. Moi, j'étais rendu à l'âge de jouer dans une ligue de bière. Il n'y avait plus personne qui décidait de mon temps de glace, c'était moi. Là, tu arrives dans un environnement où tu as les thérapeutes sportifs, les psychologues sportifs, l'environnement de coaching, les pratiques, les accès au gym, les accès aux programmes d'entraînement. T'as tout ça, tout d'un coup, tu te retrouves là-dedans dans ta vie, tu sais. Puis autant au vélo, en paracyclisme, que au hockey, j'ai eu cet entourage-là. Là, moi, souvent, je me disais, Krim, t'es chanceux pareil de vivre ça, à l'âge que t'as, puis d'être capable d'avoir un parcours comme ça. Moi, je me retrouvais dans mon élément sportif en plus. Je ne pouvais pas demander mieux. Souvent, je le dis en joke, ça m'a ouvert. Cet événement-là qui est arrivé dans ma vie a amené beaucoup de deuil et de négatifs, mais il m'a amené énormément de positifs aussi. J'ai trippé, moi. Même là, quand je parle éventuellement d'arrêter, C'est ça qui est angoissant parce que j'ai trippé toutes ces années-là à être entouré autant des gens, des coéquipiers que le personnel, le staff. Puis, tu te sens un peu privilégié. Tu te sens privilégiée de vivre ça. Je me pince à chaque fois. Championnat canadien au mois de mai à Boucherville, les estrades sont pleines. Il y a du bruit pour nous autres. J'en parle, j'ai des frissons parce que Tu es dans la chambre de hockey, il y a une vibe. Tu sais, tu as été dans des équipes sportives, tu sais ce que c'est. La vibe qu'il y a là, tu dis ça, ça va... Quand je vais arrêter, quand je vais remplacer ça, par quoi? C'est angoissant de penser à ça. Tout ça pour dire que l'événement a fait que j'ai vécu des choses vraiment incroyables. [01:02:31] Speaker B: Est-ce que ça t'a aussi permis d'être plus conscient des petits plaisirs de la vie? [01:02:38] Speaker A: C'est vraiment drôle que tu amènes ça parce que je me suis posé la question si je pensais comme ça parce que je vieillis. parce que c'est ma vie qui a changé, qui me fait réaliser ça, mais je vais te donner une petite anecdote. Deux ou trois jours après mon accident, moi, j'étais un gars, avant mon accident, la vie allait vite, le motocross, le hockey, les sports de mes deux gars, un voyage, descendre en Floride, se pratiquer en moto, revient. Tu sais, c'était une vie de fou, le travail, le business. Puis quelques jours après mon accident, je suis sur mon lit d'hôpital, je suis seul avec ma blonde à l'hôpital. Puis j'ai dit, je ne sais pas pourquoi, mais en ce moment, j'aurais le goût de me retrouver tout seul sur un lac au milieu de nulle part, à pêche. Puis je n'avais jamais été quelqu'un de pêche. Ce n'était pas dans mon quotidien. Pis aujourd'hui, au moment où on se parle, mon trip en dehors du sport, t'sais, on a construit l'année passée, on a construis un camp de chasse et pêche au nord du lac Saint-Jean, pis j'ai mon petit territoire de chasse, pis j'en ai un lac en avant, pis t'sais, encore le week-end dernier, j'étais là, pis j'étais au milieu du lac avec mon beau-frère, pis on se disait, c'est fou, là, t'sais. Fait que quand tu parles des petits moments, là, ça c'est mes petits moments où je prends le temps de juste... rien à voir autour, puis apprécier ce que la vie m'amène, puis ça va au-delà du sport, ce petit moment-là. Fait que, tu sais, je me pose la question à savoir, c'est-tu parce que je vieillis ou, tu sais, tu m'en parles, puis tu t'en parles à ton âge. Fait que je me dis, c'est peut-être juste une question de circonstances de vie qui font qu'à un moment donné, tu te gardes... Peut-être qu'il faut prendre le temps, tu sais, il faut prendre le temps de... d'apprécier ce qu'il y a autour, d'apprécier des petites choses qu'on ne prend pas tout le temps le temps de réaliser qui sont là autour de nous autres. [01:04:45] Speaker B: Puis il y a aussi l'aspect de, je pense que, moi de mon côté, ça m'enlève un peu de pression, tu sais, je me mets beaucoup de pression avec ce que je fais, tu sais, genre je veux que ça marche, je veux comme toi, je veux aller au plus haut possible. Mais des fois, c'est que j'ai l'impression que je m'en mets tellement que ça jouait contre mon humeur, ça jouait contre comment je me sentais dans mes journées. Puis, ça venait un peu l'eau. Puis, tu vois, quand j'ai décidé de faire le switch, d'essayer de plus profiter des moments à être un peu plus dans le moment présent. Avant, le seul moment où est-ce que je pensais être dans le moment présent, c'était quand j'enregistrais une émission avec la discussion qu'on avait. C'était d'usure, vraiment. Là, j'ai essayé de me concentrer plus sur les actions, sur ramener ça plus au présent, puis de profiter de ces moments-là. Puis, la semaine passée ou la deux semaines quand j'ai fini mes examens, Au moment où est-ce qu'on enregistre, j'ai rencontré quelqu'un qui me disait «Ah, t'as l'air plus léger.» J'aime. Ouais, c'est ça. Puis, j'étais comme «Ah, ok.» Moi, je n'ai pas l'impression que j'ai changé, mais écoute, si tu le dis, tant mieux. J'ai essayé des choses, puis ça a marché. Juste de me focusser sur les petits trucs qui me permettent d'avancer. Comme ça, je suis plus dans le moment présent. On a tous la vision à long terme, mais il n'y a rien qui est garanti. [01:05:59] Speaker A: Le défi est là, je pense, surtout en 2026 où tout va tellement vite. Le défi est justement d'être capable de faire un équilibre. Faire un équilibre entre je veux atteindre des objectifs, je veux persévérer, je veux performer, mais en même temps, je dois être capable d'apprécier, de prendre un step back, puis de dire écoute, finalement, ça va bien, la vie est belle. Puis oui, on pourrait en avoir plus, mais on peut aussi apprécier ce qu'on a. [01:06:28] Speaker B: Surtout dans le sport, ça va vite. Je me rappelle encore mon dernier dernier jeu au football, puis la défaite Krefker en playoff. [01:06:38] Speaker A: C'était fini après. [01:06:40] Speaker B: C'est tous des moments... [01:06:43] Speaker A: Je pense qu'il faut Au niveau sportif, dans mon rôle d'être capitaine dans le sport, c'est un peu ce que j'essaie d'inculquer à des plus jeunes. C'est dire, apprends de tes bons moments, puis apprends de tes moins bons moments. Des fois, je dis, on perd une game. Puis là, il y a un silence dans la chambre. La game était plus importante que d'autres, puis il y a comme un genre de vibe que les gens ont tendance à baisser la tête un peu. Puis c'est dans ce temps-là, moi, des fois, que j'ai tendance à me prononcer puis dire «Guys, le feeling que t'as là, ce feeling que t'haïs, prends-le, Puis rentre-les bien profond, garde-le. Parce que quand ça va être le temps de «step up », ce feeling-là, tu vas t'en rappeler parce que tu ne voudras pas le revivre. Quand tu vas avoir la chance de donner la petite coche de plus, serre-toi de ce moment de merde-là pour arriver à «step up». Faut apprendre, je pense, de bien vivre avec un bon moment, une victoire, un moment de fou, mais aussi être capable de prendre les moins bons moments, puis de les t'en servir pour avancer. [01:08:04] Speaker B: Non, c'est bon ça. Prendre les moins bons moments. Surtout de se rappeler de comment tu te sentais loin. Rappelle-toi du feeling. [01:08:10] Speaker A: C'est de la marde, hein? [01:08:11] Speaker B: C'est ça. [01:08:12] Speaker A: Rappelle-toi-en. [01:08:12] Speaker B: C'est du fuel, ça. [01:08:14] Speaker A: C'est ça, rappelle-toi-en de ce feeling-là. Organise-toi pour pas qu'il arrive encore. Même si on sait que ça va arriver, mais t'essayes Tu sais, ça peut arriver un moment donné que tu vas le revivre. Mais le plus possible, t'essaies de t'en souvenir. Pis de t'en servir pour step up le prochain coup, tu sais. [01:08:30] Speaker B: T'as le rôle de capitaine. Maintenant, t'es dans Pour parler, d'arrêter. Donc, on va assumer que t'es encore capitaine. Qu'est-ce qui fait un bon leader? [01:08:40] Speaker A: Il y a beaucoup de clichés, hein, quand on parle d'un bon leader. On pourrait tous les sortir, là. Mais je pense que être vrai. Je pense que, puis ça encore là, ça peut sonner cliché, mais tu sais, quand on parle d'un capitaine, bon, leadership, l'exemple... Moi, j'ai été, comme capitaine, des fois, j'ai sauté ma coche, là. Tu sais, je me rappelle, drette l'année passée aux Championnats canadiens, j'ai fait un geste que, après ça, tu te dis, c'est pas un capitaine qui fait ça, là. Mais c'est de l'émotion qui a fait ça, tu sais. Puis, je pense que, tes coéquipiers vont savoir quand tu es fauné. Quand tu le fais juste parce que tu as un C sur le chandail, puis que tu vas essayer de prendre un rôle, ce n'est pas le temps de le prendre, ce n'est pas le moment où ça se sent quand tu essaies de le faire juste parce que tu as un C sur le chandail. Ça, je pense que le monde autour de toi le ressent. Si tu le fais naturellement, quand ça va devenir de dire, regarde, les boys ont ça, là. Ou, tu sais, quand ça vient du moment présent, puis que t'es vrai, je pense que tes coéquipiers vont donner une... une belle crédibilité quand tu vas te prononcer. Tu sais, fait que... je pense que c'est là où un capitaine peut... être... peut-être pas différent, mais peut aller chercher toute sa valeur. Tu sais, c'est d'être capable de... de faire ressortir le vrai quand il en a besoin. Dans ce temps-là, les joueurs vont te suivre, ta gang va te suivre. Mon coach, des fois, il me dit «c'est fou, Pat, comment ton humeur». Il dit, des fois tu réalises pas à quel point que quand ton humeur est mauvaise, tout le monde autour, ça se ressent, pis tout le monde te suit là-dedans. Pis il dit, quand t'es positif, tout le monde te suit. Pis il dit tu le réalises pas ça. Ben non, je vois pas ça moi. Ben il dit, c'est pour ça que des fois, il dit, quand je te repanque dans le coin pis je te demande de reset, ben il dit c'est parce que les gars ils... Les gars, on a une fille aussi là. Fait que, mais... tes coéquipiers te suivent là-dedans dans ta vibe. Ça je pense, c'est important de le réaliser parce que tu as un exemple à donner. Mais je pense que c'est bon signe. Ça veut dire que si ta gang te suit là-dedans comme ça, ça doit être parce qu'en quelque part, le rôle, tu le fais de la bonne façon. On pourrait sortir tous les clichés d'un capitaine, mais en réalité, je pense que si la personne est vraie, tout le reste va suivre. Faut pas t'essayer d'inventer un rôle. Faut pas essayer d'être... [01:11:22] Speaker B: Si t'en donnes trop, comme tu dis, ça va paraître. C'est forcé, ça va paraître. [01:11:26] Speaker A: C'est comme si Nick Suzuki essayait de péter des bâtons. Ça ne marchera pas. Ça va se sentir que tout ressent. [01:11:32] Speaker B: Tout le monde suit ton vibe. [01:11:33] Speaker A: C'est ça. [01:11:33] Speaker B: Ça, c'est fou. Tu viens de me faire réaliser ça. Je t'écoute parler et tout ça, puis je fais des liens avec ma vie maintenant. [01:11:40] Speaker A: Oui, oui. [01:11:40] Speaker B: Ce que je vis. [01:11:41] Speaker A: Ça s'applique dans une famille, ça s'applique dans un... [01:11:43] Speaker B: C'est ça, exact. [01:11:44] Speaker A: Ce que je dis là, le leader, ça s'applique dans toutes les sphères de la vie. Ton humeur, ton attitude, va descendre sur tout ce qui est autour de toi. [01:11:53] Speaker B: Puis mettons, si on revient, si on va plus loin avec ce point-là, les journées que ça va moyen, parce qu'il y en a, ça ne peut pas tout le temps être beau, puis ils vont en avoir en fait des journées où est-ce que ça va moins bien, là tu dis des moyens-là, tu dis d'être vrai, comment que tu l'amènes ça avec l'équipe? Puis tu sais, je parle de l'équipe en général parce que je sais que tu es entrepreneur, puis je le sais aussi que tu es un sportif. Comment tu deals avec ça? Comment tu fais en sorte que ton humeur n'affecte pas celle de l'équipe? [01:12:22] Speaker A: C'est un défi quand tu es quelqu'un d'émotif parce que quand personnellement tu as des combats à faire pour ne pas te laisser décourager ou downer trop, mais tu as le défi que ça va avoir des répercussions sur d'autres aussi. Le challenge est d'autant plus important quand t'es déjà quelqu'un. Si t'es quelqu'un qui est tout le temps sur un même niveau. Je ne connais pas Nick Suzuki personnellement, mais je pense qu'il doit être quelqu'un comme ça. Je reprends l'exemple parce que je viens d'en parler. Je connais des sportifs qui sont vraiment «never too high, never too low». Ça, je pense que Il y a des très bons côtés à ça parce que tu es capable de garder un niveau d'émotion et un niveau de cool qui est égal. Mais à un certain point aussi, il faut que tu ailles du côté émotif. Des fois, moi, c'est peut-être des choses que j'aurais quand je peux challenger peut-être le discours d'un coach. J'ai été coach, j'ai eu certains discours. Mais des fois, un coach va dire, là, les gars, il faut gérer les émotions, puis là, n'en portez-vous pas, puis là, on aura l'air de quoi si on... Mais d'un autre côté, tu dis, le sport, l'émotion fait partie du sport. Puis si tu n'as pas cette émotion-là, puis ça devient une game de... C'est un mot mystère, où une game d'échec, ce n'est plus du sport. C'est pour ça que moi, je pense que d'être capable de garder un niveau d'émotion, du moment qu'il n'est pas trop haut, trop bas, mais il faut qu'il y en ait pareil. Tu sais, à un moment donné, ça brasse dans une game, au foot, au hockey. [01:14:11] Speaker B: Tellement de choses qui se passent qu'on n'est pas... Ça brasse. [01:14:13] Speaker A: Puis quand t'es dans le jeu, ta vibe interne, elle change. Tu veux aller à la guerre pour les gars avec toi, puis même pour toi-même. Fait que des fois, c'est facile de, mettons, de être derrière un banc ou de, t'sais, ces lignes de côté, de, t'sais, de pas comprendre pourquoi que les gars font tel ou tel move ou tel ou tel geste, mais en réalité, cette émotion-là est celle qui nous unit aussi, là. Peut-être que ce game-là, on l'a échappé, pis qu'on a eu l'air fou, pis qu' on a eu des punitions, pis qu' on a perdu le contrôle. Mais sais-tu quoi? Ça, là, il faut s'en servir parce que ça nous a unis. Puis je suis allé à la guerre pour toi, je t'ai défendu. Fait que, OK, on l'oublie, là. Mais d'un autre côté, on était là un pour l'autre. OK, on a perdu le contrôle, on l'oublie. Mais on s'est backé, par exemple. Puis on est allé ensemble. Fait que un gars qui va faire un geste stupide puis qui va mettre son équipe dans le trouble, on parle pas de la même chose. Mais tu sais, des fois, il y a des... des genres de séquences dans un match qui font que les gars font ça, ce n'est pas nécessairement négatif. Des fois, ça va t'amener ailleurs comme équipe, comme groupe. [01:15:20] Speaker B: J'avais Brad Collinson qui était l'ancien entraîneur chef de l'Université de Concordia. Lui, ce qu'il disait, il disait, moi, je peux juste te coacher dans ton premier pas. Parce qu'une fois que le premier pas est fait, tout ce qui se passe sur le terrain est hors de mon contrôle. Je fais l'analogie parce que ce que tu disais, je trouve, ça me faisait penser à ça. Ça revient un peu à ça dans le sens qu'il se passe tellement de choses durant un match, il y a des émotions autant hautes que basses. À un moment donné, il y a l'aspect d'instinct. Il y a l'aspect d'émotion. Il faut réussir à ramener ça, que tout le monde soit ensemble. Moi, j'ai été chanceux. J'ai connu vraiment les deux aspects. J'ai connu les équipes qui ne gagnaient vraiment pas, mais que l'aspect était très positif quand même. C'était quand même positif tout ça. J'étais dans les équipes où on gagnait énormément, mais qu'on n'était jamais capable de se rendre au bout. Pourquoi? Il manque quoi? C'est ça, il manque quoi. Puis souvent, ça paraît con, mais des fois, ça peut juste partir juste d'une personne ou d'un petit groupe de leaders qui ne savent pas qu'ils ont un impact autant énorme sur le groupe, mais qu'ils en ont un. [01:16:36] Speaker A: Oui, puis des fois, la solution n'est pas où tu penses qu'elle est. Parce que des fois, on cherche trop, justement, je reviens au cliché, on cherche trop la solution dans des... des gens de clichés de ça prend un gros meeting, un gros speech. Puis en réalité des fois la solution n'est pas dans le gros speech ou dans le gros meeting entre les joueurs ou dans le capitaine qui se lève puis qui donne un coup de poing sur la table. Des fois la solution est dans un petit événement qui va arriver puis ça peut être en dehors du jeu, ça peut être une sortie d'une sortie d'équipe, ça peut être... pis c'est là que ça a décliqué. Deux gars qui s'aimaient moins dans l'équipe, ça fait que t'as tout le temps quelque chose. Mais là, m'emmener un élément en dehors du sport, ils font que les deux gars connectent, pis là, ben, cette tension-là qu'il y avait, elle n'existe plus, pis on est rendus plus unis comme groupe, t'sais. Des fois, la solution est pas tout le temps... Moi, je compte les clichés, là. Ça fait deux, trois fois que je reviens à ça, parce que je trouve qu'il y a trop de clichés dans le sport. Il y a trop de... Ah, on dit que c'est une même, pis... Il y a certains médias qui sont forts là-dessus aussi pour mettre l'emphase là-dessus. [01:17:36] Speaker B: C'est leur job. [01:17:38] Speaker A: C'est ça. Puis moi, je pense qu'on est mieux des fois de chercher les solutions dans des... En dehors des clichés. Think outside the box, 61 clichés. [01:17:49] Speaker B: Ouais, c'est ça. De prendre un step back un peu, j'ai l'impression. Parce qu'on parlait dans le tour, je sais pas si c'était avant ou qu'on a rajouté, mais on parlait des œillères. Des fois, on est tellement focus que comme, juste prendre un petit step back, en arrière, prendre le temps, regarder. [01:18:07] Speaker A: C'est ça, analyse. [01:18:09] Speaker B: C'est bon ça, j'avais pas... J'en apprends encore. [01:18:13] Speaker A: Tant mieux. [01:18:14] Speaker B: Vraiment. Non, excellent pourri, j'aime ça. Mais je veux juste finir rapidement sur le para-hockey. Tu m'as parlé que t'allais à 5, ben vous avez gagné 5 de suite, t'es allé à peu près à 8, 7, 8. Vous étiez l'équipe à battre présentement. Ça ressemble à quoi? Un tournoi de... C'est des moments marquants, c'est ces moments-là peut-être? [01:18:31] Speaker A: Les championnats canadiens, c'est une fois par année. C'est au mois de mai. C'est toutes les provinces qui se regroupent, ça se déplace. Cette année, on était à Boucherville. L'année d'avant, on était dans les Maritimes. L'année devant, on était en Ontario, à BC. Ça se déplace d'une province à l'autre. Donc année après année, il y a une nouvelle province qui est l'équipe Haute. Et puis, c'est un tournoi. C'est un tournoi à la ronde, un peu comme les quatre nations. C'est un tournoi à la ronde où il y a deux pôles. Les provinces s'affrontent. dans deux pôles différents. Puis après ça, les positions s'affrontent en demi-finale, quart de finale, demi-finale, finale. Puis c'est un peu ce principe-là. Ça se déroule normalement sur mercredi ou dimanche. C'est à peu près sur cinq jours. [01:19:24] Speaker B: C'est ultra rapide. [01:19:25] Speaker A: Oui, c'est ça. À travers l'année, on a des tournois de préparation, on joue contre d'autres provinces, on joue contre des équipes des États-Unis, il y a d'autres pays. Ça fait deux fois que la Chine vient nous jouer contre nous autres. On joue contre le pays de la Chine, on est l'équipe du Québec, mais on est capable avec l'équipe du Québec d'affronter des pays. Au niveau mondial, je te dirais, si l'équipe du Québec représentait un pays, on serait capable d'être dans le top 6, d'après moi, entre 4 et 6. Il y a 3-4 pays qui sont vraiment, tu sais, Canada, États-Unis, Corée. la Chine commence à être vraiment fort aussi. Mais après ça, les autres pays, on est capable d'affronter, de donner une bonne game, puis même de gagner contre une grosse portion des pays. La Chine vient de jouer contre nous autres. On a tout le temps des séries comme ça de préparation. On peut jouer entre 30 et 40 matchs. par année à part le championnat canadien. Puis là, à la fin de l'année, c'est ce qui fait la fermeture de la saison, c'est les championnats canadiens. C'est sûr, on a une bonne rivalité contre l'Ontario. L'Alberta ont été nos grands rivaux, malgré que leur programme a perdu un petit peu de... Ils ont perdu un petit peu de poil de la bête depuis une couple d'années, mais l'Alberta en ont gagné quatre de suite, eux autres, avant que nous on commence à gagner. C'est un petit peu le déroulement de tout ça. C'est la consécration. Le championnat canadien, c'est la consécration. [01:21:04] Speaker B: Ok. [01:21:05] Speaker A: Ouais. [01:21:05] Speaker B: Fait que t'as soulevé plusieurs trophées. [01:21:07] Speaker A: Ouais. [01:21:08] Speaker B: T'as-tu des bagues de championnat? [01:21:08] Speaker A: Ouais, on a des bagues. [01:21:09] Speaker B: T'as des bagues de championnat? [01:21:10] Speaker A: Des belles bagues, j'aurais pu les amener, mais on a, à chaque année qu'on a un championnat, ils nous font faire des super belles bagues avec notre numéro de joueur. On a tout le temps un petit quelque chose à chaque année, un petit moto de quoi qui signifie notre, symbolise notre saison. C'est souvent gravé dans la bague avec le logo, l'année, le score. Vraiment nice. Ouais, fait qu'on a nos cinq bagues. Là, on en a quatre, on va avoir la cinquième. [01:21:34] Speaker B: Félicitations à tous mes coéquipiers. Félicitations à l'équipe, j'ai envie de dire. Tu es un gars d'équipe. C'est vraiment cool. C'est le fun de voir que le Québec, on garde notre sport. [01:21:56] Speaker A: Notre famille, notre équipe, c'est une famille. On est ensemble contrairement à d'autres programmes. Mettons que tu prends une équipe Québec M19. Cette équipe-là vont être ensemble. Souvent, il y a des joueurs qui ont joué ensemble ici et là. Mais en gros, ils s'en retournent chacun chez eux. Puis l'année d'après, il y en a qui sont encore sélectionnés. Certains vont s'en aller. Ça recommence après un cycle. L'équipe nationale en para-hockey, c'est un peu comme nous autres parce qu'ils sont très, très soudés, parce qu'ils jouent tout le temps ensemble. Dans plusieurs sports, les équipes, ça vient, c'est des cycles. Nous, au para-hockey là, le noyau de l'équipe, c'est le même depuis 6, 7, 8 ans. Il y a des gars qui s'ajoutent, il y a des gars qui s'en vont, mais en gros, le corps est toujours le même. Les liens sont tellement serrés, c'est une famille. On est des frères et sœurs. C'est spécial parce qu'on se côtoie tellement tout le temps, toute la gang. C'est une famille réellement. Ça, c'est un autre aspect comparé à d'autres sports. Notre réalité est vraiment cool. On est serré. C'est dur à décrire ce qui se vit dans cette équipe-là. [01:23:19] Speaker B: Nice. [01:23:19] Speaker A: Petit. [01:23:21] Speaker B: Il y a l'aspect que vous comprenez tous aussi, la réalité de chacun. Je pense que ça, ça rajoute à la fraternité. [01:23:28] Speaker A: Oui, ça disparaît. La réalité est là, mais c'est ce qui nous permet d'oublier qu'on est différent parce que quand on se retrouve là, nous autres on fait un sport. Comme je faisais mes sports avant mon accident, le hockey, le para-hockey me permet de de faire mon sport. Puis moi, quand je m'en vais jouer au para-hockey, je ne m'en vais pas dire, je m'en vais faire mon activité pour me changer d'idée parce que je suis une personne à mobilité réduite. On s'en va jouer au hockey comme tu pars jouer une game de foot ou comme tu pars faire ton sport, aller au gym. Pour nous, c'est ça notre réalité. Une fois qu'on arrive là, Les différentes limitations que mes coéquipiers ont, on s'en fout. Ça n'existe plus. [01:24:14] Speaker B: Le hockey a été ton premier sport. mais t'as aussi fait du vélo. [01:24:20] Speaker A: Ouais. [01:24:21] Speaker B: Tu m'as dit que c'était arrivé un peu par erreur. [01:24:23] Speaker A: Ouais. [01:24:24] Speaker B: Comment tu peux finir par commencer un sport un peu par erreur et finir sur l'équipe canadienne et, je crois si je ne me trompe pas, finir 6e mondial? [01:24:34] Speaker A: Ben, mon classement mondial le meilleur que j'ai eu, je pense, c'est 12. [01:24:38] Speaker B: 12? [01:24:39] Speaker A: Ouais, ouais. Paname, aux Jeux Parapaname, j'étais 6e. Ouais, je pense que c'était ça. Ouais. Fait que... Mais... Pour ce qui est du parcours, le paracyclisme, moi, avant mon accident, j'avais fait un peu de vélo parce que j'aimais essayer plein de sports, mais je n'étais pas un gars de vélo de route. Je l'avais essayé, mais ça n'avait jamais été trop mon dada. À un moment donné, on reçoit des mailings, on reçois des invitations, des fois pour participer à des événements sportifs plus adaptés. Je reçois une invitation par le comité paralympique canadien. C'est un genre d'événement, j'essaie de me rappeler du nom de l'événement puis là ça m'échappe, mais c'est un événement qui permet d'essayer de tester tes aptitudes physiques dans des... Ça se passait, mettons, dans ce cas-là, ça se passait à... au centre Claude-Robillard. Fait que là, il y a un gym qui est aménagé au centre Claude Robillard, puis là, ils ont des stations où est-ce que tu peux essayer, mettons, la puissance de lancer un ballon, mettons, tu sais, à partir de ton chest, lancer le ballon ou la puissance, mettons, sur un ski-erge, là, tu sais, les machines. Fait que la puissance en wattage que tu peux mettre ou... Fait que c'est des épreuves physiques que t'as à travers peut-être 10 stations. Puis là, bien, il y a des fédérations sportives qui sont là, puis ils regardent, tu sais, qui est là, puis les résultats, puis... Fait que moi, je vais là, mais c'est un de mes chums, Rudy, qui me dit... Regarde, on y va-tu? Rudy, j'ai dit, on joue hockey, là, nous autres, quand même, on irait là, on a quoi à gagner. Mais il dit, ça va être juste pour dire, regarde, on est en forme, les deux, disons, on va y aller, puis on va leur montrer c'est quoi, tu sais. Fait que je pars avec Rudy, on s'en va là. Puis là, je fais les épreuves, une épreuve, l'autre épreuve, mais tu sais, Puis, je veux vraiment pas, c'est pas mon, tu sais, je brague pas dans la vie là. Mais tu sais, les épreuves, ça allait comme, on a torché là, tu sais. Ça allait vraiment bien. Fait que, finalement, ben, il y avait une des fédérations qui était là, qui était la, c'est la Cycliste du Canada qui était là. Fait qu'il y a un représentant de Cycliste du Canada, qui vient me voir, il se présente, puis il dit, t'as-tu déjà pensé au paracyclisme? Ben écoute, j'ai déjà essayé un vélo à main, mais j'ai pas... J'ai pas plus ou moins, j'ai pas vraiment embarqué là-dedans. Ça m'a jamais traversé l'idée. Fait qu'il dit, ben écoute, si ça t'intéresse, on pourrait essayer de regarder avec toi comment on pourrait te trouver un vélo. Puis comment... Puis il dit, tu pourrais l'essayer juste pour, au pire, comme loiser, comme cross-training à ton hockey. Puis il dit, tu verras. Fait que, ben OK, peut-être. Fait que finalement, on est resté en contact. Ils m'ont trouvé un vélo, quand même un vélo correct. Puis là, j'ai fait des tests au début, tu sais, tests physiques, tout ça. Puis ils ont été, tu sais, comme vraiment, écoute, tes tests sont assez concluants. Puis, tu sais, on pense que tu pourrais vraiment avoir un potentiel. Fait que là, ils me disent, finalement, écoute, ce qu'on pourrait faire, c'est qu'on a un entraîneur, Guillaume, qui pourrait te faire un petit programme. Puis il dit, tu peux le faire à ton rythme, de ton bord. Puis il dit tu t'en vas avec ça. Puis si jamais tu accroches, bien, on pourrait aller plus loin. Je suis parti avec ça et je suis allé au Centre national d'entraînement à Beaumont. Ils m'ont fait des petits tests de base pour voir où j'étais dans ma capacité cardio. J'ai commencé à faire du bike, m'entraîner mais en même temps par plaisir. Puis j'aimais ça, c'était le fun en même temps. Fait que finalement, j'ai commencé comme ça. Puis là, je m'en ai amené à une petite course amicale. Ce n'était même pas la Fedé qui m'avait envoyé là. C'est un chum que je connais qui avait parti d'une page Facebook, un club de handbike. Puis dans ce temps-là, le handbike au Québec, il y avait quand même pas mal de monde qui participait. On était peut-être une dizaine de cyclistes qui étaient là. Rico avait organisé un circuit. Il avait organisé ça avec la ville. C'était super bien fait. J'avais pris part à la course. Finalement, ça avait vraiment bien été. Je finis sur le podium. On était quoi? 10, 12 peut-être. Je finis, mettons, troisième. Il y avait deux gars là-dedans, Rico et Marc, qui étaient des membres d'équipe nationale. Un, deux, puis moi le troisième, les deux qui m'ont battu, c'est deux gars de l'équipe nationale. Finalement, c'est là que j'ai commencé à prendre la piqûre, il y avait peut-être de quoi là. J'en reviens au sujet de tantôt, Rico puis Marc. C'était deux membres de l'équipe nationale, des gars qui roulaient vite. Puis j'ai connecté avec ces gars-là. Tu sais, encore là, tu veux être avec les meilleurs, ben entraîne-toi avec les meilleurs. Fait que j'ai commencé à m'entraîner avec eux autres aussi. On faisait des sorties, des rides d'entraînement, puis j'ai pris l'exemple sur eux autres. J'ai commencé à faire des coupes du monde comme ça, d'un offert à l'autre. Il faut que tu fasses un standard. C'est quoi un standard? Un standard, c'est qu'il y a sur un compte la monte. Premièrement, en vélo, tu as des comptes la monte, tu as des courses sur route. Compte la monte, la distance peut varier. À ce moment-là, c'est rendu 21 kilomètres. Tu dois rouler une vitesse moyenne minimale sur 21 kilomètres sur un circuit qui a le vent dans les deux sens, tu dois rouler comme là, nous autres, le standard dans ma catégorie, il doit être rendu à 40,5 km heure à peu près. Fait qu'il faut que tu roules 40 km heure sur 21 km pour avoir le standard de l'équipe nationale, pour être prise en charge par l'équipe nationale. Fait que là, moi, mon but, c'était de qualifier pour faire les temps d'équipe nationale pour pouvoir être amené dans des Coupes du monde puis avoir un peu le soutien de l'équipe. Fait que j'ai fini par faire mon... Je pense que c'est 2015 que j'ai fait mon premier standard équipe nationale, standard développement. À ce moment-là, c'était 39. Je pense que j'avais fait 39.2. C'était plus court, je pense que c'était 17 kilomètres parce que là, les distances ont monté. Mais quand même, rouler 39 km sur un handbike, c'est vite. Finalement, c'est là que je commençais à prendre part à des Coupes du Monde, puis à aller me promener un peu partout dans le monde, puis des camps d'entraînement en Arizona, en Floride. 4 à 6 semaines ici, puis j'allais 2-3 semaines en Floride ou en Arizona ou quelque part au soleil, m'entraîner, je revenais. C'était super cool, on avait des coéquipiers d'entraînement. Des fois, c'était des camps avec l'équipe nationale, comme en Arizona, on partait avec l'équipe. On arrivait là, mettons, 10 cyclistes, puis il y avait des programmes prévus pour chaque catégorie de cyclistes. Puis des fois, on partait juste en chum cycliste, puis on se faisait des camps d'entraînement en Floride, puis on se louait de maison là-bas. Fait que c'est comme ça. Puis là, avec le temps, différentes coupes du monde, différents résultats corrects. J'étais tout le temps quand même, comme je disais, top 10. Entre 10 et 14, mondial. Puis, il y a eu les Jeux Parapanam au Pérou. En gros, il y a différents événements comme ça. Ce qui arrive, c'est que dans ma catégorie, je pédale à genoux. Ma position, je ne suis pas couché parce qu'il y a beaucoup de cyclistes, ma main, qui sont couchés sur le dos. Quand tu as une paraplégie complète, tu ne peux pas t'agenouiller. Ils sont couchés. Ils pédalent avec les cranks en haut du chest. Moi, dans mon cas, je pédale au-dessus de mon pédalier. Je suis à genoux. Je suis assis sur un plateau. Je ne suis pas directement sur mes genoux, mais je suis assis sur un plateau et je pédale avec la force de mon tronc. C'est la catégorie MH5 qu'ils appellent. Puis dans ma catégorie, la réalité, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de paraplégiques comme moi. C'est surtout des amputations de fémorales ou tibiales. Souvent, c'est des gens qui ont une amputation à une jambe. C'est des machines. Parce que moi, il faut comprendre que mon handicap fait que j'ai des faiblesses au niveau des fessiers, au niveau du bas du dos. Mes abdos, j'ai mes abdos, mais j'ai quand même encore certaines faiblesses qui ne reviendront pas. Fait que le corps, Mon corps est beaucoup moins fort que le corps d'un amputé qui a une amputation tibiale, en bas du genou. Ça fait que dans ma catégorie, le top 10 mondial, c'est tous des amputés. C'est très difficile à percer le top 10. Moi, j'étais compétitif contre des gens qui avaient des handicaps semblables aux miens. Il y a eu beaucoup de protestations là-dessus dans ma catégorie parce que les gens disaient que si tu as une amputation tibiale, tu devrais être capable de pédaler un vélo régulier. Donc, tu ne devrais pas compétitionner dans un vélo à main. Ça se parlait beaucoup dans les années que j'étais là. À un moment donné, ça devient un peu décourageant parce qu'il y a un combat qui est inégal. Puis ça, c'est l'histoire des sports adaptés. Tu as des sports paralympiques où il y a beaucoup d'inégalités entre les participants parce qu'ils sont obligés de classifier le handicap. Mais des fois, à un moment donné, tu ne peux plus classifier ton handicap. Fait que moi, je compétitionnais contre des gens qui étaient crissement plus forts que moi au niveau de leur capacité. Puis j'aurais eu beau m'entraîner, Tant que je voulais, je ne pouvais pas atteindre ce niveau-là. Mon handicap ne me le permettait pas. À un moment donné, tu sais que le top 10 va être presque impossible à percer parce que c'est tous des amputés. C'était un peu là que j'étais. Ma réalité, c'était ça. Je me battais pour ça. Mon parcours a été comme ça. De 2014-2015 jusqu'à 2020, à la pandémie, c'est là que j'ai été membre de l'équipe nationale. [01:34:54] Speaker B: C'est fou. Tu n'as jamais eu de problème à pratiquer les deux sports? [01:34:58] Speaker A: J'avais arrêté le hockey. Pendant deux saisons, j'ai arrêté le hockey. Parce que là, ça ne pouvait plus fonctionner. Le vélo. [01:35:05] Speaker B: Tu en demandais beaucoup, le vélo? [01:35:06] Speaker A: Oui, le vélo. Parce que j'étais tout le temps parti en camp, de toute façon. L'hiver, on partait tout le temps. À un moment donné, j'avais dit à Max, mon coach, écoute, je sens que j'ai quelque chose avec le vélo. Là, OK, j'en ai beaucoup en arrière de moi dans ma vie. Puis là, j'ai d'autres choses. Puis il a été super compréhensif. Max, là-dessus, il a dit, regarde, va vivre ce que tu as à vivre. Puis quand tu voudras revenir, tu seras le bienvenu, tu sais. Fait que je suis allé vivre une couple d'années de juste vélo. Après ça, j'avais recommencé à faire les deux. J'ai essayé de combiner les deux. Puis quand la pandémie est arrivée, bien là, les compétitions ont tout arrêté. Puis comme bien des sportifs, à un moment donné, l'intérêt, tu ne sais plus trop où il est où. Ce qu'on a eu la chance, nous autres, avec le hockey, c'est qu'on avait le droit de s'entraîner. Au niveau élite qu'on était, on avait accès aux arénas dans des mesures. C'est un peu comme les programmes scolaires. Il y avait des programmes scolaires qui avaient le droit de faire des bulles. Nous, on était toujours avec la même bulle, puis ils nous permettaient de s'entrainer. En vélo, je pouvais m'entraîner tout seul de mon bar, mais je ne pouvais pas voyager, je ne pouvais pas aller m'entraîner dans le sud. Donc l'hiver, c'est beau faire du rouleau, mais à un moment donné... Donc c'est ça qui a fait... La pandémie a fait que je pouvais continuer à m'entrainer au hockey, pas en vélo. Donc j'ai retourné vers le hockey. [01:36:28] Speaker B: T'en fais-tu encore de vélo? [01:36:29] Speaker A: Oui, j'en fais encore. Pas autant, mais j'en fais encore pour m'entraîner, pour rester en forme, puis c'est le fun. [01:36:37] Speaker B: Tantôt, tu parlais que t'étais bon pour donner du fil à retordre aux vrais cyclistes. [01:36:46] Speaker A: Oui, aux cyclistes réguliers, debout. [01:36:49] Speaker B: Je voulais prendre le temps de... Je ne l'ai pas fait malheureusement, mais vu que t'as connu Les championnats du monde, on va dire ça de même, t'es capable de comparer. Mais en termes de performance, est-ce que c'est comparable? [01:37:09] Speaker A: Dans mon cas, le fait d'être à genoux dans mon vélo, ça me donne une capacité de rouler avec des vélos réguliers parce que je suis capable de donner des poussées fortes. Si je roule dans le drap d'un cycliste régulier et qu'il donne un coup, s'il punche, je vais être capable de puncher quand même. Quand tu es couché sur un vélo à la main, H3 ou H4, c'est plus difficile d'aller chercher cette puissance-là. Fait que s'il y a une attaque, ça va être dur de garder le rythme avec un vélo régulier. Moi, j'ai plus cette capacité-là. Puis dans les montées, Je ne serai pas aussi vite qu'un vélo à jambes, mais je vais être capable de quand même faire la montée. Quand tu es couché, les montées, c'est pénible. Les gars sont quand même des machines au niveau international, mais je veux dire, comparativement à un cycliste régulier, c'est plus difficile de garder le pace sur une attaque en montée. Moi, dans mon cas, je suis capable de rouler en masse avec... Tu sais, un cycliste, Un bon cycliste, je ne te dis pas un cycliste qui performe au niveau mondial, mais je te parle d'un bon cycliste qui roule régulièrement en vélo de route, qui a un bon vélo, qui a des bonnes roues, un bon setup. Je suis capable de rouler en peloton avec ces gens-là, prendre mes relais, puis je ne retarde pas le groupe. Je suis capable d'être quand même... j'ai quand même retenu mon but. [01:38:27] Speaker B: Tiens-tu ultra-pompé? [01:38:30] Speaker A: C'est assez réparti. [01:38:32] Speaker B: Ah oui? [01:38:33] Speaker A: Parce que vu que je suis quand même... C'est beaucoup parce que ton cardio va monter beaucoup parce que tu pompes. C'est comme une pompe à vélo. Mon corps fait tout le temps des up and down. C'est du tronc. Moi, c'est comme si tu pompais mon coeur avec une pompe. Le cardio monte assez vite et c'est difficile de garder un rythme cardiaque bas en handbike, surtout en H5. C'est plus un effort général de upper body. À partir du core, en montant, ce n'est pas juste les bras, parce qu'il faut vraiment que tu utilises toute la force de l'abdo, du chest, des bras, des lats, beaucoup de lats pour remonter. C'est assez complet comme effort, je dirais. [01:39:16] Speaker B: C'est surprenant, je ne m'attendais vraiment pas à ça. C'est comme, mettons, Est-ce que ça ressemble un peu à ta chaise? Pas en tout. [01:39:23] Speaker A: Pas en tout. Il faudrait que je te sorte des photos. Je t'en donnerais en fait, si tu veux jamais. [01:39:29] Speaker B: Oui, oui, 100%. Oui, je vais m'en ajouter, oui. [01:39:31] Speaker A: Non, non, ça ne ressemble pas au fauteuil du tout, du tout. Tu peux dire que ça ressemble, il y a trois ou, mais on a un dérailleur, une autre vitesse. C'est de la mécanique de vélo. J'ai de la mécanique de vélo de route haut de gamme. Mon vélo est en carbone. Tout mon cadre est en carbone, ma mécanique, j'ai du SRAM AXS E-TAP, tu sais, sans fil, c'est un shifter électronique, les roues de carbone, j'ai des roues pleines pour les comptes la monte. C'est un vélo qui vaut, ça vaut vingt, vingt et quelques milles, mon vélo, là, tu sais, c'est équipé comme un vélo de route Est-ce qu'il y a [01:40:08] Speaker B: encore Brandy et Team Can? [01:40:10] Speaker A: Non. [01:40:10] Speaker B: Non? [01:40:11] Speaker A: Non. Et ça, quand tu es avec l'équipe nationale, tu peux rouler avec le vélo que tu veux. Tes ententes de vélo, c'est toi-même. Tu payes ton vélo. Malgré qu'il y ait des brevets, on a des cardings. C'est un genre de salaire qu'ils donnent. Mais le salaire ne couvre pas grand-chose. Il faut peut-être des commanditaires, des leviers de fonds. Mais le vélo, c''est notre responsabilité de l'acheter. Puis tes composantes, tes roues, tes dérailleurs, c'est ta responsabilité. La plupart du temps, l'équipe va envoyer des deals sur, admettons, des Garmin ou des... Fait que là, tu as accès à soit des rabais où des fois, ils vont en donner et tout ça. Mais en général, ça coûte assez cher à suivre le rythme dans ces sports-là. Les sports amateurs, c'est... Même aux Olympiques, les vélos de track, il y a des commandites, mais c'est l'athlète qui le paie, le vélo, à travers ces commandites. Tu as des budgets, mais c'est responsable de dépenser ton argent. [01:41:12] Speaker B: C'est ça, j'étais pas au courant de cette réalité-là. C'est quand même fou, mais pour la qualité du vélo, j'ai jamais vraiment fait de vélo dans ma vie, mais cet été, il y a un de mes chums qui s'est acheté un vélo, ma soeur s'est acheté un vélo de route, fait que là, commencer à en faire, J'ai suivi la gang et finalement, c'est vraiment le fun. [01:41:33] Speaker A: Ouler entre le thon, c'est vraiment trippant. [01:41:35] Speaker B: Tu te promènes et tout. Par contre, il n'y a plus de fin. Je parle, tu achètes un vélo, c'est fou. [01:41:48] Speaker A: C'est un sport où je trouve que l'équipement va quand même faire une bonne différence. Tu as des sports où ce que regarde, mettons en motocross, c'est sûr que ça prend une bonne moto, tu ne peux pas rouler avec une vidange et un gars qui a un bike neuf, mais le rider va faire une grosse différence sur la performance. Deux bikes pareils, puis un rider de qualité va te clancher l'autre. Puis, t'as beau upgrader, à un moment donné, le rider qui se fait battre, il a beau upgrader puis upgrader, le rider de qualité sur le bike d'origine va quand même finir en avant. Tandis qu'en vélo, je trouve que tu gagnes 2-3 km heure, c'est pas long. Des bonnes roues, un bon dérailleur, un bon groupe 7 pour que ça chiffre efficace, l'aérodynamisme, le poids, c'est pas long que tu gagnes un 2-3 km heure. [01:42:43] Speaker B: Est-ce qu'il calculait tout ça avec l'équipe nationale? [01:42:45] Speaker A: Ah oui, le wattage. Ça fonctionne beaucoup avec le wattage, ta puissance que tu mets sur ton pédalier. C'est beaucoup des moyennes de watts et c'est beaucoup travailler en fonction de ça. Beaucoup en fonction du wattage que tu mets et de l'aérodynamisme. Moi, je ne l'ai pas fait, mais j'ai des collègues sur l'équipe qui allaient en chambre d'aspiration pour faire des tests d'aspiration sur les vélos. C'est assez technique. C'est rendu un sport de pointe. C'était pas 12 heures d'entraînement par semaine que je faisais. C'était plus comme dans l'ordre de 30 heures par semaine d'entraînement. [01:43:26] Speaker B: Oh wow! Ok, je ne m'attendais pas à ça. [01:43:28] Speaker A: Moi, je revenais travailler parce que moi, il fallait que j'ai une job à travers tout ça. Il fallait que ma business roule. J'avais beaucoup de collègues athlètes qui n'avaient pas de job. C'est quand tu as eu un accident. Quand tu es payé par la SAC ou par la CNESST, tu as quand même un certain revenu. Là, tu t'entraînes, tu as ton revenu de l'équipe nationale. Ça fait que ton focus peut être sur ton entraînement. Moi, je n'avais pas d'agent payeur. Je n'avais pas de CNESST ou de SAC. Moi, c'était ma business qu'il fallait qu'il roule. plus mon entraînement, plus essayer d'être compétitif au niveau mondial. Il n'y avait pas gros qui travaillait une job comme je faisais, une job à temps plein, on peut le dire. Moi, je revenais de travailler. J'essayais de finir assez tôt. Puis moi, dans ma journée de travail, je n'avais pas rien que ma journée de travail à penser. Je savais que je m'en allais me claquer trois heures de rouleau chez nous. Parce que, mettons, l'hiver, tu es sur le rouleau. Des fois, ça joue sur la patience parce que tu sais que tu t'en vas te faire mal dans deux heures. Il faut que tu arrives, il faut que tu finisses ta journée de travail parce que tu as trois heures, trois heures et demie de volume à faire sur un vélo. Si tu arrives à six heures à la maison, ça ne te tente pas jusqu'à neuf heures et demie. J'essayais d'être à la maison vers 4h et faire mon 3h de vélo. Je débarquais du bike, la douche, souper. Ça recommençait le lendemain. C'était du gros volume d'entraînement. Fin de semaine, samedi, dimanche, il fallait que je me fasse ma ride du matin. Ce n'était pas une heure de vélo que je faisais. Il fallait que je parte. C'était très exigeant. En plus de la job, c'est quelque chose. [01:45:11] Speaker B: C'est quoi que... C'est quoi tu te répétais quand ça venait dur? Tu sais, dans les moments difficiles. [01:45:16] Speaker A: Moi je fais ça. C'est ça, je me répétais, qu'est-ce que je fais là? Sérieusement, c'était la phrase, qu'est ce que je fais ici? Ah oui, des entraînements là, ce qui est le pire en vélo, c'est des entraînements courts. Mettons des, une minute, une minute, une minute d'intense, une minute de repos, une minute, tu sais, tout ce qui est court, 30, 31, tu sais, 30 secondes d'effort, une minute de repos ou l'inverse, tu sais. Tous ces short intervalles-là, Tu souffres tellement que là tu te dis qu'est-ce que je fais? Sérieux, qu'est-c'est que je fais là? Tu te crisses une volée, excuse-moi de le dire de même, mais tu te crisses une volée à chaque entraînement quasiment. C'est ça que je me disais le plus souvent, qu'est ce que tu fais? Mais quand tu finis, le feeling d'endorphine après un entraînement comme ça, moi je peux être 10-15 minutes à genoux dans mon bike, juste à cool down, je check mon sel, mais il y a comme un genre de vibe qui se passe dans mon corps, que c'est comme le meilleur feeling ever, tu sais. Après, tu sais, fait qu'il y a comme cet amour-haine-là avec ce sport-là. Puis tu sais, la plupart des cyclistes de performance vont te le dire, c'est une relation d'amour-haine avec le sport tout le temps. Tu te crisses des volées, ça fait du bien quand t'arrêtes. Tu fais une compétition, tu trippes bien raide avec l'aspiration, les stratégies de course, mais tu as mal en même temps, mais tu finis et ça fait du bien, tu es content, tu as battu ton personal best. C'est comme de l'amour règne tout le temps, ce sport-là. C'est vraiment quelque chose de spécial, mais ça fait du bien. C'est bizarre, c'est dur à décrire. Encore aujourd'hui, je ne compétitionne plus. Quand je sors d'une sortie, je dis tout le temps à ma blonde avant de partir, je m'en fais une petite facile. Je m'en vais juste regarder le paysage. Puis là, tu sais, je vais m'envoyer mon easy ride aujourd'hui. Même des fois, je fais moins attention à ce que je mange avant parce que je me dis, je vais aller me claquer une petite easy ride. Ça finit tout le temps que je me crie sur une volée. Tu finis, tu es le même. Mais tu sais, c'est ça. C'est un sport comme ça. La plupart des cyclistes te diraient la même chose. Ouais. [01:47:35] Speaker B: Ça c'est, je vais me mettre plus dedans dans le vélo. Justement, je préparais sur le podcast en avant des athlètes de cyclistes parce que j'ai découvert ce sport-là cet été plus. Puis, je suis vraiment impressionné. [01:47:45] Speaker A: C'est quelque chose. [01:47:47] Speaker B: Oui, c'est ça. C'est quand même de quoi. Avant de finaliser l'émission, quelle bonne discussion qu'on a eu ensemble, Patrick. C'est vraiment rempli d'histoires, d'enrichissements. Je trouve ça excellent. mais j'aimerais quand même prendre le temps de souligner les... j'ai de la misère à le dire, mais les jeux parapan-américains. [01:48:08] Speaker A: Ouais, c'est parapan... c'est para-pan-américain, tu peux le sortir, tu peux le séparer en deux mots. Parce que tu sais, il y a les jeux pan-américains, bon ben c'est les mêmes jeux, on passe après. Fait que, tu sais, c'est les jeux para-olympiques, ben para-pan-américain. Fait que les pan-américains en fait là, c'est le regroupement de toutes les Amériques. Ça se passe à différents endroits dans les Amériques, du nord, du sud, du centre, puis ça se déplace. Puis en fait, c'est que ça regroupe. Il n'y a pas d'Europe, il n'y a pas d'autres continents. C'est vraiment les Amériques qui s'affrontent. C'est les meilleurs sportifs des Amériques qui affrontent dans une compétition. Fait que c'est comme les jeux, c'est des grands jeux. Cérémonie, tu sais, ceux que j'ai fait moi en 2019 au Pérou, c'était ça. Tu sais, c'est vraiment tout le... Tu sais, t'es comme 3-4 000 athlètes dans le village. T'as, tu sais, la cérémonie d'ouverture, fermeture. Tu sais, dans le village olympique, c'est... Ben, on peut l'appeler village olympique. Les résidences, tout le monde mange à la même place, c'est la même vibe. Tu côtoies des gens de basket, des gens d'athlétisme, de tous les sports. C'est vraiment une vibe incroyable, c'est une expérience de vie. C'est une expérience d'une vie. [01:49:30] Speaker B: Ça représentait pour toi de représenter ton pays sur la scène? [01:49:36] Speaker A: Écoute, représenter ton pays, c'est difficile de décrire à quel point c'est une fierté. Là-dessus, j'ai une petite anecdote, c'est que les gars que j'ai connus avant d'être sur l'équipe, qui étaient déjà sur l'équipe avant que moi je le sois, Et un moment donné, Mark Beggs, un de mes chums, il me dit, il y avait des maillots d'équipe Canada. Il y en avait, on s'en fait donner. Fait qu'il me dit, t'en veux-tu? J'ai dit non, non, j'en veux pas. Moi, je vais le mettre. Je vais porter ce maillot-là quand je vais l'avoir earned. Quand je vais l'avoir mérité. Fait que moi, j'en voulais pas. Puis quand la première fois que j'ai eu mon gear de l'équipe nationale, que je représentais mon pays, C'est la fierté que tu ressens. En tout cas, pour moi, comme la personne que je suis, de vivre ça et d'avoir ton premier jersey avec la feuille d'érable, c'est un incroyable feeling. Tu le fais pour toi, mais tu le fais en même temps pour... ce que ça représente. Moi, de représenter mon pays à l'âge que j'avais, c'était comme, voyons, c'est quoi cette affaire-là? Il y a des gens qui ont rêvé de ça, mais quand l'âge revient dans des sports non... dans des sports plus traditionnels, non parents, tu arrives à un moment donné, à un certain âge, que tu ne pourras plus le faire. Indépendamment des sports, à 25, 30, 32, un moment donné, la fenêtre est fermée. Dans nos sports, Tiens, en parlant à cyclisme, au jeu... Pas au dernier jeu, au jeu d'avant je crois que c'était... Il y a un athlète en paracyclisme, en H3, les vélos couchés, qui était sur le podium à 60 ans, je crois. C'est un sport, le paracyclisme, où les athlètes sont souvent plus vieux. Ça permet d'avoir une carrière à 60 à long ans. terme. J'ai des chums au hockey que je leur dis, même que t'as fini le hockey en barque sur le vélo, pis t'es bon pour repartir pour un autre 15 ans de carrière. Pis t'as déjà une base d'entraînement. Tout ça pour dire que... À l'âge que j'avais, de représenter mon pays, de représenter le Canada, écoute, c'est incroyable. J'ai des souvenirs. Tu sais, les cérémonies d'ouverture des Jeux, c'est comme voyons donc que c'est que je suis en train de vivre là, moi là, tu sais, tu rentres dans le stade, le stade, il y avait 50 000 personnes, là, puis là, tu vois ça autour, tous les pays qui rentrent un après l'autre, puis vraiment fou comme expérience, là. [01:52:23] Speaker B: – Allons, ça devrait être… [01:52:24] Speaker A: – Complètement malade. [01:52:25] Speaker B: – Crazy. [01:52:25] Speaker A: – Ouais, ouais. [01:52:26] Speaker B: – Comment tu vois l'adversité avec le recul aujourd'hui, que l'expérience que tu as vécue, les sports de haut niveau, les [01:52:34] Speaker A: compétitions, L'adversité, tu peux la prendre de deux façons. Tu peux facilement plier les genoux et réagir de façon plus ou moins positive face à l'adversité. où tu peux dire, je vais prendre mon épreuve à laquelle je fais face, puis peu importe l'épreuve, ça peut être une épreuve sportive, ça peut être une épreuve dans ta vie personnelle, ça peut être un accident comme celle que j'ai vécu, mais tu peux prendre ton épreuve puis la transformer en défi ou en opportunité. Qu'est-ce que je vais faire avec ça pour que ça devienne quelque chose qui va se transformer en positif? C'est facile à dire, ce n'est pas toujours facile à faire. Mais c'est ce que j'ai essayé d'utiliser comme philosophie, surtout depuis mon accident. Je ne réalisais peut-être pas avant l'accident que j'avais quand même cette mentalité-là, mais je l'ai plus mis en lumière puis réalisé par après. Puis encore là, je ne veux pas minimiser ce que ça représente parce que c'est facile à dire. Prendre un défi, une épreuve, la transformer en défi, De même, entre nous deux, autour d'une table, ça peut paraître facile et inspirant, mais le vrai défi, c'est de le faire, de prendre ça et de le transformer en ça. Ça, ce n'est pas facile. Tu vas rencontrer des embûches, tu vas rencontrer des découragements, mais il faut que tu sois capable de relever les manches et de dire, regarde, on va continuer de baisser la tête, de foncer, et ça va se passer. Puis c'est ça que je dis souvent à des gens qui viennent de vivre une épreuve. Regarde en avant, fonce, puis tu vas voir qu'en avant, la vie est belle. Elle va t'amener des bonnes choses, la vie quand même. Puis que ce soit une épreuve, comme j'ai dit, un accident, ça peut être une épreuve Dans ta vie, ça peut être un deuil, ça peut être la perte d'un parent. Tout ça, c'est bad, ça arrive, c'est pas le fun. On ne veut pas vivre ça. Mais il y a moyen de s'en servir et d'avancer avec ça, par exemple. [01:54:45] Speaker B: Merci d'avoir partagé ça, Patrick. En finissant, chaque personne qui vient sur le podcast maintenant ne peut pas s'en sauver de cette question-là. Je la trouve très importante. Si tu avais à parler aujourd'hui à un plus jeune de 18, 19, 20 ans qui aspire aller au plus haut niveau, qu'est-ce que tu lui dirais? [01:55:11] Speaker A: Je dirais en premier lieu, amuse-toi à le faire. Si tu t'amuses pas, Il n'y aura rien de le fun. Tu vas peut-être y arriver, mais tu n'auras pas apprécié d'y arriver. Si tu fais quelque chose que tu n'aimes pas, juste pour dire que tu vas arriver quelque part, pour dire que j'ai accompli quelque chose, tu ne triperas pas. Assure-toi premièrement que tu as du fun. Assure-toi que c'est plaisant. Oui, ça va faire mal. Oui, tu vas avoir des fois, tu vas dire qu'est-ce que je fais là? Pourquoi je fais ça? Mais enjoy the moment. Puis si tu es capable d'enjoy the moment. Le résultat, il va venir à la fin. Faut que tu donnes les outils, faut que tu peux pas négliger que ce soit les entraînements, que ce soit la préparation, que ce soit les sacrifices. Mais si t'enjoies le moment, ça va y arriver. La ride, elle va avoir été le fun. Ça sera pas juste le résultat qui va avoir été le fun, la ride va l'avoir été. Tu vas encore plus apprécier où est-ce que tu t'es rendu. [01:56:16] Speaker B: Le processus va être encore plus fun, plus important. Merci Patrick. Quel échange j'ai envie de dire. C'était vraiment le fun. Quel échange. Donc tout le monde, c'était le Game On de podcast. Notre invité aujourd'hui, Patrick Desnoyers. Merci Patrick pour tout ça. Sérieusement, c'était incroyable. C'était super. Et voilà.

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