Episode Transcript
[00:00:00] Speaker A: C'est comme quand tu lis des berceuses à ton enfant. Moi, c'était pas des berceuses. C'était les histoires de mon père qui manquaient des gens. J'ai vu beaucoup de violence, mais pour moi, c'était un super héros.
[00:00:09] Speaker B: C'est un gros, gros tournoi réputé.
[00:00:18] Speaker A: Puis ils me disent «t'affrontes qui?» «Non, non, non, ton combat d'hier était vraiment bon.» J'ai dit «Ah, j'affronte lui.» Ils me font «Oh, bonne chance.» Puis j'entends sa trash talk, vraiment. La fin, je décrirais que ça, je l'ai depuis le début, avant la boxe, avant tout. Littéralement, depuis que je peux réfléchir, là, je pense qu'il faut que je sorte du lot. Il faut que je réussisse. C'est pas «je dois », il faut. C'est ça, la différence entre quelqu'un qui aime ça pis quelqu'un qui le veut. Je veux aller à un niveau que je peux pas atteindre.
[00:00:48] Speaker B: C'est là, mettons, tu settes la date, alors ça, direct après, tu tombes en camp d'entraînement. Comment ça marche, tout ce processus-là?
[00:00:52] Speaker A: La boxe professionnelle, c'est quelque chose. Pendant ma perte de poids, c'est quelque chose que personne connaît vraiment, je mets le séchoir dans la salle de bain, je pors l'eau chaude dans la douche, je mets une serviette dans le bas de la porte pour pas qu'il y ait de l'air qui rentre, je mets le saumesson pis tout, pis je fais du shadow dans la salle de bain pendant des heures. Le lendemain matin, on se pèse. Je suis censé me battre là. J'ai pas mangé depuis le combat. Je me pèse. Ok, j'étais à 0.2. Je prends un verre, je crache dans le verre, je crache dans le verre. Là j'ai un combat à faire contre le champion national de l'Algérie.
[00:01:34] Speaker B: La fameuse marche avant d'arriver sur le ring, là, le feeling, genre, dans ta zone, tout, ça doit être quand même...
[00:01:40] Speaker A: Ouais, tu peux pas décrire ça si tu le fais pas, je te le dis.
[00:01:43] Speaker B: Ouais, OK. Pas de mots là-dessus.
[00:01:45] Speaker A: Non, non.
[00:01:46] Speaker B: À chaque fois que je regarde ça, là, je suis tellement impressionné, man, genre... C'est... Comme, moi, perso, je me battrais pas, genre... Tu sais, en fait, un enfant qui est drôle là-dessus, c'est que...
Peu importe, je pense que peu importe à qui tu te demandes, en tout cas dans les groupes, au moins, tu leur demandes genre, tu sais, mettons, lui, il pèterait-tu aïeul à lui? Il est comme à 100% que je pète l'aïeul. C'est sûr. Puis, tu sais, tout le monde pense qu'on sait se battre. Tu sais, mais... X, c'est pas ça.
[00:02:20] Speaker A: X, c'est pas ça. La vérité, c'est pas ça.
[00:02:23] Speaker B: C'est fou, ça.
[00:02:24] Speaker A: Mais par rapport à l'entrée dans le ring, moi, je choisis mes chansons depuis tout petit.
Je m'envoie le DJ. C'est-tu vrai?
[00:02:33] Speaker B: Insane.
[00:02:35] Speaker A: Depuis tout petit, je disais, je veux ça, puis je suis le prochain combat ou peu importe. Même chez les amateurs, moi, la musique me mettait dans la zone.
pas nécessairement que j'avais besoin de la musique, mais ça fait partie du processus de Locked In.
[00:02:55] Speaker B: C'est quoi ta toune en ce moment?
[00:02:58] Speaker A: Ah non, moi, je choisis la soirée même. Ah oui? La journée même.
[00:03:02] Speaker B: Fait que t'as jamais eu la même toune?
[00:03:04] Speaker A: Non, non. Les DJs y haïssent ça, là. Vraiment. Parce que je choisis à la dernière seconde. Je me fais taper sur les doigts, pis tout.
Mais avec des amis...
[00:03:13] Speaker B: C'est crazy, ça.
[00:03:14] Speaker A: Je leur en parle, je dis «qu'est-ce que tu vas mettre?» «Nan, nan, nan, c'est facile.» Non, non. Faut que ça vienne me chercher. Faut que ça vienne représenter quelque chose.
[00:03:23] Speaker B: Fait que t'es un gars de moment, là.
[00:03:24] Speaker A: Un gars de moment, 100%. J'écoute aussi beaucoup de rap, là.
Fait que ça dépend de qu'est-ce qu'il dit à ce moment-là. Qu'est-ce que je ressens, l'émotion que j'ai eue durant ce temps d'entraînement-là ou peu importe. Surtout maintenant, chez les pros, là.
Faut que la musique, elle vienne aussi rechercher les gens. C'est pas juste une musique pour moi, pour tout le monde, mais essentiellement pour moi, là. Mais je vais pas aller...
À l'autre bout, je veux vraiment qu'il y ait une ambiance qui se mette. Parce que la boxe professionnelle, c'est un sport de spectacle.
[00:03:59] Speaker B: Ah, tellement... Tellement...
[00:04:01] Speaker A: Vraiment.
[00:04:03] Speaker B: Est-ce que tu as l'impression que... Comment je dirais ça? Tu dis que c'est un sport de spectacle et tout.
Au bout du compte, il y a juste deux personnes qui se battent. Est-ce que c'est l'impression que ça te donne vraiment que vous êtes les stars?
[00:04:19] Speaker A: C'est une bonne question. C'est une bonne question.
Oui, quand t'arrives dans le ring, t'es juste toi pis l'autre.
Mon coach, je l'entends juste.
parce qu'on a travaillé là-dessus, on a travaillé là dessus, puis... Vous travaillez votre
[00:04:36] Speaker B: communication pendant... Ah oui.
[00:04:38] Speaker A: Avec ma préparateuse, la fille qui fait ma préparation mentale, j'ai enregistré mon coach plutôt pour reconnaître sa voix. Mais il y a certaines personnes dans la foule que je peux, je ne sais pas pourquoi, facilement entendre.
J'suis comme ça là... Locked in mais
[00:04:58] Speaker B: j'peux facilement... Bonjour tout le monde, ici William Rochefort. J'veux juste prendre 30 secondes de ton temps avant que cette excellente émission commence pour te remercier d'avoir pris le temps à travers toutes les émissions que t'aurais pu choisir d'écouter la mienne d'aujourd'hui. J'mets énormément d'heures, beaucoup de travail à travers mes études, les projets entrepreneurials, ma vision pour sortir toutes les semaines des émissions exceptionnelles. J'ai un objectif pour l'automne. J'veux atteindre les 1000 abonnés d'ici Noël. Présentement, peu importe la plateforme sur quoi que t'écoutes, abonne-toi, ça serait super cool. Ça coûte rien, ça me soutient énormément à développer.
mon projet, le podcast. Sur ce, je te remercie beaucoup. Prenez le temps d'écouter cette émission-là. C'était William.
Peace.
[00:05:52] Speaker A: Finir un adversaire, j'entends qu'est-ce que l'autre dit. Ah, c'est fou.
C'est vraiment fou.
[00:05:57] Speaker B: C'est fou, ça fait juste... T'as pas de raison, là. Des fois, ça fait... Ça fait ça.
[00:06:03] Speaker A: Admettons... Récemment, un gars qui s'appelle Derek Pomerleau en boxe, sa voix, je l'entends super bien.
C'est un autre boxeur aussi qui a de l'expérience, puis mon coach.
Mais pour revenir à ce que tu disais, est-ce qu'on se sent comme les deux stars?
Je me sens plus comme les deux derniers survivants, mettons.
C'est moi ou toi.
[00:06:32] Speaker B: Ouais, c'est ça.
[00:06:33] Speaker A: Puis comme je le dis souvent, je vais ressortir gagnant cette histoire-là. Mais c'est entre toi et moi.
C'est personnel quasiment. Même si le gars, je ne le connais rien, je ne le connais pas pantoute, c'est rendu personnel.
Tu veux m'enlever tout ce que j'ai bâti depuis des années.
pour ta satisfaction, mais moi, j'ai plus que ça en tête. Je veux aller là, tu comprends?
Puis toi, il faut que je te tasse de mon chemin.
[00:07:04] Speaker B: That's it.
Tu parlais que t'étais un gars de moment.
Je vois ton tattoo ici, sur ta main gauche.
T'as envie de partager, il y a-tu un lien?
[00:07:18] Speaker A: C'est mon premier tattoo à vie. 18 ans. Pourquoi 18 ans? Parce que premièrement, je n'avais pas l'argent pour me faire tatouer.
Puis deuxièmement, moi je n'avais pas besoin de demander à personne pour me faire tatouer.
Dans ma famille, je n'ai pas besoin de cette approbation-là. Je suis allé me faire tatoué ça, 6 heures de temps.
mon premier tattoo.
[00:07:46] Speaker B: C'est comme un gant de boxe.
[00:07:47] Speaker A: Ici, c'est les lacets d'un gant de box. Puis à ce moment-là, moi, comment je décris les tattoos, c'est que c'est comme des cicatrices du moment de qu'est-ce que tu vivais à ce temps-là. Ça fait que moi, la boxe était très, très, très importante dans ma vie.
Puis la personne qui m'a inspiré à ce moment-là, c'était Ali.
J'y pense pas deux fois, c'est ça que je veux me faire. Bam, je l'ai fait.
Fait que, j'adore ce tatou là, c'est mon premier.
J'adore vraiment cette partie là du tatou.
Je le regrette zéro là.
[00:08:18] Speaker B: Non, il est crazy.
[00:08:19] Speaker A: Pis les gars à Ali, ils ont du sens, ça c'est quelque chose que moi j'ai rajouté.
Mais juste pour faire comprendre que... On joue pas à la boxe. C'est vraiment un sport qui peut être dangereux.
Fait qu'on joue pas à la boxe, on se bat. C'est un terme qui me sile aux oreilles quand j'entends... «Ah, tu joues à la boxe?» Non. Non, non.
Non, on fait pas ça.
Je veux te faire mal quand je suis là.
[00:08:47] Speaker B: Tu sais, comme GSP disait...
Moi, je n'aime pas me battre.
Je ne le fais pas ça parce que j'aime me battre. Il y a d'autres raisons à ça. Puis quand tu arrives dans le ring, c'est un autre GSP complètement différent. C'est sûr qu'on ne parle pas de boxe ici, on parle de MMA. C'est deux choses complètement différentes que tu me disais.
Mais je parle de GSP parce que tous les Québécois connaissent GSP.
[00:09:09] Speaker A: Ah, GSP, c'est une légende.
[00:09:10] Speaker B: C'est ça, c'est une légende.
Est-ce que c'est un peu où tu t'en vas dans le sens où on ne joue pas à boxe.
Quand tu arrives dans le ring, tu te bats pour gagner. Est-ce que toi tu aimes te battre?
[00:09:25] Speaker A: Justement, j'allais faire la différence entre moi, mettons, puis GSP. Ouais, moi, j'adore me battre.
Moi, tous les amis que j'ai, je me suis battu avec eux.
Tout mon enfant, je me suis battu.
On en reparlera plus tard, mais c'est une des raisons pourquoi je fais de la boxe. Je ne suis pas un gars qui confronte. Vraiment pas. J'haïs la confrontation.
mais me battre en tant que tel, non, ça, c'est... J'adore ça. C'est une passion.
Pis là, on parle même pas juste des points, j'adore me battre, j'adore savoir c'est qui qui va être au top de... à la fin, tu comprends? Puis j'assume si je me fais battre, je dis pas ça, mais ça va être très difficile.
[00:10:16] Speaker B: Ah, c'est sûr, man. Ça, c'est sûr.
Donc, merci d'avoir partagé ça.
[00:10:21] Speaker A: Ouais.
[00:10:21] Speaker B: Enchaînons avec l'intro, man.
[00:10:23] Speaker A: Yes.
[00:10:23] Speaker B: J'ai juste, ça m'a fait, écoute, tout le temps des petites discussions comme ça que j'adore avant de commencer. Bonjour tout le monde, bienvenue sur La Game On, je suis votre host, William Rochefort.
Et aujourd'hui, j'aimerais qu'en commençant, vous vous imaginez marcher vers un ring.
Vous êtes la seule personne, votre musique.
Puis la seule chose que vous avez en tête, c'est d'embarquer sur un ring et aller vous battre.
Ce que je viens de vous conter là, c'est la réalité d'un athlète que j'ai ici, présentement avec vous en studio.
Loïc, tu es un boxer professionnel québécois de Sherbrooke.
C'est un honneur, man. Merci de prendre un instant avec moi aujourd'hui pour qu'on puisse se jaser la boxe première fois sur le podcast, sur le Game On. J'ai hâte qu'on en discute.
Quel univers, j'ai envie de dire, de boxe as-tu un petit mot à partager avant qu'on enchaîne?
[00:11:20] Speaker A: Par rapport à l'univers, c'est sûr que c'est un sport hors du commun.
Premièrement, merci de m'accueillir. Vraiment, on va pouvoir discuter de c'est quoi la boxe en détail.
Certains détails que plein de personnes ne connaissent pas.
Puis j'aimerais vraiment remettre la boxe de l'avant au Québec.
Ultérieurement, il y avait Stéphane Ouellet, Éric Louca, Jean Pascal, Adonis Stevenson, Luciane Bouté, Arturo Gatier.
Vraiment, ça l'a fait fureur au Québec. Mais j'ai vraiment le goût qu'on vive des moments comme ça.
Il y a des champions en ce moment à Montréal, mais je crois vraiment que ça prend quelqu'un d'ici qui fait la différence. Qu'on aille chercher les cantons, etc. pour faire des événements incroyables, puis ramener ça, ramener un enthousiasme à la boxe.
[00:12:26] Speaker B: Je serais vraiment curieux de voir ça, de participer à un événement de boxe. Je n'ai jamais vu ça en live.
Je suis sûr que ça doit être assez impressionnant.
[00:12:37] Speaker A: Je t'inviterais à mon prochain condo.
[00:12:39] Speaker B: C'est vrai? Ça serait crazy.
[00:12:43] Speaker A: On pourrait même en reparler après.
[00:12:46] Speaker B: Ah ben 100% man, ça serait...
[00:12:48] Speaker A: Il faut décortiquer le combo ou peu importe.
[00:12:50] Speaker B: Ça pourrait être vraiment sick de faire ça.
[00:12:52] Speaker A: Je parle comme si j'avais déjà gagné.
Il y a du travail à faire.
[00:12:55] Speaker B: Exact, il y a du travail à faire, mais écoute, je pense que la première étape... c'est de croire que tu as gagné.
La deuxième, c'est de le faire.
Je pense que c'est un bon début, mais je trouve ça cool que tu prennes le temps d'en parler en ce moment.
On parle beaucoup des femmes dans l'industrie de la boxe au Québec. J'ai l'impression qu'il y a Kim.
[00:13:14] Speaker A: Il y a Kim, il y a Tam Thibault.
Caroline Verne, Leila Beaudoin.
Aussi, nous à Sherbrooke, on a des vraiment bonnes athlètes, Maxime, Anne.
Puis, la boxe commence de plus en plus à être un sport des deux côtés, homme et femme.
Puis, à cause de MVP, je suis entendu parler un petit peu, Jake Paul met beaucoup de l'avant le sport de combat féminin.
la boxe, puis ils font des bourses incroyables que les filles n'ont jamais faites auparavant. On parle de millions de dollars.
[00:13:53] Speaker B: Wow!
[00:13:55] Speaker A: Fait qu'il y a des trucs qui sont en train de changer pour le mieux. Moi, personnellement, je ne suis pas un accro de boxe féminin, mais ça l'accroche beaucoup de gens, puis je trouve ça beau qu'il y en a qui se dépassent beaucoup, comme ma coéquipière Maxime à Sherbrooke.
Elle s'entraîne autant fort que moi. Tu verrais ça aller, c'est incroyable. Tu ne pourrais même pas t'imaginer et quelqu'un faire ça, elle le fait, là, tu comprends. Pis fait que moi, c'est là que je suis comme...
Je donne tout mon respect à les filles qui font ça. Ce n'est pas tout des faux gars. Ce n'est pas ça. On n'est plus là.
[00:14:37] Speaker B: On n'est vraiment plus là.
Écoute, sur l'aspect de travail et tout ça, je n'ai pas besoin de croire parce que justement, la semaine qu'on enregistre, ce vendredi, c'est une émission spéciale pour l'équipe canadienne de flag football. J'ai reçu un athlète. qui ont gagné justement les championnats internationaux. Donc les Canadas féminins, en ce moment, on est top 1 internationale pour les frags.
[00:15:01] Speaker A: Je crois que j'en ai entendu parler un petit peu.
[00:15:03] Speaker B: On est qualifiés pour les Jeux olympiques. Donc ça, c'est exceptionnel. Puis elle me contait comment elle voyait ça, ces challenges-là, comment elle s'entraînait et tout ça.
Tout est en leur honneur, ça n'a aucun sens. La majorité de ces athlètes féminines font plus, si ce n'est pas le double de ce qu'un athlète homme va faire. Ça joue au même niveau.
Moi, je n'ai jamais entraîné comme elle à s'entraîner.
En tout cas, je trouve ça exceptionnel.
[00:15:35] Speaker A: C'est beau que tu dis ça.
Tu te regardes toi-même, tu te dis «Ok, j'ai jamais fait ça».
[00:15:41] Speaker B: Ah, j'ai jamais… genre, je peux comprendre pourquoi tu as joué à ce niveau-là.
[00:15:44] Speaker A: Ouais, ouais, ouais. C'est beau.
[00:15:45] Speaker B: J'ai jamais accoté ça partout. Ça n'a rien à voir.
[00:15:49] Speaker A: Ouais, ouais.
[00:15:49] Speaker B: Fait que… Non, je suis vraiment content que tu prennes le temps de parler du sport féminin. J'essaie d'en avoir plus possible en plus sur le podcast. Ça s'en vient. J'ai quelques émissions préparées.
Écoute, tu connais la formule parce qu'on s'en est parlé un peu en commençant au début, mais pour les nouveaux qui vont découvrir aujourd'hui, chaque personne qui vient sur mon podcast, ils ont le droit à une introduction. Donc, voici ton intro.
Là Éclair, tu es un boxeur professionnel.
Tu commences la boxe à 11 ans.
Au secondaire, tu te joins au club de boxe du Triolet pour le sport études. Tu fais partie de la deuxième cohorte.
Ton premier vrai combat, âgé seulement de 13 ans.
Depuis, tu comptes 77 combats amateurs.
Tu es sept fois champion provincial.
Tu as cinq participations au championnat canadien et une participation aux qualifications olympiques.
Tout ça t'a permis d'aller à l'international dans cinq pays, la Tunisie, l'Irlande, la Pologne, la France et Porto Rico.
Le 27 mai 2025, tu signes officiellement ton entrée chez les pros, avec le groupe Gym, qui aujourd'hui, ils boxent. Dans le coin droit, à 160 livres, 5 victoires, 3 par KO, 0 défaite.
Loïc, Light's on. Light, mesdames, messieurs, bienvenue sur Light Game On, c'est un plaisir de t'avoir aujourd'hui. Je te cite en commençant.
Chaque jour depuis que j'ai commencé la boxe à 11 ans, je rêvais de devenir champion du monde.
Aujourd'hui, j'ai atteint un objectif important, mais ce n'est qu'un début. Le travail commence maintenant.
Qu'est-ce que tu veux dire par ce fameux travail?
[00:17:40] Speaker A: Bien, chaque jour, il faut que tu prennes une coche de plus. Fait que le travail qui commence maintenant, c'est demain.
Après demain.
Chaque jour qui va suivre jusqu'à la fin de ma carrière.
Mais chaque jour, c'est maintenant. Quand on me parle de «Ah, t'as réussi, t'as la faire, t'as la faire, t'a la faire.» Non, c'est qu'un début.
Mon objectif est loin devant encore.
Quand je parle de mon objectif d'être champion du monde, j'ai des objectifs encore plus loin que ça. Tu sais pourquoi? Parce que je veux aller à un niveau que je ne peux pas atteindre.
que je veux pas me mettre de limites. Il y a aucune limite. Fait que j'ai des objectifs encore plus grands. Champion du monde, ça fait partie d'un de mes plus grands objectifs.
Mais si je me limite à ça quand je vais être champion du monde, bien, qu'est-ce que je fais à partir de là? Est-ce que... Non, non. Il y a encore autre chose.
Pas juste par rapport à la boxe. Inspirer la prochaine génération.
Inspirer des gens qui en ont besoin. Peu importe.
La boxe en tant que telle m'amène à pouvoir faire beaucoup d'autres choses. C'est ça qui est... plaisant dans tout ça.
[00:18:57] Speaker B: Est-ce que tu le vis bien, l'aspect, tu sais, pas l'aspect compétition, mais j'ai envie, l'aspect de performance. Tu sais, des fois, on se met tellement de pression de performer qu'en réalité, on performe peut-être un peu moins ou quand ça va moins bien, on se met tellement de pression de performer justement que ça nous donne des down. Comment qu'on garde cette motivation-là?
Comment toi, tu joues? Est-ce que ça t'arrive des fois de juste let it go un peu, de vivre un peu.
[00:19:29] Speaker A: Ok, dans ce sens-là, je comprends. Mais la performance, niveau combat, admettons qu'on va plus simple un petit peu, pour tout de suite, ça m'a déjà empêché de performer à certains niveaux que je voulais.
Parce que je veux tellement la victoire, mais j'oublie qu'il y a un travail à faire avant ça, il y a un travail à faire à chaque seconde dans le ring.
Fait que quand tu penses à, mettons, la phrase que j'aimais pas me dire, que maintenant c'est quelque chose que j'ai enlevé, c'est «je veux pas perdre».
«Je veux pas perdre », c'est pas une bonne phrase.
Parce que premièrement, c'est du négatif.
Deuxièmement, fais qu'est-ce que t'as à faire, puis ça arrivera pas.
C'est ça dans ma tête. Ça commence par là, tu vois.
Ça, j'ai enlevé ça de ma psychologie.
Mais en tant que tel, overall, de tout le temps vouloir être le gars que je dis que je veux être, puis d'être capable de prendre du lousse, j'ai commencé à m'adapter à ça parce que...
Pour performer, il te faut des moments de récupération.
Ça, depuis que je me suis mis ça dans la tête, ça fait pas que je m'entraîne moins fort, je te garantis. Mais depuis que je me suis dit, OK, une journée dans la semaine, mettons, ça a commencé comme ça, une journée dans la semaine, c'est récupération.
Après ça, après le combat, est-ce que je reviens au gym le lundi soir? Même si, tu vois, mes derniers combats sont arrêtés rapidement, mais non, il y a un camp d'entraînement de deux mois avec ça.
C'est pas juste... C'est pas juste je nogue quelqu'un, puis il y a rien. Non, non.
J'ai reçu... J'ai fait... 80 rounds de sparring avant de ce combat-là, ou peu importe. Mon corps, il est usé. J'ai besoin d'une semaine.
Puis moi, comment je fonctionne, c'est jusqu'à temps que j'ai le goût de revenir dans le gym.
C'est pas tous les boxeurs qui fonctionnent comme ça, mais moi, je fonctionne comme ça. Dès que j'ai le goût de revenir dans le gym, je reviens. Tant que j'ai pas le goût, j'y vais pas.
Je sais que ça peut paraître bizarre, ça peut paraître... Tu le veux-tu vraiment ou pas? Non, non, c'est pas ça. C'est quand je reviens, j'ai faim. J'ai vraiment faim.
Fait que c'est ça qui fait la différence, je pense.
[00:21:59] Speaker B: Ça, c'est crazy. Tu parlais de tes camps d'entraînement, deux mois.
C'est-tu tout le temps le standard?
En fait, comment ça marche?
Tu sais, là, mettons, tu sètes la date d'un combat, puis après ça, direct après, tu tombes en camp d'entraînement. Comment ça marche, tout ce processus-là?
[00:22:16] Speaker A: La boxe professionnelle, c'est quelque chose.
[00:22:19] Speaker B: Ah oui?
[00:22:19] Speaker A: J'ai déjà changé d'adversaire cinq fois.
[00:22:24] Speaker B: Pour une date?
[00:22:24] Speaker A: Pour une date.
J'ai déjà mon troisième combat, j'étais censé avoir un troisième combat, puis il a été annulé la soirée avant ma pesée.
Fait que j'ai pas de combat.
Il y a des choses qui se passent dans ta tête quand ça arrive. Ça fait deux mois.
Puis deux mois, je dirais que c'est là qu'on focus plus. Sinon, ça peut faire cinq mois que je boxe, quatre mois que je box. Mais deux mois, c'est du sérieux. C'est chaque jour.
Tu me dis, pendant ma perte de poids, là, on en parlerait de ça, c'est quelque chose que personne connaît vraiment, mais déshydratation, peu importe, fast, tout ça, là.
Puis, justement, la soirée même, je suis en train de lire un livre, les écouteurs, je sens la bouffe que ma copine est en train de faire, puis je me dis, Je suis vraiment sur les nerfs, puis je reçois un appel, puis je me fais dire, ton combat est annulé, t'as pas de combat.
Puis, selon eux, c'est pas si grave que ça, là.
Moi, je l'ai pas pris comme ça.
Mais... après quelques semaines que ma colère a descendu, je me suis dit que j'avais pas fait assez, qu'il fallait que je continue.
Puis que c'était juste une étape de plus.
Le chemin, il est pas droit, là.
Le chemin, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup, puis je vais en vivre encore beaucoup, beaucoup d'obstacles.
[00:24:04] Speaker B: Non, ça, c'est... Mais je ne savais pas que c'était organisé de moi. Tu sais, mettons, là, ils ont annulé, mais ils ont annulé, t'as pas de combat, fait que t'as juste... T'as rien d'autre.
[00:24:13] Speaker A: Pas d'argent.
[00:24:13] Speaker B: Ouais, c'est ça, t'as rien non plus.
[00:24:14] Speaker A: Pas rien, non, non, non.
[00:24:16] Speaker B: OK, ouais, c'est ça, là.
[00:24:19] Speaker A: Là, ça fait deux mois que je travaille pas, là, tu comprends.
J'ai des choses à payer, là.
Fait qu'on n'a pas toutes la même réalité, là. Tu sais, on peut pas toutes... avoir du back-up, là. J'ai 24 ans aussi, là. À un moment donné, il faut que tu commences à être indépendant. Fait que c'est là que tu te poses des questions, mais que tu fais des choix, des sacrifices, des choses comme ça.
[00:24:46] Speaker B: Parce qu'en ce moment, ta vie, c'est que la boxe.
[00:24:49] Speaker A: Ouais, ouais. Je pourrais dire ça comme ça.
[00:24:52] Speaker B: C'est quand même nice.
[00:24:54] Speaker A: Il y a de mes amis qui travaillent... J'ai fait 4 ans et demi de toiture.
[00:25:00] Speaker B: Pour vrai?
[00:25:01] Speaker A: Ouais, ouais. Puis, j'ai encore un ami là-dedans.
Puis lui, il me dit, tu vis la belle vie en ce moment. C'est pas nécessairement ça.
mais c'est que je fais ce que j'aime.
[00:25:13] Speaker B: Oui, c'est ça.
[00:25:14] Speaker A: Je suis passionné par ça.
Est-ce qu'il y a des moments que ça me tente pas pantoute d'aller faire un troisième entraînement dans la journée?
Oui.
Est-ce que c'est... C'est pas non plus... Des fois, on dirait que je suis quasiment lâche. Je m'en vais m'entraîner le matin.
Je reviens.
Je me repose, mais j'ai pas le goût de faire rien. Je suis brûlé de mon entraînement.
Deuxième entraînement, je m'entraîne, je reviens. Encore là, je peux faire une sieste entre le deuxième et le troisième.
Fait que des fois, ça jouait contre moi. Je me disais, bien voyons donc, ça être un athlète. Mais oui, c'est ça être un athlète. Le repos est essentiel. Moi, je n'aime pas ça être lâche.
Les premières fois que je faisais ça, parce que chez les amateurs, je travaillais.
Mais quand je suis devenu professionnel, j'ai mis beaucoup plus la boxe en priorité. Ça a été de l'adaptation.
[00:26:12] Speaker B: C'est entre toi quand je te disais que, comment tu vivais l'aspect tout le temps d'être dans la pression de performer. C'est un peu dans cet angle-là que j'allais, dans le sens que, Moi, il y a des journées où je me mettais tellement de pression à finir un projet ou genre vraiment avancer, mettons le podcast ou peu importe, que ça venait que ça jouait contre moi. J'avais l'impression que si je ne faisais rien, je n'avançais pas. Un peu comme toi, je prends une sieste, j'ai l'impression que je ne fais rien.
Mais en réalité, cette sieste-là a peut-être plus de bénéfices qu'on peut le penser.
Moi, j'étais un peu pogné dans ce pattern-là.
[00:26:48] Speaker A: ne plus peser sur la pédale, mettons. Quand prendre un break.
Ouais, je comprends.
[00:26:53] Speaker B: Il y a un peu cet aspect-là de dire, tu sais, il y a certains moments où est-ce que t'as pas le choix, pis faut que tu lock-in, pis tu vas locked-in parce que c'est ce que t'aimes, c'est ce que tu veux faire. Mais il y a d'autres moments où est- ce que, justement, on est tellement dedans que quand on fait juste... prendre deux petits steps back pour, mettons, se reposer ou faire autre chose.
C'est ça, c'est pas assez ou t'as l'impression que t'es dérangé ou peu importe.
[00:27:18] Speaker A: Mais là, ça fait une couple d'années, tu comprends? Fait que là, je commence à savoir quand mon corps va claquer.
Je peux, maintenant, tellement que ça fait longtemps que je m'entraîne, je peux savoir quand une blessure s'en vient.
Je te dis, c'est littéralement ça. Fait que... Quand tu connais tous ces aspects-là, pis que tu t'écoutes... C'est écouter, c'est un art, là.
Tu t'écoute pour vrai.
Tu ne te dis pas que tu n'en fais pas assez.
Je donnerais l'exemple de Kobe Bryant qui s'entraîne 4-5 fois par jour. Je te jure que lui aussi avait ses moments de break, mais c'était tout sédulé sur comment lui se comportait. Chacun se comporte de façon différente.
Il y a quelqu'un qui peut s'entraîner 5 fois par jour, mais ça veut-tu dire qu'il s'est entraîné autant fort que moi 3 fois? Peut-être pas. Ou même une fois, peu importe.
[00:28:17] Speaker B: Mais ça, c'est intéressant.
Le point que tu amènes là-dessus sur apprendre à te connaître, je pense.
[00:28:23] Speaker A: Apprendre à te connaître. C'est ça que je cherchais.
[00:28:25] Speaker B: T'as appris à connaître ton corps, tout ça. Parce que dans le sport, t'étais joué au foot un peu, que tu me disais.
Fait que tu connais un peu l'univers. Mais moi, j'ai fait ça toute ma vie.
Il y a un moment où mon corps me rattrapait, mais je n'ai jamais pris soin de mon corps. Parce que je n'ai jamais été éduqué à ça. J'ai l'impression que... Parle-moi ça un peu. Là, tu apprends à te connaître. Tu sais ton corps quand il va avoir des bobos, peu importe. Tu peux commencer à le prévoir.
C'est quand que tu as eu ce déclic-là, comment tu prends soin de ton corps?
[00:29:00] Speaker A: Étant plus jeune, j'étais blessé souvent.
Vraiment souvent.
Vraiment souvent.
Aussi, admettons, j'ai 14 ans, je ne sais plus combien je pesais, mais je frappe sur le sac à la puissance de quelqu'un qui est trois fois mon poids, tu comprends? Et pas pour dire que je frappe fort, mais c'est la réalité. Je frappe, je frappe, je frappe, je frappe. Je frappe trop fort pour qu'est-ce que mon corps peut absorber. Puis j'ai pas les muscles qu'il y avait avec dans ce temps-là. Fait que j'avais mal aux épaules, en torse lombaire, mal au dos, les clavicules, les coudes, etc. Je frappe je sais pas combien de fois par semaine sur un sac ou dans le vide, peu importe.
J'étais blessé, j'étais blessé. J'avais tellement d'ambition à cet âge-là et je ne connaissais vraiment pas assez le monde du sport. Même quand j'étais blessée, je te parle 14-15 ans, deux advils avant l'entraînement, j'ai la clavicule qui me fait souffrir.
Mais là, je veux tellement plus qu'elle me fasse souffrir que je continue dessus même si elle a mal.
Pis j'ai des larmes aux yeux, au sac.
[00:30:21] Speaker B: Holy crap.
[00:30:22] Speaker A: Parce que j'arrivais au gym, j'étais le premier.
Je finissais le gym, j'étais le dernier.
C'était ma mentalité.
parce que je connaissais pas le repos. Moi, dans ma tête, c'est que je m'entraîne plus fort que lui qui est devant moi, 100%. Même si lui, il prend une pause durant l'entraînement, mais non, c'est moi qui sors le dernier du gym.
Fait que... j'ai eu mal, j'ai eu mal, j'ai eu mal, j'ais eu mal.
Mais un petit peu plus vieux, un petit peu plus... J'apprenais du sport, j'apprenai de la récupération. Maintenant, dis-toi, je vois un massothérapeute à chaque semaine.
Ça me coûte de l'argent, mais c'est essentiel.
Je peux voir un massothérapeute 13 fois, mettons.
C'est de l'argent, mais si je n'ai pas ça, le soir du combat, je ne performe pas. Je le sais.
Je mets ma carrière de l'avant.
Est-ce que tu veux faire ça à long terme ou c'est juste une blague pour toi? Non, je veux faire ça à long terme. Je veux qu'après la boxe, je sois encore correct.
[00:31:35] Speaker B: Ça, c'est le plus gros challenge, je pense.
Ça, ça doit être...
[00:31:40] Speaker A: Il y a des choses que je ne peux pas sauver. Mes mains, je vais faire de l'arthrose, 100 000 %. Mais pour le reste, je veux être capable de vivre avec ma famille.
Pas dire que j'ai mal au dos, j'ai mal aux coudes.
Puis je peux pas jouer avec mes enfants ou peu importe, non.
Je veux vraiment avoir un mode de vie qui fait en sorte qu'après la boxe, il y a quelque chose.
Puis je veux pas faire non plus longtemps en boxe.
[00:32:11] Speaker B: Ah ouais? Contradictoire un peu.
[00:32:13] Speaker A: Ouais. Je vais faire... Pour l'instant, dans ma tête, 34-35 ans, je vais avoir été là-bas.
[00:32:21] Speaker B: Qu'est-ce qui est quand même correct, là?
[00:32:23] Speaker A: Ouais.
[00:32:23] Speaker B: T'sais, je parle... Moi, dans ma tête quand tu disais pas longtemps, je m'attendais
[00:32:27] Speaker A: à pas ça, là, genre... Parce que le prime de boxe, c'est 28-29. 30, tu commences à stagner puis redescendre. Mais il y a des boxeurs qui durent encore plus longtemps que ça, 40...
Mais encore là, on en a parlé au début, je dis ça aujourd'hui, peut-être que dans 10-11 ans, quand je vais avoir 35, ça ne sera pas la réalité.
Ou même que ça se peut que ce soit avant, on ne sait pas, dans le fond.
[00:32:53] Speaker B: Exact. Il n'y a personne qui sait le futur, man. C'est ça qui est crazy, mais j'ai envie de dire, je te le souhaite, mais commencez par s'en rendre au prochain combat.
[00:33:04] Speaker A: Exactement.
[00:33:06] Speaker B: Ce serait déjà un bon début, mais J'ai envie justement, en parlant de combat, que tu nous ramènes dans les premiers.
Parlons-en un peu de tes débuts. Qu'est-ce qui t'a accroché vers la boxe jusqu'à amener à tes premiers combats?
C'est un sport qui est...
qui est connu, mais en même temps, ce n'est pas le premier sport à lequel on pense pratiquer. Quand on est jeune, souvent, tu es sûr que c'est associé à se battre. Souvent, c'est vu négativement, j'ai l'impression, mais ça a commencé comment pour toi, cette histoire-là, la boxe, sport études, tout ça?
[00:33:43] Speaker A: On s'en va dans le sujet. Dans le vif du sujet, j'ai vu beaucoup de violence.
Toute ma jeunesse, j'ai vu beaucoup de violence, entendu de la violence, même positivement.
Là, je veux mettre...
Je ne veux pas mettre de doute. Moi, je n'ai pas subi de la violence. Ce n'est pas quelque chose qui est arrivé, mais j'en ai vu.
Sans rentrer trop dans les détails, puis je ne veux pas associer mon père à ça, mais un bagarreur de rue, un ex-prisonnier, puis des trucs comme ça.
Mais pour moi, c'était un super héros.
Moi, je voyais ces histoires-là comme si tu me... comme quand tu lis des berceuses à ton enfant. Moi, c'était pas des berceuses, c'était les histoires de mon père qui manquaient des gens. C'était ça, mais... Moi, jamais, je me faisais pas lire Dora, tu comprends? Vraiment pas.
C'est sûr que ça, ça l'affecte. Pour moi, ça a été positif, mais c'est ça. Ça veut pas dire que ça aurait tourné de ce sens-là, mettons.
Même chose du côté de ma mère.
Sans rentrer dans les détails non plus, elle en en vivait, de la violence. Fait que très jeune, j'ai dû faire face à ça.
Fait que ça a été la réalité à moi, puis j'ai un frère aussi.
J'ai d'autres frères et sœurs, mais mon frère qui a vécu pas mal la même chose que moi, on se battait, c'était des égales. C'était même désagréable que les gens m'ont raconté par rapport.
Désagréable, on n'arrêtait jamais. Mon père, il nous maîtrisait, on pleurait, mais on continuait, on continuait, on adorait ça.
C'était quelque chose... Puis j'ai changé sept fois d'école primaire.
Holy crap! Tu te battais, genre? Non, non, non. Pas à cause de moi. À cause de ce que mes parents vivaient, puis peu importe. Ma mère, mettons.
Fait qu'on déménageait.
C'était pas nous le problème dans ces moments-là. Mais on déménageait, on arrivait à une nouvelle école.
Puis il y avait tout le temps des chercheurs de troubles.
Puis nous, on aimait bien ça.
comme si t'es chercheur de trouble là parce que une fois que t'as passé sur eux, ben les autres, t'sais c'est comme à l'école primaire, qui qui court le plus vite, c'est lui le plus cool. Ben c'était un petit peu ça. On se battait contre les plus forts, pis là, on devenait populaire en guillemets aux primaires.
Fait que c'était ça notre réalité, tout le temps, tout le temps. Moi je jouais au soccer, Puis le sport d'équipe, ça me dégoûtait, vraiment.
Moi, je me donne à 120%, puis toi à côté, t'es à 50%. Non.
J'avais un caractère qui faisait en sorte que...
Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas sentir ça.
Je me confrontais à mes coéquipiers. Rendu en secondaire 1, on avait un choix à faire.
Je ne voulais pas aller à la ruche. J'habitais dans ces coins-là. Je ne voulais pas aller à la ruche parce que je ne voyais pas de sortie avec le sport là-bas.
J'ai fait vraiment tous les sports, mais le soccer, j'avais accroché.
Mais je savais que j'avais un talent, mais que c'était par le sport que je voulais sortir ça. Puis dans ce temps-là, c'est sortir ma famille de ce misère-là, ou peu importe.
Puis... Justement, je t'ai dit, on s'est tout le temps battus. Mon père, il disait, «Ah, la boxe, c'est un sport beaucoup trop difficile. Faites pas ça, ou peu importes.» Puis moi et mon frère, en 6e, 5e année, on avait fait du MMA.
Puis on avait été à un gym, puis on avait adoré ça. Mais il n'y avait pas de combat en bas de 18 ans à ce moment-là.
Fait que si je suis là pour juste faire l'entraînement, je ne vais pas faire ça. Fait que quand j'ai appris qu'il y avait du sport-études au triolet, puis en plus qu'il y avait de la boxe, du soccer, football, athlétisme, tout ça, je me suis dit, je veux aller là-bas. Mais tu sais, les moyens financiers, c'était vraiment pas facile de notre côté.
Fait que j'ai dû supplier ma mère vraiment.
J'ai pété des crises. Je me suis dit, c'est la seule façon que je vais sortir de ça.
Sinon, je deviens un délinquant. Puis, finalement, le fait, le choix d'y aller, on a eu de l'aide, peu importe.
Puis, on est allé à m'inscrire en sport études, mais là, j'avais le choix à faire le football.
la boxe, l'athlétisme, puis le soccer. Il fallait que je sois double A pour rentrer.
Bref, une longue histoire, mais je ne pouvais pas rentrer à ce moment-là parce que je n'étais pas à Sherbrooke.
Il fallait que je fasse les qualifications, puis tout. Puis en athlétisme, j'avais pété des scores en sixième année.
Je ne sais pas comment ça s'appelle, toutes les écoles toutes ensemble.
[00:39:06] Speaker B: Ben, c'est genre, admettons, une compétition genre inter.
[00:39:12] Speaker A: Comme tous les jeunes du primaire allaient à l'université de Sherbrooke, il y avait le 800 mètres, le sprint, la course à relais, le saut de longueur. J'avais pété des scores et il y avait quelqu'un qui m'avait dit «viens en sport étude au triolet pour faire ça». Donc là, c'était vraiment mes deux choix, c'était athlétisme ou boxe. Puis le football, j'avais joué mini-rebelle comme je t'en avais parlé un petit peu.
Puis j'aimais vraiment ça, mais c'était pas ça qui m'accrochait, parce que, encore là, c'est un sport d'équipe.
Mais j'aimais vraiment jouer au foot.
Mais... Fait que c'était athlétisme ou boxe. Puis moi, juste courir, là... Non, ça va être correct, là. J'ai rien contre l'athlétisme, mais ça va être correct. Fait que là, je me suis dit, je vais aller en boxe. Premièrement, j'adore me battre. Puis deuxièmement, on dit que c'est dur, je vais aller voir comment que c'est dur.
Fait que là, je suis allé voir, puis j'ai développé une passion.
Surtout, les premières années, je jouais au soccer et je faisais de la boxe en même temps.
Au soccer, on n'arrêtait pas de perdre malgré que je suis un bon joueur. Puis en boxe, j'avais eu quatre combats, quatre victoires.
Ça joue dans le balance, surtout quand tu es jeune, tu comprends, la confiance et tout.
Je me disputais avec tout le monde au soccer parce qu'ils ne se donnaient pas assez. Puis en box, je me fiais sur moi et mon entraînement.
J'ai commencé à regarder des vidéos sur YouTube, All Access, des trucs de boxe.
C'est des groupes promotionnels, Showtime pis tout, Floyd Mayweather.
Comment qu'il y a autre chose à la boxe, c'est pas juste se bagarrer, c'est vraiment un jeu d'échecs avec un petit peu de violence. Mais... c'est ça que j'ai adoré.
À partir de là, passionné.
Fou, là.
[00:41:06] Speaker B: Ça apparaît, man.
Ça apparaît. Quand tu parles de jeu, d'échec, de tout ça, c'est que c'est pas juste se battre là-bas, right? Il y a une logique. C'est sûr qu'il y a des stratégies qui ont été développées derrière ça.
On peut-tu entrer là-dedans? Quand tu te prépares pour des combats, d'en faire le même.
Tu sais, quand tu parles de jeu d'échecs, j'ai envie vraiment d'aller dans l'aspect qu'on voit pas. Tu sais, nous autres, on voit juste des points, des gars qui se frappent, des jabs, des hooks, tu sais. Mais c'est quoi que vous vous préparez exactement quand t'arrives dans un combat de même?
[00:41:44] Speaker A: C'est difficile de l'extérieur de voir tout ça, vraiment, vraiment. Même si tu suis la boxe, admettons. Il y a certaines personnes qui me parlent «Ah, ça fait des années que je suis la boxe» ou peu importe.
mais le détail en tant que tel, on parle de milliers et de milliers de répétitions pour des détails qui sont gros comme ça, des petits ajustements.
Mais justement, certaines personnes ont tous le même réflexe. Le premier réflexe humain, c'est de grandir le menton quand tu veux te faire frapper. Souvent les gens, ils grandissent le menton, c'est le premier réflexe. Mais comment tu fais en sorte... Parce que si tu fais ça en boxe, tu te fais clipper sur le menton, c'est fini. Faut que tu ailles le menton rentrer, faut tout ça. Mais tout ça, c'est des réflexes de base que tu dois casser, que tu casses à chaque entraînement, puis des répétitions, répétitions, répétitions, répétitions, puis... Justement, quand je suis dans un camp d'entraînement, au début, c'était... les fondamentaux qu'on parle, le jab, le direct, le crochet, peu importe, sans extra. Maintenant, pourquoi tu envoies le jab?
Quelle réaction ça produit à l'adversaire?
Est-ce que tu l'envoies toujours à la même vitesse? Est-ce que tu peux feinter ton jab, faire mordre l'adversaire pour ensuite enchaîner une combinaison? C'est pour ça que je dirais un jeu d'échecs, c'est je peux avoir trois moves d'avance sur toi, malgré qu'on est face à face. Après un direct, je sais qu'il y a un crochet qui s'en vient, mais tout ça, c'est à force de le faire, à force de faire du sparring, des combats amateurs entraînés. Mais il y a des détails. Chaque jour, j'apprends en boxe. Chaque jour j'écoute de la boxe.
Un combat que j'ai écouté, 5 ans, je le réécoute maintenant, je vois un monde de différence. Pourtant, je croyais connaître la boxe à côté à ce moment-là. Puis, je suis sûr que dans 5 ans, ça va faire la même chose. Peut-être pas à la même vitesse, mais il y a des petits détails.
[00:43:51] Speaker B: J'ai l'impression qu'en boxe, vous travaillez beaucoup sur vos muscles memory, la façon comment tu te déplaces, tout ça. Tu parlais de réaction, tout ça. Ça, c'est tout du muscle memory, mais c'est vrai que...
Quand tu arrives pour te battre, il y a les réflexes naturels qui doivent être tellement durs à briser.
[00:44:11] Speaker A: Comment ne pas avoir peur d'un coup de poing?
[00:44:14] Speaker B: C'est ça.
[00:44:17] Speaker A: Il ne faut pas que tu aies peur d'un coup de poing parce que si tu as peur du coup de poing, c'est là qu'il devient dangereux. Les coups de poing que tu ne vois pas venir aussi.
Une fois que tu analyses ce qu'il y a autour de toi, comment la personne se comporte, la vitesse, la puissance, il y a des gens qui sont bénis, bénis des dieux. Ils ont une puissance incroyable, on dirait qu'ils ont des roches dans les mains. Il y en a d'autres que c'est des Hitler, une vitesse incroyable.
Des gens, athlétiquement parlant, incroyables aussi. Mais qu'est-ce qui fait la différence?
Je prends l'exemple de Mayweather.
Il a les jambes grosses comme ça.
Est-ce que ça fait de lui que c'est un mauvais boxeur? Non, vraiment pas.
Lui, il a compris quelque chose. Il a une longueur d'avance, il a un IQ en boxe qui est très, très élevé.
Oui, les gars, ils ont de la puissance, ils ont de la vitesse. À un certain niveau, tout le monde, dans n'importe quel sport, à un certain niveau, tout le monde est bon.
Mais qu'est-ce qui fait la différence? C'est pas tout le temps le meilleur athlète qui... En boxe, en vrai, c'est rarement le meilleur athléte qui sort du lot. Je sais pas si tu connais Tyson Fury, mais lui, il a une bédaine. Mais il était champion des polos pendant des années. Puis il a fait paraître des athlètes comme... Ils se sont jamais battus, Anthony Joshua puis lui, mais Anthony Joshua, c'est un athlète né. Il est plus musclé que des bodybuilders, mais... Ça veut pas dire que c'est un excellent boxeur.
Lui, il fait partie des exceptions. Il a été champion du monde, mais c'est juste pour dire qu'un athlète veut pas dire qu'il est bon en boxe.
[00:45:57] Speaker B: C'est fou, ça.
[00:46:00] Speaker A: Sinon, tous les gars de foot qui sont incroyables, tous les gars de basket qui ont une coordination incroyable, frais de la boxe, mais c'est pas le cas.
Puis, tu dois relier juste sur toi-même aussi.
Il n'y a aucune journée où tu peux dire «je ne me sens pas bien aujourd'hui, je vais en faire un petit peu moins». Non.
Ta fiche chez les professionnels est super importante.
Il faut que tu sois intelligent dans la façon de bâtir ta carrière, savoir qui tu dois affronter, qui tu peux affronter, puis comment la bâtir dans le sens, cette challenge-là va m'apporter à quelque chose pour plus tard.
Fait que la boxe professionnelle, c'est un peu plus une business.
[00:46:42] Speaker B: Oui, c'est ça. C'est un monde que j'ai envie de remarquer. Je ne m'attendais vraiment pas à ça.
L'aspect jeu, pas jeu, mais l'aspect, quand je parle de jeu, je parle de l'aspect de penser à tes moves, mettons. Je ne m'attendais pas à ça pantoute.
[00:47:03] Speaker A: Je t'inviterais à faire un entraînement.
[00:47:05] Speaker B: Je serais down, man. La question, c'est est-ce que je serais capable de survivre à un entraînement?
Je serais vraiment... J'ai jamais, jamais fait de la boxe pour jamais.
[00:47:14] Speaker A: Je t'amènerais. Il y a un moment que tu veux arrêter.
Tout le monde a ce moment-là, vraiment.
J'entraîne un athlète, OK?
Juste un.
Puis, à un moment donné, il m'a dit «OK, c'est assez.» Dans un sparring, un sparring, c'est… deux gens dans un ring qui font une simulation de combat. Mais là, en sparring, ça peut être encore plus dangereux qu'en combat.
Parce qu'on se laisse plus aller.
Il y a plus de rounds.
Puis la différence de poids peut être là. Fait que tu peux faire du sparring contre... tout dépendamment. Les coachs ne sont pas nécessairement cons non plus. Mais moi, à 16 ans, je faisais du sparring contre des adultes. Fait que... Il y a des moments que ça pouvait être très dangereux.
Lui, justement, il était en sparring, puis on était au troisième round, puis il me dit, il a plus de jupe en tout. Il me dit, non, j'arrête.
Je l'ai regardé, j'ai dit, si tu y retournes pas, je t'entraîne plus jamais.
Là, on est juste à l'entraînement, t'es en train de me dire que tu veux arrêter. Puis, je suis pas naïf non plus, je voyais qu'il était pas en danger. Il était juste fatigué.
Il était épuisé. Moi, si t'es juste épuisé, tu y retournes.
Finalement, il est retourné et il a été fier de lui. Mais il y a eu un breakdown qui s'est dit «Non, j'arrête.
Tu ne peux pas faire ça en boxe. Ça ne doit pas arriver.» Puis à l'entraînement, Justement, c'est à ces moments-là que ça doit arriver, puis que tu passes par-dessus, parce que rendu en combat...
[00:48:48] Speaker B: C'est crazy, man.
[00:48:49] Speaker A: Rendu en combat, c'est ta vie qui en est en jeu, la vérité.
[00:48:52] Speaker B: Ouais, c'est ça, exact. Honnêtement, je serais vraiment dans de l'essayer, pour vrai. Se lancer un bon challenge, puis de l'essayer, ça, pour vrai, je suis...
[00:49:02] Speaker A: Puis t'embarques pas dans le ring au premier entraînement.
Mais en tout cas, on en reparlera.
[00:49:08] Speaker B: Honnêtement, je serais chaud de faire ça, de l'essayer.
Je pense que c'est surtout dans l'aspect de juste le vivre. Parce que ce n'est pas tout le monde qui a la chance de vivre ça. C'est quoi un vrai training de boxe et tout ça.
Puis aussi de se lancer dans un challenge. Ça me sortirait aussi de ma fameuse routine de bodybuilder, j'ai envie de dire.
[00:49:30] Speaker A: Mon coach, il appelle ça de musculation. Mon préparateur physique, excuse-moi, il me dit, ça, c'est de la muscu de barbare. Ah ouais? Nous, on ne fait pas ça en boxe. Pas de muscu pour devenir plus gros.
Toute la muscu est dirigée vers certains points. On ne fait pas du bench pour faire du bench.
Du bench en excentrique, du bench en iso, mais il y a beaucoup de mouvements explosifs. Il y a des...
C'est vraiment comme le foot, vous êtes encore plus développé là-dedans.
Moi, je peux le dire, vous êtes vraiment développé dans tout ce qui est la musculation, puis pouvoir amener un athlète à un niveau supérieur.
Mais on essaie de faire un petit peu la même chose avec la boxe, avec peut-être moins précis un petit peu, parce qu'avant tout, nous, il faut que dans le ring, tu sois bon.
Si t'es juste bon au gym, ça marche pas.
Le foot, tu peux développer des athlètes incroyables, mais eux qui font la différence, ils ont tout un IQ.
Tous les joueurs de foot dans l'NFL, ils ont un IQ incroyable.
C'est un peu la même chose en boxe.
[00:50:44] Speaker B: J'ai l'impression que quand je t'écoute, il y a beaucoup l'aspect de sport individuel. de tout dépendre de toi, d'être accountable, j'ai envie de dire.
Souvent, c'est des choses que dans un sport d'équipe, ça ressort aussi un peu. Mais là, j'ai l'impression que vu que tout dépend de toi, c'est une coche encore au-dessus. Je veux aller dans ta mentalité un peu.
Ici, je te cite, tu dis, on a faim, on est passionné.
C'est quoi ta mentalité derrière ça? Qu'est-ce que tu veux dire par là?
[00:51:17] Speaker A: La fin... La fin, je décrirais que ça, je l'ai depuis le début.
Avant la boxe, avant tout.
Même j'ai écouté ton interview à toi, ton podcast à toi, puis je me dis, c'est vraiment ça, c'est... Toi, c'est quand t'as parti ton podcast.
Je suis sûr que même avant ça, t'avais... Tu croyais qu'il fallait que tu te sors du lot.
Mais littéralement, depuis que...
je peux réfléchir, je pense qu'il faut que je sorte du lot.
Puis des fois, ça fait en sorte que je suis vraiment selfish, vraiment.
Indépendant, selfish.
Mais c'est de là que ça part la fin. Quand je vivais tous mes moments très très difficiles, pis que j'étais tout seul devant ma fenêtre pis que je parlais à lui en haut, à l'univers, peu importe.
C'est de là que ça commence, la fin.
Il faut que je réussisse. C'est pas «je dois », il faut.
Puis je crois vraiment que ce n'est pas sur moi, c'est en moi. Puis cette fin-là n'appart jamais.
Pour l'instant, à part pas. Parce que j'ai encore beaucoup, beaucoup de choses à accomplir. Puis ça revient à c'est qu'un début, dans le fond.
La fin, elle reste là, la foi, tout ça, c'est des mots très, très... beaucoup d'impact que certaines personnes disent.
Mais... faut pas juste le dire, faut le faire, là. Puis...
j'amènerais du monde voir c'est quoi un cadre d'entraînement et ils comprendraient tout de suite. OK, c'est ça avoir faim. C'est ça la différence entre quelqu'un qui aime ça et quelqu'un qui le veut.
Je sais que peut-être des fois on dirait que ça se répète, mais c'est vraiment... Faut que le monde comprenne que ça doit être profond. Si c'est pas profond, c'est pas fait pour toi.
[00:53:29] Speaker B: C'est sûr que tu continues pas, c'est ça.
[00:53:31] Speaker A: C'est pas fait pour C'est toi.
[00:53:32] Speaker B: sûr que tu vas arrêter.
[00:53:33] Speaker A: Il y a eu des moments dans ma carrière, je me faisais frapper, admettons, en sparring ou peu importe, puis t'as un point où tu dois mettre le genou à terre ou pas.
Tout me faisait mal. Je recevais des coups de poing, ça faisait mal.
Je chaignais du nez.
Vraiment, le genou à terre, très facile à faire.
Je n'ai rien à gagner, je suis en sparring en plus.
Mais que j'ai décidé de rester là, je ne pense pas qu'il y a beaucoup de monde qui a passé par ce point-là.
t'es tellement défait que tu veux tout abandonner, tout ce que t'as déjà pratiqué, tous les sacrifices que t'as faits, tu continues ou t'arrêtes. Si j'avais arrêté à ce moment-là, je m'en aurais voulu toute ma vie.
J'ai continué, finalement, j'ai eu le dessus sur l'autre.
C'est tous des petits points que certaines personnes faut qu'ils réalisent. Vraiment.
C'est pas un jeu, là.
Puis, je disais, c'est pas un jeu pour la boxe. Je crois vraiment que c'est pas un jeu pour n'importe quel sport, élite, que tu veux vraiment faire ça. La NFL, NBA, peu importe. Les Olympiques.
C'est pas un jeu, là, vraiment pas.
[00:54:51] Speaker B: Je suis curieux.
Qu'est-ce que... Elabore un peu la... Je suis curieux de... C'est pas jeu parce que t'sais,
[00:54:57] Speaker A: On
[00:54:57] Speaker B: l'entend souvent de comme... T'sais, c'est important d'avoir du fun, pis les gens associent le fun au jeu.
C'est pour ça que je suis curieux, t'sais, moi quand tu parles de... Quand tu parles de jeu, quand tu parles de jouer un sport, de jouer au foot, peu importe, t'associes ça à l'aspect de s'amuser, t'sais quand tu le fais.
[00:55:20] Speaker A: Ouais, ouais.
[00:55:21] Speaker B: Mais c'est pas comme ça que tu le vois.
[00:55:23] Speaker A: Ben ça commence comme ça.
Je crois, pour ma part, c'était pas ça.
Mais je crois que beaucoup de personnes, c'est ça. L'amusement, le développement de la personne, se faire des amis, se sentir apprécié, peu importe. Moi, personnellement, c'était pas ça.
Je réussis à m'amuser, là. C'est pas ça que je suis en train de dire. Je m'amuse parce que je suis bon.
Puis je le dis humblement, en voulant dire, je m'amuse parce que qu'est-ce que j'ai fait, je l'ai pratiqué des millions de fois. Quand j'arrive au gym, je peux avoir un grand sourire, niaiser, trash talk durant le sparring, peu importe. Tu vas croire que je m'amuse.
C'est vraiment ça que je le ressens. Mais tant que je n'ai pas mis des heures et des heures et des heures à quelque chose, je m'amuse pas tant que ça c'est pas fait.
Quand je peux m'amuser, c'est quand je sens que je commence à être solide sur quelque chose.
Fait que oui, maintenant, je m'en vais au gym, j'ai du fun avec ce que je fais parce que je peux... C'est des petits détails m'envoyer de mes arrières, je peux l'envoyer de 15 façons différentes. Ça, pour moi, c'est le fun.
Mais le fait qu'à un moment donné, si tu penses que toute la vie, c'est juste ha, ha, ha, puis que c'est le fun, tu vas pogner un méchant mur. Genre au secondaire, je comprends.
Au cégep, je peux même comprendre. Mais là, tu arrives à l'université, et encore plus haut, il y en a qui pognent des méchants murs.
Est-ce que ça veut dire que tu vas arrêter? Ben non, c'est pas ça que je suis en train de dire, mais... Sois prêt, parce que... Le sport professionnel, c'est des sacrifices après sacrifices. Mais là, je dis des sports, ça peut être dans n'importe quoi dans la vie. Mais... Moi, c'est parce que je me spécialise dedans, mais... Ouais, il y en a même qui pourraient penser que... Je suis fou sur certains points.
Je suis vraiment content que tu penses ça.
Si tu ne pensais pas ça de moi, je pense que je ne ferais pas ma job comme du monde. Tu comprends?
[00:57:41] Speaker B: Oui, bien sûr, c'est bon ça.
Quand j'écoute ça, c'est comme à quel point tu es prêt à souffrir pour ce que tu veux vraiment.
Puis maintenant que tu m'as expliqué du mieux ton point de vue, je vois très bien où tu t'en vas dans le sens que j'ai parlé avec plusieurs athlètes professionnels. Puis tu sais, l'aspect de s'amuser a toujours été là. Puis je pense que l'aspect amuser était même plus grand que tout le monde parce qu'ils aimaient tellement ça qu'ils voulaient...
[00:58:11] Speaker A: Le fun qu'ils avaient.
[00:58:12] Speaker B: Exact. Ils aimaient tellement ça, mais par contre, l'extra qu'il faisait au lieu d'aller à un party, ben c'était là qu'il gagnait, pis que c'était là qu'il y avait plus de fun, mais que c'était... c'était ce qui allait les amener au prochain niveau, tu sais.
[00:58:25] Speaker A: J'ai jamais été à un party, tout mon secondaire.
[00:58:29] Speaker B: C'est fou ça, man.
C'est fou ça.
[00:58:32] Speaker A: Tout mon secondaire, pis je me traînais avec les gars de foot, les gars de basket, je sais pas... Ben t'étais
[00:58:37] Speaker B: loin d'être... tout seul, là, tu comprends.
[00:58:40] Speaker A: Mais par choix, la première fois que j'ai bu de ma vie, c'est au bal des finissants.
[00:58:47] Speaker B: C'est-tu vrai?
[00:58:48] Speaker A: Ouais.
[00:58:48] Speaker B: Ben, tu sais, je pense que c'est pas grave. Non, c'est pas grave. C'est pas commun.
[00:58:53] Speaker A: Mais aujourd'hui, t'en parles, les jeunes... Non, moi, je crois pas que t'es sérieux. Tu me parles de ça. Je te vois sur le party.
Là, je ne dis pas trois fois par année, quatre fois par année, mais à chaque fois que je te vois, tu sors ou peu importe, non.
Pour moi, tu n'es pas sérieux.
Direct.
Tu peux être une très bonne personne, je ne sais pas si je suis en train de te dire, mais ça, moi, tu ne vas pas réussir.
Même si tu réussis en ce moment, tu vas pogner un mur à l'année. Surtout si tes objectifs sont... C'est parce que moi, je reviens tout le temps à moi, que mes objectifs sont là, tu comprends?
des choses que je peux même pas atteindre. Fait que c'est ça, la première fois que j'ai bu, c'est bal des finissants.
Pis maintenant, tu vois, je bois pas, tu comprends? Je fais pas ça. Je suis capable à me profiter, c'est pas ça que je suis en train de dire, mais...
[00:59:50] Speaker B: Tu profites à ta façon?
[00:59:51] Speaker A: À ma façon.
[00:59:51] Speaker B: Exact.
[00:59:52] Speaker A: J'ai du fun à ma façon.
Moi, aller prendre une marche, je trouve ça le fun, tu comprends. Lire un livre, je trouve ça le fun.
Ça a l'air «basic» comme ça, mais si je ne l'étais pas «basic» comme ça, je ne pense pas que je serais où je suis en ce moment.
Il y en a plein qui sont plus athlétiques que moi.
J'en ai vu en boxe que c'est au moins peut-être meilleurs que moi qui ne sont pas où je suis.
Ça veut rien dire tout ça. C'est quoi que t'as fait, c'est quoi que tu fais, c'est quoi que tu prévois faire.
[01:00:27] Speaker B: Tu sais, quand je t'écoute, le hic, c'est... C'est, man, j'entends un gars qui est ultra passionné, mais aussi quelqu'un qui a le cœur à la bonne place, qui sait où c'est qu'il s'en va.
Mais aussi, quand je te regarde, c'est beaucoup de sacrifices, c'est beaucoup de part et manquer, comme tu dis.
Mais est-ce que tu aurais tendance à dire que la boxe t'a permis justement de se faire grandir? T'as-tu permis de créer ses habitudes pour devenir encore meilleur?
[01:00:55] Speaker A: Vraiment.
Puis j'ai eu des gens autour de la boxe qui sont devenus des gens super importants pour moi.
Pis la boxe m'a amené tellement plus que la boxe. Ça m'a amenée une discipline, ça m'a... Mon coach, il m'a appris à parler les six manges-les-rais, comment pas... Moi, la première fois que j'ai été en avion dans ma vie, c'est à cause de la boxe. La première fois que j... Les premières fois que j'étais au resto dans ma vie, à cause de la boxe. La première fois que je voyageais, c'est... Tout ça.
Fait que j'arrivais à un resto, je mangeais comme ça. Mon coach fait «Hey, wow, wow, wow! Qu'est-ce que tu fais?» La bouffe est incroyable, tu comprends? Je me dis «ralentis!» Je sais que ça paraît anodin pour certains, mais tout ça, c'est un processus.
Comment être patient, comment ne pas pogner les nerfs, comment contrôler ses émotions. Après ça, préparateur physique, préparateur mental, même l'hymnose, toutes des affaires qui m'ont apporté beaucoup le sport en tant que tel.
Puis une autre chose que j'aimerais dire, que je pensais pas aller là, mais sans le sport, je pense vraiment que je pourrais être quelqu'un de bien quand même. Parce que... Demain la boxe arrête, genre je deviens pas une merde selon moi.
Je veux apprendre, je veux inspirer, je veux faire quelque chose.
La boxe a été un moyen de sortir, mais c'est pas ça qui me définit. Il y en a que ça les définit, j'ai entendu plein d'interviews. Moi, je crois pas à ça.
C'est pas ça qui fait qui que je suis. Si la boxe ou ton sport fait qui que t'es, il y a un méchant problème.
On t'enlève la boxe le matin, n'importe quel sport, puis tu te lamentes, tu t'en sors ou peu importe, c'est pas quelque chose que je veux faire.
Je me blesse demain matin puis que je peux plus rien faire, là. Je vais-tu commencer à... à pleurer dans mon coin, puis te laisser aller les ambitions que j'avais?
C'est pas ça, mon but.
Mon but, c'est vraiment pas ça. Je veux être une bonne personne à la base. C'est pour ça que je te dis, à 35 ans, même quand je vais arrêter la boxe, il y a d'autres projets. La vie commence encore.
Tu sais, c'est maintenant, bien, ça va être maintenant à 35 ans. Ouais.
Fait que c'était juste une petite parenthèse.
[01:03:35] Speaker B: Très bonne parenthèse, man. Ça, c'est chouard, mais c'est quelque chose qui revient tellement souvent. Les gens s'associent beaucoup à leur sport.
[01:03:44] Speaker A: Un peu trop, même, des fois.
[01:03:46] Speaker B: Ouais, probablement. Mais t'es la première personne qui m'amène ça. T'es la première personne qui a cette vision-là, puis je trouve ça quand même cool.
C'est vraiment un clash de tout ce que...
ce que moi, mettons, j'ai vécu. Dans le sens que je m'associais tellement à mon sport que du jour au lendemain, quand c'est terminé, c'était...
[01:04:03] Speaker A: Tu prévoyais pas ça, là.
[01:04:04] Speaker B: Genre, moi, j'étais allé à l'école à cause... J'étais allé au cégep à cause de ce sport-là, t'sais. Pis genre, j'allais jouer au foot, j'allais pas jouer... J'allais pas au cégep, là. Je m'en foutais, pis tout. Pis là, après ça, du jour au lendemain, j'ai fait genre, OK, ben là, c'est fini, là.
[01:04:17] Speaker A: Qu'est-ce que je fais?
[01:04:18] Speaker B: C'est ça. C'est qu'est-ce que je fais. Fait que, t'sais, c'est quand même big, ce que tu viens de dire là, pour vrai.
J'ai envie qu'on parle un peu de ton parcours professionnel. C'est quoi l'histoire derrière que t'as finalement décidé... En fait, comment tu fais pour signer professionnel en boxe?
[01:04:36] Speaker A: Signer, il faut que t'aies des promoteurs qui veulent te voir sur les cartes.
Mais je t'en parlais, tu peux passer professionnel par toi-même ou peu importe.
mais si tu n'as pas un promoteur qui te soutient, ta carrière peut être bâtie d'une façon assez bizarre, puis on peut te mettre dans force à Lyon assez rapidement.
Qu'est-ce que je veux dire par là, c'est que la boxe professionnelle, c'est un autre sport de la boxe amateur. C'est deux choses différentes.
On a des bandages À la boxe amateur, c'est des 180, en tout cas.
C'est des petits bandages qui font en sorte que t'es protégé, mais... Rien pour faire mal à l'adversaire, mettons.
Chez les professionnels, on a des gaz, que ça s'appelle, puis... T'as ça, puis t'as une roulette de tape par main, OK?
Fait qu'une roulette de tape par main, ça fait deux plates dans tes mains.
[01:05:40] Speaker B: Ouf!
[01:05:41] Speaker A: Les gants sont faits différemment aussi.
Premièrement, on descend d'11. Moi, chez les amateurs, je me bats avec des 12-11, tout padé dans le devant.
Là, je me bats avec des 10-11.
répartis partout pour qu'il y en ait le moins possible dans le devant, OK?
Fait que là, t'arrives avec ça, ça c'est la première chose qui fait un gros clash à la boxe professionnelle.
Après ça, t'as pas de casque, après ça t'as pas de chandail, c'est un gros spectacle. Le gros stress aussi qui vient avec ça, télévisé, peu importe.
Puis... Mais pour revenir, qu'est-ce qui fait... Ça c'était juste pour montrer la différence. Quand j'étais chez les amateurs, Je ne m'attendais pas nécessairement à ça, mais...
Quand je suis allé voir mon premier promoteur, qui est Yvon Michel, il m'a dit, regarde, va à l'international, va prouver qu'est-ce que tu as à faire, puis après reviens me voir.
C'est là que j'ai commencé à faire les démarches. J'ai demandé beaucoup de commanditaires. Les commanditaires m'ont aidé. Quand je dis qu'il y a eu des gens qui m'ont aidés dans ma carrière, ceux-là en font vraiment partie. Financièrement, c'était très difficile. Depuis le début, j'ai eu des commanditaires qui étaient très très présent pour moi.
Puis là j'ai pu aller à l'international voir, est-ce que, je le dis là que je veux être professionnel, mais est-ce que je suis vraiment capable?
de prouver qu'est-ce que je mets de l'avant.
[01:07:09] Speaker B: Donc tu allais à l'international juste pour te prouver à toi-même que tu avais le niveau.
[01:07:14] Speaker A: Ouais.
Parce que sinon, imagine je m'en vais à l'international, je supporte pas, mettons, la pression, le style de l'adversaire ou peu importe.
Donc là, j'arrive à l'international, pas de casque.
mes premières compétitions, Pologne, pas de casse. Là, t'arrives là-bas, OK, ça va être quoi la différence? Gros stress, comme si c'est mon premier combat, là.
Puis finalement, tu passes cette étape-là. Après ça, je suis allé en France. Ça, c'est une autre étape qui était super importante dans ma carrière.
Pas de casse non plus. Là, je suis dans le... à Paris, Argenteuil, puis j'affronte des personnes que j'ai aucune idée c'est qui, puis ça s'appelle le tournoi Les Ceintures.
Puis je m'en vais là-bas, même pas avec mon vrai coach, même pas avec aucune team, pas Team du Québec. Team du Québec n'allait pas à ce tournoi-là à ce moment-là. Moi, je n'allais pas attendre après Team du Québec.
[01:08:14] Speaker B: Shout out.
[01:08:15] Speaker A: J'y vais.
[01:08:16] Speaker B: Good job, man.
[01:08:17] Speaker A: Sérieux, j'y vais. That's it. On va voir ce que ça donne.
Puis j'y étais avec un entraîneur avec beaucoup moins d'expérience, mais mon coach me dit, tu y vas pas là tout seul. Fait que là, j'ai dit, OK. Ben, d'abord, il s'appelle Pépé, j'ai dit, viens avec moi, je te paye ton billet d'avion, puis là-bas. Tout, tout, tout.
Je paye. On s'en va là-bas, puis j'affronte un Français en début.
Je le bats. C'était un Français qui n'avait aucune défaite.
Beaucoup moins d'expérience que moi, mais aucune défaite, il y avait 17 combats.
Je l'ai battu là-bas.
Ensuite de tout ça, dans le classement, comment le tournoi était fait, j'affrontais le champion de France en demi-finale.
[01:09:03] Speaker B: C'est fou, ça.
[01:09:04] Speaker A: Puis, je vais voir son Instagram.
Je crois que dans ce temps-là, il avait comme 16 000 abonnés ou peu importe. Des vidéos, il nogue du monde.
Lui, ça fait des combats et des tournois qu'il fait sans casque. Il est habitué. Moi, c'est ma deuxième fois, là. Tu comprends?
Là, il nogue du monde sur les bords d'oreilles et tout. Là, je me dis, OK.
Là, on se prépare pour le combat, puis... On se prépare, puis on s'en va vers le RIM, puis là, tout le monde me dit «T'affrontes qui? Ton combat hier était vraiment bon.» Puis là, c'est une estrade. Il y a quand même beaucoup de gens, là. C'est un gros, gros tournoi réputé.
Puis ils me disent «T'affrontes qui? Nanana, ton combat d'hier était vraiment bon.» Ils me parlent parce qu'ils voient que je suis un jeune Québécois, un petit Québécois. Ils s'en viennent ici, puis tout. Je dis «Ah, j'affronte lui.» Ils font «Oh!» Toute des Français, là, ils disent «Oh... Bonne chance.» Ils me disent ça, là, puis tout. Là, je fais «Ok, ok.» On sort du vestiaire, les deux, puis on est un à côté de l'autre, comme, tu sais, un stade de soccer, les deux équipes sont comme à côté. Je suis à côté de lui, sa tée met derrière, ma tée met derrière, puis on sautait pour aller justement à un ring. Il y avait...
deux ou trois rings là-bas.
Puis on se saute, tu sais, un à côté de l'autre, puis j'entends sa trash talk, là, vraiment.
[01:10:31] Speaker B: Ah ouais?
[01:10:32] Speaker A: Ouais.
«Ah, tu vas le péter. Non, non, non, non. Il sait pas à quoi qu'il a à faire. Ça va pas durer longtemps.» «No way.» Fait que là, on s'en va, on marche jusqu'au ring.
Moi, ça fait «whouh », «locked in» comme jamais.
Finalement, je bats ce gars-là, unanimement, cinq juges à zéro.
Le gars de l'équipe de France m'a texté.
À partir de là, ça fait boum.
Explosion. Pas au Québec. Ça, ça a été bizarre.
Là-bas, ça a explosé. Oh!
Le Québécois vient de battre l'ancien champion de France. Ça fait que là, c'était une grosse, grosse affaire.
Juste pour venir un petit peu dans ce combat-là, il m'avait touché avec un crochet de gauche qui m'a fait siler l'oreille pendant deux semaines après.
Vraiment, c'était pas quelqu'un à niaiser avec, mais j'étais tellement focus de... Moi j'allais là-bas pour me prouver quelque chose, finalement j'en sors de là avec la victoire.
En finale, j'affrontais un champion national de l'Algérie.
Là on n'a pas parlé des pesées encore, mais chez les amateurs, il y a une pesée 3-4 heures avant chaque combat.
Fait que le matin, puis en après-midi, on se bat. Fait qu'à chaque fois, faut que tu te pèses.
Au judo, mettons, c'est une fois au début de la compétition, puis après, tu te repèses plus. Mais la boxe, c'est à chaque combat.
[01:12:10] Speaker B: Ah oui, hein?
[01:12:11] Speaker A: Fait que là, moi, je pouvais reprendre 10, 12 livres après me peser. Là, je me battais, j'allais me repe... Là, là, tu t'en vas pas te chiller. Ah, j'ai gagné, puis tout, là. Je m'en vais me peser. Je suis encore 10, 12 livres de trop, puis je me repeise le lendemain matin.
Fait que là, quand ça fait un combat que tu fais ça, OK.
Deux combats que tu fais ça OK. Là, j'arrive en finale, troisième combat que je fais ça.
Là, je mets de l'albolène, que ça s'appelle. C'est pour faire suer un petit peu plus rapidement.
Sauna suit. Là, on n'avait pas de sauna, rien de ça. Des chambres d'hôtels miteux.
Il y a des histoires. On ferme... Je mets le séchoir dans la salle de bain.
J'pors l'eau chaude, dans la douche, j'mets une serviette dans le bas de la porte pour pas qu'il y ait de l'air qui rentre, j'mets le saut-ne-saut pis tout, pis j'fais du shadow dans la salle de bain pendant des heures. Jusqu'à temps qu'j'sois plus calme. Après ça, j'viens de peser, j'me sèche, j'me pèse, il manque .4. J'm'en va en dessous des serviettes comme une momie.
J'attends, j'attends.
Là, d'un fois j'étais plus calme, fait que là j'attendais le lendemain matin. Le lendemain matin, on se pêche, j'suis censé me battre là.
J'ai pas mangé depuis Le combat! Oh my god! Fait que là, le lendemain, j'ai pas mangé pas rien!
[01:13:34] Speaker B: T'as pas eu de jus partout?
[01:13:36] Speaker A: J'ai aucun jus.
Même ce tournoi-là, j'ai fait un voyage astral tellement que j'étais fatigué.
J'dormais...
J'étais tellement fatigué, là. C'est vrai.
Puis le lendemain matin, je dis à mon coach, je vais faire la file, je vais être le premier à me peser à 8 heures. Je ne veux pas attendre derrière tout le monde.
Il s'en va à la file. Pendant qu'il fait la file, moi je suis dans la salle de bain, le matin encore.
Je me pèse. OK, j'étais à 0.2. Je prends un verre, je crache dans le verre, je crache dans le verre.
[01:14:09] Speaker B: No way!
[01:14:11] Speaker A: Sérieux, ce n'est pas des jokes.
Là, j'ai un combat à faire contre le champion national de l'Algérie.
télévisé et tout, là. Alors je fais ce combat-là.
Mauvaise performance, mais quand même j'ai bien fait. Mais mauvaise performance, j'ai perdu ce combat-là malheureusement. Mais ce gars-là, on aurait dit qu'il avait des rushs dans les mains, là. À la fin de la compétition, j'avais plein de puck sur la tête, là. Plein, plein, plein. Chaque fois qu'il me frappait, on dirait un marteau. Bing, bing, bing. Là, je... OK.
Je sais que je peux compétitionner avec eux, mais c'est ça le niveau.
Donc là, après ça, Porto Rico, une semaine après. Moi, je remonte à 180 livres, 177 livres, dans ces eaux-là. Je suis à une semaine de refaire la pesée à 156.
Là, j'arrive à Porto Rico, je suis dans l'avion, je suis à 177 livres, tu comprends.
Je reviens, je dois faire la pesée. Je fais ma première pesée, même à faire suer, mais là-bas, il fait très, très chaud. Un petit peu plus facile.
J'ai fait ma première pesée, le gars il se présente pas. J'ai fait ma pesée pour rien.
Là, ok.
Fait que là, ça fait une semaine que je suis ici, je dépense de l'argent pour finalement pas me battre au premier combat, mais là je sais que je vais aller en finale.
Finalement, je fais du sparring là-bas.
Je voulais vraiment sortir de ma zone de confort.
Après ça, mon dernier combat chez les amateurs, justement à Porto Rico. Une belle victoire contre un grand gaucher.
Puis là, je suis revenu voir le promoteur. J'ai dit, regarde, c'est ça que j'ai fait.
Est-ce que tu es intéressé?
Bam, ça les a intéressés.
Contrairement à ce que le monde peut penser, je n'ai pas eu mon contrat tout de suite.
C'était du pot parler.
Fait que j'ai fait deux combats sans contrat.
[01:16:05] Speaker B: Ah ouais?
[01:16:05] Speaker A: Ouais, tout le monde pensait que j'étais signé.
[01:16:07] Speaker B: Mais ils sont classés comme professionnels?
[01:16:09] Speaker A: Ils sont classés professionnels. Mais c'était des tests. Mes premiers tests, mon premier combat chez Professionnel contre un Ukrainien qui avait 160 combats amateurs.
Fait que là, quand je dis que t'es mis dans la fosse à Lyon, c'est vraiment ça. Oui, ils croient en toi, parce qu'ils te mettent sur ces cartes, mais t'es-tu capable de me battre ce gars-là? Bam, ils m'envoient ce gars-là.
Deuxième gars, 3-0 chez les professionnels.
Il était sur l'équipe nationale mexicaine.
Je l'ai bossé. À partir de là, ils n'ont pas eu le choix. Ils ont fait, OK, on va te donner un contrat. À partir de là, je me sentais vraiment plus impliqué, beaucoup plus pris en considération.
Parce qu'avant, j'étais une marionnette, grosse, grosse marionnette.
Le monde pense que c'est... Non, la boxe professionnelle, c'est une business. Dans tes débuts amateurs, tu n'es pas grand-chose, à moins que tu ailles sortir des Olympiques ou peu importe. Mais non, ce n'était pas mon cas. J'avais été faire les qualifications olympiques. Ça avait super bien été, mais je n'avais pas réussi à sortir du lot à ce moment-là.
Mais là, chez les professionnels, j'ai un style beaucoup plus professionnel, qui s'adapte aux pros.
Je crois vraiment que le fait que je peux me préparer pendant certains mois, précisément une date, je crois vraiment qu'à chaque fois que je vais rentrer dans le ring, je vais être victorieux.
Parce que je fais des sacrifices que l'autre devant moi ne va pas faire.
ou qu'il n'a pas fait ultérieurement dans sa carrière.
Ça aussi, ça fait une grosse différence.
[01:17:47] Speaker B: C'est quoi qui te passe par la tête avant un match? Qu'est-ce que tu te dis? Qu'est ce que... quand tu te prépares comme ça?
[01:17:54] Speaker A: C'est...
[01:17:55] Speaker B: Je parle vraiment d'avant match.
[01:17:57] Speaker A: Avant, avant.
[01:17:58] Speaker B: Ouais.
[01:18:00] Speaker A: En vrai, je suis prêt.
Pour vrai. Chez les pros, à date, ça a été ça. Je suis prêt.
Mon premier combat, oui, plus stressé. Mais maintenant, je mets ma musique.
Je m'en fous qu'il y ait du monde qui a un lenteau. Je mets ma musique.
Locked in. Je suis prêt.
Je ne peux plus rien faire. Tu comprends?
S'attarder à certains points qu'on ne peut pas changer, ça fait que ta performance va baisser. Le stress, s'il est mal géré, ta performance va baisser.
Tout ça, c'est du travail des années, des années de préparation mentale et tout.
Je n'étais même pas pour ça au début, mais maintenant, je vois la différence.
Quand on parle de sacrifice, c'est ça. Moi, la mentalité, je n'ai pas besoin de préparation mentale.
Moi, je suis là pour me battre à la dure, mettons.
Ça m'a tellement ennuyé, cette partie-là. Arrête, là.
T'es comme tous les autres, là, dans le fond. Mais si tu mets les outils dans ton coffre, là, par contre, il va y avoir une différence au bout de la ligne. Puis c'est ça qui est arrivé.
C'est pour ça que, maintenant, je performe autant.
Puis que j'ai pas peur du...
Lights on, mon surnom, j'ai pas peur de la lumière, vraiment pas. Mettez-en de la lumière, le plus possible. Pendant que je suis là, j'ai une vie à vivre. Mettez en de la lumière.
Pas parce que... Je suis une superstar, vraiment pas. Je veux raconter ce que j'ai à raconter. Je veux montrer tous les efforts que j'ai mis.
Puis si ça peut en inspirer, tant mieux.
[01:19:38] Speaker B: Good job, man. C'est vraiment, vraiment inspirant pour vrai. Moi, tu me donnes ça en honnêteté. C'est bon, man.
Par curiosité, là, t'es considéré comme professionnel. Est-ce que t'es... T'sais, je parle... Je doute pas de tes capacités à knocker n'importe qui, dans le sens que je pense pas qu'il y ait un citoyen qui pourrait se battre contre toi, je pense pas. Est-ce que t'es considéré comme une arme?
[01:20:04] Speaker A: C'est quelque chose que...
Oui, on m'a toujours dit, depuis que j'ai commencé la boxe.
Est-ce que c'est des faits? Je crois aussi que c'est des faits parce que mon coach, il m'a toujours raconté cette histoire-là, c'est qu'il y a un ancien boxeur qui se faisait suivre dans les fesses par quelqu'un d'autre. Il s'est mis sur le côté.
L'autre, il a décidé de se mettre sur le côté aussi.
Il est sorti du véhicule beaucoup plus imposant que le boxeur.
Le boxeur, il a mis son front en premier parce que avec le temps, les boxeurs, on sait que le front est très, très dur.
Peu importe, il a mis son front. L'autre, il a frappé. Il s'est cassé la main.
Puis, vu qu'il a frappé en premier, il s'est dit, «Ah bien, dent pour dent, je peux refrapper une fois.» Tu sais, self-defense. Ça fait que c'est ça qu'il a fait. Finalement, c'est lui qui a eu 15 000 d'amende.
[01:21:01] Speaker B: Oh shit.
[01:21:03] Speaker A: parce que l'autre, il a dit «je me suis fait agresser par un boxeur». Premièrement, il était retraité.
Tu comprends? Fait qu'imagine, moi en ce moment, je vais pas te mentir, j'évite beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ça c'est bon qu'on parle de ça. J'évite beaucoup beaucoup de sorties.
C'est pas pour rien que je sors pas beaucoup. C'est pas pour rien que je vais pas dans des shows, des festivals, tout ça.
J'ai une crainte par rapport à ça.
Parce que je ne veux pas me faire manquer de respect.
Respect, c'est super important pour moi.
Si tu me manques de respect, la seule façon que je sais faire, c'est en me battant.
Maintenant, je suis un peu plus mature, je peux m'enlever de la situation. Je peux même courir. Ce n'est pas parce que j'ai peur de l'autre. Je peux courir.
[01:21:51] Speaker B: C'est parce que tu sais ce que tu peux faire à l'autre.
[01:21:53] Speaker A: Ça a l'air bizarre, disons, mais tout le monde va dire «il voit noir». Non, non.
J'ai déjà dû utiliser ça, puis je sais qu'est-ce que ça fait. Fait que... Je m'évite beaucoup de situations.
Beaucoup. Surtout connaissant mon tempérament, puis tout.
On en a pas parlé.
Je voulais peut-être pas aller là, mais j'ai un frère plus jeune, comme je t'ai dit.
Puis lui, c'est quelqu'un, justement, en prison, des trucs comme ça.
À cause de la violence.
En voulant dire, je suis loin de ça, mais je connais ça. Je comprends.
Fait que tout ce qui est par rapport au respect, beaucoup de travail à faire sur moi-même. Rester calme. M'enlever de cette situation-là.
Comprendre que tout ce que tu fais a des impacts.
Fait que... Mais en voulant dire, je pourrais vraiment aller dans ce sens-là.
Mais c'est pas ça que je fais. Puis je suis vraiment fier de ce que je fais en ce moment.
[01:23:06] Speaker B: Tu dirais quoi à un jeune aujourd'hui, si on te redonne le Loïc de 11 ans qui commence dans la boxe?
[01:23:13] Speaker A: J'ai vu ça tantôt.
[01:23:14] Speaker B: Qu'est-ce que tu lui dirais avec... Tu sais, que ce jeune-là a des ambitions, a des rêves. C'est quoi le message que tu as envie de passer?
[01:23:26] Speaker A: Moi, quand je me pose cette question-là, c'est comme si je parlais à mes propres enfants, OK?
Je me dis, si tu veux faire quelque chose dans la vie, fais-le à 100%. Là, on parle... Je parle... Tu vas à l'école, même si c'est pas ça que tu veux faire dans la vie, tu le fais à 100%. Au travail, tu travailles au McDo.
C'est pas ça que tu vas faire. Tu sais que c'est pas ça que tu vas faire. Tu le fais à 100% C'est comme ça.
Tu peux pas être à donner ton 10% à quelque part, ton 15% là. Ça va faire qu'à un moment donné, quand ça va être sérieux et que tu vas devoir mettre les efforts pour, tu donneras pas ton 100%. Là, il y en a qui vont me dire «Ouais, mais non, c'est pas vrai. Tu vas aimer ça au pire.» Il y a des moments que je suis passionné par la boule, j'adore la boxe, puis ça me tente vraiment pas. Mais vu que j'étais habitué de me donner à 100%, Dans tout ce que je faisais, je le fais, même si ça ne me tente pas.
Tout ce que je me dis, il faut que je le fasse.
Si un matin je me dis «ok, je vais aller m'entraîner à cette heure-là et je ne le fais pas », je suis en train de me mentir à moi-même.
Non, ça ne marche pas.
C'est quand même assez simple, peu importe quel jeune qui va nous écouter aujourd'hui.
À l'école, comme au foot, comme à la boxe, comme peu importe le sport que tu fais, tu te donnes à 100%. Le manque de respect aussi, c'est inacceptable.
Soyez une éponge.
Pensez jamais que vous savez tout.
Les gens qui sont des éponges, c'est eux qui apprennent. C'est eux qui évoluent dans la vie.
Tout ça, profiter des petits moments de la vie, même si ce n'est pas par rapport au sport, parce que là, on est beaucoup centré sur ça, mais il y a plein de choses importantes dans la vie, pas juste le sport.
qu'est-ce que t'entreprends, aime faire ça, fais-le à 100%.
[01:25:38] Speaker B: Y'a un de mes mentors qui disait «go hug a tree». Dans le sens que t'sais, y'a autre chose dans la vie aussi t'sais. Pis juste de te recentrer des fois avec la nature.
[01:25:50] Speaker A: Ça c'est deep là.
[01:25:51] Speaker B: C'est deep là, c'est vraiment deep.
[01:25:53] Speaker A: Tu dis ça à certaines personnes, bon... Non, je te comprends à 1000%. 1000%.
[01:25:59] Speaker B: T'sais, le meilleur exemple que je peux te donner c'est que Tantôt, quand t'es arrivé, on a jasé de... Tu parlais un peu de la mentalité que j'avais, puis que ça t'avait beaucoup accroché et tout.
Des fois, mettons, j'étais à l'extérieur avec des chums ou peu importe, puis je me mets à regarder les étoiles, disons.
Puis comme c'est beau, les étoiles. Puis j'ai appris à connaître les constellations. Fait que j'aime ça les reconnaître et tout. Mais ça, c'est une beauté de la vie. Ça, c'est... C'est le fun, tu sais. Puis là, on peut vraiment l'aider.
Puis, tu sais, là-dedans, mais tout ça pour dire que, tu sais, L'autre fois, il était comme, pourquoi, pourquoi, qu'est-ce que tu fais en regardant le ciel? J'étais comme ben, look bro. C'est comme...
[01:26:40] Speaker A: C'est juste devant toi.
[01:26:41] Speaker B: C'est juste là, c'est beau, c'est prendre un moment au moins pour, je sais pas man, de juste revivre ce moment présent là.
Parce que tantôt, ou demain, n'a pas d'importance parce que quand tu vas être demain, tu vas être aujourd'hui. Fait que, en tout cas, c'était tout cet aspect là, mais merci Loïc d'avoir partagé ça.
Merci à toi d'avoir joué le jeu, d'être venu sur le podcast.
T'as aimé ça?
Je suis content.
[01:27:08] Speaker A: Justement la connexion que tu disais, on a discuté, mais tantôt derrière les caméras, En tant que tel, t'es une personne que je veux me rapprocher de.
Puis, je crois que c'est qu'un début.—
[01:27:26] Speaker B: C'est que c'est effectivement, man. Merci, ça me touche beaucoup. Donc, tout le monde, c'était le Game On de podcast. Notre invité aujourd'hui, un boxeur professionnel, Leuclé.
Merci, bonjour.—
[01:27:38] Speaker A: Yes.