Ép.80 | Marc Desjardins - Ce qui sépare un médaillé olympique d'un bon athlète

October 23, 2026 • 01:17:29
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Oct 23 2026 | 01:17:29

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[00:00:00] Speaker A: La différence entre le médaillé d'or et le huit douzième, c'est moins de 1 %. [00:00:04] Speaker B: Marc Desjardins, président, directeur général de l'Institut national des sports. Qu'est-ce qui sépare un bon athlète d'un médaillon olympique? [00:00:12] Speaker A: On parle souvent que ça prend du talent pour aller sur le podium olympique ou paralympique. Mais moi, j'ai vu plus d'athlètes qui ont travaillé fort et travaillé bien que d'athlètes de très grand talent qui sont allés au plus haut niveau. Moi, j'ai vu des athlètes à 14-15 ans qui étaient des superstars. Mais rendu à 20 ans, 21 ans, il n'était plus là au niveau senior. J'ai vu des athlètes qui étaient 3e, 4e, 5e au Québec et qui sont allés aux Olympiques à Paris. Il faut travailler sur les fondamentaux de ton sport avant de travailler dans le spécifique. [00:00:38] Speaker B: C'est quoi votre mission? [00:00:39] Speaker A: Propulser la performance humaine avec une approche de calibre mondial. Donc, on est dans l'innovation toujours pour voir comment on peut mieux accompagner les athlètes. Nous, on appelle ça une route-service. Ça veut dire que le préparateur physique travaille avec le physio, travaille avec le biomécanicien, travaille avec le préparateur mental. Le soutien aux entraîneurs n'est pas suffisant au Québec. Quand tu développes un coach, tu développes peut-être 100, 200, 300, 400 athlètes sur une carrière d'un coach. [00:01:03] Speaker B: J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de recherches sur lesquelles vous participez. Il y en a-tu une en particulier que les résultats t'ont vraiment impressionné? [00:01:11] Speaker A: Une des choses qui m'ont vraiment impressionné de ce temps-ci, c'est tout ce qu'on fait en réalité virtuelle. On a modélisé des avatars qui reprennent les meilleurs boxeurs à travers le monde. Là, on est en gestion des petits détails, donc on va prévoir l'imprévisible. J'espère que le sport, pour un jeune, j'espère que ça va être fondateur pour toi, mais qu'à 40 ans puis à 60 ans, tu pourras en faire encore. [00:01:31] Speaker B: Marie Desjardins, président, directeur général de l'Institut national des sports. Qu'est-ce que c'est pour un bon athlète? d'un médaillon olympique? [00:01:42] Speaker A: Ça, c'est une question large. Mais on parle souvent que ça prend du talent pour aller sur le podium olympique ou paralympique. Mais moi, j'ai vu plus d'athlètes qui ont travaillé fort et travaillé bien que d'athlètes de très grand talent qui sont allés au plus haut niveau. Oui, ça prend une certaine dose de talent. Si tu veux être médaillé olympique ou paralympique, il faut avoir un talent. Mais je dirais que ça prend beaucoup de... de persévérance, d'attention aux petits détails, de ne pas se décourager parce que dans une carrière d'athlète, il y a des années que ça va moins bien, que tu as un pas de recul. Des fois, c'est pour mieux sauter, commencer en longueur. C'est la qualité de l'encadrement aussi. Donc, as-tu un bon coach? Aujourd'hui, tu ne peux plus avancer et être médaille olympique si tu n'as pas une bonne équipe de soutien intégré qui va t'encadrer au niveau scientifique, médical. Ça prend un peu de chance, parce que pour avoir moins de blessures, oui, tu peux avoir le meilleur encadrement, mais il y en a qui sont plus susceptibles aux blessures que d'autres. Si tu es dans un sport d'équipe, ça prend aussi le bon timing pour passer à travers plein d'autres joueurs. Donc, c'est une multitude de facteurs qui font la différence, mais je pense que c'est le travail, la persévérance, puis faire les bonnes choses au bon moment. Moi, j'ai vu des athlètes dans mon sport à 14-15 ans qui était l'athlétisme, à 14-15 ans qui était des superstars, mais rendu à 20 ans, 21 ans, il n'était plus là au niveau senior. J'ai vu des athlètes qui étaient 3, 4e, 5e au Québec à 14, 15, 16 ans, qui sont allés aux Olympiques à Paris, puis... parce qu'ils ont pris le bon chemin, ils n'ont pas brûlé les étapes, ils n'ont pas essayé de s'entraîner comme des athlètes adultes quand il était adolescent. Donc, je pense que c'est vrai dans plusieurs sports qu'il y a des athlètes qui s'entraînent tellement fort en jeune âge qu'ils vont performer plus que d'autres. Puis, il y a toute la question de la maturité physique aussi. Moi, j'ai souvent dit à des coachs, écoute, tu me dis que tu viens de trouver le nouveau superstar, le nouveau Bruni Surin, mais non, ton athlète de 15 ans, il y a un quart d'athlètes de 18 ans, 19 ans. Donc tu ne peux pas le comparer à ceux avec qui ils compétitionnent de 15 ans, il faut que tu les compares à ceux qui ont 18 ans. Puis là, ton athlète n'est pas si bon que ça quand tu le compares aux 18 ans, puis là, c'est toujours confrontant. Mais la plupart de ces athlètes-là qui étaient très très bons, qui étaient les meilleurs au Canada à 14, 15, 16 ans, à 20-21 ans, ils ne faisaient même plus le sport parce qu'ils ont eu des années de régression quand tout le monde les dépassait. Donc, pour répondre à tes questions, ça prend du talent, mais ça prend plus de persévérance de prendre les bonnes étapes dans ton développement et d'être bien encadré. [00:04:46] Speaker B: Le moment crucial justement entre, mettons le 18 ans et le 14-15 ans, Tu parlais qu'il y avait une grande différence entre le développement, c'est court ces années-là, mais quand tu parles de développement dans ces années-là qui est un moment crucial, ce que je comprends, c'est quoi exactement le développement clé de ces athlètes-là pour justement rester ou aller à ces étapes-là? [00:05:13] Speaker A: Chacun a sa philosophie là-dedans, mais premièrement, ça dépend des sports. tu rentres à retraite à 17 ans, puis donc tu commences ton sport presque à 17 ans. Fait que je vais nuancer par rapport aux âges. Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut travailler sur les fondamentaux de ton sport avant de travailler dans le spécifique. Donc ceux qui vont travailler plutôt sur les spécifiques, ils vont se développer plus vite, ils vont être meilleurs à jeune âge. Mais quand ils vont arriver pour passer à l'autre niveau rendu à l'âge 18, 19, 20 ans dans les galeries seniors, ils n'auront pas les bases fondamentales physiques, psychologiques, tactiques selon les sports pour passer à l''autre niveau. Donc, ils vont avoir sauté des étapes dans leur développement parce qu'ils ne vont pas avoir travaillé sur les bonnes choses. Je parlais au coach Audrey Leduc qui est notre meilleure sprinteuse au Canada. Puis quand elle avait 14-15 ans, elle s'entraînait à Gatineau. Elle était dans les 3-4 meilleures au Québec. Puis elle m'a dit, si je me souviens bien, c'était les Jeux olympiques de jeunesse. Puis là, elle a dit, «Ah, je pourrais aller y faire.» Puis son gros dit, «Moi, je ne te prépare pas pour ça.» Comment ça? Parce que tu n'es pas rendu là. On va continuer à faire ton développement comme, par exemple, à 15 ans, tu es supposé te faire. Si tu le fais l'équipe, tant mieux, mais je ne te prépare pas spécifiquement pour ça. Parce que moi, je veux que tu sois bonne quand tu auras 20 ans pour faire l'équipe nationale aux Olympiques. Mais c'est ça qui est arrivé. Parce qu'elle s'est développée dans la bonne séquence en travaillant sur les bases fondamentales, développant tranquillement son potentiel, puis il y a moins de setback aussi quand tu fais ça. Parce que là, tu progresses un petit peu tout le temps, mais tu as moins un gros pique. Puis là, pendant 2-3 ans, tu vas s'éteigner ou même régresser. Puis là, c'est là qu'il y a beaucoup de décrachage sportif. Quand les athlètes sont très bons à jeune âge, puis ils s'éteignent, Puis là, les gens qui étaient toujours en arrière-deux commencent à les dépasser, bien c'est décourageant et ce n'est pas motivant. C'est pour ça qu'on parle souvent aussi que c'est l'approche multi-sport, en plus jeune âge, tu développes des habiletés différentes, des fondamentaux physiques, physiologiques différents, complémentaires, c'est plus motivant. Puis moi, je pense qu'il y a plus de chances de succès au très haut niveau d'avoir une approche basé plus graduel, plus multi-sport en jeune âge. [00:07:44] Speaker B: J'avais cette discussion-là justement avec un coach. la semaine dernière ou la deux semaines, on en parlait de ça, lui c'est un coach au secondaire, puis je lui ai demandé, au secondaire, c'est quoi un athlète devrait vraiment se concentrer dessus? Puis il me disait, moi je pense qu'au secondaire, un athlète, c'est les fondamentaux de son sport qu'il devrait développer. L'exemple qu'il me donnait, parce que c'est un coach de football, il me disait c'est un porteur de ballon, concentre-toi à la base de c'est quoi un porteur de ballons. Donc, des fois en vieillissant, Quand on est jeune, on a des façons de bouger, ce n'est pas tant naturel et tout ça, mais si tu te concentres sur les fondamentaux justement, c'est quand tu vas monter au prochain niveau, l'ISGEP, tu vas apprendre des nouvelles choses, mais vu que tu as déjà les fondamentaux de base, ça va te permettre d'avancer encore plus rapidement. Ils m'avaient amené ce point-là, je trouve ça très intéressant que tu m'amènes le point. [00:08:33] Speaker A: On pourra peut-être en reparler tantôt, mais à l'Institut national du sport, ce qu'on entend souvent de certaines équipes nationales, de coachs d'équipes nationales, c'est que les athlètes arrivent sur les équipes nationales, donc ils ont le talent dans leur sport pour être sur l'équipe nationale, mais ils ne sont pas prêts aux exigences de l'entraînement et de la compétition de niveau national. [00:08:55] Speaker B: Mentalement ou physiquement? [00:08:57] Speaker A: Les deux. Souvent, ils n'ont pas pris les bonnes étapes pour arriver prêts aux exigences. Donc, il faut travailler sur les fondamentaux, puis tranquillement évoluer avec le niveau de ton sport, puis ça se fait étape par étape. [00:09:13] Speaker B: Ça, c'est incroyable. C'est fou, mais ils se sont quand même rendus là, mais là, ils doivent se développer à un autre aspect pour respecter les standards. [00:09:25] Speaker A: Il y a un gap, puis c'est là que tu augmentes ton risque, que ce soit de blessure, de fatigue mentale, etc. Donc dans les sports. C'est le jour où il faut que tu fasses de la préparation physique. À 8 ans, tu ne fais pas de la préparation physique. Mais à un moment donné, il faut que tu l'intègres dans ton entraînement avant de dire, OK, quand je vais être sur l'équipe nationale, selon le sport, il faut que je fasse 4 heures de préparation physique par semaine. Tu ne peux pas passer de ne pas en avoir fait à j'en fais 4 heures. Il y en a qui disent, je n'ai pas besoin, je suis maire au Québec, je n'en ai pas besoin de faire de préparation physique à 15 ans. Non, mais là commence parce qu'il faut que tu en fasses une heure par semaine, après ça deux, apprendre les bons mouvements, la bonne technique. Quand tu vas faire 4 heures, Tu ne me laisseras pas, ça va bien s'intégrer dans ton programme, puis il y a une suite logique. Il y a une séquence à respecter, je dirais. Il ne faut pas brûler d'étapes. Ce qui est toujours difficile, parce qu'il y en a qui disent, je pourrais aller plus vite, puis progresser plus vite, puis avoir de la satisfaction plus vite. On sait que de nos jours, une reconnaissance plus rapide, c'est toujours le fun. Une carrière d'athlète, c'est du long terme. [00:10:32] Speaker B: Ça, je peux comprendre le côté d'impatience. On le vit au quotidien, c'est d'être patient, d'être constant, mais merci d'avoir partagé ça, Marc. Donc, on commence? Bonjour tout le monde, bienvenue sur Le Game On, je suis votre host, William Rochefort, et aujourd'hui, j'aimerais commencer en vous parlant d'une stat que selon moi, est quand même assez choquante. Seulement 18% des 12 à 17 ans bougent assez. Ça veut dire quoi? C'est qu'ils font assez de sport dans leur quotidien. Aujourd'hui, on va parler du futur du sport au Québec. J'ai envie de dire nationalement avec la personne ressource, Marc Desjardins, PDG de l'INS qui est l'Institut national des sports. Merci Marc de t'avoir pris un moment pour venir me jaser ce matin, c'est très apprécié. Chaque personne qui vient sur mon podcast, ils ont le droit à une introduction. Donc Marc, voici ton intro. Marc Desjardins, t'es président directeur général de l'Institut national des sports. Pendant 40 ans, tu as été dans le monde de l'athlétisme. Pendant plus de 20 ans, t'as été entraîneur en paraclétisme associé à Parasport Québec. En 2008, t'es nommé au temple de la renommée du Parasport Québec, Tu as été huit ans à la Fédération québécoise d'athlétisme comme directeur général et depuis le 31 juillet 2023, tu es PDG de l'Institut national des sports. Je te cite, peu de postes sont comparables à celui de PDG de lins Québec. Qu'est-ce que vous voulez dire par là? [00:12:16] Speaker A: Quand on travaille en sport au Québec, c'est parce qu'on a une passion pour le sport, ça part de là. puis qu'on veut contribuer à développer les athlètes, développer les entraîneurs, développer des officiels à leur plein potentiel pour qu'ils accomplissent leur rêve. Mais il faut avoir des moyens pour ça, puis il faut avoir des équipes. Puis l'Institut national du sport du Québec, c'est probablement une des organisations au Québec avec le plus de potentiel et de gens experts dans leur domaine. J'aime toujours dire, j'aime être à la table et être le moins intelligent de la gang parce qu'on a des gens qui nous entourent avec des connaissances différentes dans le sport. que ce soit dans le développement sportif, dans la science, dans le médical, etc. Donc, à l'Institut national du sport, c'est la job de rêve parce qu'on a des moyens, on a un complexe avec des installations de classe mondiale, de la recherche d'innovation, donc ça nous permet d'aller être toujours en avant de la parade pour les besoins des athlètes. Donc, c'est ça. Il me fait dire que c'est un peu un job de rêve parce qu'on a les moyens de nos ambitions. [00:13:29] Speaker B: C'est fou, ça doit vraiment être vraiment le fun de travailler puis savoir que vous travaillez tout le temps sur... qu'est-ce qui s'en vient. Dans le sens que vous êtes tout le temps les plus proches du futur du sport j'ai envie de dire. Les recherches, l'avancement sportif, le développement de l'athlète, que ce soit au niveau olympique ou dans d'autres disciplines. On va parler de Québec actif aujourd'hui en fin d'émission, mais c'est fun de voir que Il y a moyen de travailler et que l'INS est là pour ça. J'avoue que le feeling d'être le moins intelligent autour de la table et de tout le temps être up to date sur les meilleurs avancements parce qu'il y a bien des affaires que vous faites que je suis sûr que maintenant si on compare mondialement, ça va être très très très impressionnant qu'on n'est même pas au courant. C'est ça qui est le plus fou. [00:14:25] Speaker A: J'aime ça dire que quand je suis arrivé à l'INS, Mon premier discours, si on peut dire, ma première fois que j'ai parlé aux employés, je lui ai dit, pour paraphraser Martin Matt, on est condamné à l'excellence. Puis, je dis, les athlètes, comment ils s'entraînaient en 2016 pour être sur le podium olympique? En 2020, ils ne peuvent plus s'entraîner de la même façon, sinon ils vont être 16e au monde. Donc, et la même chose en 2020, en 2024, en 2028. Donc, nos athlètes qui ont bien fait en 2024, en 2026, si on veut qu'aux prochains Olympiques ou Paralympiques d'été ou d'hiver, ils sont encore sur le podium, ils ne peuvent pas juste répéter la même recette. Parce que partout à travers le monde, ils vont innover, améliorer les techniques d'entraînement. Donc, nous, qu'est-ce qu'on fait pour être... Toujours, on ne veut pas suivre la parade, on veut être en avant de la parade. Donc, c'est vraiment important de... de toujours innover, de réfléchir à comment on peut donner un petit avantage à nos athlètes du Québec. notre approche, notre accompagnement qu'on fait. On ne peut jamais être dans le statu quo dans le sport de haut niveau. [00:15:34] Speaker B: Tu parlais d'innovation. Comment tu peux tout le temps innover dans l'entraînement de l'athlète justement? Entre 2016 et 2020, ce n'est pas tant long, ce n'est pas en fourche d'année. Si on regarde, c'est très court dans une carrière d'athlète. Comment tu peux innover constamment? [00:15:54] Speaker A: C'est la gestion des petits détails. On ne parle pas toujours de grandes innovations, mais comment tu vas travailler sur mieux récupérer, mieux t'acclimater aux décalages horaires. Il y a un paquet de comment la santé mentale des athlètes va aider leur performance. Donc, comment tu vas aider les athlètes à récupérer d'une blessure plus rapidement? On l'a fait en commotion cérébrale avec des protocoles qu'on a mis en place qui permet aux gens de revenir deux fois plus vite et deux fois plus en santé à leur retour au jeu. Et quand ils reviennent aussi, qu'il n'y ait pas un setback, un recul parce qu'ils n'étaient pas vraiment prêts. Ça fait que des fois, ça veut dire peut-être de revenir un peu plus lent que le coach aurait voulu, mais revenir pour le vrai et au bon niveau. C'est toujours dans l'innovation de se poser des questions, de voir les meilleurs comparables, les meilleures pratiques à travers le monde, puis comment on va faire des petites différences. Quand tu regardes les meilleures performances dans la plupart des sports, la différence entre le médaillé d'or puis le 8-12e, c'est moins de 1%. Pas besoin d'être 10% meilleur. Il faut travailler sur des petits détails qui vont te donner cet avantage-là de 1 ou 2 %. Donc, ça c'est la gestion des petits détails puis c'est ça qui est le fun de trouver ça va être quoi la prochaine chose qui est la plus importante. Puis, ce n'est pas la même recette pour chaque athlète. Il y en a que ça va être plus l'aspect physique, il faut travailler d'autres, l'aspect mental, l'aspect blessure. l'aspect de l'environnement. Donc c'est ça qui est le fun. Il n'y a pas une recette. Pour chaque athlète, c'est une recette différente. Puis c'est ça quand tu as des équipes qui travaillent ensemble, c'est de mettre tous ces avantages-là qui vont devenir au bénéfice de l'athlète. Des fois, c'est qu'il n'y a pas tant d'innovation, c'est juste que le monde va mieux travailler ensemble. Là, tu viens de chercher ton 1, 2, 3 pour 5 d'amélioration que tu avais besoin. [00:18:02] Speaker B: C'est fou, tu parlais entre la médaille d'or puis, mettons, le sixième, ça se joue dans des détails, détails, détails, des petits pourcentages, des millisecondes. Mais il y a-tu des choses qu'on ne peut pas contrôler, justement, dans tout l'univers de la préparation du sport? [00:18:21] Speaker A: c'est sûr que ça serait utopique de dire qu'on peut tout contrôler puis tout préparer. Mais je me rappelle, puis là bon, ça va trahir mon âge, mais Sylvie Bernier qui a gagné la médaille d'or en plongeon aux Jeux olympiques de 84 à Los Angeles. On va avoir les Jeux en 2028 qui retournent à Los Angeles. Puis elle avait dit que dans sa préparation avec son coach, il avait prévu tout ce qui pouvait mal arriver et comment elle réagirait. notamment dit bon ok moi j'ai mes parents qui vont être des astrales, si mes parents ont un malaise, que je m'aperçois qu'ils ont un malaise puis comment je réagis entre deux plongeurs. Là on est dans la gestion des petits détails donc on va prévoir l'imprévisible. Mais donc c'est ça aussi un athlète qui doit se préparer. On prépare tout ce qu'on peut, physique, mental, toute l'aspect tactique d'un sport. Mais des fois c'est d'être prêt à réagir aux imprévus. Donc je pense que ça fait partie aussi de comment on peut préparer un athlète. Quand les athlètes, moi quand je coachais, on va peut-être en venir tantôt, mais il faut développer l'autonomie des athlètes. Parce que tu veux être capable, quand ils sont sur le terrain de jeu, C'est pas le coach qui décide, c'est l'athlète qui prend sa propre décision. Donc plus que tu l'as aidé à se développer, à comprendre les choix qu'il fait, choix de jeu, choix de réaction, il va être plus autonome quand il va arriver des imprévus parce qu'il va toujours en arriver. puis là, les athlètes vont mieux réagir ou ça va être celui qui réagit le moins pire des fois qui va passer, mais donc c'est ça. [00:20:00] Speaker B: Mais sérieusement, c'est cool que tu partages ça parce que j'ai eu Brad Collinson sur le podcast, il est ancien entraîneur chef des Stingers de Concordia, de l'équipe de football. Puis il me disait, moi, la seule chose que je peux coacher mon athlète à faire, c'est le premier pas. Parce qu'après le premier pas, il y a tellement de choses qui se passent, que c'est l'athlète, c'est l''athlète qui joue après. C'est l'athlète qui fait son sport. [00:20:28] Speaker A: Prend ses décisions. [00:20:29] Speaker B: Exact. Je trouve ça vraiment très intéressant. Tu m'amènes sur ton coaching. Je te cite, c'est avec beaucoup d'émotion que j'annonce mon départ de la FQA, car l'athlétisme fait partie de mon ADN depuis 40 ans. L'ironie là-dedans, c'est que j'ai réussi à trouver tous les athlètes exceptionnels que tu as coachés Mais je n'ai jamais trouvé ta propre discipline. C'était quoi ton sport? [00:20:58] Speaker A: Écoute, moi j'ai commencé en 1980 à cause du Marathon de Montréal, qui a eu sa première édition en 79 si je ne me trompe pas. Puis là j'avais 16 ans, puis j'ai toujours aimé ça courir. Puis là il y a un marathon, je vais courir un marathon. à 16 ans. [00:21:16] Speaker B: Un vrai là. [00:21:17] Speaker A: Un vrai, un 42.2 km là. Fait que je me suis préparé, puis entre l'âge de 16 ans et 18 ans, j'ai couru quatre marathons. Montréal, Ottawa, Toronto. [00:21:26] Speaker B: Holy! [00:21:27] Speaker A: Ce qui était une très mauvaise idée quand on parle de développement sportif. Et là, j'ai su pas longtemps après qu'il y avait un club d'athlétisme Dans ma ville, parce que pour moi l'athlétisme sur piste, c'était juste sur la TV et aux Olympiques que je voyais ça. Je ne savais pas qu'il y avait des clubs. J'ai découvert qu'il y avait un club dans ma ville. Je me suis inscrit et ils m'ont dit «Comment ça tu faisais du marathon?» C'est parce que je ne savais pas que l'athlétisme sur piste existait. Puis là, je suis devenu un coureur de 1500 mètres. Donc, j'ai été plus un coureur de demi-fonds pour répondre à ta question, mais qui a commencé de la mauvaise façon en faisant du marathon. [00:21:59] Speaker B: C'est bon. Ah mais tu t'es découvert à travers des marathons. [00:22:02] Speaker A: Exact. C'est un événement populaire qui m'a emmené ma passion pour le sport, qui a tracé presque la voie de ma carrière au complet après. [00:22:12] Speaker B: Ah ouais? [00:22:13] Speaker A: Ça fait. [00:22:14] Speaker B: Qu'est-ce que ça veut dire? [00:22:15] Speaker A: C'est ça qui a décidé que j'aimais vraiment le sport, que je vais aller étudier en sciences de l'activité physique. Profil éducation, profil coaching, puis on verra bien qu'est-ce qui se passe après. J'avais fait comme des crédits supplémentaires pour avoir les deux options. [00:22:28] Speaker B: Profil coaching. [00:22:29] Speaker A: Exactement. À l'Université de Montréal, c'est ce qui existait, puis c'est ça qui me passionnait. Puis après ça, de fil en aiguille, ça a amené mes autres emplois, puis tout ça. Il y a eu un fil conducteur qui a peut-être une flamèche étincelle qui est partie de là. [00:22:47] Speaker B: Quand je t'écoute parler, j'ai l'impression que tu as toujours fait ce que tu voulais faire. [00:22:51] Speaker A: Oui, 100%. [00:22:53] Speaker B: Souvent, ça arrive même à l'université, moi présentement, je parle à beaucoup de personnes qui sont un peu perdues, qui ont l'impression que des fois, on ne sait pas trop ce qu'on veut faire. Qu'est-ce que tu dirais à ces gens-là? [00:23:08] Speaker A: Moi, je dirais que je n'ai jamais eu de plan de carrière. Je n'ai jamais décidé où je vais aller, j'ai saisi les opportunités. Beaucoup d'opportunités sont venues par mes implications, mes intérêts, implications bénévoles qui ont amené les opportunités qui se sont créées. Puis aussi, j'ai créé mes opportunités. Donc, je pense qu'il faut rester curieux, il faut l'esprit ouvert. Puis moi, je pense qu il faut se laisser guider par ses passions. Mais quand on est persévérant, impliqué, passionné, il arrive des bonnes choses. Mais il faut trouver savoir qu'est-ce qui nous passionne. Je te disais tantôt, moi j'ai fait mon bac en éducation physique pendant trois ans et demi. Puis à mon dernier cours, j'ai eu un cours de marketing du sport qui n'était pas dans le cursus parce que c'était vraiment un parcours scientifique plus, physiologie, biomécanique, etc. Puis là, j'ai dit, c'est ça que je veux faire, le marketing du sport. C'est ça, l'étincelle est arrivée au dernier cours de mon parcours de trois ans et demi. Puis après ça, j'ai dit, je vais travailler, j'ai été un entrepreneur. Puis après ça j'ai travaillé plus en marketing et communication du sport pendant plusieurs années à Sports Québec et à RBS. Puis c'est une étincelle d'un cours qui a tracé une partie de ma carrière. [00:24:30] Speaker B: Ça, c'est fou. C'est quoi exactement le marketing du sport? On connaît le marketing, mais c'est quoi la spécification? [00:24:38] Speaker A: Dans le sport, c'est la même chose. C'est la mise en marché. On disait les quatre P, mais la publicité, la promotion, le positionnement, etc. Dépendant dans quel type d'industrie quand je travaillais à Sport Québec, on était beaucoup dans la génération de revenus, la communication, la reconnaissance des athlètes. Donc, c'était la mise en marché du sport au Québec puis la promotion du sport. Donc, il y a plein de tentacules intéressantes dans le marketing du sport qui nous amène à vivre des expériences incroyables. [00:25:15] Speaker B: T'as aussi contribué au développement de plusieurs athlètes paralympiques. Comme André Beaudoin, champion paralympique du 200 mètres. Pourquoi t'as commencé à coacher et pourquoi le paraclétisme? [00:25:29] Speaker A: Ça va répondre à ta question de tantôt un peu, pourquoi t'as rien trouvé sur ma carrière d'athlète. Parce que j'ai pas été un bon athlète, j'étais un athlète de niveau provincial qui commençait à être un petit peu sur la scène nationale, puis j'ai été blessé. Pendant 2-3 ans j'ai essayé de revenir et je me blessais tout le temps. Je suis un athlète on va dire fragile probablement ou qui a pris les mauvaises décisions de préparation. Puis, il y a un moment donné, j'avais une de mes amies qui était physiothérapeute dans un centre de réadaptation, le Centre Lucie-Bruneau. Elle me disait, «Hey Marc, toi t'aimes ça coacher, tu coaches un marathonien et tout ça.» Puis, moi j'ai deux, trois athlètes en fauteuil roulant, qui sont des joueurs de rugby en fauteuils roulants et qui font de l'athlétisme, puis je cherche un coach. Ça te tenterais-tu? Je lui ai dit, «Je ne connais absolument rien à ça, mais bon oui, on va les rencontrer puis on verra bien.» Ça, c'était en 1987, puis j'ai coaché jusqu'en 2008, donc pendant 22 ans. Les mêmes athlètes? J'ai coaché une dizaine d'athlètes dans ma carrière. André Beaudoin, lui, ça a été du début, toute sa carrière. Il était avec moi en 87, puis en 2008, puis il a continué jusqu'en 2012 au moins. Moi, j'ai arrêté de coacher en 2008. Mais donc, il y a des athlètes qui m'ont suivi avec moi toute ma carrière, donc ils sont arrivés en cours de route, puis ils ont arrêté en cours de route. J'ai eu de mémoire 6-7 athlètes qui ont fait partie de l'équipe nationale, qui ont fait des Jeux paralympiques. André Beaudoin, le plus prolifique de la gang, je ne me rappelle plus exactement, mais il a gagné une dizaine de médailles aux championnats du monde. Il a gagné plusieurs médailles paralympiques, il a détenu des records du monde. Donc, c'était un athlète qui avait toutes les qualités mentales, physiques, de persévérance et de souci du détail qu'on parlait au début du podcast. Donc, ça a été vraiment un plaisir. Par hasard, une opportunité qui s'est présentée à moi, je l'ai saisie. J'ai trippé à faire ça pendant 22 ans, ça a été vraiment passionnant. [00:27:22] Speaker B: C'est quoi, mettons, les standards d'André? Si tu avais à le comparer à un athlète exceptionnel comme lui, il y en a d'autres aussi, si tu compares au top 6. [00:27:33] Speaker A: C'est sûr, ça revient, on en a parlé un peu au début, ça prend un minimum de talent, parce que sinon il y en a que... Dans le sport paralympique, évidemment selon les différents niveaux de handicap, il y a une considération. Mais André, c'était un athlète hyper discipliné, qui respectait le plan d'entraînement, qui comprenait pourquoi on faisait les choses. qui se posait les questions, qu'est-ce que je peux faire de mieux pour améliorer ma technique, améliorer mes gants que je vais utiliser pour pousser le fauteuil roulant. Donc, il était dans le souci du détail, puis il était persévérant. On prenait 3-4 semaines de vacances par année, c'était 49 semaines par année d'entraînement, pas toujours le fun. se déplacer pour aller à l'entraînement de préparation physique quand il y a l'hiver, quand il y a 30 cm de neige, quelqu'un en fauteuil roulant, pas agréable de partir prendre ton auto et de s'en aller, mais il allait le faire parce qu'il ne fallait pas la manquer cette séance de musculation-là, parce que c'est ça que dans six mois, ça va influencer ta performance aux chambres du monde. Donc, c'est ça, oui le talent, mais beaucoup n'a jamais manqué d'entraînement, respecté. Moi, j'ai des athlètes qui ont qui avaient du talent et qui ne respectaient pas le plan d'entraînement. Ou qu'ils ne comprenaient pas. J'ai déjà eu des athlètes qui m'ont dit, on était dans la plus grosse semaine d'entraînement de l'année, dans la phase de préparation. Ils m'ont dit ok, on avait 30 km à faire dimanche, mais là j'étais un peu fatigué et je ne l'ai pas fait. Mais non, mais j'ai dit l'objectif de la semaine, c'est que tu fasses cette séance-là fatiguée. Parce que c'est là qu'on va trouver la surcompensation. Là, tu ne l'as pas fait, mais tu as raté l'objectif de la semaine et du mois, presque de l'hiver. Donc, les bons athlètes, ils vont comprendre ça, puis ils vont comprendre pourquoi on fait des choses, puis ils ne vont pas les rater, puis ils vont les faire comme il faut. Pas plus, parce qu'il y en a qui vont dire, je vais en faire plus, ça va être mieux. Non, parce que si tu es un bon coach, tu as bien préparé toute la périodisation de l'entraînement, Il y a des phases de récupération, il y a des phases de, je ne dirais pas de surentraînement, c'est un mauvais terme, mais d'entraînement plus intense, en volume, en intensité. C'est la magie, on dit toujours, le coaching, c'est comme un cuisinier. Il y a de la science, puis il y a de l'art. Parce que le coach, les meilleurs coachs selon moi, ils connaissent la science en arrière de l'entraînement. je parlais la surcompensation, les blocs d'entraînement, les nouvelles méthodes d'entraînement, donc il y a un aspect scientifique que tu dois connaître. Mais après ça, tout le monde a la même science, à la limite, tout le monde à la même connaissance. Pourquoi il y en a qui sont capables de mieux faire performer leurs athlètes au bon moment, puis d'autres que l'athlète il performe trois semaines avant les champions du monde, puis aux champions du monde moins. une partie qui est partie à l'athlète. Mais c'est là que, comme dans une recette, on peut être tous les deux avec la même recette, les mêmes ingrédients. Il y en a un, le gâteau va être bon, puis l'autre va être un peu ordinaire. Pourquoi? C'est l'art de mettre tous ces ingrédients-là au bon moment, dans le bon dosage, la finition. Pour moi, j'ai toujours dit, c'est le mix des deux qui rend le coaching super intéressant. La science et l'art pour faire des bons résultats pour des athlètes. Puis cet art-là, c'est de dire comment cette science-là, je l'adapte à chacun de mes athlètes. Il y a des principes généraux. Il y a des athlètes qui récupèrent moins vite que d'autres. Je ne peux pas donner le même plan d'entraînement. Il y en a qui ont... On parlait d'André Beaudoin. Il n'aimait pas ça partir trop longtemps de chez lui. Il s'ennuyait. Mais on a déjà pris des décisions, il arrivait une semaine plus tard que les autres, ou trois jours, quatre jours plus tard, qu'il n'allait pas faire le précant parce qu'il ne voulait pas être parti cinq semaines. Parce que là, quand il arrivait à son 100 mètres à la finale des Jeux paralympiques, quatre semaines après être parti, La motivation n'était plus là, c'était plus difficile. Donc, il faut que tu connaisses ça de ton athlète. Il faut que tu vois comment les adaptations que tu peux faire. Ça, ce n'est plus rapport avec le plan d'entraînement, mais c'est connaître l'athlète et t'adapter à la réalité de chacun. Ça, ça fait partie de l'art plus que de la science. [00:31:49] Speaker B: Ça, c'est incroyable d'apprendre à connaître tes athlètes et tout. C'est vraiment exceptionnel. Puis j'ai envie de dire aussi, mettons du côté de l'athlète, André se connaissait très bien aussi, j'ai l'impression. [00:32:00] Speaker A: 100%. Puis moi, j'ai toujours privilégié l'autonomie des athlètes. Puis j'essaye de leur... Quand je faisais un plan d'entraînement, j'essayais de la plupart du temps, pas chaque semaine, mais régulièrement dans l'année, de leur expliquer pourquoi on faisait les choses. Des principes de récupération pour que quand tu vas être aux Jeux paralympiques, puis je ne serai pas là sur la piste avec toi, qui va avoir des imprévus, puis là il pleut assez aujourd'hui, puis l'entraînement que Marc m'avait prévu, je ne peux pas le faire. Comment je m'adapte? Comment je m'ajuste? Comment ils peuvent prendre des décisions par eux-mêmes, oui avec les coachs sur place, mais de comprendre ce qu'on avait prévu, moi je trouve ça essentiel, parce que dans la prise de décision, c'est toujours l'athlète qui le prend. sport d'équipe, sport individuellement, sport individuel, la prise de décision, c'est ça aussi qui fait la qualité de la prise de décision, la rapidité de la prise de décision, la précision de la prise de décision. Tout ça, ça fait que ça influence directement la performance. Donc, il faut rendre nos athlètes, je pense, le plus autonome dans leur prise de décision. [00:33:09] Speaker B: Il y a une chose que dans les derniers temps, je réalise, puis c'est... Ce résultat-là est arrivé parce que j'ai pris cette décision-là, mais cette décision-là, c'était la semaine passée que je l'ai prise. C'est ça qui est fou, comme tu me parlais de «j'ai pas fait le training parce que j'étais trop fatigué », toutes ces décisions-là, c'est pas... qu'est-ce qu'ils vont impacter plus tard. Puis c'est fou, j'avais dans mon quotidien maintenant, ça m'arrive des fois d'y penser, de dire tu vois, j'ai pris cette décision-là, cette journée-là, mais sans le savoir, ça allait impacter mon mercredi, puis j'ai pris samedi cette décision-là. [00:33:48] Speaker A: Ça fait domino. [00:33:50] Speaker B: Ouais, exact, c'est fou ça. Non, c'est vraiment intéressant. Ramène-moi au bord de la piste. Est-ce qu'il y a... Y a-t-il une course en particulier que tu pourrais nous raconter qui encore aujourd'hui, ça t'a marqué, que tu t'en rappelles? [00:34:06] Speaker A: Je n'ai pas de moment précis, je te dirais. Ça fait quand même quelques années, mais je pense que j'ai eu des athlètes qui ont travaillé fort, puis qui étaient loin de faire l'équipe nationale pour aller aux paralympiques, par exemple. On les a préparés, on disait peut-être 30-40% de chance de faire l'équipe. Qui est arrivé aux sélections, qui avait plusieurs années. Il y avait lieu à Sherbrooke d'ailleurs, sur la piste de l'université. Dans le temps que la piste est en bas. Ça fait que, ils se sont classés. Parce qu'ils ont fait la performance, 100% de leur potentiel, à la journée X, à l'heure X. Ça, ça a été une satisfaction incroyable. parce que tu dis ok, on a tout bien fait. La recette était parfaite pour que le gars t'enlève au bon moment. Puis évidemment, après ça, quand t'as des athlètes comme André Beaudoin qui gagnent des médailles d'or, qui font des records du monde, ça c'est sûr que c'est une satisfaction aussi exceptionnelle parce que tu dis ok, là, on est en train de dépasser les limites du sport paralympique, puis contribuer à l'atteinte des rêves, des objectifs des athlètes. Pour moi, ça a été toujours Ma paye, comme on disait. Moi, je faisais ça bénévolement ou semi-bénévolement. Petite compensation ici et là. Mais la satisfaction, c'est que tes athlètes se développent. J'ai eu la chance d'avoir plusieurs athlètes qui ont fait les Jeux Paralympiques, puis j'en ai eu d'autres qui n'avaient pas nécessairement le potentiel de faire les Jeux. Puis je disais toujours, moi, quand je rencontrais un athlète, on va décider, on va avoir une discussion, tu décideras si tu veux travailler avec moi, puis moi, je vais décider si je veux travailler avec toi. Puis moi, je disais, voici mes exigences. Un, tu t'engages à ce que tu t'engages. Tu peux t'entraîner trois jours par semaine, pas de problème, mais c'est trois, c'est pas deux. Tu veux t'entraîner huit jours par semaine, André Beaunois c'était huit à dix fois par semaine. On s'entend que c'est dix fois, ben moi je vais faire un plan pour dix fois par semaine. Mais si tu veux faire juste trois, quatre parce que tu travailles, parce que peu importe les raisons, j'ai pas de problème, mais c'est ça l'engagement. Donc on s'engage sur le processus. On va t'emmener le plus loin possible avec ce processus-là, mettre un engagement du processus. Un minimum d'engagement, puis ça tu respectes ça. Moi, un athlète qui manquait trop d'entraînement pour des mauvaises raisons, c'était terminer la relation immédiatement parce que je dis, ça ne me dérange pas que tu n'ailles pas aux Jeux, ça ne me dérange pas que tu sois le meilleur au Canada. Ça, ce n'était pas important pour moi. Ton potentiel, Je veux qu'on s'entende ensemble sur c'est quoi tes objectifs. On va s'entendre sur qu'est-ce que ça prend pour atteindre tes objectifs. Puis après ça, t'embarques dans le bateau et on y va. Fait que si c'est d'aller aux Paralympiques et que tu veux t'entraîner une fois par semaine, ça marchera pas. Je vais tout de suite te dire que c'est impossible. Ici, c'est d'être plus en forme. Parfait. Trois fois par semaine, on va y arriver. Puis, on va prendre les étapes. Mais c'est un niveau d'engagement pour moi qui était la base de ma philosophie. [00:37:14] Speaker B: Ça, c'est incroyable. C'est ce que je comprends. J'aime ça que... que tu sois un homme de processus. Tu sais souvent on dit ce qu'on contrôle c'est le processus et non l'arrivée. Là je traduis de l'anglais. [00:37:31] Speaker A: C'est le voyage qui est plus intéressant que la destination. [00:37:36] Speaker B: Exact, mais je trouve ça vraiment intéressant. S'engager sur le processus, s'engager sur qu'est-ce que tu peux vraiment contrôler, c'est-à-dire tous les lundis que je peux être là, tous les mardis que je peux le faire. Ça c'est incroyable. J'aime ça le fait que au lieu de t'engager sur un résultat, tu t'engages sur comment je peux t'amener, le chemin vert. Ça c'est ultra intéressant. [00:38:09] Speaker A: C'est parce qu'on passe tout notre temps sur ce chemin-là. Puis le résultat, c'est la cerise sur le Sunday. Mais tu peux bien arriver et être malade cette journée-là. Tu vas te dire, j'ai raté mon année parce qu'aux Paralympiques, j'étais malade. Bon, ça rentre, pas que tu le sois, mais je veux dire, il faut être content de la progression de l'année, du processus, du chemin qu'on a parcouru. C'est sûr qu'à la fin, tu t'évalues sur ton résultat et ton objectif que tu avais mis. Je veux dire, c'est ça le sport de haut niveau aussi. Tu peux bien dire, j'y ai eu une bonne année. puis je visais une médaille d'or puis j'ai fini quatrième. Tu n'es pas content. C'est correct de ne pas être content. Tu n'as pas atteint tes objectifs. Mais ça ne définit pas tout ce que tu es à un résultat. Je pense que comme tu le dis, de se concentrer sur le processus. Ça me fait penser à des coachs en athlétisme qui disaient, moi j'ai des athlètes pour que le mindset soit différent, l'état d'esprit soit différent. Je leur dis, OK, tu as un raccord. en athlétisme en salle, t'as un record en athlétisme extérieur. T'as un record pour ta première compétition de l'année en salle. Parce que la première et la dernière compétition, normalement t'as progressé. Donc la personne me disait, ben t'es un sauteur en hauteur, mais t'as 4-5 records, t'en as pas juste un. Donc oui, t'as sauté 2,20 m d'été. Mais là l'hiver, ton meilleur en début de saison, c'est 2,12 m. C'est ça que, quand t'as fait 2012, t'as fait 2,20 m à l'été. Ben là, c'est 2,12 m, pas 2,20 m le critère qu'on regarde. Fait que c'est ça, 2,13 m, on est super content. Vous allez dire, ouais, mais c'est 7 de moins que l'été passé. Oui, mais... Dans le processus, à cette étape-là, c'est là qu'on est rendu d'habitude, c'est ça qu'on va comparer. Donc, ça se sépare aussi, ça enlève du stress toujours, juste le résultat ultime. [00:39:59] Speaker B: Ta plus grande leçon de ton parcours de 40 ans en athlétisme, ça serait quoi? [00:40:04] Speaker A: Je pense qu'il faut être passionné par ce qu'on fait. Moi, j'ai toujours dit que rarement je me suis levé le lundi matin que ça me tentait pas d'aller travailler parce que je travaillais dans quelque chose que j'aimais, je savais pourquoi je le faisais, puis j'étais passionné, puis j'aimais ce que je fais, puis les gens avec qui je le faisais. Donc la plupart du temps, donc ça a été ça je pense le fil conducteur. [00:40:30] Speaker B: Merci d'avoir partagé ça. Marc, plusieurs personnes doivent se demander, comment j'ai fait pour t'avoir ici en studio? Pourquoi l'INS? La vraie histoire, en fait, je n'avais aucune idée. C'était quoi l'INS? Je ne savais même pas que ça existait. Bien, sans justifier, je ne suis pas beaucoup dans l'univers de l'athlétisme et toutes ces choses-là. Par contre, je suis tombé sur Québec actif, que tantôt, ben corrige-moi en fait, le vrai terme de Québec actif, c'est la... [00:41:06] Speaker A: L'acronyme c'est la CASAP, qui est la coalition pour l'avenir du sport, de l'activité physique et du plein air au Québec. [00:41:13] Speaker B: Exact. Donc dans le but de devenir la province la plus active au Canada. [00:41:18] Speaker A: Au monde. [00:41:19] Speaker B: Au monde. [00:41:19] Speaker A: La nation la plus active au monde. Rien de moins. On a de l'ambition ou on n'en a pas. [00:41:24] Speaker B: Exact. Ça j'aime ça. Ça je l'ai gardé pour en fin d'émission. Mais c'était pour mettre du contexte. Parce que En faisant des recherches, je suis tombé sur vos réseaux sociaux, j'ai vu que vous étiez derrière ça. Et là, j'étais comme, ah bien, c'est ultra intéressant. Je commence à regarder vos recherches que vous faites. Là, j'ai fait, OK, on a vraiment ça ici à Montréal. Un endroit qui prenne le temps d'étudier nos athlètes pour les amener au prochain niveau, étudier le sport. J'étais comme, j'ai besoin de parler au Big Boss. C'est dans mon style. Donc, j'étais contacté. Pour mettre un peu de contexte derrière l'INS, parce que je ne suis probablement pas le seul qui ne sait pas c'est quoi, est-ce que tu pourrais nous expliquer grosso modo qu'est-ce que l'INS? [00:42:07] Speaker A: L'INS, Québec, donc on dit c'est l'Institut national du sport du Québec. On est situé au parc olympique de Montréal. C'est un complexe dédié au sport de haut niveau. On est sur 150 000 pieds carrés sur cinq étages. Donc, on a des installations de classe mondiale et on a des experts de classe mondiale qui viennent accompagner en termes scientifique, médical, innovation, recherche, les athlètes de haut niveau, les athlétes de la prochaine génération, les entraîneurs qui les accompagnent et les fédérations provinciales et nationales qui travaillent avec ces athlètes-là. Donc notre rôle, c'est de les accompagner pour leur donner tous les services qu'ils ont besoin d'accompagnement pour atteindre leurs objectifs. [00:42:56] Speaker B: Est-ce que tu aurais un exemple de comment, mettons, vous accompagner un athlète, un tout nouvel athlète qui rentre à l'INS pour l'amener? [00:43:03] Speaker A: Donc on travaille, donc on a des sports résidents qu'on appelle, on a une dizaine de sports résidents qui ont leur plateau. Donc l'équipe nationale de judo, de patinage de vitesse, un court de piste qui s'entraîne à Maurice Richard juste à côté. Donc c'est des gens avec qui on collabore, on a une dizaine de sports comme ça, on collabore au quotidien. Puis on a des protocoles d'entente avec 25 sports qu'on va avoir différents niveaux de services. Donc, évidemment, la première chose, c'est qu'on leur offre des plateaux à ces 10 sports résidents-là, des plateaux de classe mondiale qu'il n'y a pas partout. On a Sofiane Mettot qui fait médaillée de bronze aux Jeux de Paris en trampoline, mais qui s'entraîne à l'INS. Ce n'est pas partout que tu as des installations avec des caméras pour analyser les mouvements qui vont permettre que le plafond est assez haut pour s'entraîner avec des athlètes de ce niveau-là. Donc, on offre des installations de classe mondiale. On a environ 14 disciplines spécialités pour accompagner. On a notre propre clinique médicale sur place. Donc les athlètes disent toujours que c'est leur deuxième maison l'institut. Donc ils viennent, ils passent des journées, des heures et des heures dans une journée. Ils vont faire deux entraînements, ils vont faire de la récupération dans nos bains froids, bains chauds. Ils vont aller en massothérapie, en physiothérapie selon les besoins. Ils vont aller faire des, on a maintenant une nouvelle salle pour la santé mentale. Donc, on appelle la salle Inspire, qui est beaucoup parce qu'on sait que les enjeux de santé mentale, c'est un enjeu majeur pour le développement des athlètes et la carrière d'un athlète. Donc, notre objectif, c'est que les athlètes gagnent, mais gagnent en santé. Donc, on s'occupe de plus en plus du bien-être des athlètes. Donc, tout ce qui peut faire la différence dans la performance de l'athlète, on l'incorpore dans la recette pour pouvoir On est en train de développer une plateforme numérique qu'on appelle le CAPACH, le Carrefour d'apprentissage de la performance humaine. Puisqu'on dit de plus en plus qu'on n'est pas juste dans la performance sportive, on est dans la performance humaine. Puis comment donc tous les coachs, même bénévoles, même les parents qui vont coacher, comment ils vont avoir des ressources pour avoir le minimum de connaissances pour accompagner des jeunes athlètes à leur développement. On entend souvent des histoires que c'est pas toujours bien accompagné les jeunes athlètes. Nos meilleurs coachs, souvent on dit qu'ils sont avec l'élite, mais nos meilleurs coachs devraient être avec les plus jeunes pour bien les partir. Donc... Donc, le rôle de l'INS c'est vraiment d'accompagner les athlètes dans leur cheminement, de leur offrir tout ce qu'il faut en physiologie, en nutrition, en préparation mentale, en biomécanique, donc dans toutes nos spécialités et de faire de la recherche dans ces différentes disciplines-là aussi pour toujours être en avant de la parade. On le mentionnait tantôt, si tu n'es pas en avant de la parade, tu n'es plus sur le podium. Donc, comment on peut faire pour accompagner ces gens-là? Puis la différence, on dit toujours, nous on travaille avec des équipes de soutien intégré. Ça veut dire que le préparateur physique travaille avec le physio, travaille avec le biomechanicien, travaille avec le préparateur mental. Ces gens-là sont des équipes qui se rencontrent. On aime bien des fois qu'ils se rencontrent avec les coachs, mais à l'interne ils vont se rencontrer ensemble pour prendre ton cas, puis là voir ton portrait global, puis comment cette semaine, la semaine prochaine, puis le mois prochain on va travailler avec toi. Puis on m'avait déjà donné un exemple dans un sport que le poids est contrôlé. Quand tu n'as pas d'équipe de soutien intégrée, ce qui peut arriver, c'est le préparateur physique qui dit là, on travaille en gain de masse ce mois-ci. Puis le nutritionniste est en train de te préparer pour perdre du poids, pour faire la balance sur ton prochain combat. Mais les deux, ils travaillent à contre-courant. Donc, comment ça, ça ne marche pas? Bien, c'est parce que là, ça ne marche pas ensemble. Il faut que le nutritionniste, le préparateur physique ait les mêmes objectifs au même moment. Là, ça a un impact incroyable sur la performance. Donc, un préparateur mental, qui sait qu'il y a des enjeux de préparation mentale avec un athlète, bien c'est évidemment toujours des discussions confidentielles, mais quand il est capable de partager avec ses autres collègues, ça va même influencer la charge de travail. Nous, la plupart des athlètes qui viennent en préparation physique, ils font un test de saut, puis ils sont capables de voir l'état de fatigue de l'athlète. [00:47:28] Speaker B: un saut. [00:47:29] Speaker A: Ils font quelques sauts et c'est comparé d'un entraînement à l'autre. Aujourd'hui, musculairement, tu es plus fatigué. Peut-être qu'on va diminuer les charges de 5 parce que si on te donne les mêmes charges alors que tu es fatigué, on va te surentraîner ou te blesser. On a un développement bientôt, c'est d'avoir une machine qui va encore mieux évaluer l'état de de fatigue psychologique et physique d'un athlète pour mieux adapter l'entraînement, ajuster l'entraînement chaque jour. Donc on est dans l'innovation toujours pour voir comment on peut mieux accompagner les athlètes. C'est des équipes qui travaillent ensemble, ça fait toute la différence. pour aligner et prendre ces décisions-là qui sont des bonnes décisions pour l'athlète. [00:48:12] Speaker B: Je trouve ça incroyable tout l'aspect de l'innovation, de tous les pensées. Vous avez littéralement créé un écosystème circulaire pour l'athléte, que tout le monde communique et revient à l'athlète. Ça, c'est top-notch. [00:48:29] Speaker A: On appelle ça une route-service. Donc, tous les déterminants de la performance, puis dans chacun, comment, qu'est-ce qu'on fait pour aider ce déterminant de la performance à être optimisé, puis comment on a des experts aussi. Parce que, une petite anecdote, mon coach, Daniel Mercier, qui était un chercheur, mais il disait, moi, je ne suis pas un chercheur, je suis un trouveur. Donc, je trouve des solutions. Puis c'était toujours, c'est beau avoir du data. Aujourd'hui, avec les mondes connectés, les capteurs, on a plein de data. Mais les coachs, quand tu dis, moi j'ai 68 de VO2 max, puis je fais quoi avec ce résultat-là maintenant? Nous, on a des gens qui vont être capable de dire, avec ton résultat, voici comment ça devrait influencer ton entraînement. Ce n'est pas les mêmes adaptations pour chaque athlète. Donc, l'individualisation, la personnalisation, c'est une des tendances importante de nos jours aussi pour s'adapter aux petites différences de chaque athlète. Parce qu'il n'y a pas un athlète... Deux athlètes qui font la même performance n'ont pas le même profil. Donc, tu ne peux pas les entraîner pareil, même si ils ont le même niveau de performance. [00:49:37] Speaker B: C'est fou, chaque personne est différente. C'est vraiment cool pour vrai. Comment un athlète peut se qualifier pour... Aller s'entraîner à l'INS? [00:49:48] Speaker A: C'est les fédérations sportives qui décident. Donc au Québec, il y a des niveaux d'identification. Donc quand tu es breveté au niveau national, on appelle ça un athlète de niveau excellence. Puis après ça, il y a des niveaux d'identification au Québec qui sont les athlètes élite, relève et espoir. Donc les fédérations sportives provinciales et nationales vont identifier des athlètes qui vont pouvoir faire partie de ces groupes d'entraînement selon leur niveau d'identification et selon leur niveau, ils auront accès à des services et aux installations de l'Institut. Donc, c'est comme ça que ça se passe. C'est vraiment pas nous qui décidons qui vient s'entraîner. Ce sont vraiment les fédérations avec qui on a des protocoles d'entente. Évidemment, les disports résidents, ils ont accès aux installations. Ceux qui s'entraînent dans d'autres installations que l'Institut, ils ont accès à tous les services médicaux et scientifiques selon leur groupe d'entraînement. On a souvent des camps d'entraînement aussi qui se font. C'est les fédérations qui identifient les athlètes qui vont faire partie de l'équipe provinciale, prochaine génération ou nationale. [00:50:49] Speaker B: Donc, vous êtes la personne qui va les amener à se dépasser. Vous allez accueillir les athlètes qui ont été qualifiés par les fédérations. [00:51:00] Speaker A: Exact. [00:51:01] Speaker B: Parfait, je comprends. Avec les derniers Jeux olympiques, un sujet revenait quand même assez souvent au niveau des athlètes professionnels. La fameuse paye. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez un poids? Est-ce que vous pouvez prendre des décisions? Est-ce que vous soutenez d'une façon ou d'une autre les athlètes financièrement? Comment que cet aspect-là fonctionne dans la réalité de l'INS? [00:51:29] Speaker A: Directement, nous, on n'a pas notre rôle d'amener du financement aux athlètes. C'est le rôle du gouvernement par les systèmes de brevets, au fédéral ou au provincial. Les athlètes de breveté excellence reçoivent de l'argent du fédéral, les athlètes élite relève au Québec reçoivent du gouvernement provincial. Nous, notre rôle, c'est de leur donner des services. C'est de même qu'on aide les athlètes. Puis pour la plupart des services, pour l'athlète, c'est gratuit à l'INS parce que c'est payé par les gouvernements, payé par les fédérations nationales, payé par les fédérations provinciales. Donc, c'est cet écosystème-là qui se met ensemble. pour offrir les meilleurs services aux athlètes à moindre coût. On a entendu beaucoup parler qu'il y avait des frais pour faire partie des équipes nationales. Ça peut aller de 5 000 à 30 000 par année. Évidemment, avec le nouveau financement au gouvernement fédéral, ils ont annoncé 750 millions de plus sur 5 ans pour le sport. C'est presque une hausse de 50 de l'argent qui va être investi en sport au Canada. Et ça, ça va être un game changer. Là, on attend les détails d'une journée à l'autre de comment chaque fédération va recevoir de l'argent. Et un des objectifs, c'est que ça ne coûte rien aux athlètes pour être sur l'équipe nationale. Tu veux représenter ton pays, ça ne peut pas te coûter de l'argent pour aller aux championnats du monde ou dans une coupe du monde. Donc ça, c'est une limitation des dernières années. Puis nous à l'INS, bien évidemment, on a beaucoup d'ambition pour aller chercher des nouvelles technologies. Donc, 85% de notre financement de l'INS vient des gouvernements provinciaux, du provincial ou du national, mais ce n'est pas assez. parce qu'on peut faire plus. Donc, c'est pour ça qu'on a depuis un an environ, un an et demi, on travaille de plus en plus à développer nos revenus autonomes et la philanthropie. Donc, on commence à lancer une campagne de financement qu'on veut ramasser 2 millions sur 5 ans minimum, peut-être plus, on verra bien, pour aider à développer des services et des programmes qui ne sont pas financés par les gouvernements parce que souvent il y a des services qui sont financés et d'autres pas. Donc comment on va pouvoir aller encore plus loin, notamment santé mentale. Il y a des choses qu'on peut faire avec l'argent qu'on reçoit du gouvernement, d'autres choses qu'on ne pouvait pas faire. Dernièrement, on a eu une donatrice qui va embarquer avec nous pour plus de 500 000 pour nous aider à développer cet aspect-là. [00:53:57] Speaker B: Vous parlez de la recherche, de l'innovation et tout ça. J'ai trouvé qu'il y a beaucoup de recherches sur lesquelles vous participez, mais aussi vous faites beaucoup de collaborations pour ces recherches-là. Il y en a eu beaucoup qui sont affichées, honnêtement, mais je trouve ça très impressionnant. Mais je suis curieux de t'entendre, il y en a-tu une en particulier que les résultats t'ont vraiment impressionné depuis le début de ton mandat avec l'IONIS? [00:54:23] Speaker A: Peut-être pour resituer aussi, nous ce qu'on fait en recherche d'innovation, on a des collaborations avec 6-7 universités à travers le Québec. On accueille donc de 25 à 40 stagiaires par année qui viennent de partout. Il y en a même qui viennent de France. On en avait cet été. Puis, ils vont passer six mois, un an, deux ans, trois ans avec nous. Donc, pas juste un petit stage d'observation d'un mois. [00:54:46] Speaker B: Si je peux me permettre une petite parenthèse, comment que ces gens-là, s'ils veulent faire un stage avec vous, comment qu'on peut... [00:54:51] Speaker A: C'est dans les collaborations qu'on a avec les universités. Donc, c'est les professeurs qu'on a des collaborations. Puis là, bien, on identifie des projets de recherche sur lesquels ils vont vouloir travailler. Donc, on a un laboratoire incroyable avec les athlètes, les 250 athlètes permanents de l'IMS, puis les 1000 qui sont associés à différents niveaux. Donc, ils vont venir, ils vont identifier des projets de recherche, on va avoir des gens dans nos équipes qui vont les accompagner, puis eux vont venir collaborer avec nos équipes pour faire de la recherche appliquée, on ne fait aucune recherche fondamentale, c'est toujours de la recherche appliquée. Puis pour répondre plus directement, donc on investit presque plus que deux millions de dollars par année, sans compter le temps des stagiaires en recherche d'innovation, donc au bénéfice des fédérations, des athlètes. Puis bien, une des choses qui m'a vraiment impressionné de ce temps-ci, c'est ce qu'on fait en réalité virtuelle. C'est incroyable, puis il faut le voir, Il faut venir à l'INS puis qu'on voit nos installations. Déjà, les gens disent, OK, là, je comprends parce que je te l'explique, mais tant que tu ne l'as pas vu, tu ne comprends pas. Je ne suis pas capable de bien te l'exprimer, de c'est quoi la différence de l'INS avec nos laboratoires, puis on a mis une tante d'hypoxies maintenant pour l'entraînement en altitude. Donc, il faut le voir. Mais la même chose pour la recherche. Donc, ce qu'on fait en réalité virtuelle, On a notamment développé la réalité virtuelle pour la boxe. Donc des lunettes de réalité virtuelle, on a modélisé, premièrement en prévision des Jeux de Paris, donc l'équipe nationale de boxe entraîne chez nous. On a modélisé le stade de Paris. Donc en préparation mentale, l'athlète disait ok moi je vais rentrer par là quand je vais rentrer sur le ring. On a mis des spectateurs, donc ils rentraient dans le stade de Paris. On a essayé de modéliser qu'il n'y ait pas de surprise quand il arrive qu'il y a une c'est quoi l'environnement, à quoi ça va ressembler. Après ça, on a modélisé des avatars qui reprennent les meilleurs boxeurs à travers le monde, pour que l'athlète puisse s'entraîner avec les lunettes, comme on dit sans savoir point sa gueule, et donc pouvoir augmenter son volume d'entraînement, sa prise de décision, Donc, on a pu augmenter en faisant des avatars de plus en plus spécialisés. Fait que t'es presque dans un jeu vidéo. T'es capable de développer ta prise de décision, ton entraînement, sans avoir les coups. Donc, on l'a fait pour la voile aussi. On sait qu'au Québec, l'hiver, c'est dur de faire de la voile. Mais comment tu peux t'entraîner à la voile dans ta prise de décisions? réalité virtuelle. On l'a fait même en récupération de blessures. Donc on a des vidéos par exemple d'un parcours de la coupe du monde de ski alpin. des athlètes en scalping qui étaient blessés, ligaments croisés, etc. Ça prend six mois, neuf mois de réhabilitation. Dans le processus de réhabilitation, on les emmène dans notre salle Inspire, donc notre salle de préparation mentale. On va sur un écran immensément géant, d'à peu près 20 pieds par 15 pieds. qu'on va projeter le parcours de la descente, les athlètes vont être dans un état de relaxation, vont revivre les parcours, donc l'appréhension, l'anxiété de performance après neuf mois que tu n'as pas été sur les planches, il faut que tu reviennes à 125 km heure. Comment on va préparer mentalement l'athlète à la prise de décision, à l'anxiété de performance, comment on va mieux préparer quand ils vont revenir sur les planches. L'athlète va être mieux adapté, plus prêt performer comme ça devrait. [00:58:45] Speaker B: Ça c'est exceptionnel, c'est incroyable. [00:58:48] Speaker A: C'est un des 10, 12, 15 innovations qu'on a qui va venir vraiment aider. Puis il y en a que c'est hyper spécifique sur la technique de nage des athlètes paralympiques par exemple. Donc avec des capteurs qu'on va mettre sur les athlètes et tout ça. Donc il y en a de toutes les sortes qu'on développe, mais la réalité virtuelle c'est C'est quelque chose qu'on développe qui est assez exceptionnel en ce moment, le potentiel que ça peut amener pour le développement des athlètes. [00:59:11] Speaker B: Écoute, je suis ultra impressionné honnêtement. Tu me disais qu'il faut être en vrai pour le croire, mais écoute, on s'en jasera, mais si jamais ça ne vous dérange pas, On t'évite d'avoir invité ça. Ça serait cool, ça serait le fun. Peut-être parce qu'on s'enjasera peut-être de rien dire, mais ça m'intéresse énormément. Pour vrai, je trouverais ça exceptionnel. En plus d'avoir été à New Balance et tout, j'ai vu des installations de plusieurs millions de dollars, j'ai vu des laboratoires très impressionnants. Je serais curieux de voir ce qu'on a ici chez nous. Donc ça, ça serait extrêmement impressionnant. Comment est-ce que tu as fini par être PDG finalement de l'INS? [00:59:55] Speaker A: Mais pour moi, il y a eu une ouverture de poste, puis il y a des chasseurs de têtes qui m'ont appelé. Ça t'intéresserais-tu? Ce qui m'a amené là, c'est mon cheminement de carrière. Évidemment, on le disait tantôt, 85-90 du financement est public, mais il y avait une volonté de générer plus de revenus. Puis dans ma carrière, souvent j'ai fait de la philanthropie, j'ai fait du marketing, marketing du sport. Donc, c'était quelque chose qui était souhaité pour la prochaine direction générale. Donc, j'avais un profil intéressant, puis je connaissais le sport aussi. Je n'étais pas juste quelqu'un qui avait travaillé dans le milieu des affaires. Je ne connaissais pas la sensibilité et la différence du sport avec mon parcours de coaching. Bon, j'avais différents atouts, mais ça est arrivé tout simplement par un appel d'une firme de recrutement. Puis, j'ai embarqué dans le processus. Puis, comme on le disait tantôt, à cause de la qualité des gens qui travaillent à l'INS et des installations et du potentiel de développement, c'est quelque chose qui était vraiment intéressant de travailler dans une organisation unique au Québec avec un potentiel unique. Donc, c'est ça qui m'a amené comme PDG de l'Institut national du sport du Québec. [01:01:05] Speaker B: Est-ce que chaque province a leur INS? [01:01:09] Speaker A: Pas de toutes les provinces. Au Canada, il y a cinq instituts, puis il y a deux centres d'entraînement qui sont des centres qui offrent un peu moins de services. Donc, il y en a à Vancouver, à Vancouver-Whistler, Victoria. Puis il y en a à Calgary, à Toronto, Montréal, Halifax. Puis il y a deux centres en Saskatchewan et au Manitoba qui sont un petit peu plus petits. [01:01:32] Speaker B: Pour closer ton poste de PDG, Qu'est-ce qu'un rôle comme être PDG, tu as appris sur la gestion d'une organisation aussi gros que l'INS? [01:01:45] Speaker A: Moi, je trouve le plus important dans une organisation, c'est la culture de l'organisation. Donc, d'avoir des valeurs communes, d'avoir un alignement, de savoir où on s'en va, de s'entendre là-dessus. Donc, on vient de finir notre plan stratégique, le 2026-2030. On a pris plus d'un an à développer notre plan stratégique. Puis à la fin, le plus important, c'était pas de savoir tant les projets qu'on va faire parce que ça, oui, C'est important, mais à la fin, c'est quoi nos valeurs communes? Puis, qu'est-ce qui va être notre ADN? Qu'est-ce qui va faire la différence INS? Puis qu'on s'entende là-dessus, puis qu'on aille, on parlait tantôt de processus, c'est un peu la même chose. C'est quoi le chemin qu'on va prendre pour aider nos athlètes au Québec? Donc, pour moi, la culture d'une organisation, c'est ce qui est le plus important. [01:02:40] Speaker B: C'est quoi votre mission? [01:02:42] Speaker A: Notre mission, c'est de propulser la performance humaine avec une approche de calibre mondial. C'est bon que je m'en rappelle par cœur, c'est notre nouvelle. On l'a raccourci pour être capable de s'en rappeler. Mais non, effectivement, c'est pour ça qu'on parle de propulser la performance humaine, ça veut dire qu'on veut l'amener plus loin. Ce n'est pas juste la performance sportive, c'est l'aspect humain global de l'athlète qu'on va travailler. Puis on veut avoir une approche de calibre mondial, donc on veut aller chercher les meilleures ressources, puis les meilleures approches qui existent, donc les meilleures pratiques, de s'inspirer de ces meilleures pratiques-là, puis nous, comment on va les adapter à notre réalité. Puis c'est comme ça, si on veut avoir des athlètes qui sont les meilleurs au monde, il faut avoir une approche à calibre mondial. [01:03:25] Speaker B: Si tu avais un message à passer au monde du sport, ce serait quoi? [01:03:30] Speaker A: C'est pas mal ambitieux, un message au monde du sport. [01:03:35] Speaker B: Je te mets dans ton rôle de PDG. [01:03:38] Speaker A: bien dire qu'il faut avoir de l'ambition pour le monde du sport, puis il faut avoir une voix plus forte. Au Québec, je pense que le sport peut avoir un rôle plus important en termes économiques, en termes de développement, en termes de prévention de la santé et je pense que même si on en est conscient, on reste entre nous autres pas mal trop. Je pense qu'il faut s'inspirer de la culture, qui sont plus revendicateurs, qui sont capables de mieux faire valoir ce qu'ils sont et leurs contributions dans la société québécoise. Et le sport, c'est une industrie incroyable, beaucoup basée sur le bénévolat, mais qui a besoin de ressources pour des professionnels qui vont soutenir ces groupes de bénévoles. Et donc, je pense que le milieu du sport doit avoir de l'ambition. la société québécoise, l'ambition pour nous-mêmes. Puis, il ne faut pas avoir peur de se donner et de trouver les moyens de nos ambitions. Puis pour ça, il faut travailler plus en coalition, plus en groupe, puis ne pas avoir peur de se redéfinir, de ne pas accepter le statu quo. Puis, il faut embarquer les gouvernements et le secteur privé pour encore plus à soutenir cette industrie-là, qui en est une. Moi, je pense qu'on a une contribution à la santé des Québécois qui est importante. Même dans le sport de haut niveau, la santé des athlètes de haut niveau, puis accompagner les gens dans leur développement. Moi, quand j'entends dans toutes les études qu'à peu près entre 15 et 17 ans, c'est le plus gros moment de décrochage du sport pour les gens, je tombe à terre. Puis quand on parle qu'il y a à peu près un ou deux cours d'éducation physique à tous les neuf jours dans les écoles, je pense qu'on manque une opportunité incroyable d'avoir, de parler de prévention de santé, puis de donner des opportunités vraiment à tous ceux qui veulent faire du sport à différents niveaux de pratique. Il y en a qui veulent faire de façon récréative, de façon non organisée, mais aussi de façon organisée et de façon très haut niveau. Donc, de la découverte du sport jusqu'au haut niveau et à l'excellence, il faut voir comment on va donner les moyens aux gens qui encasent ces différents acteurs-là de l'industrie parce qu'on a une vraie contribution. Puis on a beaucoup parlé, le temps d'écran, avec la COVID, comment les gens ont arrêté de faire de l'activité physique. Puis on voit l'explosion des coûts de santé. Je pense qu'il y a un lien avec tout ça. Puis je pense que si on veut avoir de la fierté comme nation québécoise, il faut aussi avoir des athlètes d'exception. Mais on se bat contre 200 pays à travers le monde, donc il faut se donner les moyens au moins égaux à ces pays-là. [01:06:41] Speaker B: Le Québec, mettons, si on regarde nationalement le Québec, ils nous classeraient comment, mettons, en termes de qualité de nos athlètes, en qualité de développement de nos athlétes? [01:06:52] Speaker A: Le Québec est un leader au Canada dans la qualité de l'encadrement pour les athlètes. On veut toujours faire mieux, mais il faut quand même reconnaître que ce qu'on fait, il y a beaucoup de provinces qui sont jaloux de ce qu'on fait au Québec, du soutien qui est donné aux athlètes québécois. Donc, je pense qu'on doit être fier de ce qu'on fait pour l'encadrement de nos athlètes. Moi, j'aime toujours dire que je pense qu' on pourrait faire mieux du côté des entraîneurs. Le soutien aux entraîneurs, il n'est pas suffisant au Québec. Puis j'aime toujours dire, oui, il faut aider les athlètes. Mais quand tu aides un athlète, tu aides un athlète. Quand tu es un coach, quand tu développes un coach, tu développes peut-être 100, 200, 300, 400 athlètes sur une carrière d'un coach pendant 40 ans. Et ça, donc pour moi, le meilleur développement des athlètes, ce serait d'investir beaucoup plus dans le développement de nos coachs, d'avoir des coachs à temps plein, ce qu'on a peu au Québec en proportion des coachs bénévoles. Puis, je pense que c'est la prochaine grande évolution pour le sport, ça serait ça, d'avoir plus de coachs qui sont développés et qui travaillent à temps plein pour le bénéfice de nos jeunes. [01:08:08] Speaker B: Liénès est un membre fondateur de la coalition qui veut faire du Québec la nation la plus active au monde. Concrètement, qu'est-ce que Liénès fait pour M. et Mme Tout-le-Monde? [01:08:22] Speaker A: On s'est regroupé en coalition. Unanimement, chaque organisation sont membres de la coalition. Puis au fil des années, des organisations qui se sont joints à la coalition. Au début, c'était le sport, parce que sport, activité physique, sport, activité physique plein air, saines habitudes de vie. Puis on a été très actifs dans cette campagne électorale. Il y a des gens comme Laurent Duvernay-Tardif, Bruno Marchand, le maire de Québec, qui sont venus appuyer ce que la coalition demande. Pourquoi donc chaque organisation Sport Québec, et dans la coalition c'est le membre fondateur aussi, on s'est dit comment si on se regroupe ensemble, quel impact on va avoir sur le développement du Québec? Comment le sport, l'activité physique, le plein air, peut contribuer à la société québécoise, notamment en prévention de la santé? Je pense qu'on est plus fort si on se regroupe et on travaille ensemble. Évidemment, chacun a nos propres objectifs. Nous, on est pour l'idée que le sport va aider la prévention en santé et qu'on va avoir une société plus active, plus en forme, moins malade. mais nos objectifs pour le sport de haut niveau sont en parallèle, mais je pense qu'en étant ensemble, on est plus fort, le message est vraiment porteur de plus en plus. Pierre Lavoie s'est joint à notre coalition il y a quelques années, donc on a élargi la réflexion sur l'impact que peut avoir le sport, le plein air, l'activité physique au Québec. Ce qu'on demande au gouvernement dans cette campagne-ci, c'est un, de soutenir un temps d'arrêt, parce que le modèle sportif québécois a été développé dans les années 60, ça fait plus de 50 ans. Pierre Lavoisier, ça ressemble à une Chevrolet 1967. C'est le temps peut-être de faire un temps d'arrêt pour dire comment on veut voir le développement du sport dans les 50 prochaines années, sa contribution au Québec. Puis on veut que le gouvernement reconnaisse le sport comme une priorité nationale. Donc, c'est nos grands objectifs. Puis en faisant un temps d'arrêt, c'est de voir qu'est-ce qu'on a besoin, comment on voit le développement du sport, l'activité physique dans les prochaines années. Puis évidemment après ça, c'est qu'est- ce qu'il faut mettre comme soutien pour arriver à nos objectifs. Mais avant de demander de l'argent, il faut savoir qu'est- ce qu'on veut faire, qu'est-c'qu'on devrait faire. Puis c'est le fun, dans la dernière année, il y a eu quand même plusieurs articles dans les médias du Québec sur des modèles comme en Finlande, en Norvège. Donc, il y a des choses qui peuvent être inspirantes pour nous. Évidemment, après ça, il faut l'adapter à la sauce. Québec, on ne peut pas copier un modèle. mais je pense qu'il y a des choses intéressantes qui vont de l'initiation, de la découverte d'un sport, de la pratique jusqu'au sport de haut niveau. Je pense que c'est le temps d'avoir un petit temps d'arrêt, un grand temps d'arrêt pour voir Moi ça m'excite vraiment de réinventer comment on va faire évoluer le sport, la pratique sportive. Ça va être intégré dans les mœurs des gens beaucoup plus compte tenu de la nouvelle réalité dans laquelle on vit dans tout ce qui est le monde numérique. Ça a une influence directe sur la pratique sportive et comment on va avoir une nation vraiment plus en forme. J'espère que les gouvernements qui ont souvent des objectifs à plus court terme, se faire élire dans 4 ans, parce que la prévention de la santé, c'est des objectifs sur 10 ans, 25 ans. Ça va être une ou deux générations. Mais il faut partir à un moment donné. Puis on ne peut pas dire qu'on fait de la prévention de la santé avec un peu de mesures cosmétiques que j'appellerais. Il faut y mettre quelque chose d'important, puis du temps, de l'énergie, puis de l'argent. Puis je pense que ça va nous revenir au centuple. [01:12:15] Speaker B: si je peux témoigner. J'ai joué 12 ans de ma vie au football. C'est ce qui m'a permis de me faire des amis que j'ai encore aujourd'hui. Des amis que je vais garder le restant de mes jours. Ça m'a permis de vivre de l'adversité qui m'a permis de grandir. Ça m'as permis de me forger à devenir la personne que je deviens aujourd'hui. J'ai appris des choses dans le sport qui m'ont permis de passer à travers certaines étapes que je pensais que sans le sport, sans mes chums, sans l'entourage, sans le soutien de mes coachs, je ne sais pas trop où je serais aujourd'hui. J'ai toute ma vie tellement fait de sport qu'aujourd'hui, j'en fais encore et j'adore ça et je ne me vois pas arrêter juste parce que j'en ai fait toute ma vie. [01:12:58] Speaker A: Exactement. [01:12:58] Speaker B: Donc, quand je regarde les statistiques, tantôt je parlais, ils disent que De 12 à 17 ans, les gens ne bougent pas assez. Les stats, c'est quand même assez impressionnant. Moi, je soutiens ça beaucoup. C'est une des raisons aussi pourquoi, au début, j'avais lancé le podcast. Au début, c'était beaucoup dans l'idée de vouloir mettre de l'avant les programmes, mettre de l'avant les athlètes qu'on a au Québec. Je trouve ça important. Mais plus j'avance, dans l'émission d'aujourd'hui, mais plus j'avance aussi dans le processus de mon podcast, je remarque qu'on peut avoir un impact encore plus grand que ça. En fait, on peut aller vraiment, pas insister, mais peut-être inspirer les gens à vouloir bouger plus. Ensuite, peut-être leur montrer comment le faire ou leur donner accès à des endroits à plus haut niveau. Non, je trouve ça vraiment, vraiment exceptionnel d'avoir, que tu aies pris le temps de partager ça. En finissant, Marc, cette question-là, je la pose à plusieurs de mes invités. Je la trouve très importante. En fait, ça, c'est quelque chose de plus personnel. Mais si tu avais un conseil à donner à un jeune athlète de 17, 18, qui commence la vie, qu'est-ce que tu lui dirais? [01:14:15] Speaker A: J'espère que le sport pour un jeune, j'espère que ça va être fondateur pour toi, mais qu'à 40 ans et à 60 ans, tu pourras en faire encore. Donc, ce n'est pas juste un passage ou une activité pendant que tu es ado, mais que ça va faire partie de ta vie au complet. Puis moi, même quand j'étais à la Fédération d'athlétisme, puis même aujourd'hui à l'INS, c'est oui, on veut développer des bons athlètes. mais on veut développer des bons individus. Moi, j'ai trouvé que notre taux de succès, ce n'est pas juste de savoir combien de médailles on va avoir au chamberlain canadien. Dans 20 ans, 30 ans, ces gens-là auraient-ils une belle expérience, le sport? Auraient-ils forgé une partie de leur vie? Et est-ce qu'ils en font encore? Ça a été juste un passage, puis après ça, ils ont arrêté de faire du sport. On a raté notre mission, même si cette personne-là a gagné une médaille au championnat canadien. Ça va plus loin que ça. Le sport, moi, je l'ai toujours dit, c'est une école de vie. Tu l'as mentionné, t'as témoigné pour toi, c'en est un qui forge un peu qui t'es, puis qui tu deviens. Ben c'est ça je pense, qu'un jeune athlète de l'université, fais du sport pour les bonnes raisons, amuse-toi, le plaisir doit être au centre, même quand on parle de performance olympique, puis espérons que tu vas développer des aptitudes générales qui vont faire que toute ta vie tu auras le goût de faire différents sports. [01:15:39] Speaker B: Ils disent que les meilleurs athlètes au monde, c'est eux qui ont le plus de plaisir à pratiquer leur sport. Donc moi aussi je trouve ça important. [01:15:51] Speaker A: C'est la base, tu peux bien t'entraîner fort. Moi j'en ai vu des athlètes de très grands talents arrêtés parce qu'ils n'aimaient pas s'entraîner. Ils étaient tellement bons vite que là ils gagnaient des médailles, ça ils trouvaient ça le fun, c'était valorisant. Mais ils n'aimaient pas s'entrainer, ils n'aimaient pas faire le sport. Ils n'ont jamais été loin ces athlètes-là. Parce qu'il faut que tu aies la passion pour passer des dizaines d'heures par semaine à t'entraîner. Donc le plaisir, Des fois, on met en opposition le sport de haut niveau, le plaisir. On dit «Ah non, le sport de haut niveau, c'est trop, il faut juste être sur le plaisir.» Bien, un n'empêche pas l'autre. Même pour les athlètes de haut niveau, le plaisir doit faire partie de leur réalité. Puis, c'est pour ça que ça n'existe plus ou ça ne devrait plus exister, les coachs dictateurs, etc. parce que ça ne marche plus, parce que là, tu enlèves le plaisir. Les coachs, je pense, les coachs motivateurs qui vont faire performer leurs athlètes, peut-être pour un match, deux matchs, une compétition, mais sur le moyen et long terme, ce n'est pas vrai que ça fonctionne. Donc, le plaisir devrait être au cœur de tout un parcours, puis on veut que les gens fassent du sport jusqu'à 99 ans. [01:16:59] Speaker B: Merci d'avoir partagé ça Marc. [01:17:01] Speaker A: C'est un plaisir. [01:17:02] Speaker B: Pour tout le monde, c'était le Game On podcast. Notre invité aujourd'hui, Marc Desjardins, notre président directeur général de l'Institut national des sports du Québec. Merci Marc. Quelle discussion, c'était vraiment exceptionnel. [01:17:16] Speaker A: Ça me fait plaisir.

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