Episode Transcript
[00:00:00] Speaker A: Le balado que tu t'apprêtes à écouter, tu peux pas l'entendre à...
[00:00:16] Speaker B: Pour revenir à ce que tu m'as demandé, présentement je commence avec les coachs parce que je pense que ça a quand même un gros impact.
Je ne parle pas à n'importe qui. Tu représentes l'université de quatre universités dans la ligue RSEQ, ce qui est pas mal intéressant. En ce moment, je me concentre beaucoup sur les coachs, Je veux aller toucher aux côtés athlètes. Je sais qu'on a beaucoup de joueurs québécois qui jouent professionnels. Ou même, ça pourrait être intéressant de parler à des gars universitaires aussi, qui sont ouverts à l'idée. J'aimerais ça parler avec des médecins, des docteurs, des gens qui suivent, des kinesiologues, des gens qui entraînent aussi les gars, pour essayer d'aller chercher chaque facette du football.
Fait qu'il y a le côté humain, le côté mentalité, mais aussi dans le gym, puis aussi sur le terrain. Fait que j'aimais ça, tout mixer ça ensemble pour ce podcast-là, en fait.
[00:01:17] Speaker A: Ben, c'est un beau projet, t'sais, puis il y a tellement beaucoup d'acteurs dans le monde du football, puis pour une équipe que c'est...
Oui, aujourd'hui, je vais donner une perspective, mais il y en a beaucoup de perspectives par rapport au football. À l'interne, dans une équipe, dans une ligue, dans une province, dans un pays, il y a beaucoup de monde qui ont des avis différents et qui ont une perception différente de notre sport et du contexte.
Je vais essayer de parler du mieux que je peux avec l'Université de Sherbrooke et sa réalité.
[00:01:47] Speaker B: That's it. J'ai préparé une petite intro pour toi. Ça va comme suit. Kevin Régébal Gagné, entraîneur chef du varéor de l'Université de Sherbrooke depuis 2023. Tu as été secondaire étoile du varéo de 2008 à 2012, nommé First Team All-Canadian en 2011. Tu as marqué l'histoire en poursuivant une brillante carrière professionnelle avec les Rough Riders de la Saskatchewan dans la Ligue canadienne de football. En 2013, tu deviens le premier joueur, issu du programme Shep-Ou-Quoi, à soulever la Coupe Grey. Vraiment impressionnant. Après ta carrière sur le terrain, tu es tournée vers le coaching, rejoignant le Varéor en 2016 et occupant le poste de coordinateur des unités spéciales et adjoint entraîneur-chef de 2017 à 2023. En 2019, tu deviens champion de la médaille d'or lors du tournoi canadien U16. Aujourd'hui, tu es le cinquième entraîneur-chef du Varéor.
Ta mission? Écoute, on va en reparler plus tard, mais je pense que ce serait de guider la prochaine génération d'athlètes, si je ne me trompe pas. J'ai vu dans quelques entrevues que tu avais faites, ça m'a un peu inspiré en écrivant ça. J'aimerais que tu me parles de où ça vient en fait, de où tu viens, de où ta passion pour le football a commencé.
[00:03:04] Speaker A: Oui certainement, premièrement, belle intro, bonne recherche de ton côté. À la base, j'aime ça commencer avec un pédigree un peu plus large que celui du foot. Je me disais un enfant du Québec, j'habitais en Abitibi, je suis né à Rouyn-Noranda, j'habitais à Québec, j'habitais sur la rive nord de Montréal.
à Sherbrooke, sur la rive sud de Montréal. Fait que je me suis promené un petit peu partout. Mais où j'ai vraiment tombé en amour avec le sport, c'était sur la rive d'Or. Fait que j'ai joué, moi, tout mon football, avant d'arriver au Cégep, a été du football civil. Fait que j'ai joué pour les Wildcats de Laurentides l'année d'hier.
[00:03:38] Speaker B: Ah ouais, OK. J'ai joué aussi civil, moi. J'ai joué avec les Bulldogs du Chabreux.
[00:03:41] Speaker A: Les Bulldogs.
[00:03:42] Speaker B: Exact.
[00:03:43] Speaker A: Dans ce temps-là, il y avait peu d'offres scolaires sur la Rive-Nord de Montréal. Ça demandait de s'isoler ou de faire un peu plus de route pour trouver un endroit pour combiner les deux. Les programmes civils étaient en santé, il y avait de la bonne compétition.
Puis c'est simple, je suis tombé en amour aussi simplement que de voir un casque de football. La première fois que j'ai vu un casque de foot, j'ai mis ça sur ma tête. Je n'étais pas encore inscrit au football. J'ai fait comme ce sport-là. C'était la première fois que je le découvrais. En Abitibi, il n'y avait pas de football. À Québec, c'était très peu répandu à ce moment-là.
La première pratique que j'ai faite, c'était la pire pratique, dans le sens que c'était du conditioning, puis, tu sais, ils nous « roastaient », là, tu sais, on était des jeunes, puis oui, 12 ans, puis ils nous faisaient courir, puis il n'y avait rien de si intéressant, tu sais, dans la réalité du football qu'on connaît aujourd'hui. Puis pourtant, je suis tombé en amour, tu sais, je me souviens d'avoir embarqué dans la voiture après, puis ma mère me rappelle souvent cet épisode-là, puis elle me dit, tu sais, tu viens de trouver ta passion, tu sais, c'est clairement la chose que...
que je vois que tu aimes. Depuis cette journée-là, je vis pour le football.
Après ça, j'ai continué mon parcours jusqu'au Cégep. Au Cégep, j'ai joué au Cégep du Vieux-Montréal. Ah oui, un CBM.
[00:05:02] Speaker B: Il était 31 dans cette année.
[00:05:04] Speaker A: Oui, oui, tout à fait. Puis c'était le programme de Division 1. Je suis arrivé en 2005, qui marquait le cinquième bol d'or de suite du Vieux-Montréal.
C'était Marc Senterre qui était en entraîneur chef à ce moment-là.
Je suis arrivé dans une équipe qui était bourrée de talents. Des Julian Feolli, des Jean-Philippe Choiry. Je pourrais t'en nommer jusqu'à demain matin des Amine Mahmoudi, des Julien Amel. Il y avait beaucoup de talent dans cette équipe-là.
Fait que 2005, dernière année de Marc Senterre, cinquième de suite, puis ensuite 2006-2007, transition d'entraîneur-chef, un passage un petit peu plus difficile. Malgré tout, en 2007, on est retourné au Bador, qu'on a perdu contre Vanier en 2007. Puis là, bien, il vient le temps de prendre une décision universitaire, arrive à Sherbrooke pour un paquet de raisons. On ne va pas s'étaler là sur le sujet, mais j'ai choisi de venir ici à Sherbrooke, donc de 2008 à 2012, comme tu l'as dit tantôt.
un beau parcours universitaire. Puis là, c'est là que je comprends que potentiellement, en mettant les efforts, j'ai peut-être l'occasion de me tailler une place au niveau professionnel, puis d'aussi côtoyer des gens qui le font. À ce moment-là, on parle de Samuel Giguère, de Pierre-Luc Labbé, qui réussissent à faire leur marque au niveau de la CFL.
Puis bon, l'occasion se présente, je réussis à avoir des tests raisonnablement bons qui me permettent de finalement me tailler une place, de me donner l'opportunité de me tailler une place.
Puis oui, là, je suis tombé à la bonne place au bon moment, encore une deuxième fois en Saskatchewan. Je suis arrivé là avec une excellente équipe qui avait tout pour remporter. On s'est rendu jusqu'au bout, gagner une Coupe Grey à Regina.
[00:06:42] Speaker B: C'était assez spécial aussi. À la maison en plus.
[00:06:46] Speaker A: Aïe aïe. Ça, c'était un beau happening. Il y avait beaucoup de monde. C'était une belle ambiance. Puis pour moi, ça reste des souvenirs vraiment marqués dans ma mémoire.
Bon, passage au niveau professionnel, il y a eu plein de beaux moments, des moins beaux. C'était la première fois que j'ai eu vraiment des blessures sérieuses qui m'ont tenu à l'écart du jeu. J'ai été chanceux au niveau universitaire, pas de blessures. J'arrive au niveau professionnel, j'ai payé un peu le prix. Dans le contexte, vient un moment dans ma vie où je dois prendre une décision.
À ce moment-là, c'était David Lessard qui était entraîneur chef ici à Sherbrooke. Il vient me rencontrer. Je venais de signer un contrat avec les Alouettes. Il me dit « J'aimerais ça que tu t'impliques dans le coaching à Sherbrooke. Je sais que tu vas passer la saison morte ici. N'hésite pas à venir. » Finalement, je commence à coacher.
Je me fais couper des alouettes à ce moment-là.
J'ai été coupé à cause d'une blessure, donc l'évaluation médicale a fait en sorte qu'ils m'ont tenu à l'écart de jeu. On m'offre à ce moment-là un poste d'entraîneur, chaud sur l'occasion. J'avais déjà coaché à plein d'autres niveaux avant d'arriver là.
Puis là, j'ai goûté à ça, puis je suis tombé en amour avec le fait d'être un entraîneur. Après ça, l'année suivante, changement de garde, tombe coordonnateur des unités spéciales. Puis là, vraiment, je sentais que j'étais sur mon X au bon endroit.
Pour moi, le Varéor, c'était plus qu'un programme de football, c'était ma famille, c'était le programme que j'avais choisi.
[00:08:13] Speaker B: Exact. T'es chez toi, c'est...
[00:08:15] Speaker A: Carrément. Puis là, de tomber dans cette envie, dans laquelle on connaît déjà la culture, l'histoire, puis je me plains à dire que ça va faire 10 ans que je suis coach ici à l'université, plus mes 5 ans de joueurs, ça fait 15 ans sur un programme qui a 22 ans d'existence. Fait que j'ai pas manqué énormément d'années du Varéor.
[00:08:31] Speaker B: Tu prends l'homme d'oeil, en fait.
[00:08:34] Speaker A: Pour moi, c'est ça. Après ça, on enchaîne les années, on change un petit peu de poste au niveau des positions. Mais à la fin de la journée, peu importe le poste que j'ai occupé, pour moi, ça a toujours été le même défi et la même passion qui m'a motivé. C'est d'emmener cette équipe-là à devenir où elle doit être.
À travers ça, Pour moi, c'est de bâtir la relève de demain, de faire en sorte que les étudiants-athlètes qui font partie de notre équipe, oui, deviennent des meilleurs joueurs de foot, oui, soient des bons étudiants, mais qu'ils soient des bonnes personnes et qu'ils aient les bonnes valeurs pour quand ils vont arriver sur le marché du travail, quand ça va être des pères de famille.
qui comprennent un petit peu. Je pense que tu le vis déjà, le background d'être un étudiant athlète, pour moi, ça a énormément de valeur sur la personne et sur ce que tu vas être dans les prochaines années. Je pense que pour nous, on a le rôle de mentor, de seulement faire en sorte que tout le monde s'en va dans la même direction. Ça, je pense que c'est la beauté du football. Très rapidement, c'est un petit peu ça mon parcours. Je reste aussi passionné du foot que je l'étais la première journée à ma pratique.
sur un petit terrain en gazon tout magané pis que j'avais juste couru toute la pratique.
[00:09:52] Speaker B: That's it. Mais c'est vrai que t'as raison sur le côté de... Moi je pars pour mes expériences personnelles. Le football m'a pas juste amené à faire un sport, à être en forme, à m'entraîner. Ça m'a permis aussi de me forger de la personne que je suis devenu aujourd'hui.
Chaque personne que j'ai croisé dans mon parcours a un impact. Tu sais, sans le savoir. Je trouve ça hyper intéressant que tu amènes ce point-là justement parce que... Justement...
Tu sais, les gens qui font un sport, je pense qu'ils le font pas juste non plus pour le sport.
Ils le font aussi pour grandir en tant que personne. Fait qu'on va en reparler un peu de ça. Je veux juste rewind un peu. C'était quoi ta première position quand t'as commencé?
[00:10:33] Speaker A: La première position, c'était fall back. Fait que j'ai commencé vraiment à fall back.
Puis dans cette année-là, je m'étais cassé le bras. Puis là, j'avais 12 ans. Je reviens, je manque les deux premiers matchs de la saison. Puis là, je commençais à prendre du poids. Puis dans ce temps-là, la limite de poids, c'était 145 livres pour jouer puis oui.
Pour jouer pis oui. Sinon tu tombais bande-thumb. Peu importe l'âge que t'avais, c'était 145 livres, sinon tu pouvais pas jouer pis oui. Moi c'était ma première année de foot à vie, je me casse le bras, pis je me souviens qu'avant la pesée officielle, j'avais pas mangé je pense pendant deux jours pour peser genre 143 livres pis jouer ma première année pis oui, j'étais pas prêt à jouer bande-thumb. Finalement j'ai tombé à jouer au line, tu comprendras que mon poids faisait en sorte que j'étais sur la ligne offensive.
Fait que la première année, j'ai joué ligne offensive. Deuxième année, j'ai joué tight end receveur. Puis ensuite, ça a été linebacker, quasiment, t'sais, linebacker safety défensive pour le restant de mes années.
[00:11:29] Speaker B: OK, quand même. Puis tu t'es promené, c'est quand que... Est-ce que dans ce temps-là, ils mettaient des... En fait, c'était avant la règle des overweight, là? Oui.
[00:11:38] Speaker A: Il y avait pas les X, t'sais. Dans le fond, à un moment donné, ça a changé que les... À tel âge, t'avais au-dessus de tel poids, t'avais un X sur ton casque obligé de jouer sur les lignes. Nous, c'était vraiment...
T'avais plus que 145 livres automatiquement un joueur, pis oui, tombait bantam.
[00:11:52] Speaker B: Pis, dans la Ligue sur la Rive-Nord, tu jouais contre qui exactement?
[00:11:57] Speaker A: Ben, Laval, les Blues de Chemedey, les Vikings de Laval-Nord, on jouait contre Sun Youth, on jouait contre... Fait que t'sais, vraiment l'île pis la Rive-Nord, t'sais.
Nous autres, sur la Rive-Nord, souvent, dans plus bas âge, il y avait moins de programmes d'excellence, puis il y avait genre trois équipes juste pour la Rive-Nord. Il y avait comme les Panthères, les Jaguars, puis les Lions. On était bien stiqués, ces félins. Mais c'était vraiment ça dans la portion... On jouait vraiment tout le gros Montréal. On jouait parfois la Rive-Sud, par exemple les Rebelles ou les Cowboys, on jouait contre ces équipes-là.
mais c'était vraiment plus la Rive-Nord.
[00:12:33] Speaker B: OK. Est-ce que ça t'a déjà passé à l'idée d'aller jouer... Dans tes années, c'était probablement le junior. Oui. Mais t'as-tu déjà passé à l'idée d'aller jouer là?
[00:12:44] Speaker A: De sortir du cégep, par exemple?
[00:12:46] Speaker B: Oui, exactement. Parce que je sais qu'il y a aussi des gens qui le font à l'université. Je parlais avec coach Maxime Chaput-Dupuy. Lui, il a fini sa carrière justement au junior. Fait que...
[00:12:57] Speaker A: Je ne peux pas dire que ça ne m'est pas passé par la tête, mais on dirait que j'étais toujours à la poursuite du meilleur niveau de football possible. Je ne veux pas dénigrer le junior, mais le junior au Québec n'est pas ce qu'il y a en Ontario ou dans l'Ouest. Dans l'Ouest canadien, l'exemple à Arigina, c'est vraiment fort le junior. Tandis qu'ici, si tu n'es pas universitaire ou collégial, Les niveaux sont un petit peu plus faibles. À ce moment-là, c'était moins une décision de mon côté. On dirait que je voulais vraiment pousser dans les meilleures divisions possibles.
[00:13:29] Speaker B: Une fois que t'as fini de jouer civil, t'as joué civil jusqu'à temps que t'arrives collégial. Ok, fait que t'as été capable de faire ton midget. C'était dans les grosses années que le civil marchait, comme tu disais. Parce que moi je me rappelle, quand je jouais au Bulldog, il a fallu que je quitte, on avait de la misère à finir nos équipes. J'ai fini, je m'en alliais sur le midget, mettons sur mon R3, R4. Fait que j'ai dû aller jouer au triolet. Après ça, CVM.
C'était comment, parce que t'es arrivé dans un gros programme, t'avais beaucoup de joueurs. Tu l'as vécu comment, toi, l'adversité là-bas, puis est-ce que t'as été capable de faire une place facilement dans l'équipe?
[00:14:08] Speaker A: Oui, quand même.
Je dirais que moi, ça me déracinait complètement. On part d'un programme d'Arrive-Nord, puis là, j'arrive dans un programme au Vieux-Montréal où est-ce qu'il y a du monde de partout, puis il y a des excellents joueurs de foot.
Le midget, j'avais été un bon joueur, j'avais réussi à faire ma place. Quand j'arrive là, je me rends compte qu'il y avait des linebackers de Notre-Dame, des joueurs de Saint-Jean-Eux, de SSF. Il y avait des gros programmes scolaires qui, à ce moment-là, étaient déjà bien établis. C'est la première fois où j'ai vraiment fait face à de la grosse compétition.
Pour moi, c'était changer d'environnement aussi complètement. Mais oui, j'ai fait ma place. La beauté, c'est qu'on a eu une grosse cohorte qui est arrivée en même temps. Exemple, j'ai fait toutes mes années avec Arnaud Gascon-Nadon.
Là, je te nomme seulement lui, mais j'ai joué avec Retransoné, j'ai joué avec... Il y avait des bons joueurs qui sont arrivés à ce moment-là, que ça nous a permis de bâtir un petit peu l'identité qu'on voulait avoir comme équipe. Puis à ce moment-là, c'est plus facile quand on a un cercle alentour de nous qui grandit avec nous, c'est un petit peu plus facile de faire sa place.
[00:15:19] Speaker B: Tu vois comment l'adversité...
Personnellement, quand je suis arrivé à Lenoxville, j'ai toujours eu du succès au football. Quand je suis arrivé à Lenoxville, j'ai frappé un mur parce que j'ai vu qu'il y en avait d'autres de bons aussi. Tu vis comment toi l'adversité.
[00:15:38] Speaker A: Ben, selon moi, c'est soit que ça va te forger, soit que ça va te « break », t'sais, comme il y a des gens qui le vivent pas de la bonne manière, t'sais, je veux dire pas de la bonne manière, qu'ils se laissent écraser par la compétition qu'ils peuvent avoir. Mais moi, je suis vraiment dans la ligne d'idée que, pour moi, ça va te faire grandir, t'sais. La journée où est-ce que t'es un bon joueur, mais qu'il y a d'autres bons joueurs à côté de toi, ben t'as pas le choix de continuer à t'améliorer pour devenir un meilleur joueur. Puis t'sais, je donne un exemple.
Quand j'étais ici à l'université, les linebackers avec lesquels j'ai joué le plus de nombre d'années, c'est Philippe Fonseca, je sais pas si le nom dit quoi.
[00:16:16] Speaker B: Ça me dit rien, non?
[00:16:17] Speaker A: Il a été un excellent backer. Puis Nicolas Boulay. Nicolas Boulay qui a une longue carrière dans l'équipe canadienne. Alexandre Gagné qui est arrivé par la suite ici, qui joue encore pour les Elouettes de Montréal, qui est capitaine pour les Elouettes. Olivier Goulet-Veilleux qui était un linebacker extraordinaire, qui a eu sa chance à Ottawa, qui s'est blessé malheureusement dans le camp d'entraînement.
mais comme le niveau de jeu, est-ce qu'on était aussi bon qu'on le laisse paraître? Selon moi, c'est vraiment juste la compétition interne. Moi, je me souviens de m'entraîner avec Nicolas Boulay, pis je voulais pas qu'il benche plus que moi ou qu'il squatte plus que moi ou qu'il court plus vite que moi, pis c'était la même chose de son côté, pis c'était la même chose pour l'ensemble des linebackers. Pour moi, ça, c'est vraiment où est-ce que ça part. Quand t'es en mesure de faire une compétition interne, quand t'es en mesure d'avoir des gens qui se battent pour le même spot, tu t'en vas dans la bonne direction. Maintenant, individuellement, ce n'est pas toujours facile à prendre. Il y a des gens qui vont faire comme « je n'ai pas envie de compétitionner » ou « je le sais qu'il est meilleur que moi ». Mais quand tu réussis à flipper cette mentalité-là de « je suis capable de faire ma place et je vais montrer à tout le monde que je suis capable de le faire parce que j'ai J'ai une éthique de travail irréprochable ou que j'ai une rigueur ou peu importe l'aspect qui va faire en sorte que tu vas te démarquer, je reste convaincu que c'est ça qui va amener une équipe à développer son talent.
[00:17:39] Speaker B: Est-ce qu'en tant que coach, c'est comme ça que tu essaies de l'amener aussi pour tes athlètes?
[00:17:45] Speaker A: Oui, définitivement. Nous autres, la compétition interne, c'est hyper important. Justement, pour la convention des entraîneurs, cette fin de semaine, je donne une conférence sur le sujet. Pour moi, je pense que ça passe par là. Ça passe par là à tous les niveaux. C'est vraiment important qu'on soit en mesure de pousser les gars. Parce qu'à la fin de la journée, et tu l'as vécu, d'être au football, huit mois par année, t'es en train de t'entraîner. Tu joues au football quatre mois. Nous autres, c'est huit, c'est le game. Pourquoi tu t'entraînes? Qu'est-ce qui te donne envie de te lever à chaque matin? Ce matin, à 6 h, on était en train de courir, en train de faire du foot. Pourquoi tu t'es levé en tempête et que t'es venu?
À la fin de la journée, oui, on l'amène comme ça.
Dans le « now », dans le présent, dans ce matin, tu es là pour essayer de battre les gars qui sont avec toi, qui se sont levés et qui viennent investir du temps dans l'équipe de foot. Ça, pour moi, c'est quand tu restes dans le moment présent, ça fait en sorte que tu n'es pas en train de te projeter à « j'ai encore huit mois à m'entraîner avant de jouer une équipe de foot ».
[00:18:52] Speaker B: All right.
Fait que, Kevin, parle-moi un peu plus en détail de ton parcours collégial.
La première année t'arrives, tu dis que tu réussis quand même à te faire une bonne place dans l'équipe. Est-ce que t'as starté à ta première année, as-tu eu des snaps ou ça t'a pris du temps avant de jouer? Comment tu l'as vécu ça?
[00:19:14] Speaker A: Dans ma première année, j'ai eu un rôle sur toutes les unités spéciales.
On avait la chance d'avoir l'avance à plusieurs moments durant l'année. J'embarquais vraiment dans les fins de match. Je me souviens, c'était Patrick Leblanc, un gars justement de Notre-Dame, et moi qui étais les deux linebackers recrues qui embarquait en fin de match.
Puis les deux, on se challengeait encore une fois pour essayer d'aller se démarquer. On a eu l'opportunité de voir quand même beaucoup de terrain. Puis j'en ai vu notamment sur les unités spéciales la première année. Deuxième année, je m'établis comme partant. Une saison relativement bien.
On avait sous-achieve. C'est la cohorte qui mettait fin aux cinq bols d'or de suite. Puis on a perdu en demi-finale.
C'est sûr et certain que celle-là a été un peu plus difficile collectivement. Changement d'entraîneur-chef, nouveautés, il y avait des nouveaux entraîneurs, plusieurs entraîneurs qui avaient quitté. Là, c'était un peu plus difficile. Puis 2007, j'ai été capitaine d'équipe. On poussait dans la bonne direction. Je sentais vraiment que l'équipe avait retrouvé ses lettres de noblesse.
pour se rendre au Boulder. Puis finalement, on a perdu au Boulder contre Vanier. Ça a été un petit peu plus difficile. Sur un point de vue individuel, ça a été une bonne saison. Mais j'ai été entouré de joueurs extraordinaires. C'est sûr et certain, dans ce temps-là, c'était un petit peu plus facile de bien paraître. Mais je te dirais, d'un point de vue individuel, mon parcours au Vieux m'a fait vraiment grandir. Il m'a fait ouvrir mes oeillères et apprendre à connaître un petit peu plus le plus que seulement les gens de la Rive-Nord. Il y avait du monde, comme je le disais tantôt, qui venait de partout avec plein de backgrounds différents. Je trouve que c'est ça que ça m'a le plus apporté de Vieux-Montréal, de me sortir juste de ma petite routine.
[00:21:06] Speaker B: Est-ce que tu aurais tendance à dire que le parcours collégial sur ta personne a eu un plus grand impact universitaire?
[00:21:16] Speaker A: Du tout.
Du tout, du tout. Moi, j'aurais tendance à dire que c'est vraiment universitaire qui m'a fait le plus grandir. Collégial, pour moi, ça a été comme...
Je vais le nommer comme ça, mais comme les limbes. On dirait que t'es dans un entre deux, t'étudies dans des choses pas claires. C'est un endroit où est-ce qu'il y a plusieurs personnes qui se perdent aussi. On le vit constamment, nous en recrutement, de voir qu'il y a des gars qui arrivent au cégep sans trop d'objectifs au niveau scolaire.
Finalement, ils sortent, ils n'ont pas de deck, ils se redirigent parce qu'ils se rendent compte que ce n'est pas fait pour eux, alors qu'universitaire, c'est un peu plus concret. Là, je te parle d'un point de vue académique, mais au niveau du foot aussi, c'est le développement. En deux ou trois ans ou quatre ans, c'est pour certains au cégep, c'est rapide comme turnaround, tandis qu'à l'université, il y en a qui font cinq ans. Ce n'est pas une majorité. Je te dirais majorité quatre, mais tu peux être là longtemps à l'université.
Puis je trouve que, t'sais, moi personnellement, puis là, t'sais, je parlerai pas pour tout le monde, mais moi personnellement, au niveau universitaire, c'est vraiment là où est-ce que, bien, un, je me suis senti bien, là, t'sais, c'est pas pour rien que je suis encore ici. Deux, j'ai compris un peu plus la personne que j'étais, t'sais, par rapport aux défis que j'ai dû affronter individuellement, mais collectivement. Puis pour moi, ça a été vraiment l'université qui a été plus déterminante.
[00:22:37] Speaker B: Est-ce que...
En fait, comment est-ce que tu sais se préparer pour aller jouer pro quand tu es à l'université?
[00:22:47] Speaker A: C'est un gros apprentissage. Moi, personnellement, la première année, je n'étais pas prêt. Dans le sens que ce qui est arrivé, c'est que j'ai fait mon draft à ma quatrième et je suis revenu jouer une cinquième.
[00:22:57] Speaker B: Ah oui, tu peux faire ça?
[00:22:58] Speaker A: Oui, exactement.
Dans le fond, dans les règles de draft, c'est qu'il doit rester une année, minimalement, à jouer universitaire ou que tu aies 24 ans.
Fait qu'il y en a plusieurs qui font ça, tu sais. Ben là, je te dis plusieurs. Les gars qui ont pas le... C'est sûr, moi, j'étais pas un blue chip, là. J'étais pas le meilleur joueur de ma cohorte, tu sais. J'étais un gars qui avait relativement certains aspects qui lui permettaient de compétitionner. Mais c'est ça, fait que j'ai été faire un camp pro, pis là, j'ai pogné mon flash. Tu sais, là, j'ai fait comme, OK...
Ok, ça va bien universitaire, mais pro, c'est un autre level. Les gars sont plus gros, plus vite, sont meilleurs dans tout ce qu'ils font. Je me suis dit que ça prend un autre coche pour être capable de vraiment se tailler une place et de trouver sa niche dans la Ligue canadienne. Puis tu es un numéro, il n'y a pas d'apprentissage quand tu es là. Là, il faut que tu sois capable d'être efficace et d'être prolifique pour eux.
Ça a été vraiment ça l'apprentissage. Comment on se prépare? J'avais la chance d'avoir Pierre-Luc Labbé qui était revenu ici pendant l'été. Sans dire qu'on s'entraînait ensemble, il m'a juste donné une couple de conseils. Il m'a dit « Prépare-toi pour ça, sois conscient de ça. » Quand je suis arrivé là-bas, il y avait un vétéran de 10 saisons, Mike Mikula, qui était un linebacker qui jouait pour Saskatchewan. Lui, ça a été vraiment comme celui qui m'a pris de côté et qui m'a dit « Écoute, si tu veux réussir à percer l'alignement, si tu veux faire ta place, si tu veux réussir à t'établir, voici comment tu dois le faire. » Puis dans les moments difficiles, il venait me parler, puis comme à plusieurs moments, il est venu me prendre sous son aile. Puis c'est définitivement lui qui m'a le plus aidé à m'adapter à la réalité du football canadien de la CFL, tu sais.
[00:24:43] Speaker B: Quand tu parles de t'adapter, est-ce que tu parles le plus en termes de football ou plus en termes, mettons, dans la salle de sport ou juste mentalement?
[00:24:51] Speaker A: Moi, je dirais mentalement. Tu sais, c'est de flipper un peu comme la perception que t'as. Tu sais, parce qu'à la fin de la journée, t'es tout une PME, tu sais, t'es tout une business. Puis...
Tu parles d'un environnement où j'ai été capitaine de quatre ans ici à Sherbrooke.
C'est l'équipe, c'est l'équipe, c'est l'équipe. Tu veux que ce soit l'équipe dans la Ligue canadienne, mais ce n'est pas la réalité du vestiaire en entier. Malgré qu'on avait un bon vestiaire en Saskatchewan, À la fin de la journée, tu veux quand même te sécuriser tes arrières, tu veux faire ta place, tu veux gagner ta paye. Puis après ça, c'est la perception des Canadiens versus des Américains, c'est les ratios. Il y a plusieurs choses qui rentrent en ligne de compte.
Mais il m'a juste dit, écoute, lui c'est un backer canadien qui venait de la Saskatchewan, il m'a dit écoute, il faut que tu fasses ta place et team, c'est par là que ça va passer. Moi j'étais fâché de ne pas avoir ma chance défensivement dès mon année 1. Puis, tu sais, il m'a fait comprendre que ça se gagnait, tu sais, par le respect, par le fait d'être efficace, que lorsque tu avais des opportunités, que tu les saisisses.
Ça a fait partie de mon enseignement ou de mon apprentissage plutôt, quand j'étais dans l'église canadienne, de dire, OK, je vais prendre une bouchée à la fois, puis je vais essayer de m'établir le plus solidement possible dans ce que je suis capable de faire.
[00:26:05] Speaker B: Est-ce que t'as une histoire un peu où, quand t'es arrivé là-bas, est-ce que tu te rappelles un peu c'était comment? As-tu été intimidé? Y'a-tu une personne en particulier qui t'a dit « Oh ok, lui, ce gars-là, je pense que c'est un big boy »?
[00:26:19] Speaker A: Ben oui, j'ai des histoires. Dans le fond, deux, je vais t'en conter deux. La première, c'est...
La première fois que j'arrive en Saskatchewan, je débarque et j'écoutais les Rough Riders quand ils jouaient contre les Elouettes. L'Allée canadienne, je le regardais, mais je n'étais pas assidu à tous les matchs de toute l'Allée canadienne. J'ai regardé les Elouettes de Montréal et comme la majorité des gars qui ont grandi dans notre province, on a regardé les matchs importants.
Puis là, j'arrive là-bas, puis dans l'aéroport, Rider Nation, tout est en verre, le monde sont fanatiques des Rough Riders. Là-bas, il n'y a pas d'équipe professionnelle autre que les Rough Riders.
[00:27:01] Speaker B: C'est vrai, il n'y a même pas d'équipe d'hockey.
[00:27:02] Speaker A: Non, c'est Western Hockey League, l'équivalent de la junior majeure, mais il n'y a rien d'autre.
Puis le foot là-bas, c'est une religion. Moi, ce qui m'avait marqué aussi, c'est que la fin de semaine, tu te promènes, puis dans les parcs, c'est pas du soccer. C'est du flag football, c'est du foot. Le monde, ils vivent vraiment football là-bas.
Fait que là, j'arrive vachement à l'aéroport, déjà j'embarque avec la personne, puis là, il commence à me jaser, puis il me dit « Hey, tu dois être excité », puis il hype le moment. Puis là, finalement, on arrive, le lendemain, on pratique, puis il y a du monde dans les stands pour une pratique de camp. Moi, je ne m'attendais pas à ça du tout, du tout. Fait que ça, ça a été mon premier choc. Le deuxième choc, ça a été mon premier premier match à vie.
C'était contre les Alouettes de Montréal en Saskatchewan. Puis moi, j'étais Sam Backer quand j'étais nouveau universitaire. Puis un des gars que je trouvais stud, c'était Chip Cox, qui était le Sam Backer des Alouettes de Montréal. Puis je m'amorce à jouer sur pawn return contre Chip Cox, puis je dois bloquer ce gars-là.
C'est la seule fois sur un terrain que j'ai comité, genre, tu sais, à la fin du jeu j'avais le goût de donner un propre, « Good job, good job man, je suis content ». C'est la seule fois que j'ai eu ce feeling-là. Mais lui, c'est un athlète extraordinaire, puis il était quelque chose à couvrir, sérieusement. Mais ça, ça a été la seule fois. Puis ce game-là, ça se trouve être le dernier match d'Anthony Carvio. Ah ouais!
[00:28:30] Speaker B: Fait que t'as joué quand même, t'as eu Calvillo.
[00:28:32] Speaker A: Exactement, mais son dernier match a été mon premier match. Il s'est blessé pendant ce match-là, puis malheureusement il n'est pas revenu au jeu. Mais ouais, fait que, fun story, c'est pas moi qui l'ai frappé, je te jure.
[00:28:46] Speaker B: Mais c'est vrai que Cheapcocks, moi je me rappelle, c'était comme, t'allais voir les Alouettes, tu voulais le voir lui, c'était un stud, il était vraiment fort.
[00:28:54] Speaker A: Il n'y avait pas de coup. Il n'y avait pas de coup, il courait, mais il était vraiment bon, un bon joueur de foot.
[00:29:01] Speaker B: Rookie Contract?
Ça ressemblait à quoi? T'as-tu le droit d'en parler?
[00:29:04] Speaker A: Ben oui, certainement. C'était dans mes années, le base salary, je pense, il était à 58 ou 59 000. Pis là, t'avais comme, mettons, une couple de petits extras, mettons, sur ce que tu faisais, genre t'étais habillé à 50% des games, t'avais tant de special team tackle, t'sais, t'avais une couple de bonus comme ça. Fait que ça, c'était le premier, premier contrat.
Moi, j'avais signé à ce moment-là un ou deux ans, mais ma première année de contrat n'avait pas été respectée, donc j'ai signé juste un an. Ça m'a permis de signer des meilleurs contrats par la suite.
[00:29:36] Speaker B: Les contrats aujourd'hui ont évolué un peu.
[00:29:39] Speaker A: Aujourd'hui, je pense, là je suis plus au fait du base, mais je pense que c'est plus 78-79 000. Puis il faut remettre ça en contexte aussi, les gars, c'est 6 mois par année qu'ils travaillent, donc ils travaillent la moitié de l'année, puis t'as 4h30, t'as une règle de 4h30 par jour que tu peux travailler. Les gars, mettons, meeting pratique, c'est 4h30 par jour.
[00:30:02] Speaker B: Juste ça, c'est quand même pas mal.
[00:30:06] Speaker A: C'est pas beaucoup, mais les gars en font beaucoup plus. Les gars font de la préparation physique, ils vont checker du tape et ils vont en faire d'autres. Tant y'en a d'autres qui font leur 4h30 et qui en font pas plus.
Je prends l'exemple d'Alex. Il travaille le reste de l'année. Il fait un autre six mois par année. Il est fiscaliste. Il n'est pas dans la misère. Il fait de très bon argent au niveau de la Ligue canadienne. Mais il faut juste relativiser que le montant qu'ils font, oui, ce n'est pas la NFL, oui, ce n'est pas la NHL, oui, ce n'est pas la NBA, mais on a notre Ligue. On fait valoir les joueurs de notre pays, de notre province.
Fait que je trouve que ça a vraiment sa place. Puis le football qui se joue dans la Ligue canadienne, c'est du football relevé, c'est des bons athlètes. Je pense que tant que t'es pas sur le terrain avec les gars, c'est facile d'overlook un peu cette Ligue-là. Mais c'est une très belle Ligue. C'est une belle Ligue avec du football électrisant. C'est sûr, j'ai mon parti pris. Je suis un gars du special team, j'ai joué dans la Ligue.
Mais je trouve vraiment que c'est un spectacle différent. Puis moi, le côté unité spéciale, je trouve ça intéressant. Dans la NFL, c'est en train de se dénaturer. Les bottés de dégagement, ils ne se retournent pas. Là, ils essayent de changer la règle. Les kick-offs, personnellement, je ne trouve pas que ça amène tant un beau spectacle.
C'est pas ce qu'il y a de plus le fun à voir.
[00:31:28] Speaker B: Je suis d'accord. Je suis allé voir les Pats, moi, juste un peu avant Noël.
C'était la première fois de ma vie que je voyais les nouvelles règles de kick-off. Je te le dis, c'est...
Tu sais, la NFA, ça va vite. Même quand en vrai...
Des fois, c'est quand même dur à suivre, sauf que là, j'ai joué au foot, je connais ça, puis des fois, j'étais comme, OK, c'est un kick-off. C'était weird, ce côté-là, mais c'est vrai qu'il est dénaturé. Écoute, notre football canadien, il est beaucoup basé sur l'unité spéciale. Le vrai terme, c'est vraiment un tiers de notre football. On va être capable de plus en parler en détail, mais juste pour finir.
[00:32:10] Speaker A: Sur...
[00:32:12] Speaker B: Sur ta carrière avec la Saskatchewan. T'as gagné en 2013 la Coupe Girl. Raconte-moi un peu la saison. C'est quoi qui vous a permis de vous rendre jusqu'au bout en film? À ce niveau-là, je parle professionnel, c'est quoi que ça prend pour être champion canadien?
[00:32:32] Speaker A: Je te dirais, la première des choses, eux, ils avaient tout investi dans cette année-là. Eux autres, ils savaient justement que la Coupe Grey était en 2013 en Saskatchewan, donc eux autres, il n'y avait aucun moyen, ils n'allaient pas passer à côté de ça. Puis là, ils sortaient du... Je ne veux pas dire n'importe quoi, mais c'est 2010 ou 2011, où est-ce qu'il y avait le 13 men, qui était, dans le fond, il y avait eu un field goal réussi, mais il y avait 13 joueurs, puis là, finalement, ils l'ont refait, puis ils ont perdu sur ce jeu-là. Donc, eux autres, il y avait comme le fantôme de cette défaite-là qui était encore dans leur tête et dans leur passé. Donc, là, il y avait une équipe, tu sais, Western Dressler, Getzlaf, Darren Druen, qui était le carrière. Tu sais, il y avait vraiment des bons joueurs. Il y avait des bons joueurs dans l'équipe. Donc, je suis arrivé dans une équipe qui était déjà bien bâtie.
Ce que je te dis qui a fait vraiment la différence, c'est vraiment la journée où le vestiaire s'est unifié. Je pense que c'est week 6 ou week 7 que j'ai vraiment vu que l'équipe tout d'un coup ne jouait plus pour les entraîneurs, ils jouaient pour les boys, ils jouaient pour les gars alentour d'eux.
Puis c'est là où j'ai senti qu'il y avait le flip, parce que dans l'équipe canadienne, de mon expérience à moi, ce que j'ai vécu, je trouvais que c'était plus long parce que t'es toujours sur un siège éjectable, puis t'es en compétition un peu contre les gars qui sont dans la pièce, jusqu'à temps que l'équipe soit formée. Quand l'équipe est formée, puis là tu commences à prendre du momentum, c'est là que tu te fais comme « ok, Sans dire que je peux relaxer, c'est que là, je peux faire confiance aux boys qui sont ici, puis il y a moins de chance, s'il y en a encore, il y a moins de chance que ces gars-là s'en aillent à gauche, à droite, puis que mon cercle se défasse. Puis quand ça, ça s'est produit, j'ai vraiment senti que là, on a pris du momentum, tu sais, puis on a avancé, puis là, c'est là où est-ce qu'on a commencé à se démarquer, puis à avoir aligné plusieurs victoires de suite. Puis après ça, bien, dans les playoffs, ça a juste été comme, justement, on a build-up sur les trois ou quatre dernières victoires qu'on a eues dans la saison. Puis là, bien...
À partir de là, je trouve que c'est vraiment ça qui a fait la différence. Le vestiaire, les gars dans le vestiaire.
[00:34:40] Speaker B: Je suppose que t'as joué au match de la Coupe Grey?
[00:34:44] Speaker A: Malheureusement, non. J'ai joué la demi-finale contre Calgary, puis après ça, j'ai été un L.T. Scratch pour la Coupe Grey. Ah oui?
[00:34:53] Speaker B: Oui.
[00:34:53] Speaker A: Ce qui s'est passé, dans le fond, c'était le ratio canadien. Getslav, qui était un receveur à ce moment-là, qui était dominant, il était blessé, puis lui s'est habillé pour la Coupe Grey. Le premier Canadien à débarquer, ça a été moi.
Malheureusement, je n'ai pas vécu le match de la Coupe Grey sur le terrain. C'était mon plus gros regret. Je me souviens, à la fin de la Coupe Grey, avoir fait « je suis vraiment content, mais c'est la dernière fois que je le vis du ben ». Malheureusement, c'était la seule fois que je l'ai vécu, mais ça a été ça qui a « fuelled » mes off-season après ça. Pour moi, je ne voulais pas revivre ce moment-là. Je voulais être sur le terrain.
Je voulais faire ma part dans la victoire de l'équipe, pis ça, pour moi, ça a été un peu plus difficile.
[00:35:34] Speaker B: Est-ce que t'avais un peu le sentiment, parce que moi, perso, je l'ai vécu un peu, là, quand, mettons, on perdait, pis j'avais... Ou même, des fois, quand on gagnait, on gagnait des gros matchs, pis j'avais pas beaucoup joué ou j'avais pas joué du match, j'avais vraiment le... Est-ce que t'as eu le feeling de, comme, tu t'es senti un peu helpless, de, comme, t'sais, c'est vraiment le fun, je suis content qu'on aille gagner, mais, comme, j'ai rien fait, comme...
Ben, carrément.
[00:35:59] Speaker A: Je ne te mentirais pas que j'étais heureux d'avoir aidé l'équipe à se rendre jusque-là. Mais de ne pas finir la job, c'est sûr et certain que je l'ai pris plus difficile. Je te dirais que le petit bonus de Kugri m'a aidé à me remettre de mes émotions.
Mais tout ça pour dire que oui, définitivement, c'était quelque chose que je voulais... Pour moi, c'était important qu'à partir de ce moment-là, que je ne sois plus laissé de côté.
[00:36:25] Speaker B: Est-ce que dans une équipe professionnelle, c'est plus compliqué, mettons, de créer un vrai noyau que tout le monde se tient ensemble, une vraie famille? Parce que tu l'as dit tantôt, tu sais, quand t'arrives, t'es vraiment un numéro, pis t'as signé un contrat ou tu vas en signer un. Fait que tu sais, il y a souvent des gars qui jouent quasiment juste pour le cash ou juste pour le fame ou je sais pas, trop là.
[00:36:44] Speaker A: Mais... Ouais, carrément, carrément. Tu sais, pis...
Il y a des gens qui passent là, qui sont là de passage. Il y a du monde qui va être là pendant le camp, il y a du monde qui va se faire échanger, il y a du monde qui va se faire signer, puis qui va repartir. Je trouve que du moins, encore une fois, dans ce que j'ai vécu, puis je n'ai pas joué 12 ans dans le CFL, mais ce que j'ai vécu c'était vraiment, tu avais un noyau fort qui était les joueurs établis d'une équipe, Tu avais quelques joueurs, mettons, qui étaient des hang-around, que bon, ça faisait plus ou moins longtemps qu'ils étaient là et qu'ils commençaient à trouver leur repère. Après ça, tu as des électrons libres. Tu as du monde qui sont là de passage, du monde qui sont là pour leur paye, du monde qui ne sont pas là pour les bonnes raisons. Puis je pense que plus ton noyau, plus ton petit noyau était fort, plus tu as de chances de gagner avec cette équipe-là. C'est un peu la perception que j'ai de si tu veux réussir à avoir du succès dans n'importe quelle ligue professionnelle, je pense.
[00:37:44] Speaker B: En fait, si tu avais un conseil à donner, mettons, si tu avais à parler à un de tes joueurs, parce que je sais qu'il y en a du varial, qu'ils s'en vont pour se faire le péché ou ils vont au combine. C'est quoi les conseils que tu donnes à ces joueurs, à tes gars, pour la prochaine étape, pour le combine, pour le draft?
[00:38:08] Speaker A: Ben, j'essaye d'les appuyer le mieux que je peux. La première des choses pour moi, c'est...
Pardon, c'est des moments qui peuvent être stressants. C'est pas tout le monde qui va vivre ces moments-là de la même manière. Exemple, la première étape qui est le combine, d'arriver là puis de performer sur demande dans une journée ou dans cinq jours, peu importe le format du combine, c'est pas évident. C'est pas évident, puis avec tout ce que ça comprend, aussi cet événement-là, tu joues un peu ton sort dans cette journée-là ou dans ces journées-là.
Pour moi, la première des choses, c'est d'adresser qu'à la fin de la journée, ce que tu fais, c'est jouer au football. C'est lever des poids, c'est courir, c'est toutes des choses que tu fais depuis des années. D'essayer de dédramatiser et d'enlever un peu, pas l'importance, mais la pression de cette journée-là, je pense que c'est la première des choses.
Après ça, quand arrive le moment où est-ce que t'as eu l'opportunité, t'as ton opportunité d'aller montrer ce que tu peux faire dans une équipe parce que t'as été signé, puis peu importe que tu sois « drafted », « free agent », que t'as eu une opportunité, c'est comment tu vas gérer cette opportunité-là. Puis ça, pour moi, c'est vraiment là où est-ce que j'essaie de leur dire, « Hey, comme il y a personne de plus grand que toi, il y a personne de meilleur que toi, à la fin de la journée, tes limites, c'est toi qui les fixes. » Je trouve que ça, c'est trop important dans comment tu vas te présenter. Si t'arrives là, ben tu veux pas être celui qui tase tout le monde, tu veux juste montrer ce que t'es capable de faire et jouer avec confiance. Parce qu'à la fin de la journée, si t'es là, c'est qu'eux évaluent que t'as le potentiel de montrer que tu peux être un joueur dans les Canadiennes. Ça, c'est un des exemples. Pour plein de gars, on a fait un processus d'entrevue. Il y a des entrevues qui se font aussi durant les combine. On les prépare aux entrevues. J'essaie de leur parler de mon expérience aussi pour qu'ils soient capables de juste avoir des inputs sur quelques petites choses. Mais à la fin de la journée, ils ont un gros travail aussi de le vivre et de s'adapter. Mais le plus gros conseil qu'on fait, c'est vraiment Comment t'arrives là? Dans quel état d'esprit tu te présentes à chacune de ces opportunités-là?
[00:40:17] Speaker B: Est-ce qu'au Verre et Or, vous avez des gens qui, justement, leur job c'est d'aider ces athlètes-là d'aller au prochain niveau ou c'est eux qui doivent faire les démarches?
[00:40:28] Speaker A: Je te dirais que la Ligue canadienne est vraiment proche du YouSport. Le processus, en gros, pour se rendre, je te dirais qu'il y a beaucoup de scouts qui viennent nous voir, qui viennent nous voir à nos pratiques, qui viennent nous voir à nos matchs, qui viennent me rencontrer, qui viennent rencontrer les autres entraîneurs. Il y a le East-West qui est une belle fenêtre aussi pour eux, qui leur donne une occasion de montrer ce qu'ils sont capables de faire. Je te dirais que...
Si tu joues dans U-Sport, présentement, ils te connaissent. Ils savent qui tu es, ils ont ton nom, ils ont pris de l'information sur toi, ils ont fait du film, ils ont des statistiques avancées sur toi. Ils te connaissent déjà vraiment bien. Après ça, la promotion, selon moi, ça se fait vraiment par ton film. C'est à quel point tu es capable de te démarquer. Puis après ça, oui, tu as des petites fenêtres comme, exemple, les East-West et tout.
Les agents, exemple, les agents qui sont ceux qui peuvent en faire la promotion, je considère que quand t'es un free agent, d'avoir quelqu'un qui droppe ton nom, je pense que ça peut être positif. Mais je pense pas que c'est eux qui vont faire le gros push de dire, je t'impose d'avoir ce gars-là à ton camp. Je pense que si t'as le talent, tu vas avoir ta chance, peu importe comment tu vas t'y rendre.
[00:41:39] Speaker B: J'aimerais qu'on parle un peu de quand t'es décidé de devenir coach.
En fait, si on revient un peu au début, tu m'as dit que tu étais devenu coach parce que finalement, tu étais supposé jouer avec les Alouettes. Finalement, tu étais blessé malheureusement, donc ils t'ont coupé. Mais il y a quelqu'un qui t'a invité à Sherbrooke. J'aimerais que tu me parles un peu de ton commencement. Est-ce que ce monsieur-là, c'est le seul qui a eu vraiment un impact à ce que tu deviennes coach? Tu as toujours voulu devenir un coach?
[00:42:13] Speaker A: J'ai toujours voulu être coach. Depuis que j'étais vraiment jeune, quand j'ai joué au football civil, je coachais toujours les niveaux en dessous. J'allais me présenter aux pratiques, j'étais band-tam, j'allais aider les Pee-wee, j'étais mid-judge, j'allais aider les band-tam. J'aimais ça.
juste donner de l'information et aider les gars à performer. À ce moment-là, pour moi, c'était juste ça. J'aime le foot, je tripe d'être sur un terrain, je veux redonner à les équipes qui sont en-dessous de moi.
[00:42:39] Speaker B: Tu avais déjà le côté un peu leadership, tu voulais aider les autres et leur montrer ce que tu savais faire.
[00:42:46] Speaker A: Oui, je te dirais qu'à ce moment-là, c'était vraiment de la peur-passion.
Je pense de secondaire 1 à secondaire 4, toutes mes pauses et mes dîners, je suis en train de me lancer le ballon et de jouer au foot. Pour moi, c'était ça ma vie. Le football, c'était ma vie.
J'ai évité secondaire 5 parce que je te dirais que j'ai peut-être fait d'autres choses durant mes dîners et mes pauses. Mais il reste quand même que la majorité de mon temps, c'était ça. Et pour moi, d'être sur le terrain de foot et de donner des conseils et de faire autre chose, c'était relié à « je fais du foot ». Peu importe comment je le fais, je veux faire du foot.
Ça, c'était la première passion, puis après ça, ça s'est continué. Au cégep, je continuais à donner du temps, universitaire, je revenais, j'ai donné des camps pour plein de cégeps, j'allais aider des nouveaux en bas, puis pour moi, c'était important que je le fasse. Pour moi, quand est arrivée cette opportunité-là, je savais qu'à la fin, quand ça allait terminer au niveau professionnel, je voulais coacher. Est-ce que je voulais coacher universitaire?
Je savais pas si j'allais avoir l'opportunité. Puis collégiales, est-ce que ça allait se produire du jour au lendemain? Je le savais pas non plus.
Mais je savais que je voulais redonner à ce sport-là, parce que le sport-là m'avait tant donné que je voulais redonner. Puis oui, cette personne-là m'a donné l'opportunité de... Puis David Lessard, c'est le nom. C'est lui qui est venu me voir, puis il m'a dit « go, embarque, fais-les ». Puis au début, tu sais, c'était de coacher les demi-défensives, c'était de... Puis quand j'ai embarqué là-dedans, puis j'ai réalisé, le temps que ça prenait pour un coach universitaire, je me suis dit, c'est faire sa vie du football, tu sais.
Puis c'est là que j'ai commencé à goûter à ça. Pas juste à goûter d'être sur le terrain, mais à goûter à préparer des réunions, à planifier une saison, à planifier des éducatifs. Pour moi, c'était vraiment ça le coaching. De faire un plan, un master plan pour améliorer les joueurs.
Puis là, c'est là que ça a commencé. C'est là que tout a débuté.
[00:44:43] Speaker B: T'es le nouveau head coach maintenant à l'Université de Sherbrooke. Est-ce qu'il y a quoi qui te passionne en ce moment en tant que head coach? Parce que t'es vraiment la tête. T'es comme le CEO de la grosse business en ce moment. Est-ce qu'il y a quoi qui te passionne encore plus de pousser et de redonner à tes athlètes en ce moment?
[00:45:02] Speaker A: La première chose, c'est les athlètes. Les gars avec qui on le fait.
Avant d'être une business de victoire et de défaite, c'est une business humaine. Les personnes avec qui on le fait, pour moi, c'est les personnes les plus importantes. Les joueurs qui font partie de notre équipe, pour moi, je veux qu'ils deviennent meilleurs, je veux que ça m'ignore, je veux qu'ils aient du plaisir. À chaque fois qu'il y a une décision qui est prise, c'est est-ce que c'est ce qu'il y a de mieux pour eux?
Parce qu'à la fin de la journée, c'est pas moi qui joue au foot. Moi je coach, je parle, je fais pas grand-chose d'autre à part ça. C'est pas moi qui est en train de courir, de frapper, de bloquer, d'attraper des ballons. À la fin de la journée, c'est comment on fait pour qu'ils aient le meilleur parcours possible, autant au niveau du plaisir que des résultats. Ça pour moi, c'est ça qui fait en sorte que je trippe autant.
Puis après ça, pour moi, c'est le vert et or. Le vert et or, oui, c'est les gars qui sont là présentement, mais c'est les gars qui étaient là avant, puis c'est les gars qui vont être là après.
Le Varéor, pour moi, c'est plus que juste un programme de foot par lequel j'ai été embauché puis que je dois vendre parce que c'est l'écusson que je porte sur moi présentement. Le Varéor, c'est, je vais dire, mon programme, mais c'est pas mon programme, mais j'ai fait partie de ce programme-là, puis je fais partie de ce programme-là. Puis ça, pour moi, c'est ce qui est le plus important, de donner les lettres de noblesse à ce programme-là. Puis c'est la raison pour laquelle je me lève à chaque matin, c'est la raison pour laquelle je mets des heures de fou, c'est la raison pour laquelle j'ai...
J'ai cette passion-là quand je parle de ce programme-là parce que pour moi, c'est plus que juste une équipe de foot. Pour moi, c'est un objectif de vie de faire en sorte que cette équipe-là réussisse à avoir du succès.
[00:46:44] Speaker B: J'ai aucun problème à te croire là-dessus. Le meilleur exemple que je peux te donner, je suis allé à Lenoxville, puis c'est notre point fort à Lenoxville, je pense notre culture.
[00:46:53] Speaker A: Carrément.
[00:46:55] Speaker B: Quand tu quittes Lenoxville, t'as la patte tatouée sur le cœur pour le restant de tes jours. Fait que j'ai aucune misère à croire ce que tu me dis là, pour vrai.
Pis je pense que c'est ce qui nous apporte aussi ce sport-là.
Surtout quand on grandit dans ce sport-là, c'est pas comme au hockey que tu vas bouger pas mal. Dans la queue, les gars se font repêcher à 15 ans, ils se font trader, c'est fou. Nous, on est mettons au secondaire, t'es 5 ans dans ton programme, t'as le temps de connaître les gars, t'as le temps de connaître ton programme, tu grandis là-dedans. C'est après ça que t'as le cégep, que c'est un, mettons, 3 saisons, faque slash 3 ans. T'as ton université après qui est 4-5 ans. Faque t'sais, t'as le temps de te développer, t'as le temps de connaître tes gars. Faque, j'ai vraiment pas de misère à te croire sur le côté de, t'sais, le côté vraiment que tu l'as sur le cœur, pis que c'est comme ton programme, là. C'est vraiment hâte de voir ça, en fait. Parce que je comprends totalement, pis je pense que les gens qui vont nous écouter aussi vont le comprendre, là.
Ce sport-là nous apporte...
beaucoup plus qu'on peut le penser. Puis c'est un méchant beau sport.
[00:48:08] Speaker A: Souvent, le monde, ils disent que c'est le sport ultime d'équipe, dans le sens que ça prend beaucoup de monde sur la même page qui font la bonne action pour que ça marche. Puis t'es dépendant de tout le monde dans cette équipe-là. Puis je trouve que c'est ce qui se rapproche le plus de vivre dans une société, d'être dans une business dans laquelle t'as un rôle.
C'est une belle école de la vie où tu vas faire face à de l'adversité.
Quand ton nom n'est pas choisi pour aller jouer à la Coupe Grey, ce n'est pas facile. Peu importe le niveau, que ce soit la finale régionale de Mijet A, ce n'est pas facile. La journée où tu te fais dépasser, ce n'est pas facile. Mais ça, pour moi, ça te fait grandir.
C'est ça qui va te « fuel » à encore te développer. Je trouve que c'est ça la beauté, d'apprendre à vivre ensemble, à pousser dans une même direction, à faire preuve d'abnégation, d'avoir de l'adversité, d'être résilient. C'est toutes des choses que tu apprends avec le foot.
[00:49:12] Speaker B: Tu l'as vraiment bien dit, c'est vraiment une société dans une société. Je parle, t'es avec tes boys, quand t'es dans l'équipe de foot, c'est vraiment ça, c'est une société, tout le monde a leurs affaires.
Tu l'as bien expliqué.
[00:49:30] Speaker A: Tu sais que tu ne parles pas avec un joueur de ligne offensive de la même manière que tu parles avec un DB.
[00:49:37] Speaker B: C'est ça, exact.
[00:49:38] Speaker A: C'est deux mondes différents. Les gars peuvent être chums, ils peuvent bien s'entendre, mais les Hauts-de-Line, ils aiment ça être ensemble.
C'est la plus belle position dans le sport. C'est la seule position qui est dos au ballon ou à la rondelle quand ça se passe. Ça prend des vrais. Puis de l'autre côté, t'as les DB, t'sais, les DB...
All eyes on you, la journée où est-ce qu'il y a une balle sur toi. C'est deux écosystèmes complètement différents, mais les deux ont leurs difficultés, les deux ont leurs forces.
Je trouve que c'est ça qui est beau. Ça prend un gros gars de 6 pieds 5, 300 livres, comme ça te prend ton petit gars de 5 et 7, 180 livres, mais qui court un 4x4. Ça te prend tout dans une équipe de foot, et c'est ça la beauté.
[00:50:23] Speaker B: Do your job, c'est tellement sûr. T'as un gars qui fait pas sa job, tu gagnes pas le jeu. C'est aussi simple que ça.
Est-ce que t'as le droit d'en parler de comment t'as eu l'appel pour devenir head coach?
[00:50:38] Speaker A: Oui, oui, certainement. Dans le fond, c'est vraiment simple comment ça s'est passé. C'est quand il y a eu le changement de garde, il y avait vraiment une volonté. Il voulait voir qui étaient les gens potentiels qu'il pouvait avoir à l'université.
À ce moment-là, j'ai rencontré les directeurs et j'ai fait part du fait que j'avais envie de le devenir. Assez facilement, je te dirais que le choix a été fait.
Je pense qu'ils avaient déjà en tête qu'ils voyaient un remplaçant.
Pour eux, ils voulaient conserver un peu plus ça à l'interne. Ils avaient confiance aux entraîneurs qui étaient là à ce moment-là.
Ça a fait en sorte que rapidement, j'ai sauté sur le poste. Pour moi, ça a été une très bonne nouvelle. La seule chose que ça a changé, c'est à quel point ma portée est plus grande sur les décisions de cette équipe-là. Parce que pour moi, à la fin de la journée, comme je te disais, le poste, c'est pas ce qu'il y a de plus important.
Pour moi, c'est plus à quel point on est capable de faire avancer les choses puis de créer du changement. Puis c'était ça le plus important pour moi quand j'ai eu cet appel-là.
[00:51:47] Speaker B: Est-ce que t'essayes d'amener une nouvelle culture, une façon plus à ta manière de voir le vrai réel dans ton équipe, ou t'essayes de garder ça plus comme t'avais avant, quand t'étais assistant et coach. Est-ce que maintenant t'amènes ta propre sauce, tes propres valeurs? Essayes-tu de construire de quoi, en fait?
[00:52:09] Speaker A: Carrément. Carrément.
La seule chose, c'est que ce n'est pas juste ma vision. Dans le fond, c'est notre vision. Puis je le dis, là, ça peut paraître qu'il veut embarquer tout le monde. Non, non, j'ai parlé avec les joueurs, j'ai parlé avec les coachs.
Pour moi, oui, j'avais une vision. Puis ce qu'on faisait auparavant, je n'étais pas con, mais il y avait des choses que je considérais qu'elles devaient se faire différemment. Puis quand je suis embarqué, définitivement, j'ai dit ça, ça, ça, c'est bien.
Ça, ça, ça, il faut l'améliorer, il faut le changer. Puis oui, on a changé nos valeurs, on a changé la mission, on a changé la culture de cette organisation-là.
Est-ce que c'est parfait présentement? Non. On est à l'année 2 de ce qu'on essaie d'instaurer. On a la première vraie cohorte de recrutement qui vient de nous, qui vient des entraîneurs en place. C'est la première boucle complète qu'on fait avec tous nos entraîneurs. On essaie vraiment d'instaurer cette nouvelle façon de faire, cette nouvelle vision qu'on a pour le varéor. Selon moi, c'est un enjeu très important parce que On est en train de bâtir de quoi, t'sais, on est tout à fait conscient de où on est, mais pour moi, c'était important de faire une base qui est solide, t'sais. Je veux pas partir pis juste, « Hey, on réussit à avoir du succès parce qu'on a des bons joueurs, on réussit à... » Non. Moi, je veux m'assurer que ça perdure dans le temps, t'sais.
Pis pour ça, ben, ça prend une base solide de gens qui comprennent pourquoi on fait les choses, comment on le fait, pis qui sont capables de le véhiculer d'eux-mêmes au sein d'une organisation, t'sais. Pis c'est ça, on est là, présentement. On est vraiment à bâtir...
la base de ce qu'on veut être et faire comme équipe dans le futur.
[00:53:51] Speaker B: Est-ce que tu peux me partager un peu, tu parles de base, c'est quoi la base en ce moment que vous êtes en train d'établir? Est-ce qu'il y a des nouvelles valeurs?
[00:54:02] Speaker A: Je ne vais pas m'étaler sur toute la recette au complet, mais je vais nommer une chose. Et pour nous, c'est l'engagement. L'engagement pour nous, c'est hyper important.
Je trouve qu'un des aspects dans lequel on devait s'améliorer, c'était qu'on avait énormément de rigueur. On était une équipe qui se présentait à l'entraînement à chaque jour, à l'année. Puis ça, on l'avait. Ce qui nous manquait vraiment comme équipe, selon moi, c'était l'éthique de travail et la compétition. Je te le nommais tantôt. Je trouvais qu'il manquait de...
Oui, je suis en train de m'entraîner, mais il y a une différence entre je le fais parce que je dois le faire, puis je le fais parce que j'ai une volonté de le faire, puis je le fais parce que je veux m'améliorer, puis je veux compétitionner contre mes team-mates, mais contre les autres équipes. Puis ça, ça manquait dans l'équipe.
C'est ce qu'on fait. On le fait partout. On le fait en entraînement, on le fait dans la vente de billets, on le fait dans les pratiques. L'aspect compétitif de ce qu'on essaie d'établir, selon moi, c'est une grosse différence.
On le nomme, tu ne peux pas « cruise », tu ne peux pas juste « go through the motion » pendant ton parcours universitaire. C'est à chaque fois que tu te présentes, il faut que tu sois en train de dire pourquoi je le fais et je vais le faire à 100%. Ça pour moi, c'est vraiment une chose qu'on établit présentement et qui est en train de se véhiculer au sein de l'équipe. Je vois déjà un changement dans ce qu'on est en train de faire.
[00:55:31] Speaker B: Ça accoche. C'est vraiment là. Est-ce que, mettons pour suivre à ça, ça ressemble à quoi une semaine en tant que varéor? Tu sais là on est dans le off-season.
[00:55:42] Speaker A: Ouais.
[00:55:42] Speaker B: Fait que tu sais, mettons on peut peut-être parler un peu du off-season. Ça ressemble à quoi quand t'es engagé dans le varéor chaque semaine dans tes trainings, tes meetings, whatever, tu sais, avec l'école, je suppose aussi avec les gars.
[00:55:54] Speaker A: Oui, c'est vraiment des choses où tout le monde est à l'école. Tout le monde a leur horaire de cours. Ça varie selon si tu es en génie, en droit, en psychologie, peu importe le programme dans lequel tu es. Nous, c'est du lundi au vendredi, on a des entraînements supervisés. Tu es dans la salle d'entraînement ou sur le terrain. Le lundi, je vais y aller vraiment général, il y a des spécificités par ta position, c'est quoi tes demandes au niveau de l'entraînement. Mais en gros, lundi, on court.
On court sur le turf le lundi matin. Le mardi, on est dans la salle d'entraînement. Le mercredi, on est dans le dojo, initiation au contact un peu, puis on fait un autre petit training à l'intérieur de tout ça. Le jeudi, on revient au turf. Encore changement de direction, pratique. On vient de commencer à pratiquer les jeudis, on fait un petit peu de foot, puis après la semaine de relâche, c'est vraiment du foot. Puis le vendredi, un autre training, puis ils ont un autre entraînement à faire le samedi qui est non supervisé, qu'ils peuvent faire quand ils veulent. Ça, c'est portion préparation physique, puis après ça, t'as les meetings. À chaque lundi soir, ils ont un meeting de 5 à 7, un meeting de foot. À chaque mercredi premier du mois, ils ont de la préparation mentale.
Il y a des psychologues sportifs qui viennent présenter des sujets, qui font des ateliers avec les joueurs.
Il y a plein d'autres petits moments comme ça, mais c'est demandant quand même pour un off-season, dans le sens que juste en entraînement, à tous les matins ou à chaque jour, ils ont minimalement un training à faire, plus deux ou trois activités de plus durant la semaine, tout dépendamment des semaines dans lesquelles on est.
[00:57:27] Speaker B: Puis toi, ta semaine, elle ressemble à quoi? Je pense qu'elle doit être… Ben, tu.
[00:57:31] Speaker A: Sais, je te dirais que ça aussi, ça dépend où on est dans la saison. Je te dirais que de ce temps-ci, j'ai réussi à m'en tirer un 5-6 jours semaine. Je réussis à pas avoir un 7 tout le temps. Mais moi, si j'arrive le matin, ce que je fais le moins, c'est du foot. Moi, personnellement, ce que je fais le plus, c'est de la gestion. Que ce soit de la réservation de plateau, gestion d'horaire, planification annuelle. Peu importe c'est quoi, c'est toujours en lien avec gérer l'équipe. Puis je te dirais, l'hiver ça ressemble à ça. Je suis vraiment toujours dans rencontrer les joueurs, parler avec les leaders de l'équipe, parler avec nos préparateurs physiques, prendre un input des coachs. C'est vraiment d'essayer d'avoir le meilleur pouls possible de tout le monde.
Après ça, c'est le recrutement. Nous autres, c'est à l'année le recrutement. Après ça, c'est des visites de joueurs qui viennent sur le campus. C'est de se déplacer pour aller voir des pratiques d'équipe.
Le recrutement, je te dirais que c'est ça qui prend une grosse, grosse portion de ce qu'on fait. Minimalement de ce que je fais, parce que chaque entraîneur est impliqué. Moi, je suis impliqué, bien évidemment, dans tout le recrutement des joueurs. Ça, ça prend une grosse portion. Puis in-season, c'est du 7 sur 7. Ne serait-ce que, oui, la gestion d'équipe, mais là, c'est correction de pratiques, insertion de game plan, puis tout ce qui vient avec une saison, bien évidemment.
Fait que c'est une job qui est quand même assez prenante, je te dirais, mais c'est... Encore une fois, comme tu dis, t'sais, c'est... J'ai eu la chance de faire de cette passion-là mon métier, t'sais. Fait que c'est... Oui, c'est beaucoup de temps, mais à chaque fois que je rentre le matin, je suis pas comme...
J'ai l'impression de jouer avec une équipe de football présentement. Ça, c'est le fun.
[00:59:22] Speaker B: Tu parles du recrutement. C'est quoi l'expérience que tu essaies de donner aux gars que tu recrutes? Moi, je suis passé un peu par là aussi pour le recrutement. Quand t'es athlète, c'est...
C'est un peu spécial, tu sais, genre tu te fais texter par plein de monde, tu te fais appeler là, faut que t'ailles faire des visites, pis ci, pis ça. C'est quoi que toi, Kevin, t'essayes d'amener en ce moment, avec ta nouvelle culture, pour le recrutement, pour les jeunes, pour les faire venir à ton programme?
[00:59:54] Speaker A: La première des choses, nous, c'est qu'on essaie d'être transparent. On n'essaie pas de vendre du rêve. Ce qu'on leur explique, c'est vraiment, ben voici c'est quoi d'être un varéol. Dans la visite, première des choses, bien évidemment, toute la poutine de comment on montre les installations, on explique un petit peu l'horaire, on essaie de faire un portrait le plus global possible. Après ça, on parle bien évidemment du côté académique. Parce que, selon moi, au niveau universitaire, le côté académique doit prendre une grosse partie de ta prise de décision.
Il y a plein de raisons qui font en sorte que tu veux venir ou tu ne veux pas venir. Quelqu'un qui veut venir étudier en architecture à Sherbrooke, ça n'existe pas. Est-ce que je vais te recruter et te dire « viens étudier en administration des affaires parce que c'est ça que tu peux faire ici à Sherbrooke ». Non, si tu veux architecture, va étudier ailleurs.
Ça aussi, pour nous, c'est important. Puis là, après ça, comment j'y vais? De la même manière que je te parle du varéor. Je te parle du varéor avec passion parce que, selon moi, c'est ça le défi et c'est ça les objectifs de notre équipe. Ça, si ça te rejoint, viens chez nous. Ça, pour nous, c'est hyper important.
Là où, selon moi, ce qu'on veut faire vraiment, c'est aussi de donner l'opportunité aux gars de rencontrer nos joueurs, de discuter avec des joueurs qui sont ici et qui le vivent au quotidien. Puis ça, c'est quelque chose qu'on fait à chaque fois qu'ils viennent. On leur dit, prends un moment avec lui, parle avec lui parce qu'eux ont la même réalité que toi.
sont beaucoup mieux placés que moi pour te dire vraiment au quotidien comment ça se passe. Puis tu sais, souvent, c'est des gars qui ont côtoyé à leur cégep. Ça leur permet vraiment d'avoir une bonne vue d'ensemble sur qu'est-ce qui se passe à l'université. Le but, c'est vraiment d'essayer d'avoir le portrait le plus global possible de comment on fait les choses.
[01:01:40] Speaker B: Ben écoute, moi je pense que ça marche. Perso, j'ai joué avec des gars justement qui t'ont recruté, comme, admettons, Zach Butch, Will St-Laurent, des Ely, pis ces gars-là. Pis moi je leur demandais tout le temps, c'est comment, avec ton nouveau coach, le programme, pis tout ça, pis les gars ils trippent, ils ont du fun. Ça se voit dans la passion.
tu arrives pour une visite, puis le coach vient te voir, puis il a l'air autant passionné, je ne vais pas te cacher, tu sais, c'est... Tu sais, ça paraît un peu salesman, mais tu sais, « believe in your product », c'est un peu ça, tu sais, c'est... Et sérieusement, c'est vraiment ça la couche, tu sais. Je trouve ça vraiment... Je trouve ça vraiment le fun. Ton... Ce que tu es en train de faire en fait, je voulais finir avec ça. Cette année, vous avez la chance de passer quatre fois à la télé. Écoute, comment qu'on se sent là-dessus? Est-ce que, tu sais, je pense que c'est quand même un privilège, tu sais, je parle, les gars vont passer à la télé, vous allez passer à la télé, mais c'est aussi, c'est que le vert et or vont passer à la télé, qui est, tu sais, quand même, tu sais, ça vous permet de vous mettre de l'avant. Ouais, on le vit comment, ça?
[01:02:52] Speaker A: Le gros avantage de la télé, c'est les TV breaks. Dans le fond, la game est un peu plus longue, ça permet aux gars de reprendre leur souffle. Tu parles à n'importe quel gars qui est impliqué moindrement sur les unités spéciales ou qui a un rôle important offensivement, défensivement. Il apprécie ce petit break-là qui leur permet de prendre un peu d'eau, reprendre leur souffle et s'assurer d'avoir de l'énergie. Ça, c'est la première des choses. Après ça, Je te dirais que ça ne change pas grand-chose pour nous. Ce que ça change, pour moi, c'est plus au niveau de la Ligue. D'avoir de l'exposure, de mettre de l'avant notre Ligue, de mettre de l'avant notre football, ça je le vois comme positif. Le fait que nous on soit à la télé, oui c'est positif parce qu'on se fait voir par plus d'équipes, on se fait voir par plus de jeunes qui potentiellement vont peut-être finir par venir à Sherbrooke.
Mais pour moi, je vais dire que ce n'est pas suffisant. Il faudrait que tous les matchs soient diffusés, il faudrait qu'il y ait plus d'exposure, il faudrait qu'on soit en mesure de mieux vendre notre ligue. Et c'est ça l'objectif à la fin de la journée. Plus le football est en santé, et je ne dis pas qu'il y a une corrélation directe entre la télévision et la santé de notre sport, Mais plus ce sport-là va être mis de l'avant, plus on va donner d'espace à ce sport-là, mais plus ça va donner de goût à des jeunes de s'embarquer, de vivre cette trip-là, de jouer du football universitaire, collégial, ou peu importe le niveau.
[01:04:19] Speaker B: Exact, juste de commencer. La culture de foot au Québec est excellente, pas assez mis de l'avant, je pense.
C'est vrai que pour la télévision, c'est un bon point que tu amènes. Oui, c'est bon, mais ça met aussi la pub sur le sport en général au Québec.
[01:04:39] Speaker A: On vit un exode présentement. Il y a beaucoup de gars qui s'en vont jouer dans des Juco, qui vont jouer dans NCA. Il y a des gars qui quittent.
Le football est en santé au Québec. On se plaît à se dire, on se pète les bretelles en disant que le football au Québec est super bon, mais il est super bon le football au Québec. T'as vraiment une réelle opportunité de te montrer. Je prends Steve Bolo qui est allé jouer à Alabama.
Je l'ai coaché dans l'U16, bon, tu vas me dire c'est une beast, pis comme le gars il a un 16, ça n'a pas de sens, mais de plus en plus, on le voit, des gars qui se démarquent, pis si t'es vraiment bon, ils vont venir te chercher. Force pas les choses. Le football au Québec peut convenir à plein d'athlètes. Pis après ça, oui, tant mieux si t'as ton opportunité, mais comme on joue du foot solide ici, pis ils vont finir par venir te trouver.
Tu sais, Samuel Giguère, c'est le meilleur exemple. Le gars, il a joué pour les Giants, il a joué pour les Colts. Il a joué son football universitaire dans les pires années du verre et or, tu sais, dans les années les plus difficiles, au début d'un nouveau programme. Puis il a fait sa place.
[01:05:41] Speaker B: C'est comment jouer contre... En fait, c'est comment jouer deux fois contre les mêmes équipes. Tu sais, je parle en termes de préparation. Tantôt, tu m'as fait penser à ça, là. Mais, tu sais, une semaine normale, tu prépares les vidéos un an pour chaque équipe, puis, tu sais, Moi, je sais un peu comment ça marche.
À chaque semaine que tu joues contre une nouvelle équipe, tu te prépares pour ce qu'ils jouent, les statistiques avancées. Mais quand tu joues deux fois contre la même équipe, est-ce que tu te prépares de la même façon? Probablement pas. Je parle des équipes, je ne change pas du jour au lendemain leur scheme.
[01:06:18] Speaker A: Ben je te dirais que dans la ligue dans laquelle on joue, les coordonnateurs se connaissent énormément. Ah ouais?
[01:06:25] Speaker B: Ben c'est p'tit à l'même temps.
[01:06:27] Speaker A: Oui, carrément, pis t'en rejoues contre les mêmes équipes. Là ça devient vraiment un cat and mouse game, dans le sens que je sais ce que tu fais, je sais que tu feras pas exactement ce que tu fais parce qu'on a déjà joué pis je te connais déjà. Fait que je trouve que ça ajoute un p'tit peu à...
à l'excitation des entraîneurs, je vais dire ça comme ça, parce qu'à la fin de la journée, pour les joueurs, ça ne change pas grand-chose, dans le sens qu'ils vont faire le game plan et qu'ils vont l'exécuter au mieux de leur capacité. Mais je trouve que ça amène un peu de fantaisie, mettons, dans ce qu'on essaie de faire et dans la manière de faire.
Je trouve que c'est ça qui rend notre ligue aussi intéressante. Maintenant, c'est sûr et certain que c'est redondant.
Il faut jouer minimum deux, potentiellement trois fois contre les équipes. Sauf que je trouve que c'est ça qui fait notre force aussi, parce qu'on joue contre des très bonnes équipes à chaque fin de semaine.
à d'autres conférences où est-ce qu'il y a des équipes qui sont vraiment dans les bas fonds et que c'est plus difficile, nous, on joue contre des bonnes équipes. On l'a vu même cette année, malgré notre fiche, les matchs se sont terminés très serrés à la plupart des matchs. C'est là où est-ce que, quand tu t'affrontes des bonnes équipes, semaine en semaine en semaine, oui, je trouve que ça relève le jeu pour tout le monde, pour l'ensemble de la Ligue.
Ça fait qu'il était intéressant de ce côté-là. De l'autre côté, c'est sûr et certain qu'on aimerait ça avoir une autre équipe. De grossir d'une équipe, faire en sorte que les calendriers changeraient un petit peu.
Mais, tout de même, le football est vraiment relevé et ça donne des bons spectacles la fin de semaine.
[01:07:57] Speaker B: 100%. Moi, perso, toutes les fois que je suis venu, First, le stade, on était dans le top 10, je pense, d'universités, avec le plus de gens qui venaient voir les matchs, Tim Hortons.
[01:08:05] Speaker A: Top 2. Top 2. Top 2 au pays. L'année passée, on était 3. Là, je te parle de 2023, mais 2024, j'ai hâte de voir. On est toujours dans le top 2 depuis les 10 dans les années.
[01:08:15] Speaker B: C'est ça le cas, je pourrais dire. On a un beau stade. Moi, toutes les fois, je suis venu. Personnellement, j'ai eu tout un beau show. C'était vraiment le fun. Je le conseille. Je ne vais pas continuer ça. J'aimerais finir avec ta mission en tant qu'aide coach. Tantôt, j'en ai mentionné un peu. Mais là, je veux que toi, tu en parles.
[01:08:36] Speaker A: Oui, mais tu sais, ma mission, il y a notre mission et il y a ma mission. Ils sont en lien les deux. Mais définitivement, moi ma mission, je le vois vraiment comme un rôle d'accompagnateur pour l'ensemble des gars qui vont passer au Varéort. Quand ils prennent la décision de venir à Sherbrooke, nous, on veut les aider à grandir, on veut les aider à devenir la meilleure version d'eux-mêmes quand ils passent chez nous, t'sais. Pis pour moi, ça passe par là pour que le varéor ait du succès et non pas l'inverse, t'sais. Ma mission, c'est pas que le varéor ait du succès. Ma mission, c'est que les gens qui font partie du varéor fassent en sorte que le varéor ait du succès.
Pis t'sais, je trouve ça un peu selfish de dire ma mission parce que, mon Dieu, que je serais jamais capable de faire ça tout seul, t'sais. Il y a tellement de monde qui ont le même objectif et qui poussent dans la même direction et qui nous permettent d'espérer que ça fonctionne, c'est fou.
n'importe qui est menteur qui dit que c'est lui la personne dans un programme de football qui fait toute la différence.
Tu sais, il y a un monde dans une équipe de football, puis chaque personne a un rôle à jouer. Puis moi, je me vois vraiment comme l'une de ces pièces-là qui permet de faire avancer ça. Puis c'est vraiment ça, ma mission. Ma mission, c'est de faire en sorte que les gars qui viennent à Sherbrooke, les gars qui sont à Sherbrooke, qu'on les emmène à ce qu'il y ait du succès individuellement pour que, collectivement, on ait du succès.
[01:10:09] Speaker B: Merci Kevin d'avoir participé à mon podcast.