Ép.57 | Antony Auclair - Les aventures d'Antony dans la NFL !

May 08, 2026 00:51:39
Ép.57 | Antony Auclair - Les aventures d'Antony dans la NFL !
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[00:00:00] Speaker A: Tu penses que tu comprends, mais tu sais pas ce que tu sais pas. Faut que tes œufs soient tous dans le même panier, man. Pis c'est par là que je veux dire, ta vie est pensée en fonction de ce que tu veux accomplir. Faut que tu sois un pro avant d'être un pro. [00:00:10] Speaker B: On commençait à gagner l'année d'avant. [00:00:18] Speaker A: On avait fini, je pense, 7-9. Pis là, on commençait à vraiment être super bons avec Tom, avec Gronk, avec les nouveaux joueurs qu'on avait eus. Donc, je voulais faire partie du bateau, moi aussi. Je voulais faire partie de gagner mes games. Pis j'ai poussé mon recovery. Je suis arrivé, je n'étais pas prêt, je me suis blessé. Les Chiefs, on avait joué contre eux en saison à Tampa. C'est un match qu'on s'était fait défoncer. C'est un match où on s'est rencontré dans le vestiaire après un meeting midi par Tom qui disait exactement ce qu'on avait besoin de faire, ce qu'il avait vu de l'équipe depuis ce moment-là. Je pense qu'on n'a pas perdu une game. depuis le moment qu'on a parti contre les Chiefs, qui était genre week 13 ou 14. [00:00:53] Speaker B: J'ai envie de parler de Tom Brady. [00:00:54] Speaker A: Ce que j'ai appris de lui, c'est justement que la communication avec les joueurs est tellement primordiale, man. Il disait tout le temps, tu peux jamais trop communiquer, pis c'est tellement vrai, là. Si jamais t'es pas sûr que tu sors du hot-off, souvent t'es gêné, pis finalement tu vas faire l'erreur, mais pourquoi faire ça? [00:01:09] Speaker B: Avec les coachs de l'Université Laval, t'es rentré et t'as dit écoute moi mon objectif c'est d'aller jouer pro. [00:01:14] Speaker A: Exact. Ah ouais? Nice! J'ai l'impression de ne pas le cacher. Les coachs me disaient qu'il fallait que je développe parce qu'ils ne disaient pas ça, mais je le voyais dans leurs yeux et c'est normal. Je pense qu'on a caché assez vite à quel point j'étais travaillant et que j'avais un plan établi. [00:01:31] Speaker B: Bonjour tout le monde, bienvenue sur Le Game On, je suis votre host, William Rochefort. Et aujourd'hui, en fait, on tombe dans la NFL. J'ai aujourd'hui mon premier joueur qui a joué dans la NFL, qui passe sur Le Game On. Anthony Auclair, merci d'être là aujourd'hui, de prendre le temps de venir partager ton histoire, ta mentalité. Honnêtement, j'ai été vraiment surpris. Passer d'un jeune qui vit de l'intimidation au secondaire, au primaire, à cause que tu avais des rêves plus grands que tout le monde, à finalement ben prove them wrong pis tu t'es rendu. J'ai hâte qu'on en discute. Merci Anthony de prendre un moment ce matin avec moi pour qu'on puisse en jaser. Je suis très excité. Un petit mot avant qu'on commence? [00:02:24] Speaker A: Merci de nous recevoir, c'est très apprécié. C'est toujours le fun de venir jaser sur des podcasts pis je pense que ça faisait un moment déjà qu'on s'en parlait donc très content d'être ici ce matin. [00:02:34] Speaker B: Let's go! Écoute, je ne sais pas si tu connais la formule du podcast, mais pour les nouveaux, chaque personne qui vient sur mon podcast a le droit à une introduction. Donc, Antho, voici ton intro. Anthony Auclair, t'es un ancien hélier rapproché de la NFL et champion du Super Bowl 55. T'es originaire de Notre-Dame-des-Pins, un petit village en Beauce. C'est en 6e année du primaire que tu découvres le ballon ovale dans la ligue de football printanier des Condors de Beauce-Appalaches. T'es tellement tombé amoureux du sport que dès 8 ans, tu disais déjà vouloir jouer dans la NFL. Tu croyais tellement ton rêve que les jeunes de ton entourage utilisaient ce rêve contre toi. Au secondaire, tes carrières à la polyvalente Notre-Dame de la Trinité. Tu as évolué ensuite dans le midget 3A avec les Dragons de Saint-Georges. C'est en 2011 que tu rejoins les Cougars de Champlain-Lenoxville. C'est à ta dernière année collégiale que tu vis un changement de position. tu passes de carrière à élire approché. De 2013 à 2016, tu vas ensuite rejoindre le Rouge et Or de l'Université Laval avec lesquels tu vas gagner deux Coupes Vanier 2013 et 2016. C'est en 2017 que tu deviens le premier joueur diplômé de l'Université Laval à atteindre la NFL en signant un contrat avec les Buccaneers de Tampa Bay. En 2020, tu deviens champion du Super Bowl 55 avec une victoire 31 à 9 face au Chiefs. De 2021 à 2022, tu vas rejoindre les Texans de Houston avec lesquels tu vas marquer ton premier touchdown en carrière dans la NFL. Pour finir ta carrière NFL, tu vas aussi signer avec les Titans du Tennessee. Le 1er février 2024, c'est lors d'une conférence de presse aux Peps de l'université de la Hale que tu annonces ta retraite. À ce jour, tu es le seul joueur de l'histoire à avoir remporté la Coupe Vanier et un trophée Vince Lombardi. Aujourd'hui, tu es cofondateur de Les Frères Auclair. Tu es coach des Alliés Rapprochés au Rougeor de l'Université Laval et tu es sélectionné dans l'équipe canadienne masculine de flag football pour les Jeux olympiques de Los Angeles de 2028. Anthony Auclair, bienvenue sur Le Game On. C'est un plaisir de t'avoir aujourd'hui. Antho, avec toute cette intro-là, j'ai l'impression que le sport a toujours fait partie de ta vie. Ça a commencé hyper jeune. Mais, il y a tout le temps un petit pourquoi de comment on a commencé. Donc, j'ai envie que tu me contes l'histoire derrière. Ben écoute, de où ça a vraiment commencé pour toi le football? [00:05:20] Speaker A: Comme tu l'as mentionné, déjà à un très jeune âge, j'avais commencé à jouer au football printanier, au primaire. Et ça, c'est à cause d'un ami qui m'avait convaincu de venir faire l'équipe. Moi, j'étais vraiment gêné à l'époque. J'avais de la misère à concevoir que j'allais faire un nouveau sport, de quoi je ne connaissais vraiment pas. Malgré le fait que c'était avant ça que j'avais dit à mon père que je voulais faire ça plus tard. C'était drôle quand même. Mais finalement, c'est ça, cette amie-là m'a convaincu. Puis j'ai joint l'équipe justement au primaire, puis de là, ma passion s'est développée. On faisait des petits tournois ici et là, c'était pas rien de majeur quand même, mais l'Organisation des Anciens Compteurs faisait une bonne job de réunir les jeunes du primaire puis de redonner justement à ces jeunes-là. [00:06:10] Speaker B: Fait que si je comprends bien, En fait, te dire à ton père que tu voulais faire ça avant même de vraiment commencer à jouer pour de vrai. [00:06:21] Speaker A: Assez contradictoire en fait, on regardait un match de la NFL, le match était intense, c'était un match serré, je ne me rappelle pas exactement c'était quoi le match, ça fait trop longtemps mais à cette époque là tu ne connais pas les équipes, tu ne connais pas les joueurs, tu es vraiment jeune donc c'est comme un coup à la tête, on dirait que c'est ça que je veux faire. et mon père ne me regardait en rien. C'est sûr qu'il y a un kid qui regarde la télé et qui se dit c'est ça que je veux faire et c'est un sport comme la NFL. C'est sûr que tu n'as pas grandi, tu es un petit kid, tu ne sais même pas c'est quoi le sport. Dans la famille, j'avais joué quand même pas mal. J'ai un oncle qui a joué universitaire à Ottawa, qui est super passionné, qui a coaché longtemps les Dragons en bourse. Notre famille a quand même baigné dans le foot depuis un certain temps. La passion s'est développée à travers tout ça. [00:07:23] Speaker B: hyper intéressant, fait que j'avoue que quand t'es jeune, pis tu lances ça comme idée, c'est sûr que t'as la vie devant toi, mais c'est sûr que ça apparaît tellement énorme pis inatteignable que je peux comprendre pourquoi les gens ont pris ça un peu en rien. Par contre, toi t'as voulu... En fait, toi c'était pas juste un rêve, t'as vraiment voulu faire ça de ta vie, pis je trouve ça... Honnêtement, je trouve ça vraiment inspirant. C'est vraiment cool de voir, pis... En fait, où est-ce que je m'en vais avec ça, c'est que c'est à cause de ce rêve-là que tu vivais un peu d'intimidation, tu disais que t'étais timide, mais tu t'empêchais pas quand même de dire, moi c'est ça que je veux faire, c'est ça que je veux faire. Mais moi, je suis curieux de savoir. Comment tu réagis à ce moment-là, quand les jeunes de ton entourage, eux-mêmes, riaient de toi, ne croyaient pas en ça. Bon, en réalité, est-ce que ça a vraiment de l'importance qu'eux ne croient pas en tes rêves? Je pense pas. Mais à cet âge-là, vivre de l'adversité comme ça, c'est quand même tough. [00:08:23] Speaker A: Exact, je ne veux pas généraliser mais c'est un peu comme ça qu'on est. Quand quelqu'un va parler à voix haute de ce qu'il veut faire et que ça apparaît un peu «outside the box» de ce qu'on a ici au Québec, on a tendance à dire «ben voyons, tu n'arriveras jamais à faire ça». C'est un peu plate cette mentalité-là mais c'est un peu ça qu'on fait parce qu'on n'est pas habitué de voir Des gens sortis d'une certaine routine, une certaine boxe qu'on crée nous-mêmes. Tu vas en avoir. Pourtant, il y en a plein des athlètes de la NHL qui viennent du Québec, qui viennent de la base, qui viennent des régions. Il y en a plein. qui ont percé dans les sports, dans des rôles incroyables dans la communauté. Pourtant, on en a des exemples. Mais c'est un peu comme ça qu'on est, qu'on est jeune. Surtout, un jeune c'est méchant, on se cachera pas, on sera vers 1 ou 2. C'est normal, ça n'a pas d'expérience, ça n'a pas de tact. Mais c'est méchant et ça va te le dire. C'est un peu ce que je faisais, je le disais que c'est ce que je voulais faire et je ne m'en cachais pas. On utilisait ça contre moi un peu. J'ai commencé à carrière en secondaire 1. Il y en avait un qui était très bon en secondaire 2 justement. C'est lui qui était le partant. Tu parles de ton rêve, tu n'es même pas le partant de ton équipe. C'est comme ça. Il y a toutes les raisons du monde de créer ce kid-là. Mais oui, ça a créé, honnêtement, c'est drôle parce que ça a créé une espèce d'adversité. Tu vis de l'indignation dans tes jeunes, tu te sens un peu seul là-dedans. Souvent les jeunes n'ont pas le courage d'aller défendre les autres. C'est triste parce que c'est comme ça en fait, un groupe de jeunes qui est tout seul, c'est dur d'aller se mettre devant toute cette gang-là et de défendre le kill qui se fait intimider. Donc tu te sens un peu tout seul là-dedans quand tu te fais intimider. Par contre ça, ça m'a aidé dans mon parcours parce que ça a développé une certaine résilience. Tu veux faire ça pour toi, dans le sens que tu t'entraînes. À l'époque, je lançais quasiment à chaque midi avec des chums. Je voulais m'améliorer. Tu t'entraînes parce que tu veux le faire pour toi, mais il y a aussi une partie de toi qui te dit «Hey man, je vais leur prouver que je suis capable de le faire». Puis ça crée une certaine résilience parce que je ne veux pas que c'est comme un obstacle dans ton parcours. Et ça, ça m'a aidé beaucoup dans ma première année dans la NFL. J'étais arrivé là, t'aimes pas. C'est un environnement complètement différent. J'étais déjà bon en anglais à la base, mais tu m'as dit tantôt que tu étais à Linux. Tes cours sont en anglais, mais tu parles en français avec tes chums. Ça t'arrête la compréhension quand même. Déjà à partir d'un jeune âge, je planifiais mes trucs dans le sens que je faisais tout en anglais. Ecouter des émissions, lire, je planifiais un peu que j'allais devoir parler en anglais plus tard. D'où le choix d'aller à Champlain finalement. Mais bref, tout ça m'a aidé pour ma première année dans la NFL où c'était un environnement anglophone complètement. Tu n'es jamais pleinement toi-même à t'exprimer tant et aussi longtemps que tu ne l'as pas vécu et que tu n'es pas immergé en anglais. Ça, ça a été un défi aussi, mais c'est sûr que j'étais le jeune Canadien blanc qui arrivait d'un milieu francophone. Il y avait des joueurs qui s'étaient intimidés par rapport à ça, des joueurs qui se sont fait repêcher. Il y avait tout ça en même temps. Comme j'en avais vécu déjà, j'étais correct pour ça. Ça m'avait quand même aidé. C'est plate à dire, mais ça m'a forgé une espèce de carapace d'étant jeune qui m'a aidé à battre cette adversité-là dans la NFL. Je m'étends sur plein de trucs en même temps, mais avant la NFL, tu fais des visites avec des équipes. Les équipes qui voient un potentiel en toi, t'amènent à visiter leurs installations, parler avec leur personnel, comme un job interview si tu veux. Parce qu'ils veulent savoir finalement à quoi s'attendre, si tu repêches ou si ils te signent. J'avais rencontré une psychologue à Chicago qui faisait le tour de tous les joueurs que l'équipe pensait repêcher ou signer pour faire une évaluation et donner ça au directeur, au GM, au coach, peu importe. Puis le profil qu'elle avait dressé de moi c'est que c'était parfait comme profil parce que j'avais vécu l'intimidation puis que ça m'avait donné une certaine résilience. À même titre que quelqu'un d'autre aurait vécu peut-être un drame étant jeune, a perdu un père ou une mère, ça lui a donné une certaine résilience. en vieillissant. Mais c'est un peu ça, c'est un peu, c'est pas la même échelle pour en tout, mais c'est un peu la même affaire dans le sens que tu sais, ça te préparait un peu à la diversité que tu allais revoir dans un camp d'entraînement ou dans la NFL. Donc elle était comme ok, ça c'est parfait, c'est drôle à dire, c'est plat de vivre l'intimidation finalement, mais tu sais, c'est vraiment, c'est tough. Mais en même temps, c'est ça, ça te forge un caractère, en même temps que Malheureusement, ça laisse des séquelles, ça laisse des blessures psychologiques, mais en même temps, ça m'a permis d'avoir une certaine résilience. Je suis pas en train de dire, et c'est souvent ça quand je parle de ça, je suis pas en train de dire «Hey, vous devez vivre l'intimidation pour être résilient. Pas en toute, man. Si tu peux pas en vivre, tant mieux.» Il y en a plein des athlètes qui n'ont pas vécu rien de ça. Il y en a des gens aussi que ça va affecter à long terme, ça va faire l'effet inverse, c'est normal. Mon message par rapport à ça aux jeunes, c'est n'hésitez pas à en parler. Regardez pas ça en dedans, c'est dur de vivre ça tout seul pis de justement pas en parler à des amis ou des parents pis c'est pas une forme de faiblesse d'en parler, au contraire. C'est une force. Donc c'est ça, souvent quand j'en parle, j'veux pas laisser un message partagé où est-ce que, hey man, moi j'ai pas vécu d'intimidation, j'aurais dû en vivre, hey man, si tu veux pas en vivre, c'est correct pis c'est pour ceux qui en vivent pis qui trouvent ça plutôt Fait juste en parler pis c'est sûr c'est dur mais c'est trop fort. [00:14:46] Speaker B: Qu'est-ce qui est crazy là-dedans c'est que même arrivé au plus haut niveau, y'a quand même des gars qui ont essayé de t'en faire vivre du fait de ben là on est rendu que c'est nos jobs, là on veut jouer, on va à un autre spot. Ça c'est fou man, pour vrai là. [00:15:05] Speaker A: Genre j'avais... T'sais la NFA c'est un... En même temps que n'importe quel sport professionnel, la NFL souvent, il y a des athlètes qui arrivent qui étaient jeunes et qui vivaient dans un taudis avec leur famille et finalement ils sortent de là et c'est des athlètes exceptionnels qui réussissent à faire vivre leur famille. C'est un peu la mentalité. avoir une job pour faire vivre ta famille dans la NFL. Donc tu sais, quand je suis arrivé, je me rappelais toujours un joueur qui s'était fait drafter deux ans avant moi, je pense. C'est un joueur de ligne défensive. C'est un second round pick ou un third round pick. C'est high expectation pour lui. Il gagne beaucoup d'argent. Moi, j'avais comme un drafted free agent. Honnêtement, je suis un C'est pas pour me vanter mais j'étais un bloqueur assez solide. C'était un peu ma force dans laquelle j'avais misé tous mes efforts parce que je savais que là-dedans je pouvais être élite. Et ce gars-là je le lançais. Il devenait fou, enragé parce que lui c'était impossible. Tu te fais lancer sur un jeu et après ça tout le monde le regarde avec ta position, avec les coachs qui te coachent en plus. Pis ils sont comme «man, ce gars là on l'a drafté second round, il se fait lancer par un Canadien francophone qui a joué universitaire au Canada». Lui ça venait tout le piquer de jour en jour dans le camp d'entraînement. Fait que chaque fois qu'on se line up contre, il me lançait des insultes. Moi je trouvais ça drôle parce qu'en réalité c'était une question d'orgueil et tu respectais pas vraiment à cause d'où tu venais. Mais ça lui ouvrait les yeux par exemple sur d'autres joueurs qui disaient «Hey man, il est canadien, il y a du bon foot là-bas, ils sont bien coachés techniquement». Charlotte à Mathieu Bertrand, il m'avait bien montré des belles techniques qu'il avait apprises lui-même, qu'il s'était fait enseigner, qu'il avait joué dans la CFA dix ans, donc il avait beaucoup d'expérience. C'était un peu ça le premier camp d'entraînement en fait. [00:17:10] Speaker B: Ça c'est crazy man, t'es arrivé là, t'es shut down, ça c'est hot. Mais pour revenir sur ce que t'as dit sur l'intimidation, j'ai vu que t'avais écrit une BD, ça s'appelle Les aventures d'Anthony. C'est quoi en fait le message que tu veux que les gens retiennent, c'est vraiment d'en parler, de prendre ça et de trouver une façon de prendre cette situation et de la retourner à leur avantage, c'est ce que je comprends. [00:17:38] Speaker A: Ouais, en fait, c'est l'organisme SPORTAIL qui vient justement en aide aux jeunes qui vivent toutes sortes d'expériences dont l'intimidation au secondaire. ça veut un sport sain et actif. Donc eux ont écrit la BD avec mon histoire. Le message c'est un peu ce que je disais tantôt dans le sens que si jamais t'as envie tu veux pas hésiter à aller en reparler et de pas sentir que t'es tout seul là-dedans. de sentir que c'est une faiblesse d'en parler. Au contraire, justement, si t'es capable de verbaliser et de montrer tes émotions, ça montre une certaine force de caractère. C'est un peu ça que la BD veut finalement. [00:18:20] Speaker B: T'avais raison de dire que parler... Quand t'as des idées qui sont un peu du cadre naturel de la vie, comme aller jouer dans la NFL ou avoir des grands projets, souvent, on va être regardé un peu différemment. Puis même que j'ai envie de dire que dans le foot, c'est un peu bizarre, mais moi, quand j'étais dans le foot, c'est presque tabou de dire «Ah, moi, je veux jouer pro». Tu sais, c'est un peu weird à dire, mais tu sais, je lisais dans un livre que c'est vraiment prouvé que dans les athlètes qui atteignent les plus hauts niveaux, comme la NFL, la NHL, whatever, ben y'a aucun de ces athlètes-là qui a peur d'en parler. C'est important d'en parler, c'est important de se mettre de l'avant pis le plus important c'est d'y croire. C'est que toi tu y crois. Moi j'suis curieux de savoir, je veux t'entendre là-dessus. Pourquoi tu penses que pour toi c'est important d'en parler, de ses rêves? [00:19:12] Speaker A: Ouais ben c'est un excellent point. Y'a un saying en anglais qui dit «you gotta see it to believe it». C'est sûr que si t'en parles pis tu le verbalises toujours, mais à quel point dans ta tête tu le vois. Si tu n'en parles pas et que tu t'en caches un peu, tu viens le cacher dans ton esprit. C'est important comme athlète de se faire un vision board. Où est-ce que tu vas mettre cette année, c'est ça que je veux atteindre. Tu mets une photo de toi ou une photo d'un athlète que tu apprécies et que tu voudrais ressembler. Tu vas commencer à le voir un peu. Rapidement je mettais des logos de la NFL dans ma chambre quand je me couchais. Rien que j'ai pas fait par rapport à ça. Et d'en parler c'est ça, c'est un peu de visualiser. d'y croire finalement toi-même. Mais c'est pour ça que je pense que c'est important, c'est surtout l'aspect visualisation, puis de le voir pour le croire. Faut-tu le voir dans ta tête avant, puis faut-tu l'avoir vécu mentalement avant. C'est un peu ça l'idée. [00:20:14] Speaker B: Merci d'avoir partagé ça. T'as choisi le Rougillard. Je suis curieux de savoir Pourquoi t'as choisi le Rouge et Or? [00:20:22] Speaker A: Ça c'est quand même une histoire intéressante dans le sens que t'sais c'est parler tantôt de mon changement de position en ma dernière année au cégep. En fait ce qui est arrivé c'est que entre ma deuxième et ma troisième année t'sais c'est le parcours typique d'un athlète collégial c'est qu'il fait trois saisons collégial après ça il choisit une université. Donc entre la deuxième et la troisième t'sais tu regardes un peu les universités tu te fais une idée. Puis moi j'ai essayé de jouer beaucoup NCA t'sais je te parlais tantôt que J'avais prévoyé un peu mon plan finalement, le parcours initié pour moi c'était sûr que ça allait m'aider davantage pour la NFL finalement, c'est un peu vrai aussi. [00:21:02] Speaker B: T'avais pas eu une off à Buffalo aussi? [00:21:03] Speaker A: C'est ça exact, ça me mène à parler de ça justement, j'avais rencontré un scout de Buffalo Dans ce temps-là, c'est sûrement encore le même. En fait, ça doit être encore mieux que c'était. Les scouts, ils venaient souvent regarder des pratiques collégiales ou regarder du film justement des athlètes collégiales au Québec parce qu'on sort un peu plus vieux, on est un peu plus matures physiquement. C'est un avantage pour eux parce qu'ils peuvent avoir autant d'années. Finalement, c'est ça. Il y a un squad qui m'avait invité à un camp où ils invitaient des jeunes athlètes de la région de Buffalo, du secondaire. Moi j'étais carré à l'époque. Donc ils m'amènent au camp, tu fais des testings, 40 verges, ton bench, le genre de combine si tu veux, tu fais des 101, tu fais des shells, des teach. Puis à cette pratique-là, je n'étais pas au courant, mais eux m'ont switché à Tieden. Je n'avais aucune idée qu'ils allaient faire le move. Ils avaient tout prévu ça. Je suis arrivé là-bas, j'ai commencé à jouer Tieden justement. Honnêtement, ça avait super bien été. Je m'en faisais parler par plusieurs universités au Québec, dont la VAR, qui m'avaient dit qu'on devait aller comme Tieden. C'est sûr qu'à 6'6, 205 livres, t'es pas très gros et tu ne penses pas vraiment que tu vas passer le corps arrière, aller bloquer des DN. C'est là que j'ai commencé à croire à la transition. C'est sûr que côté orgueil aussi, tu ne veux pas changer de position parce que tu t'étais vu jouer cette position-là. Mais finalement, ça m'a amené à changer de position quand je suis revenu à Champlain. J'en avais parlé avec Jonka, j'étais tout gêné d'aller le voir pour ça. Puis finalement, lui, il avait la même idée en tête. Ça a compliqué directement. Puis de là a commencé ma progression à ma dernière année au Champagne. [00:22:56] Speaker B: Ça a-tu joué sur la confiance? Le fait de vouloir aller jouer ou justement le fait de changer de position, tu voyais encore plus l'opportunité d'aller jouer pro? [00:23:08] Speaker A: Au début, c'est tough dans le sens que tu comprends la transition, mais c'est dur. Je le vois avec des kids, on va créer des kids qu'on ne voit pas nécessairement la position qu'ils jouent au collégial, mais il faut faire confiance à ce que les entraîneurs voient. Au final, toi comme athlète, tu ne le vois pas nécessairement, mais nous on le voit le potentiel, on le voit bouger, on voit ce que tu fais, ta physicalité, peu importe. Je te dirais que c'est après ma deuxième année universitaire que j'ai vraiment cru. Je me comparais à l'Italie NCA justement et j'étais comme ok là je pense que j'ai une bonne chance. J'ai commencé à regarder pas mal de films de pas mal de tout le monde, les gars qui se faisaient répécher, les gars qui étaient à leur troisième année, deuxième année universitaire américain. C'est là que j'ai commencé à me faire une bonne tête par rapport à ça. J'ai pas répondu à la question finalement parce que j'ai choisi l'avoir, ça me revient. Quand je suis revenu de Buffalo, je me suis dit qu'il était trop tôt pour aller jouer le tie-down de l'NCA. En même temps, je réalisais que j'étais jeune pas mal pour aller. Pour aller aux States, il m'émergeait en anglais. Finalement, je n'ai pas pris la décision d'aller là parce que je me trouvais trop jeune. Je n'étais pas prêt. C'est tout à l'honneur des jeunes que je t'amène aujourd'hui qui s'en vont aux States, au secondaire même. Après ça, ils vont en NCE. C'est très respectable. Je ne me sentais pas prêt. C'est encore le cas. Je trouvais que ce qui ressemblait le plus une organisation ici au Canada, c'était l'Université Laval, avec les installations, le coaching, donc tu sais, ça a été un no-brainer par rapport à ça. [00:24:50] Speaker B: Est-ce que dans ton meeting avec les coachs de l'Université Laval, t'es rentré et t'as dit écoute-moi mon objectif c'est d'aller jouer pro? [00:24:58] Speaker A: Exact. Ouais? [00:24:59] Speaker B: Nice! [00:25:00] Speaker A: C'est ça que Je le vis maintenant parce que je suis entraîneur à l'Université Laval, mais quand un kid te dit ça... J'ai envie de faire une transition, c'est un peu plus dur à voir pour un coach. Je sais qu'il a un potentiel, mais tu ne sais pas à quel point. Mais je te dirais que le jour où on envoie des joueurs collégiales qui sont dominants et tu sais à quel point ils sont travaillants, à quel point ils sont passionnés, tu te dis à eux, c'est un no-brainer, c'est sûr que ça va arriver. Je pense que je faisais partie des joueurs Gros potentiel, voici grand. Puis les coachs me disaient qu'il fallait que je développe parce qu'ils ne disaient pas ça, mais je le voyais dans leurs yeux et c'est normal. Je pense qu'on cache assez vite à quel point j'étais travaillant et j'avais un plan établi. [00:25:49] Speaker B: Ça c'était intéressant par contre, que tu faisais partie des joueurs qui avaient le talent, mais il fallait quand même que tu développes. C'était plus physiquement ou au niveau de la position technique? [00:26:00] Speaker A: C'était un peu tout. J'avais joué Un 3 quarts de saison en Thaïlande à Champlain. Ensuite de ça, je n'étais pas gros pour le rôle. Physiquement, athlétiquement, toute la compréhension de jeu. C'est sûr qu'à carrière, ça donne une bonne idée de tous les concepts. Ça t'aide beaucoup à avoir une tête de QB quand tu joues à une autre position. Mais c'est ça, c'est de développer. C'est sûr que t'arrives à l'université, que tu sois bon ou que tu sois justement un gars qui a du potentiel, même si t'es bon, il faut quand même que tu t'améliores à travers tes années parce que l'université c'est un autre niveau. L'université professionnelle c'est un autre niveau complètement. Donc c'est sûr que chaque joueur doit justement développer ce potentiel-là. [00:26:46] Speaker B: Mais vu que maintenant tu sais un peu ce que ça prend, tu sais la détermination, tout ce que ça englobe d'aller jouer pro, quand les jeunes, les gars ils rentrent à l'uni et ils te disent ça, ou peu importe les gars que tu croises dans tes camps ou peu importe, C'est [00:27:18] Speaker A: un excellent point que tu dis là. C'est dur à faire comprendre par exemple. Je pourrais te dire, parce que le plus gros conseil que je peux donner à quelqu'un c'est faut que tes oeufs soient tous dans le même panier, man. Pis c'est par là que je veux dire, ta vie est pensée en fonction de ce que tu veux accomplir. Dans ta semaine, tu te couches tard, tu sors, tu mets pas tout dans la préparation physique ou la préparation mentale, c'est sûr qu'à quelque part ça va échouer. Donc c'est un peu ça, pis c'est de comprendre ça comme jeune. C'est dur des fois, tu penses que tu comprends, mais tu sais pas ce que tu sais pas. Je le dis souvent, tant que tu ne l'as pas vécu, autant que tu ne vois pas la différence, tu ne le sais pas. Il faut souvent être un pro avant d'être un pro. Puis ça, ça veut dire dans ton approche de tous les jours, qu'est-ce que tu fais de mieux que les autres? Qu'est-ce que tu fais de plus? Puis des fois, ça veut pas dire, tu sais, quand t'es jeune, tu vas en faire trop même. Des fois, tu vas overtrain. Mais ça veut dire, tu sais, dans ta préparation mentale, dans ton recovery, qu'est-ce que tu fais de plus que les autres? Est-ce que tu fais des petits extras pour un receveur, par exemple? Parce que combien de ballons tu caches par semaine? Si tu caches juste des ballons à ta pratique, puis t'en caches pas à l'extérieur, des fois, tu vas te chasser cinq ballons par pratique. C'est ridicule. On peut dire ce qu'on veut d'Antonio Brown, mais c'est un travaillant insane. Entre les reps, il demandait aux coachs de lancer 15 ballons entre ses reps. Le gars y catchait au moins 100-150 balles par pratique. C'est le travail que tu vois pas finalement. C'est ce que tu fais dans l'armoire où on sort, éventuellement ça ressort à la ligneure, mais c'est quoi que tu fais justement quand on voit pas. Quand on s'entraîne pas tout le monde ensemble, quand on fait pas une pratique tout le monde ensemble, est-ce que tu fais des extras. Tout ça en même temps, fait que tu peux mettre toutes les choses à ton bord. [00:29:23] Speaker B: C'est quoi que tu dirais que toi, tu faisais, dans l'ombre, qui a eu un énorme impact sur ta carrière, mais que personne ne voyait? [00:29:32] Speaker A: Je travaillais beaucoup les détails. Exemple, un tight end, il faut que ça ait un footwork vraiment important dans le blocking. Que tu sois timing, que tu sois grounder au sol. Mais tout ça, le stance, comment sortir plus rapidement. Puis même dans les tracés de passes, je n'étais pas un gars comme Kelsey qui va courir super vite, qui est un receiving tight end. Par contre, j'ai besoin de gagner mes one-on-one. Tous les petits détails, attaquer les shades, visualiser comment un joueur va réagir d'une telle façon si je cours mon roar d'une telle manière. C'est tous ces détails-là que j'essayais le plus possible de perfectionner. Ne serait-ce qu'à sortir de mon stance le plus vite possible. Mes mains sont à la bonne place. C'est comme tous les détails techniques. Si je maîtrise ça à 100%, le reste c'est que je suis fort physiquement. Je suis quand même un bon athlète. Donc justement ces détails font la différence dans le professionnel, ta compréhension des jeux et le temps que tu mets dans le playbook justement. Je te dirais que moi je suis un gars vraiment de détails, c'est ce que je travaillais dans l'ombre. Je me filmais, j'en venais quasiment fou à qu'il m'aide, je phase step là-dessus, pourquoi? Bien qu'il monte pas, il est plus par en avant, je devrais peut-être le balancer pour sortir plus rapidement. des petits détails auxquels le monde ne penserait pas, mais qui font la différence finalement. [00:30:57] Speaker B: Ça c'est quand même vraiment intéressant ça. T'as pas le choix, peu importe ce que tu fais, Toi, t'as choisi le sport, t'as choisi le foot, mais un peu peu importe ce que tu fais, c'est comme... Comme tu dis, man, faut que... Si tu veux vraiment réussir là-dedans, faut que tu sois all-in, t'sais, t'as pas le choix. T'sais, le fait de te fumer des enfers comme ça, c'est... T'sais, ça... Ça paraît banal, mais... C'est vrai pareil, t'sais. Ça t'amène à vouloir aller plus loin. [00:31:27] Speaker A: Exact. Tu veux préparer ton plan B. C'est sûr, j'ai fait mon bac en intervention sportive à Laval. Je l'ai même terminé pendant que j'étais dans l'NFL. Tu voudrais préparer ton plan B, mais évidemment ton effort et ton énergie doivent être mis dans le plan A. Si tu ne vas pas à 100%, Tu vas avoir des regrets parce que peut-être que ça ne marchera pas. Donc, c'est sûr qu'en même temps, comme nous, le foot c'est accordé avec l'école. Ça fait que c'est bien parce que tu peux préparer ton après-carrière en plus. Mais c'est pas tout le temps ça dans le sport. Puis c'est important de justement y penser quand même. Mais hey man, si tu crois que tu peux te rendre dans n'importe quel domaine, mets tes efforts et ton énergie à 100% là-dedans. [00:32:16] Speaker B: C'est quoi que ça prend pour être un bon tight end? [00:32:21] Speaker A: Honnêtement, c'est une bonne compréhension de jeu, un tie-dance a un IQ assez important parce qu'il faut que tu comprennes les protections de passes, le run game, les concepts de passes, donc tu te touches à tout finalement. Donc ton IQ de la game doit être important. Athlétiquement c'est sûr qu'il faut être un bon athlète parce que tu vas avoir tantôt à courir des routes contre un safety, un halfback. Au football canadien c'est plus des nickels mais finalement des nickels c'est des safety américains donc c'est des DB. Mais il faut aussi courir des routes contre des linebackers. Il va falloir que tu bloques des D-line sur le jeu d'après, tu bloques des linebackers. Non seulement tu touches à tout l'aspect stratégique, mais tu vas bloquer et affronter tout les joueurs sur le terrain également. Donc il faut que tu sois quand même un bon athlète. Il faut aussi que tu sois capable de courir des bonnes tracées de passes et de faire des catches contestées, des catches physiques. Ça c'est super important parce que souvent t'es appelé à faire des catches dans le centre du terrain où est-ce que tu vas te faire frapper par un safety après. Tu vas attraper une balle dans le singe, un half-back qui va te frapper les jambes en même temps. C'est tous ces aspects athlétiques-là qui sont importants. C'est justement d'avoir des excellentes mains. C'est sûr que si tu as un big body qui positionne bien entre le defender et la balle, qui va faire des catches contestées, tu gagnes des points comme Tyden, assurément. [00:33:43] Speaker B: Tantôt tu parlais qu'une des plus grandes forces c'était de bloquer. C'est sûr qu'il y a des gens en partant qui se sont démarqués de cette façon-là. C'est une bonne grosse partie d'une job d'un tie-down. Exact. [00:33:56] Speaker A: Dans l'NFL, comment les rosters fonctionnent souvent, c'est qu'ils vont habiller 3 tie-downs ou 4, mais souvent c'est 3. Le troisième, c'est souvent ton blocker que tu vas amener dans des paquets justement. Mais des receiving tie-downs, il y en a plus que pas assez finalement, puis des équipes. Se rechercher justement des tough guys qui sont un peu old school si tu veux. Puis ça les aide dans le run game. Moi j'ai tout misé là-dedans. Puis ça fait en sorte qu'après ça, tu quettes les ballons parce que t'es sur le terrain. Puis tu cours des tracés de passes. Mais l'aspect blocking était super important pour moi. Si on m'emmenait faire un one-on-one, ça permettait d'avoir le tie-down one-on-one contre un D-line en pass pro. Mais en même temps, ce que tu fais, c'est que tu crées des double-team inside. C'est important pour les équipes. [00:34:44] Speaker B: J'aimerais qu'on aille tout de suite dans tes années au Buccaneers, Super Bowl. Comment c'est? J'avais complètement oublié que t'avais joué avec Antonio Brown, fait que tu m'as fait te rappeler ça. Mais c'est vrai, t'as été là pis t'as vécu la fameuse crise qui a passé dans tous les médias. [00:34:59] Speaker A: Non, en fait j'avais pas vécu la crise parce que c'était l'année que je venais de quitter FK 2021. [00:35:04] Speaker B: Ah c'était l'année d'après le Super Bowl. [00:35:06] Speaker A: Ouais, c'était l'année d'après, exact. [00:35:08] Speaker B: Ben écoute, t'as joué avec Tom Brady. Insane man. Rob Gronkowski aussi, qui est revenu de sa retraite. Tu sais, juste déjà en parlant de ces deux noms-là, des énormes noms dans la NFL, j'ai envie de parler de Tom Brady. Raconte-moi un peu ta première rencontre avec cette personne-là, quel genre de personnage que c'est dans une équipe, puis j'aimerais aussi savoir qu'est-ce que tu as appris d'un gars comme Tom Brady. [00:35:34] Speaker A: La première chose, c'est une histoire que je raconte tout le temps, honnêtement. Parce que moi, ça m'avait marqué. C'est un gars qui fait preuve de... Il a un leadership incroyable. Il faut rappeler que l'année du Superbowl c'était pendant la COVID, c'était la première année de la COVID, c'était 2020. Donc on n'a pas eu les fameux OTAs qui sont les pratiques de printemps, les entraînements de printemps en équipe. Donc il n'y a pas eu cette partie-là pour que lui puisse connaître l'équipe, la nouvelle équipe dans laquelle il s'en venait. Mais ce qui m'amène justement au training camp, quand on revenait justement tout le monde ensemble, la première fois que je l'ai vu en fait, je l'ai vu dans le gym, il est venu me serrer la main, il me disait «Salut Anthony, je m'appelle Tom». Il m'a appelé par mon nom, il s'est présenté, ça me montrait juste à quel point il a pris le temps de connaître chaque joueur de l'équipe. de où qu'ils provenaient, quel était leur rôle dans l'équipe aussi. Donc tu sais, ça a montré, ok ben ce gars-là, lui il connait tout le monde, il a fait sa job, c'est incroyable. C'est ça que j'ai trouvé, c'est une marque de leadership super, si t'arrives dans une équipe et que tu connais tout le monde déjà et que t'as fait un travail de mémorisation finalement, à savoir c'est qui ces gars-là. Il m'a vu sur des photos, mais il ne m'avait jamais vu en vrai. Des fois, c'est dur de matcher les photos avec la vraie personne. Il a fait ça, donc j'ai trouvé ça vraiment intéressant. Ce que j'ai appris de lui, c'est que la communication avec les joueurs est tellement primordiale. La communication sur le terrain, la communication hors du terrain. Lui, il faisait des players meetings. On se parlait justement des jeux, de ce qu'on voyait sur le terrain, qu'on soit tous sur la même page, des signaux qu'ils pouvaient faire pour changer les tracés de passes avec les receveurs. Puis là, on passait tout un après l'autre, puis ils faisaient des différents signaux, puis on disait «Ok, je cours un slant, ok, je cours un fade, ok». Puis même si t'étais tied-in, t'étais running back, t'allais tout faire les signaux, puis tout le monde connaissait justement les signaux, mais aussi connaissait pourquoi qu'on les faisait, quel coverage qu'on voyait. Donc, ça amenait une communication à travers l'offensive ou l'équipe, qui était exceptionnelle. Ça prend ça pour un succès d'une équipe. Il disait tout le temps, tu ne peux jamais trop communiquer. C'est tellement vrai. Si jamais tu n'es pas sûr et que tu sors du zéro, souvent tu es gêné. tu vas pas dire c'est quoi le jeu ou tu vas pas demander rien. Puis finalement tu vas faire l'erreur. Mais pourquoi faire ça? Pourquoi ne pas juste dire «Hey, je suis pas sûr, c'est quoi qui se passe là finalement?» «Ok, bon, parfait, là on est sur la même page.» Tu peux jamais trop communiquer. «Hey, je vois couverture 3 de mon bord.» «Ok, finalement c'était men.» C'est jamais, jamais, il faut toujours communiquer. Puis ça c'est juste ce que j'ai appris avec lui. [00:38:22] Speaker B: Ça c'est fucking sick man. Genre, l'aspect de... C'était un coach. En fait c'était un coach joueur le vendredi là. [00:38:31] Speaker A: Exact. Exact. Exact. Pis t'sais il était capable de... T'sais ça arrivait pis c'est... Le monde pense que ça crée des conflits avec les entraîneurs. Pas vraiment. T'sais dans le sens que un entraîneur pourrait envoyer un personnel avec un jeu sur le terrain. Mais lui, il pouvait dire non, il y avait comme une certaine liberté, je veux ce personnel-là pour ce jeu-là. Il calait comme son propre jeu finalement. Ça avait du succès, des fois ça ne marchait pas, mais c'est cette liberté-là et cette cohésion-là qu'il y avait avec les entraîneurs, qu'on avait du succès finalement. [00:39:02] Speaker B: Vous avez gagné pour une raison aussi, mais ça c'est... C'est vraiment impressionnant. Comment ça marche un Super Bowl comme joueur? Je sais que malheureusement, t'as pas été habillé lors du match. T'as été habillé la majorité de la saison, ce que je comprends. Il y a juste ce machin en particulier que t'as pas été en équipement, t'as été sur le sideline. Mais, j'ai envie de te ramener un moment, on parlait de Tom Brady, ben justement, le fameux clip de Tom Brady que tu as sûrement entendu parler, qui disait qu'il connaissait tellement la défensive des Chiefs, de A à Z, qu'il la connaissait quasiment mieux qu'eux qui pouvaient, lui-même, caler les jeux d'avance, parce qu'il la voyait. Ben, moi j'ai envie de t'emmener dans la semaine de préparation, qu'est-ce que vous faites, qu'est-ce que nous on voit pas de ce show énorme là qui est le Super Bowl. [00:39:54] Speaker A: En fait, tu sais, juste pour faire du pouce sur le porte-habillé parce que ça a été tough dans le sens que c'était partagé comme émotions dans le sens que tu gagnes, t'es au Super Bowl, mais tu peux pas faire partie. Cette année-là, j'ai joué je pense la moitié de la saison parce que je me suis blessé au début, je suis revenu, j'ai comme poussé un recovery, je suis revenu finalement, puis ça peut servir de leçon à des jeunes athlètes. J'ai poussé un recovery pour faire partie de Bruce Williams était venu me voir en me niaisant, il m'a dit que je manquais le party parce qu'on était une équipe qui avait du succès, qui gagnait. C'était ma quatrième année que j'étais à Tampa et on commençait à gagner l'année d'avant. On avait fini 7-9 et on commençait vraiment à être super bons avec Tom, avec Gronk, avec les nouveaux joueurs qu'on avait eu. Je voulais faire partie du bateau moi aussi. Je voulais faire partie de gagner mes games. J'ai poussé mon recovery. Je suis arrivé, je n'étais pas prêt. Je me suis blessé. Finalement, j'ai... C'est le côté performance, je me suis blessé. Mais ce n'était pas pareil pendant tout. Donc, je n'ai pas dressé les playoffs. Au complet. Donc ça, ça a été tough, man. Mais en même temps, t'sais, tu gangs, tu fais partie de l'équipe quand même. Donc pour revenir à la préparation contre les Chiefs. Les Chiefs, on avait joué contre eux en saison à Tampa. C'est un match qu'on s'était fait défoncer. C'est un match où on s'est rencontré dans le vestiaire après un meeting, l'idée par Tom justement, qui disait exactement ce qu'on avait besoin de faire. Ce qu'il avait vu de l'équipe depuis ce moment-là. Je pense qu'on a pas perdu une game. Depuis le moment qu'on a passé contre les Chiefs, qui était week 13 ou 14, on a tout gagné nos games jusqu'au Superbowl. Après avoir eu un vécu un blowout, je pense que c'était un Thursday night en plus, donc tout le monde a regardé ça au stage et tout le monde a regardé ça en général. Ça nous a vraiment été un wake-up call. Des fois, il faut vivre l'adversité early dans la saison ou au milieu de la saison pour justement te redresser et corriger certaines choses. Ça a été un wake-up call pour nous. Puis le Superbowl, en fait, il se déroule sur deux semaines. Donc c'est deux semaines de préparation. Puis t'sais, la force des équipes ou la force des joueurs rendus là, c'est de faire abstraction de tout ce qui se passe autour parce que c'est beaucoup médiatisé. Donc t'entends plein d'histoires de projections des scores, puis toutes ces choses-là. Puis t'essaies vraiment de pas regarder ça du tout. Je pense que pendant ces semaines-là, on mettait nos seules de côté le plus possible. Puis on était concentrés. Puis t'sais, dans le tour, je parlais de Qu'est-ce que tu fais dans l'ombre qui ressort à la lumière? Je pense que Tom, c'est un gars qui faisait du film. Il arrivait tôt le matin au Facilelis pour faire sa routine avec son entraîneur. Après ça, je pense que le soir, il faisait beaucoup de films. Finalement, il y en a tellement regardé qu'il les connaissait. Il regardait aussi contre nous, qu'est-ce qu'il avait fait pour s'ajuster à notre offensive. Je pense qu'à partir de là, il a tellement étudié que ça a ressorti justement qu'ils voyaient ce qui se passait avant même. Tu viens qu'à reconnaître ce qu'ils font justement. Donc c'était vraiment nice d'en avoir. [00:43:03] Speaker B: J'avais préparé justement une question sur le fait de pourquoi t'étais pas habillé, puis comment tu t'es senti. C'est sûr que... Est-ce que t'avais un peu le sentiment de... Tu sais, c'est le fun que t'as gagné, mais est-ce que c'est vraiment ton Super Bowl, tu sais? Parce que c'est ça qui est, je [00:43:19] Speaker A: sais C'est une excellente question. pas... En fait, je vais répondre que oui, c'est mon Superbowl parce que ça fait 4 ans que tu es avec l'organisation et que tu construis quelque chose. Tu as participé à l'équipe 3 années avant. Est-ce que ça a été difficile de te battre à travers des changements de coaching staff, de te battre à travers des matchs qui ont été difficiles. En fait, on a eu une année où on a eu 5 victoires, Il y a 11 défaites là-dedans, ça a été des scores de 7 points et moins qu'on a perdus, c'était des games crève-cœur man, t'as fait partie de ça. Justement comme j'ai dit, changement de staff, des performances aussi bonnes que mauvaises, t'as fait partie de tout ce build-up qui a mené au Superbowl. Finalement, tu ne faisais pas partie du match, mais Krim t'as fait partie La construction de cette équipe-là finalement. Au même titre qu'O'Jower qui s'est rattrapé chez lui la même année que j'ai signé avec Tampa. Il s'est blessé en début de saison, il s'est déchiré le talon d'Achille, il a manqué le reste de la saison, il a manqué même la saison d'ensuite. Kevin aussi c'est son Super Bowl parce qu'il a participé à la construction de cette équipe là. Moi j'ai participé aux pratiques et j'ai donné un scout look des Titans, des Chiefs à ma défensive. alors finalement à leur préparation. Donc tu sais, c'est tout ça en même temps. Ça a été une décision. En plus le Super Bowl, au début j'étais habillé, puis finalement ça a été une question de, ben on a besoin de tes gars sur une unité spéciale qui remplissent un rôle différent. Donc ça a été juste, le matin même du match, on m'a donné, parce que t'as eu une passe spéciale pour le vestiaire quand tu jouais, on m'a donné cette passe-là. J'étais comme, Kim, Let's go man, là j'étais habillé, c'est fou. Puis finalement, il y a quelqu'un qui vient me voir, finalement on va la donner à ce joueur-là parce qu'on a fait un changement de décision de dernière seconde. J'ai dit «shit, ok». Ça a ouvert ça un peu. Mais tu fais partie du navire à ce moment-là et tu dois aller avec le team. C'est ça qui est ça. Oui, ça a été difficile et ça a été quelque chose à process par la suite. Mais finalement, tu fais partie de l'équipe. Tu fais partie de la préparation. Le match a été joué. C'était un 3 heures. Mais toutes les heures mises avant, c'était en fait partie. C'est un peu ça. [00:45:52] Speaker B: Ça revient un peu à... Si tu comprends ton rôle, c'est la meilleure façon d'être le leader dans l'équipe. [00:45:58] Speaker A: C'est un message pour les jeunes aussi. Je me rappelle que j'avais un ancien coéquipier de Laval, Shane Gauthier, qui m'avait écrit «Hey man, lâche pas, je sais ce que tu vis comme émotions, j'ai pas de gestes, ma première coupe vannée». Ça m'avait bouleversé. C'est un beau message parce que c'est quelqu'un qui comprenait un peu ce que je vivais. Tu dresses pas le plus gros moment de sport professionnel. C'est plat mais t'en fais partie. Faut que tu te le rappelles. [00:46:33] Speaker B: Ça, c'est sûr. Écoute, je l'ai vécu collégial. J'étais sur le sideline. C'est sûr que j'étais dress. C'est la seule différence, mais je jouais pas pareil. Est-ce que tu gongues? Est-ce que t'as vraiment gagné? C'est ça qui est tough des fois à vivre, mais finalement, quand tu réalises que t'as un rôle dans l'équipe, si tu le comprends, t'as plus d'impact que tu peux le penser. En finissant, parce que je vois le temps filer, Écoute, on aura peut-être pas le choix de se faire un épisode 2 parce que... Écoute, je te l'ai dit, j'ai essayé de rendre ça le plus short possible, mais pour te donner une idée, j'avais 5 pages de notes, ok? Pour l'émission. [00:47:17] Speaker A: On peut en refaire un, ok? [00:47:18] Speaker B: Écoute, ça me ferait vraiment plaisir, man, qu'on se refasse ça sérieusement. Mais en finissant, écoute, t'as vécu des... des victoires de Coupe Vanier. T'as vécu le Super Bowl. La question qui me vient en tête avec l'expérience que tu as dans le football aujourd'hui, dans le flag football, c'est quoi que ça prend, selon toi, pour créer une équipe championne? [00:47:48] Speaker A: Ça c'est une excellente question. Ça prend, pis si t'entends parler de la préparation qui mène à une équipe gagnante, ça se fait pas, ça se fait pas la semaine même, ça se fait pas dans la saison même, ça se fait dans l'off season qui est avant ça même, ça se fait dans les saisons avant où est-ce que t'as un noyau de joueur qui, justement c'était ça pour Atempa, t'sais on avait un excellent noyau de joueur. On parle souvent de Tom, on parle souvent de Gronk, on parle souvent de Jason Pierre-Paul qui est arrivé l'année d'avant, Anthony O'Brown, mais ce qu'on oublie c'est que Ok, mais ça c'est 4-5 joueurs, mais ce qu'on oublie c'est qu'il y a une trentaine de joueurs là-dedans qui sont des core players qui étaient là depuis que j'étais arrivé en 2017 ou même avant. Davante David était là depuis longtemps, Cameron Brake même à faire, Mike Evans était là depuis longtemps, Chris Godwin était là en même temps que moi. On a tout construit ça ensemble. Ce que ça prend c'est justement une chimie d'équipe. Comprendre que la communication passe avant tout, qu'il faut que tu fasses la négation de toi. Amnégation de soi-même, où est-ce que tu sacrifies justement ton playing time parce que tu veux que l'équipe gagne, mais tu te dis je ne vais pas chialer, je ne vais pas commencer à faire mon bébé parce que je ne suis pas habillé, ou justement je t'habille mais je ne joue pas. Il ne faut pas que tu sois un cancer, il faut que tu sois Harley avec ce que l'équipe fait. Des fois ça c'est dur, surtout quand tu es une équipe qui gagne. Mais des fois tu es tanné d'être ce gars là, tu veux être le gars qui shine aussi et tu vois ce que ça apporte aux autres. Mais oublie jamais que ton rôle est aussi important. On a des joueurs à l'avant dans mon temps, un joueur qui n'avait pas dress pendant 5 ans, il a gagné 2 Coupes Vaniers. Mais tu sais, ce gars-là, il donnait les meilleurs scouts. Il faisait des gros catchs en pratique. Il se donnait coeur et âme pour l'équipe en pratique. C'était correct pour lui ce rôle-là. On n'en parlera jamais, mais ça a été aussi important qu'il y a des gars qui étaient sur le terrain. Parce que même si ces gars-là sont prêts et ils exécutent d'une telle façon, c'est à cause des gars de même qui sont sur le scout team et qui donnent coeur et âme à la pratique dans la semaine. C'est tout ce build-up-là à travers les saisons. la chimie d'équipe, la compréhension de ton rôle, la négation de soi, qui fait en sorte qu'une équipe peut être championne. [00:50:05] Speaker B: Est-ce que tu dirais que c'est la même chose, peu importe le niveau, même NFL universitaire? [00:50:12] Speaker A: Absolument. On en parle souvent à l'NFL, il y a des gros joueurs qui sont arrivés dans un programme. Mais on oublie souvent qu'il y avait déjà des joueurs qui étaient là. Tu ne changes pas un roster au complet dans une année. Ça t'amène des nouvelles acquisitions. Ils font juste ça aux joueurs qui étaient déjà là. Les joueurs qui étaient là sont super importants dans l'espèce de chimie que tu veux instaurer et la culture que tu veux avoir. [00:50:42] Speaker B: Merci Antho d'avoir pris un moment ce matin avec moi. C'était un plaisir, sérieusement, de faire ça ensemble. On n'aura pas le choix, je pense que je t'attiendrai dans le loop, mais d'après moi cet été, peut-être des chances qu'on se refasse un parce qu'il y a trop de beaux stocks à jaser avec toi, j'ai l'impression. Même les questions que je te donnais, tu m'en donnais encore plus, fait que vraiment cool. Merci Anto d'avoir pris... Ouais, merci à [00:51:13] Speaker A: toi man, c'était super cool, tu fais bien ça man, pis tu vois la préparation qui a été faite dehors, donc j'apprécie ton temps man. [00:51:21] Speaker B: Merci, j'apprécie. Donc tout le monde, c'était le Game On podcast, notre invité, Anthony Auclair.

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